lundi 1 avril 2013

Pat O'May [interview]




On le croyait à jamais perdu pour le metal, voguant depuis des années au gré des productions ethnico-celtiques de sa carrière solo mais aussi de ses collaborations, avec Alan Simon notamment (l'opéra-rock EXCALIBUR), ou encore pour l'émission de France 3 « Thalassa ». Mais le normand breton d'adoption, qui avait fait ses débuts dans le riff acéré avec « MARIENTHAL » au milieu des années 80, en avait encore sous les pédales. « Celtic Wings », son septième album sorti fin 2012, est une belle réussite hard-rock gorgée de guitares (chronique ici). Alors que Pat O'May s’apprête à prendre la route pour le faire vivre, il nous a accordé un long moment pour évoquer son petit dernier, et plus encore.


Pat, tu reviens à tes premières amours, le hard rock, et jusqu'à présent toutes les critiques de « Celtic Wings » sont bonnes. Ca fait quoi ?
Super plaisir ! A titre personnel bien sur, mais aussi pour toute l'énergie que tous les gens qui ont bossé sur cet album ont mise. Toute cette énergie, cette générosité,... je pense notamment à Jannick Reichert. J'ai fait la prod, il a enregistré l'album, on a mixé ensemble, on a passé deux mois et demi tous les jours à bosser comme des fous...mais ça me fait très plaisir de voir qu'il y a vraiment des bonnes réactions, et puis pour les musiciens qui me font confiance depuis 2006, je trouve que c'est agréable de voir comment l'album est accueilli.

C'est une surprise pour toi ?
C'est toujours un peu une surprise. Ca fait longtemps que je n'étais pas retourné dans la famille du metal on va dire, mais maintenant tu peux faire un album comme ça sans qu'on te traite de débile mental, c'est génial ! (rires) Tu peux faire le truc sans trop te poser de questions, sans te dire qu'on va te supprimer une grosse partie de la presse parce que « hard rock » ça ne passe pas. C'est vrai qu'on a des chroniques un peu dans toutes les sphères, tu vois, sauf aux Inrocks, mais ça c'est normal ! (rires) Déjà on rigole sur scène, c'est pas possible tu vois, c'est sacrilège ! (rires)

Tu as toujours eu cette idée que si tu faisais ouvertement du metal ce sera mal perçu ?
En réalité je m'en fous. Je pense que je m'en suis écarté un moment... J'ai toujours eu ce son « hard » sur ma guitare, j'ai toujours fait des chorus dans le style de musique qu'on aime tous les deux, je n'ai jamais dérogé de ça tu vois, par contre j'avais ouvert un peu plus loin que le hard tout seul, et je suis content de voir que ce travail m'amène aujourd'hui à revenir sur un son global beaucoup plus hard, tout en gardant l'aspect ethnique, et là pour le coup, avec la musique traditionnelle bretonne et irlandaise.

Donc en fait tu retrouves tes deux passions ?
Oui, et puis c'est vraiment le truc que j'avais envie de faire, parce que sur tous mes albums, à chaque fois je mélangeais grosso modo le metal et les musiques ethniques depuis maintenant, quand même, cinq/six albums, mais là j'avais vraiment envie de recentrer sur mes deux origines. Mes origines irlandaises, donc celtiques, qui là pour le coup sont filiales et familiales, et puis le côté hard-rock, en gros, en allant vraiment chercher un son dans la famille qui m'a donné envie de faire ce métier là.

Tu avais dernièrement un rythme de cinq ans entre chaque album studio (je retire le live, « In live we trust » sorti en 2010). On t'avait perdu de vue du « microcosme metal »...
Ah oui clairement, le « microcosme metal » je l'avais perdu de vue !

Tout ce que tu as fait pendant ces années, que ce soit avec Alan Simon pour « Excalibur », ou pour Thalassa, il en reste quoi aujourd'hui ? Tu as encore une activité à ce niveau là ?
Ah oui oui, « Thalassa » je continue à en faire. Tous les ans j'en fais une dizaine, c'est une activité que j'ai gardée, mais en fait j'ai fait sept albums en 20 ans, donc quasiment un album tous les trois ans...

C'est depuis les années 2000 que tu as un peu ralenti le rythme...
Oui, mais je m'aperçois d'un truc, c'est qu'en fait j'ai mal communiqué sur cet album live, très sincèrement, parce qu'en fait c'est un live de nouveaux morceaux. Au lieu d'enregistrer cet album en studio, j'ai voulu l'enregistrer en public. Mais pour moi ce n'est pas vraiment un live. Par contre c'est vrai que, comme j'en ai profité pour y joindre le DVD, on a remis des anciens morceaux dans le répertoire...

Sans le DVD, il n'y aurait pas eu d'anciens morceaux sur cet album live ?
Exactement !

D'où t'est venu ce choix de sortir un live inédit ? Pour l'expérience, ou parce que tu te sens mieux sur scène qu'en studio ?
C'était pour l'expérience. J'adore le studio. Je suis un fan de studio, je suis un fan de tout en fait ! J'aime autant le studio que la scène. Mais je trouvais ça intéressant de voir la musique se construire devant les gens et de voir comment ils allaient recevoir des morceaux qu'ils n'avaient jamais entendus. Il n'y aura jamais de version studio de ces titres. Je voulais vraiment les fixer dans l'instant.

« Celtic wings » est un album qui a été réalisé très rapidement, en quelques semaines, mais pour autant a-t-il été mûrement réfléchi ?
Longuement cogité ! Ca fait deux ans que j'avais envie de faire ça. Souvent, quand je sors un album, je commence à avoir déjà l'idée de ce que je vais faire après. Ou en tout cas de me mettre dans la position d'ouverture d'esprit de me trouver quelle idée exploiter sur le prochain projet.

Et dès le début tu avais cette idée de mélanger compos originales et reprises ?
Oui. J'avais envie de rendre hommage à Alan Stivell, et en fait, pour être très sincère, le mot hommage me dérange un tout petit poil parce que c'est un peu pompeux, dans mon esprit c'était plus une envie de dire merci. Merci à Stivell d'être un des pères de la world musique, d'avoir ouvert le monde de la musique traditionnelle au rock, puis après, de l'avoir ouvert sur d'autres styles de musiques aussi,... et pareil aussi pour « Over the hills... » de Gary Moore. Quand j'ai entendu ce titre là, c'est la première fois que j'entendais un mélange de musique celtique et de metal. THIN LIZZY l'avait fait aussi, mais vraiment ce titre de Gary Moore, c'était incroyable ! Quand l'album est sorti... : Wow ! Et pareil pour DEEP PURPLE tu vois, si je fais de la guitare aujourd'hui, c'est grâce à Ritchie Blackmore.

C'est lui l'élément déclencheur, celui qui t'a poussé vers la guitare ?
Oui, c'était vraiment mon élément déclencheur, c'est lui qui m'a fait dire « j'ai envie de faire ça ! ». Et depuis je rame comme un malade pour faire la moitié du quart du vingtième de ce qu'il a fait ! (rires)

Le choix de reprendre « Soldier of fortune », c'était par rapport à la couleur de l'album ?
Oui, et puis j'avais envie de prendre un contrepied en fait. Ca aurait été trop facile, trop évident, de reprendre un morceau plus typique de DEEP PURPLE. Ils ont fait très peu de ballades. Et ce morceau, je trouve qu'il a une mélodie imparable.

Tu as toujours eu l'intention de mettre autant de reprises sur cet album ?
Oh non, je crois que ça s'est imposé un peu comme ça. Il y avait le medley de Stivell que je voulais faire absolument, et puis « Over the hills... ». « Whiskey in a jar » est venu sur le tard, pour être sincère. « Soldier of Fortune », c'était évident dès le départ. Et puis je trouvais qu'il pouvait s'intégrer pas mal, en lui donnant un côté un peu plus celtique.



Le fait que Gary Moore nous ait quitté il y a deux ans, ça a été aussi déclencheur quelque part pour cet album ?
Non, pas pour cet album là.

Donc le fait que tu aies participé à quelques tributes live après son décès....
Ca oui, quand Gary Moore est décédé, j'ai voulu qu'il se passe vraiment quelque chose pour lui dire merci. De nouveau. C'était évident, et par expérience je me rappelle par exemple que quand Dio est mort, on en avait parlé, avec plusieurs copains, d'essayer de faire quelque chose au salon de la musique qui se tenait à ce moment là, de faire un tribute ou quelque chose, c'était l'occase de lui rendre hommage quelques mois après son décès, et puis ça n'a pas été fait, parce que le temps passe, on parle de choses et on ne les fait pas. Et au décès de Gary Moore, je me suis dit que si l'on ne suscitais pas quelque chose tout de suite, ça ne se ferait pas. C'est pour ça que très rapidement j'ai trouvé des partenaires, au niveau de la salle, la Citrouille à SAINT BRIEUC d'ailleurs, de nouveau, qui ont accepté le truc, et après j'ai appelé un max de potes, et ceux qui étaient libres sont venus. Il y en a plein d'autres qui auraient souhaité venir... mais ça a été un grand moment.

Concernant ton album, tu m'as dit les reprises qui te tenaient le plus à cœur. Et au niveau de tes compos, certaines ont une saveur particulière pour toi, du fait de participations, ou par ce qu'elles évoquent ?
Tu sais, c'est toujours une question difficile, parce que c'est tous un peu mes bébés. J'aime bien « Homeland » parce que j'ai travaillé avec Moya (Brennan) là-dessus, et elle me fait un cadeau énorme ! C'est la voix de CLANNAD quoi ! (rires) Avec Martin (Barre, JETHRO TULL) pareil, avec Jonathan (Noyce, ARCHIVE) même chose, … après il y a les instrumentaux tu vois,... Pour moi, un morceau comme « Blowing in Ireland », c'est un vrai truc, un truc familial, de racines, pour moi c'est un morceau vachement sensible. Et puis il y a le morceau « Black mountains » qui pour moi est une espèce de voyage... mais c'est ce que j'aime faire, que ce soit dans les instrumentaux, mais aussi dans les morceaux chantés, c'est faire voyager.

Donc sur cet album, tu as mis beaucoup de toi, ou même « que » de toi. Que ce soit de par le lien avec tes origines, ou le fait d'y faire intervenir tes amis ?
Bien sûr. Je pense que là, effectivement, c'est vrai... c'est marrant, à chaque fois qu'on en parle comme ça, tu vois, je découvre des choses, sur la façon dont je l'ai écrit (rires). Et là c'est vrai que tu mets le point sur un truc auquel je n'avais jamais pensé. Oui, j'ai mis vachement de moi, peut-être plus que jamais...

C'est peut-être «ça» que l'on ressent à l'écoute.
C'est vrai ? Ca te fait ça aussi ?

Oui, on ressent une saveur particulière, sans pour autant savoir à quoi c'est dû.
Oui, bien sûr ! Et puis là je fais appel à des amis. Il n'y a pas de « coups » si tu veux. Si je fais appel à Martin (Barre), ce n'est pas pour avoir un nom. C'est parce qu'on avait vraiment envie de faire quelque chose ensemble, hormis de jouer dans son groupe, etc... Et le morceau qu'on a fait là, … tu vois, sur ses concerts on joue « Overlord » qui est un morceau à moi. Ce morceau là il va intégrer les concerts du Martin Barre's band, tu vois,... Et puis Jonathan Noyce c'est pareil. Jonathan Noyce, je l'ai rencontré grâce à Martin, c'était le dernier bassiste de Gary Moore, et je me rappelle, on était en concert avec Martin Barre's band à MUNICH, et on s'est retrouvé un soir après le concert, style à 3h du mat, bon enfin tu imagines, je te laisse deviner, et puis Jonathan m'a fait écouter les morceaux qu'ils avaient enregistrés pour le nouvel album de Gary Moore. Et tu vois ça c'est un moment inoubliable pour moi. Et un grand merci à Jonathan parce que tu vois, c'était hors de question qu'il ne soit pas dessus.

Donc c'est un peu la suite logique, sinon la conclusion, de toutes les collaborations que tu as pu avoir avec Excalibur, ou en tournant avec leurs groupes...
Absolument, et c'est un truc que j'ai envie de partager, moi j'ai envie de m'amuser avec mes potes. Je ne mets pas plus de valeur à travailler avec Martin, ou avec Hilaire (Rama, bassiste de Pat O'May), ou Louis (Soler, Guitariste de Pat O'May), ou Fred (Moreau, batteur de Pat O'May), ou James (Wood)... ce sont tous des amis. Il n'y a pas d'échelle de valeur. C'est important pour moi. Que ce soit Fred à la batterie, ce n'est pas du hasard. C'est parce que j'aime ce qu'il est, la façon dont il joue...

Justement, depuis quand est constitué ton groupe actuel ?
Fred, ça fait depuis 2000, donc 13 ans cette année, et les autres... en fait, ça fait 7 ans. Comme on travaille depuis longtemps ensemble, je sais exactement ce qu'ils savent faire, ce qu'ils peuvent m'apporter,... quand j'écris les morceaux, bon, je suis une espèce d'ayatollah hein, j'écris tout, les arrangements, je fais la prod, je sais vraiment ce que je veux entendre et comment l'obtenir, à force de faire du studio tu arrives à acquérir une certaine expérience qui te permet ça, mais.. tout modestement hein, il n'y a aucune prétention derrière ça, c'est juste que quand tu fais ta première séance de studio, tu découvres, mais après 150.000 tu connais plus de choses. Donc tu sais comment obtenir les trucs, et puis du coup tu vois, quand j'écris des arrangements, je les écris aussi en fonction des gens avec qui je travaille. Tu vois, les parties de batterie, si je travaille avec un autre batteur, seraient différentes. L'approche serait différente. Pareil pour la basse, pareil pour....pour tout en fait ! Le groupe est vraiment soudé. On a quand même fait beaucoup de kilomètres ensemble sur la route, et c'est vraiment sur la route que tu vois comment se comporte un groupe. Sur scène, ça se passera toujours bien, c'est sûr, parce que.. regarde combien de groupes on connaît qui ne peuvent pas se blairer et qui sur scène sont magiques quand même ? Pour moi le plus important c'est de s'entendre musicalement, bien sûr, et puis humainement.

Et comment ont-ils accueilli ce « durcissement » de ta musique ?
Ah, ben ils adorent ! Le plus drôle, c'est Hilaire. C'est un bassiste de rock, à la base, et c'est un mec qui est à la retraite Hilaire. Il a plus de 60 ans. Et il finit en fin de carrière à faire du metal ! (rires) C'est carrément drôle ! Et il adore ça !

Il lui faut un entrainement physique particulier ?
Non ! (rires) Si, la pêche ! Il va pêcher tout le temps ! (rires)

Tu avais un manque de metal? Normalement en vieillissant on est censé se calmer.
Ouais, ouais, ouais,... mais moi c'est le contraire !

Pour revenir aux guitaristes metal, tu disais que Blackmore était celui qui t'avait ouvert les yeux, ou les oreilles, mais tout le long de ta carrière, tu as eu l'occasion d'en côtoyer beaucoup, il y en a d'autres qui t'ont impressionné, ou interpellé ?
Il y a forcément Gary Moore, forcément Jeff Beck, qui est un des plus grands pour moi, sinon le plus grand,... des mecs comme Satriani sont importants aussi, et pour moi le plus inventif à mon sens, autant au sens guitaristique que compositeur, c'est Steve Vai. Pour moi il met tout le monde d'accord, mais je sais que beaucoup ne l'aiment pas, ou trouvent qu'il fait du blabla, mais pour moi c'est le contraire, il ne fait pas de blabla.

Et une sacrée présence sur scène aussi.
Ah oui, je me rappelle d'un concert avec le G3 en Corse, j'avais eu l'occasion de le croiser, sans lui parler.. qu'est-ce-que j'aurais pu lui dire ? « J'aime beaucoup ce que vous faites ! » ? (rires), mais je me souviens qu'il jouait une magnifique ballade, et je commençais à sentir les larmes couler sur mes joues, comme une vraie midinette, et en regardant autour de moi je me suis rendu compte que tout le monde était dans le même état. Alors je me suis dit, c'est bon, je peux y aller ! (rires) J'ai vu peu de gens atteindre ça. Pour moi, il mets du poids dans toutes ses notes. Après, c'est une histoire de sensibilité. Mais on est bien d'accord, il ne joue pas une musique simple. Mais il ne tombe pas dans le travers de jouer de la musique pour les musiciens. Il a un public de mélomanes. De connaisseurs de la musique. Et pas que des guitaristes. Il y a de magnifiques mélodies. Pour moi, la différence avec Satriani, que j'ai vu plein de fois sur scène, et qui est un tueur, c'est magnifique, c'est beau, c'est superbe,.. mais je trouve que Satriani écrit des chansons, et Vai compose de la musique. Je n'en mets pas plus un au dessus de l'autre. Satriani te pond une mélodie, tu la retiens tout de suite. Mais ce qui m'impressionne, ce sont les gens qui créent des choses qu'on n'a jamais entendu avant, comme Zappa par exemple. Moi je ne suis pas de cet acabit là, je le sais ! (rires) Et ce n'est pas grave. Et dans tous ces gens que je viens de citer, on commence à plus parler de musiciens que d'instrumentistes. Tu vois, la guitare ce n'est qu'un véhicule. En elle-même, la guitare n'a rien à dire. C'est toi, dans ta vie quotidienne, qui te nourris des choses qui t'entourent, qui fait que tu vas avoir des choses à raconter avec ta guitare. Mais la guitare en elle-même elle n'a rien à dire. C'est un stylo. Pas plus.

Il y en a qui écrivent bien, et d'autres qui font des pattes de mouches !
Voilà ! Il y en a qui font des plats et des déliés aussi (rires) !

Et d'autres des enluminures !
Absolument. C'est juste un véhicule.

Revenons à ton album, est-ce que ce n'est pas un peu casse-gueule en 2013 de sortir un album « celtique », après Nolwenn Leroy et tout ce que l'on a pu manger dans les grands médias dans ce domaine ?
Non pas vraiment. D'une part je m'en fous parce que j'avais envie de faire cet album. Dans quoi que ce soit que j'ai fait, je n'ai jamais été à la mode. C'est peut-être le premier album qui est un peu plus facile à ranger dans une case.

Pour poser la question différemment, est-ce que le succès qu'elle a rencontré peut te bénéficier, bien que tu touches un autre public, ou te desservir au contraire ?
Me desservir certainement pas, et me bénéficier certainement pas non plus parce qu'on n'est pas dans les mêmes réseaux. Les gens qui écoutent du Nolwenn Leroy n'écouteront jamais du Pat O'May. Ou en tout cas ne seront jamais sollicités pas les médias qui leur auront fait écouter du Nolwenn Leroy.

Tu as eu des sollicitations différentes avec cet album ? Déjà au niveau des medias metal ça a dû changer !
Ah oui, par rapport aux medias metal ça n'a rien à voir ! Mais il y a aussi un bon boulot de l'attachée de presse, honnêtement, qu'il n'y a pas eu sur les autres albums non plus. Mais je pense que mis à part le travail de l'attachée de presse, c'est vrai que la presse metal est là, pour supporter cet album, chacun à leur façon bien sûr, et ça c'est vraiment un truc que je n'avais pas vécu depuis....... depuis jamais peut-être.

Tu constates des retombées ?
Oui, on a la chance que l'album se vende vraiment correctement, par rapport à ce qu'il est, hein, on est une niche, on est d'accord, je suis à l'abri du disque d'or, ça ça ne craint rien (rires), mais pour l'instant, de tous les albums que j'ai faits, c'est l'album qui marche le mieux. Tant mieux, si ça peut nous permettre d'être programmé sur les festivals, de pouvoir jouer..... parce que moi, le but, c'est d'aller sur scène, de s'éclater... Le disque n'est qu'un départ. Maintenant on le fait vivre. On va donner aux morceaux leur vraie dimension avec l'état d'esprit dans lequel on sera au moment où on jouera. Un disque, ce n'est toujours qu'une photo, un début, un point de départ.

Y a-t'il des façons différentes d'aborder la musique celtique, selon qu'on soit breton, irlandais,.. ?
J'ai vachement appris avec l'expérience «Excalibur». Travailler quasiment exclusivement avec des anglais, des irlandais, etc... c'est la première fois que je bossais aussi intensément avec eux. Forcément, tu apprends beaucoup de choses. Et le fait de jouer avec Martin Barre, dans son groupe, m'apprend beaucoup de choses. Je suis une éponge, donc je joue forcément différemment d'il y a 10 ans, du fait d'avoir côtoyé ces gens là, comme je joue différemment d'il y a 10 ans du fait d'écrire pour la téloche, tout me nourrit, mais c'est un apport fondamental de travailler avec des gens qui viennent d'ailleurs, de pays différents, c'est toute la richesse du monde qui est à portée de main, donc ce serait con de s'en priver. Mais la grosse différence entre la musique bretonne et la musique irlandaise, c'est que la musique irlandaise est devenue une musique de concert, ce qui n'est pas le cas avec la musique bretonne, hormis justement des gens comme Alan Stivell qui l'ont désenclavée de la musique de festnoz, de la musique à danser, ou entertaiment. C'est ce que les irlandais ont fait depuis très longtemps. Tu prends pas exemple un groupe comme CLANNAD, on n'est pas dans la musique folklorique, on est vraiment dans un vrai discours, dans un vrai univers,... Et il ne faut pas se tromper, la musique traditionnelle irlandaise est très présente dans le metal, par exemple dans les progression d'accords, dans les power chords, des choses comme ça, chez NIGHTWISH par exemple. Je pense que c'est comme un parfum ambiant qu'on retrouve derrière, plutôt que chez un groupe en particulier.

Pour en revenir à Alan Stivell, qui chante également sur ton album, est-ce que sa musique lui appartient encore ? Tout le monde le reprend, lui rend hommage, le remercie.... Est-ce que sa musique ne l'a pas dépassé ?
Je crois qu'il ne se rend pas compte à quel point il fait partie des gens importants de l'évolution de la musique. Il sait où il en est, bien sûr, mais je crois qu'il ne se rend pas compte jusqu'où ça va.

Trop humble pour s'en rendre compte ?
Ah oui, complètement. C'est un vrai artiste, il est dans le mouvement, il est dans la création, oui, dans le mouvement,... tous ces gens dont on a parlé depuis le début, c'est ça qui me plaît, ce sont des gens qui sont dans le mouvement, qui essayent de ne jamais faire le même album, qui avancent, qui évoluent, alors dès fois c'est mieux, dès fois c'est moins bien mais on s'en fout. Tu vois, le groupe qui fait toujours le même album, ça peut être très bien, mais ça ne me nourrit pas. Alan Stivell fait vraiment partie des gens qui vont de l'avant. Mais ça, franchement, il ne s'en rend pas compte. Parce qu'il est dans cette dynamique là, il n'a pas le temps de s'en rendre compte.

Mais il regarde quand même ce qu'on fait de son répertoire, ça l'intéresse quand même ?
Tout à fait, il a un contrôle complet. Il dit oui ou non. On se rappelle du gros buzz qu'il y avait eu avec MANAU qui avait repris un sample de Stivell sans lui demander l'autorisation, ça ne l'a pas fait hein ! (rires)

Puisque tu te projètes toujours dans l'avenir, tu penses déjà à ton prochain album ?
Je ne sais pas encore ce qu'il y aura dedans, mais je commence à avoir une idée précise de comment je vais l'enregistrer. Donc.....ben, je te dirai ça plus tard ! (rires) Tu vois, j'essaye de me forcer à ne pas tomber dans la routine, donc de trouver des façons d'enregistrer différentes, tant que faire se peut, parce qu'il n'y en a pas cinquante non plus. Pour ça, tu vois, « In live we trust », c'était une façon différente d'enregistrer un album. Pour « Celtic wings », c'était de le réaliser dans un temps relativement court. Ca m'a bousculé, mais je l'ai fait aussi en ayant l'expérience de Thalassa, où il faut que tu écrives super rapidement. Les trois-quarts du temps, j'ai trois jours pour écrire pour un reportage de six minutes. Il faut trouver les idées, les enregistrer, les mixer, les produire, enfin tu vois.....Ce n'est pas de tout repos !

Ca ne te dirait pas de jouer dans un groupe avec deux guitares solo, qui se lanceraient dans des duels à la THIN LIZZY par exemple ?
Alors je ne peux que t'inviter à venir aux concerts (rires), tu vas voir ! (rires) Parce que là on fait tous les doublages, il y a énormément d'interactivité entre Louis et moi. Il y a même James Wood que j'ai embauché en plus. Il fait partie maintenant du groupe parce que j'avais besoin d'un troisième guitariste, qui fasse guitare acoustique, guitare électrique, un peu de claviers, et puis il a une merveilleuse voix.

On sera là. Merci Pat !


Pat O'May sera en tournée en 2013 et 2014, sur les routes de France, de Suisse, d'Allemagne, d'Irlande... Cette tournée débutera le 5 avril 2013 à Saint Brieuc (22), à la Citrouille, et fera étape à Paris le 27 juin 2013 à la flèche d'or.

Toutes les infos sur son site : www.patomay.com

FISH (ex-MARILLION) annonce son retour ! [news-exclu]


jeudi 28 mars 2013

Le premier album de 6:33 & Arno Strobl annoncé ! [news]


Quand la musique est bonne (bonne ! bonne ! bonne !) et qu'en plus la pochette est classe, ne dites pas qu'on ne vous aura pas prévenus !

Le 26 avril, c'est dans pas longtemps.

Notre petite oreille indiscrète nous dit que "Giggles, Garlands & Gallows", l' E.P. sorti l'année dernière et chroniqué ici n'était qu'une légère mise en bouche.... Get ready !!!



Voici le communiqué de 6:33 & ARNO STROBL :

C'est avec une grande fierté que nous vous annonçons la sortie le 26 Avril prochain du nouvel album de 6:33 & Arno Strobl, "The Stench From The Swelling (a true story)", chez Wafflegate Prod / Season of Mist !

Track-listing : The Stench From The Swelling (A True Story)

1. (I Should Have Known) Her Name Was Boogie
2. Burn-In
3. I Like It (new mix)
4. The Stench From The Swelling
5. Starlight
6. Giggles, Garlands & Gallows part 1 : Order Of The Red Nose (new mix)
7. Giggles, Garlands & Gallows part 2 : M.I.D.G.E.T.S. (new mix)

En attendant cet heureux évènement, voici l'artwork de l'album, réalisé par Dehn Sora !


dimanche 17 mars 2013

MARILLION : Pete Trewavas [interview]




MARILLION était à Paris les 18 et 19 janvier 2013 pour deux concerts mémorables de la tournée « Sounds That Can't Be Made ». Avant le premier de ces deux concerts, nous avons rencontré le bassiste du groupe, Pete Trewavas, qui a pris le temps de répondre longuement à nos questions, en toute humilité.

MARILLION joue deux soirs consécutifs à Paris, ce n'est pas courant...
C'est arrivé il y a une dizaine d'années, on avait donné trois shows à La Cigale. On y avait joué « Brave » et on l'avait filmé, mais sinon non, c'est une première. On attend ça avec impatience.

Cela signifie-t-il que le secret le mieux gardé dans le monde de la musique, comme on décrit parfois MARILLION, est enfin exposé au grand jour ?
Je l'espère... La réaction à notre nouvel album, en France, est vraiment très très bonne. On a été interviewé par Paris Match, et beaucoup d'autres journaux qui ne nous sollicitaient pas auparavant. Il semble qu'il y ait plus de buzz autour de MARILLION qu'il n'y en a eu par le passé. On passe une bonne année !

MARILLION dans PARIS MATCH

2012 a été une année bien chargée pour MARILLION.
On a été très occupé, oui. Depuis la sortie de l'album, on a tourné à peu près partout dans le monde. On a commencé en Amérique, puis nous sommes allés en Scandinavie, en Angleterre, un peu partout en Europe, puis l'Amérique du sud, et finalement nous voilà en France.

Revenons un peu sur la carrière de MARILLION. Le rock progressif, jusqu'à il y a peu, était considéré comme "plus intellectuel"...  mais beaucoup de groupes aujourd’hui revendiquent cette étiquette (PORCUPINE TREE, OPETH, Steven Wilson...)...
Oui, Steven Wilson est un peu à l'origine de tout ça, même s'il s'agit plus de "metal" progressif. Ce qui est bien, OPETH est un très bon groupe, qui a travaillé avec Steve Wilson. Il me semble que PORCUPINE TREE est parti en tournée avec DREAM THEATER il y a quelques années, et là encore certes c'est du progressif, mais dans son côté le plus dur, le plus metal. Mais je trouve bien que la musique dite "progressive" soit mise en avant.

Comment expliques-tu que de plus en plus de gens s'intéressent à cet aspect progressif ?
Je pense que les gens se lassent de toujours écouter la même chose... La musique progressive existe depuis longtemps, et elle revient aujourd'hui, avec une identité un peu différente, ça fait quelques années maintenant, mais elle revient sur le devant de la scène.

Le progressif revient donc par un côté plus metal. Mais MARILLION a récemment annulé sa participation au Sonisphere France. Pour quelles raisons ?
Sonisphere.... Oui, on a annulé... On a pensé qu'on n'y avait pas notre place en fait. On n'est pas assez heavy,  pour une affiche qui l'est réellement cette année. Compte tenu de la nature des autres groupes, nous n'aurions pas pu apparaître sous notre meilleur jour. On a pensé que ce ne serait pas bien pour le festival, et que ce ne serait pas bien pour le groupe. On vient de sortir un nouvel album, « Sounds That Can't Be Made », pour lequel on tourne, et bien qu'il contienne des passages très puissants, il est très orienté son et ambiances, et n'est pas particulièrement "heavy". On a pensé que ce n’était pas le bon endroit où se produire.

Vous n'avez pas été déçus d'annuler ?
Si bien sûr, car on adore jouer live. C'est notre force, la scène. Et c'est toujours bien de jouer des festivals car on touche un autre public. Donc oui c'est une déception quelque part. Mais il y a un autre festival que l'on étudie, et le Sonisphere ce sera pour une autre fois. On en parle toujours entre nous, tout n'est pas perdu !

Pour « Sounds That Can't Be Made », MARILLION a lancé à nouveau une campagne de souscription avant la réalisation de l'album. C'est une nécessité financière ou une demande des fans ?
Ce n'est pas une nécessité financière, même s'il est vrai que ça aide à mettre en ordre pas mal de choses quand on a un peu d'argent en banque, car on ne dépense pas cet argent, c'est une sorte d'assurance. mais ça aide à planifier la réalisation. Les fans aiment cet aspect, et se sentent investis dans le groupe. De nombreux groupes ont aujourd'hui la possibilité d'offrir plus à leurs fans, de créer des liens. Je pense que c'est bien, car quand j'étais jeune, les groupes que j'aimais étaient inaccessibles. Je n'aurais jamais pu ne serait-ce qu'imaginer aller parler aux BEATLES, ou aux KINKS, aux WHO, ni aucun des tous ces groupes que j'admirais et auxquels je voulais ressembler.

Cela n'ajoute-t-il pas une sorte de pression sur vos épaules ?
De la pression ? Non...

Des attentes alors ?
Ah oui, des attentes, il y en a certainement. Mais la pression on se la met assez nous mêmes, comme tous les artistes qui veulent donner le meilleur d'eux-mêmes. Ce qui est appréciable, c'est que nos fans nous font confiance. Car regardez, avec la musique commerciale, parfois ce que vous pensez vouloir entendre n'est pas nécessairement ce que vous voulez entendre. Ce n'est pas forcément excitant le fait d'entendre ce que vous avez déjà entendu. On aime innover, être créatif, et c'est bien d'avoir cette liberté qui nous l'autorise.

Il semble y avoir deux parties distinctes dans « Sounds That Can't Be Made »  Une première plus osée, et une seconde où vous explorez des territoires déjà visités...
Oui, ce n'est pas faux... des territoires connus, c'est possible. Et en même temps on se réinvente. « Gaza », c'est évident, est un sujet « osé ». Le moteur de ce titre fut la musique. On avait toutes ces parties qui semblaient venir du moyen orient, ces sortes de structures musicales qui nous intéressent, ces choses qui sont un peu hors des normes de la musique rock. C'est bien d'être créatif en ce sens, et au niveau des paroles, le sujet en est la situation désespérée de tous ces gens à Gaza, d'un point de vue humanitaire. On a voulu faire réfléchir les gens.

C'est assez nouveau pour le groupe de le faire si ouvertement.
Oui, je sais, mais c'est inévitable avec ce sujet. On aurait pu ne pas en parler, mais une fois que la décision est prise, il faut le faire fièrement. Vous savez, nous ne sommes pas les seuls dans le milieu musical à penser ainsi sur ce sujet. Roger Waters est assez connu pour agiter les drapeaux de ces causes qui nous tiennent à cœur... Ca nous a aidés, je pense, de savoir qu'il y avait d'autres artistes qui partageaient nos idées et qui étaient prêts à nous soutenir. C'est une des choses que j'ai toujours appréciées chez Roger Waters, et PINK FLOYD, de savoir qu'il n'avait pas sa langue dans sa poche. Je trouve que la musique est un monde trop frileux parfois.

C'est une sorte d'héritage progressif alors ?
(rires) Je ne sais pas ! Peut-être !

Comment décrirais-tu la musique progressive ? Une musique en constante mutation ?
Oui, c'est une musique qui doit toujours avancer.

TRANSATLANTIC



Car il y a aujourd'hui un certain nombre de groupes qui se disent progressifs mais qui ne font qu'appliquer des recettes éculées...
Moi-même je joue dans TRANSATLANTIC ! Avec Mike Portnoy, dont on parlait tout à l'heure... (rires) ...Mais bon, ceci dit, je suis plus intéressé par « Ok Computer » de RADIOHEAD par exemple. Je pense que cet album a défini une mode dans la musique, car il était à la fois très créatif et très progressif. C'est ça la musique progressive pour moi. Beaucoup de groupes veulent sonner comme YES ou GENESIS de 1973, aussi génial que c'était, et tous les fans de prog aiment ces albums, je suis sûr, j'adore « Lamb Goes Down...», « Close To The Edge »,... mais il faut avancer. En tant que musicien ou groupe, il faut vous trouver musicalement, et "progresser".

Alors parmi tous ces groupes dits "prog", MARILLION ne sonne-t-il pas aujourd'hui "avant-garde" ?
On essaye ! Ici et là on tente toujours de casser le moule. On l'avait fait sur « Anoraknophobia » par exemple. On a essayé de tout changer, le son,.... tout chambouler et avancer. Ça peut être un choc pour les fans, mais au final cela vous laisse la liberté d'être plus créatif, d'avancer.

Mais est-ce facile de conquérir de nouveaux fans quand on se réinvente en permanence ?
On ne le fait pas pour essayer d'avoir de nouveaux fans, on le fait pour renouveler notre intérêt dans la musique, vraiment. On ne veut pas stagner, on ne veut pas que le groupe stagne. Heureusement il y a toujours de nouvelles choses qui surgissent pour vous inspirer.

Après toutes ces années, vous arrivez toujours à vous surprendre vous-mêmes ? Et les uns les autres ?
Oui tout à fait. L'une de nos grandes forces lors de l'écriture, quand on est ensemble en studio, que l'on improvise, c'est qu'on s'inspire mutuellement par nos improvisations. On peut voir les lumières s'allumer dans les yeux de chacun. Après 30 et quelques années dans le même groupe, c'est très spécial de continuer à le vivre. Cela me fait dire qu'on le fait pour les bonnes raisons, qu'on ne le fait pas comme on irait pointer.

Parlons un peu des weekends MARILLION ! Le fait que vous jouiez deux soirs à Paris, ainsi que dans quelques autres villes, ne pourrait-on pas envisager une sorte d'événement itinérant ?
Ah... je ne sais pas... C'est vraiment une idée intéressante. Je ne sais pas si on pourrait.... Les weekends sont très particuliers. Tout a commencé quand on a réservé un camp entier, du style centerparcs, en Angleterre pour trois soirs. Ainsi tous les fans pouvaient s'immerger dans le monde de MARILLION, rencontrer et parler avec d'autres fans... Nous avons beaucoup de fans autour du monde, mais beaucoup d'entre eux sont isolés. Ces weekend ont évolué puisqu'aujourd'hui on en fait un aux pays-bas, dans un center parcs beaucoup plus grand, où l'on monte une tente, que l'on réserve en totalité, et où les gens viennent dorénavant en famille, car on s'est rendu compte que nos fans ont vieilli, qu'ils ont fondé des famille, et qu'un weekend au loin où l'on s'occupe des enfants est fantastique ! Après toute l'énergie dépensée à organiser cet événement, au fil des ans, on s'est dit qu'il était fou de passer 2 ou 3 mois à planifier, répéter, pour un événement unique. Donc on est aussi allé au Canada, à Montréal, et ça a été un tel succès que l'on en a rajouté un en Angleterre aussi ! Je ne sais pas, on pourrait en imaginer un en Amérique du sud, et pourquoi pas ailleurs en Europe? Mais en faire un événement itinérant, je ne sais pas.... Je pense que tout peut dépendre du succès qu'il rencontrerait.



Vous avez récemment publié un coffret vinyles. Que penses-tu de la résurgence de ce format ?
Les vinyles sont devenus des objets de collection aujourd’hui. Ils ont même arrêté d'en produire pendant quelques années je crois, et les K7 aussi. Je pense qu'il y a encore un ou deux pays dans le monde où on vend des K7, je pense qu'ils continuaient à produire des cassettes en inde jusqu'à il y a peu... Mais pour revenir aux vinyles, parce que certains magazines se sont spécialisés dans les vieilles sorties sous ce format (en Angleterre, nous avons un magazine qui s'appelle "Record Collector"), et certains ont encore des vieilles platines et aiment ce format.... alors on fait des sorties événementielles, des éditions limitées généralement, 500, 2000 exemplaires, et ça marche bien. La musique a beaucoup évolué. De mon temps, j'écoutais « un disque ». C'était un acte physique, sortir le disque, le poser sur la platine, lire les infos sur la pochette,... Je connaissais les titres de toutes chansons, les paroles, le nom des producteurs,... Aujourd'hui, je suis incapable de vous dire les titres figurant sur un album ! Je télécharge depuis iTunes, c'est sur mon mobile, j'écoute des playlists, je ne sais même pas ce que j'écoute la plupart du temps ! J'essaye de trouver de la bonne musique, des groupes que je connais, j'essaye de me tenir au courant ! J'ai deux enfants, 22 et 18 ans. Je me tiens informé avec eux. J'écoute toutes sortes de choses, mais sur iTunes. Mais la musique est tellement plus présente dans la vie de tout un chacun aujourd'hui. Je suis vieux maintenant, mais quand j'étais jeune, il fallait allumer un appareil pour écouter de la musique. Aujourd'hui, la musique est partout ! Dans les magasins, partout ! Au bout des doigts ! Ça ne me dérange pas, plus on y est exposé, mieux c'est, car je pense qu'à la fin de la journée, on est une sorte de filtre. On élimine ce qu'on n'aime pas, et on se concentre sur ce qui nous plaît. Si des gens écrivent de la bonne musique, ceux qui écoutent de la bonne musique les trouveront. On écoute de la musique en fond sonore, sur les ordis,... on n'est pas forcément assis, concentré, comme je le faisais quand j'étais jeune.

Je reviens sur le côté "pas assez heavy" de MARILLION qui vous a dissuadé d'aller au Sonisphere, mais le premier magazine à offrir sa couverture à MARILLION fut Kerrang !
Je sais ! Je sais ! On a toujours plu aux magazines, et à un grand nombre de leurs lecteurs.... Ça m'a toujours surpris, parce qu'on ne s'est jamais vraiment vus dans ce monde. Il y a vraisemblablement dans ce qu'on fait quelque chose qui plaît ! On a peut-être pris la mauvaise décision pour le Sonisphere, qui sait ?

Quel est ton groupe de metal favori ? Si tu en as un !
(silence)... J'aime bien ce que fait PAIN OF SALVATION. Je connais très bien Daniel (Gildenlow) et j'aime ce qu'il fait, même si ce n'est pas toujours ce à quoi je m'attend. Quand il m'a fait écouter PAIN OF SALVATION la première fois, je pensais savoir à quoi m'attendre vu le nom de son groupe, et j'ai été surpris. SYSTEM OF A DOWN j'aime bien aussi, car je les trouve intéressants, j'aime leur façon d'aborder le business.

J'ai une dernière question stupide.
J'aime les questions stupides !

Si l'on éparpillait sur la table devant toi les albums studios de MARILLION, lequel choisirais-tu (à l'exception du dernier), pour donner à quelqu'un qui ne connaît pas votre musique ? Pas celui qui serait le meilleur, mais qui illustrerait le mieux l'essence même du groupe ?
Je choisirais probablement « Marbles ». Je pense qu'il contient l'essence.... bon c'est un double, ça aide !, mais il contient l'essence de ce que l'on fait tout le long de ses deux disques. Un double album vous alloue plus de temps pour être créatif, pour jouer et travailler sur des titres qu'en temps normal vous n'auriez pas poussés. Un titre comme « Drilling Holes » par exemple, qui par certains côtés n'a aucun sens, n'aurait pas trouvé sa place sur un album normal. Mais plus de temps te permet de développer des aspects différents de ta musique.

C'est un bon choix.
merci.

Merci Pete.
Ce fut un plaisir.


Remerciements à Olivier Garnier.(Replica)


samedi 16 mars 2013

JOLLY, un concert à ne pas manquer.....


Vous voulez un conseil d'ami ?

Mercredi 20 mars 2013, JOLLY fera une unique date en France, à Paris, au Divan du Monde, en ouverture de RIVERSIDE.

Si vous ne faîtes rien ce jour là, que vous êtes sur Paris, et que vous n'y allez pas (totalement inconcevable, mais bon, admettons), vous vous en mordrez les doigts jusqu'à l'épaule.

Les doigts des deux mains.

Ce groupe new-yorkais fondé en 2008 vient de sortir son troisième album, « Audio Guide To Happiness Part. 2 », un album dont on parlera très prochainement dans notre rubrique "Albums", et qui tout comme sa première partie parue en 2011 a de fortes chances de se retrouver haut placé quand l'heure des bilans 2013 sera venue.



JOLLY joue un metal progressif, alternatif, multi-facettes, en fusion constante, fait d'influences multiples que l'on penserait incompatibles (TEARS FOR FEARS, TOOL, RADIOHEAD, TYPE O NEGATIVE, DEPECHE MODE, PINK FLOYD, MUSE, MESHUGGAH... dit la page facebook du groupe, et l'on ajoutera aussi une dose de Pattoneries...), pour créer une espèce de pop metal énervé où la recherche de la mélodie importe autant que celle de l'énergie, où les climats s'entrechoquent, où l'imprévu est de mise. Mais la force de JOLLY, au terme de ces trois albums, est de s'être créé une identité propre qui s'affirme et s'affine au fil des albums. On vous le dit parce qu'on y croit : JOLLY est un futur très grand.



JOLLY est venu à Paris l'année dernière pour ce qui s'est malheureusement transformé en concert (quasi) secret. Mais il faut dire aussi...

...Quelle idée de partager une tournée en Europe avec un groupe aussi peu médiatisé que ILL... !

...Quelle mauvais concours de circonstances que de faire étape en France un Dimanche soir de mai, qui plus est alors que la population fête au même moment dans la rue l'élection d'un nouveau président de la république... !


Autant dire que la salle du Glazart paraissait bien vide, mais comme les absents ont eu tort ! Ce soir là, 6 mai 2012, Anadale (chant/guitare), Joe Reilly (claviers), Anthony Rondinone (basse) et Louis Abramson (batterie), ont pourtant joué comme si leur vie en dépendait. Une grande leçon de professionnalisme et d'honnêteté pour un si jeune groupe.


Alors notre petit doigt nous dit, et nous le croyons bien avisé, que mercredi prochain, c'est au Divan du Monde que vous devrez être !

C'est juste un conseil d'ami.

Photos : Celeye Kopp


dimanche 10 mars 2013

MARILLION @ Paris (Le Trianon) - 19•01•2013 [live report]


En ce samedi neigeux, le Trianon affiche salle comble pour le deuxième jour consécutif. C'est que MARILLION fait son grand retour dans la capitale, un retour contrarié la veille par des soucis techniques qui ont touché les disques durs de Mark Kelly (claviers) et contraint le groupe à amputer son set de quelques titres en raison d'un début de show tardif et d'un couvre-feu incontournable.

Pour cette tournée « Sounds that can't be made », le groupe a choisi de jouer deux soirs dans certaines villes, dont Paris, avec pour seuls titres communs aux deux shows successifs ceux issus de ce dernier album en date.

En arrivant dans les lieux ce samedi (après la fin de la première partie), on n'est donc sûr que d'une chose : pas de « Neverland », ni d' « Ocean Cloud », ni encore de « The Great Escape », tous joués la veille.

Malgré le temps, la salle est bondée jusqu'au deuxième balcon, et si le cheveu se fait rare (le public à l'âge du groupe), on devine en tendant l'oreille au gré de quelques discussions entre spectateurs, que beaucoup profitent du bon bouche à oreille dont a bénéficié le dernier album pour venir voir à quoi ressemble MARILLION aujourd'hui.

Le concert débute à 20h30 pétantes, après une musique d'attente qui allie avec bon goût « Kashmir » à « Hold the line ».



Le groupe démarre les hostilités (si j'ose dire) avec « Gaza », la longue pièce controversée qui ouvre également leur dernier album. Hogarth vient s'asseoir au bord de la scène, et c'est parti pour vingt minutes ! Quelques surprises accompagnent cette entrée en matière, la moindre étant cette espèce de tunique improbable échappée du « Crabe aux pinces d'or » et ornée du symbole de la paix qu'a endossée Steve Hogarth (chant). En effet, rompant avec une organisation qui semblait immuable, Steve Rothery (Guitare) se tient à gauche de la scène, et donc désormais tourné vers Hogarth, alors que Pete Trewavas (basse) a permuté avec lui et se trouve donc à droite, devant un Mark Kelly légèrement surélevé qui désormais joue face au public et non plus de profil. Ian Mosley (batterie) joue quant à lui toujours à gauche, mais porte un casque.

« Gaza » passe très bien le cap de la scène, et l'on notera particulièrement le gros abattage de Trewavas, métamorphosé en véritable guitariste rythmique. Énormément d'émotion se dégage de se titre qui captive d'entrée un public conquis.

Après s'être débarrassé de sa tunique customisée, H salue l'auditoire à la bière, et sonde le public pour savoir qui était là la veille : une bonne moitié de la salle. Certains crient « Lille ! » ou « Marseille ! ». D'humeur taquine, le frontman interroge : « Montpellier ? », avant de préciser que la setlist serait différente de la veille car « le groupe se barbe très vite ! ».

Après un toujours beau « Beautiful », même si placé en seconde position ce titre à tendance à faire retomber l'ambiance, H revient sur « Gaza » et déclare que ce titre n'est pas « une chanson contre Israël, mais contre le monde entier et sa folie ».

MARILLION se lance ensuite dans l'interprétation de « Sky above the rain », l'une des pièces les plus émouvantes de leur dernière galette. Malheureusement, enfin depuis les balcons au moins, le son moyen (mais qui s'améliorera rapidement) ne rend pas toute la finesse et l'émotion de la version studio.

Trois titres viennent d'être joués, et déjà quarante minutes se sont écoulées. Ce soir, H, décidément très en voix, est intenable, totalement déchainé, et impressionne tant de justesse que de puissance. Ce chanteur cessera-t-il un jour de se bonifier avec le temps ? Le concert s'énergise alors au fil de titres plus courts. « You're gone », « Fantastic Place », « Pour my love » (dédié à Todd Rundgren et Prince), puis « Sounds that can't be made », le titre éponyme du dernier album, avec son superbe final, finissent de lancer un concert qui se révèle énorme.

Sur « Somewhere else », belle surprise de cette setlist, Steve H tombe la veste, et la version de « Power » qui suit confirme la qualité des compositions du dernier album qui s’insèrent avec bonheur parmi les titres plus anciens.

Un titre dédié à Elvis ? C'est « King », avec toujours un H survolté qui finit le morceau au sol, la tête sous sa guitare, avant d'atteindre le bord de la scène et de violenter celle-ci.

Il est déjà 22h, et le groupe annonce « This strange engine ». C'est reparti pour 20 minutes enchanteresses, avec peut-être l'une des plus belles pièces longues du répertoire de MARILLION.



Le morceau s'achève sous les ovations d'un public aux anges. Le groupes s’éclipse rapidement en coulisse, alors que Steve Rothery, le dos tourné, enfile une nouvelle guitare. On vient vite le chercher pour rejoindre ses camarades de jeu. Il est clair que le groupe joue contre la montre et ce maudit couvre-feu de 22 h 30 qui ampute régulièrement les concerts parisiens.

Trois minutes à peine plus tard, le groupe est de retour, avec un Steve Hogarth qui a chaussé ses lunettes et enfilé sa vieille redingote. Et ce sont les premières mesures d' « Invisible man » qui se font entendre. Un autre morceau de bravoure, dans une interprétation surprenante ce soir, puisque toutes les parties habituellement chuchotées sont criées. Curieusement, ça passe bien, même si l'effet est réellement surprenant.

Le concert finit à 22h35 et le groupe quitte la scène en courant, alors que les lumières se rallument et que la musique de fond fait son retour. C'est dans cette impression de précipitation que le groupe revient sur scène : « on a oublié de vous dire au revoir ! ».

Grosse performance de MARILLION ce soir, avec un Steve H impressionnant d'énergie, et des musiciens toujours aussi inspirés. Dans les escaliers du Trianon, alors que les spectateurs se dirigent vers la sortie, les commentaires sont unanimes. Ceux qui avaient fait l'impasse sur le groupe depuis quelques années n'en reviennent pas. MARILLION a fait forte impression. Le groupe est toujours là, plus vivant que jamais.


Photos : Stéphanie Delisée - Plus de photo sur la page Stephanie D. Photography

Remerciements à Olivier Garnier et Roger Wessier (Replica), Gérald et l'équipe de Spakeasy


vendredi 15 février 2013

ANATHEMA @ Rennes (L'antipode) - 26•10•2012 [live report]

« Bonsoir, nous sommes « ASTRA » et nous venons de San Diego ». Le quintet qui ouvre les hostilités ce soir dans la salle comble de l'Antipode à Rennes, est la preuve vivante qu'on nous cache des choses. De deux choses l'une : ou bien les Américains ont découvert le secret de la jeunesse éternelle, ou bien ils ont inventé le voyage dans le temps ! ASTRA ressuscite les années 70 au travers d'une musique progressive faite de longues plages instrumentales, baignée de deux synthés, et d'harmonies vocales très datées. Moustaches, cheveux longs non entretenus, chemises blanches ou à fleurs, avec ou sans jabot, veste en jean sans patchs..., les tenues sont adaptées à la musique souvent planante. Et l'on pourrait facilement s'imaginer ramené quarante ans en arrière l'espace de trente minutes, à une époque où l'on distribuait aux spectateurs du LSD plutôt que des bouchons d'oreilles. Autres temps, autres mœurs. ASTRA nous fait pourtant passer un bon moment, même si l'on peut imaginer que cet exploit ne se réalise pas avec autant de charme sur album. A vérifier toutefois....


ANATHEMA entre alors en scène sous les ovations d'une salle déjà bondée lors de leur précédent passage sur la tournée « We're Here Because We're Here ». Le public est entièrement acquis à la cause du groupe qui tourne aujourd'hui pour « Weather Systems », un album bien dans la continuité du précédent, gorgé une fois encore d'autant d'arpèges que d'émotions. Des émotions grandement amplifiées sur scène, grâce à une interprétation comme toujours à fleur de peau. Les lights privilégient Daniel Cavanagh (guitares), Vinnie Cavanagh (guitares et chant) et Lee Douglas (chant), positionnés au bord de la scène. Le troisième frère Cavanagh, Jamie (basse), est légèrement en retrait sur la droite, alors que John (batterie), le frère de Lee (et oui ANATHEMA est une grande histoire de famille(s)!) et Daniel Cardoso (claviers) sont placés au fond.

« Weather Systems » ne réitère pas pour autant la recette miraculeuse de « We're Here Because We're Here », et le groupe ne commencera donc pas cette année son set en jouant son dernier album en intégralité, même s'il enchaîne d'entrée les deux parties d' « Untouchable ». Daniel semble avoir quelques soucis avec le son de son instrument, cela s'entend et surtout se voit, notamment lors de l’interprétation de « Dreaming Light ». La mécanique est toutefois désormais bien huilée, et le groupe fait un sans-faute, comblant de bonheur l'assistance. Avant de débuter « Everything », Vinnie emprunte l'appareil photo de l'un des photographes (n'est-ce-pas Bastien?) pour prendre la salle en photo.


Après l'interprétation de ce titre chargé d'émotion, Vinnie annonce que le groupe va jouer quelques titres plus anciens, qui n'ont pas été joués ici lors de la tournée précédente. Il s'agit de titres extraits de « Judgment », plus axés guitares que ceux issus des deux derniers albums. Il se dégage soudainement une grande énergie rock, très bien reçue par le public qui répond positivement. Peut-être les titres des deux derniers albums sont-ils trop similaires, même si ce que l'on gagne alors en énergie, on le perd en harmonies. Ces morceaux plus anciens mettent en valeur la guitare de Daniel, ses problèmes résolus, sur d'impressionnantes interventions, notamment sur « Wings Of God ». Le concert prend alors tout son sens, et la prestation du groupe se révèle envoûtante. En se relevant après « Closer », Vinnie entend le public se mettre à scander « Liverpool ! Liverpool ! Liverpool ! ». Il demande s'il s'agit de football, parce que si c'est le cas, Lee qui supporte Everton va se vexer. Le public scande alors « Everton ! », et Vinnie de plaisanter avec Lee « Tu ne l'auras jamais entendu avec cet accent ! ».

Avant d'enchaîner avec « A Natural Disaster », Vinnie décidément très en verve demande au public de faire le lightshow avec ses portables. "Show us all your apps" !!! A minuit dix, le show prend fin sur « Flying »... pour quelques minutes, ANATHEMA ne tardant pas à revenir interpréter « Internal Landscapes », puis annoncer qu'ils n'ont plus le temps que pour un morceau, et que ce sera « Fragile Dreams ». Devant l'insistance d'un des spectateurs du premier rang, Vinnie Cavanagh annonce qu'ils vont d'abord jouer « Panic », « juste pour lui ! En espérant qu'on ne nous débranche pas le son avant la fin » ! La communion avec le public est totale, et le groupe a encore livré un grand concert ce soir. Nous nous quittons vers minuit et demi sur « Fragile Dreams », que Vinnie présente longuement en déclarant en substance qu'il est important de tout faire pour vivre ses rêves. Avant d'ajouter avec ce flegme et cet humour typiquement anglais : « mais pas avec vos frères ! ».


Set-list :
  1. Deep 

Merci à Gaël pour les photographies !

Hard Force remercie l'équipe de Speakeay et Olivier Garnier (Replica)