samedi 29 juin 2013

MASS HYSTERIA @ Guipavas (West Fest) - 29•06•2013 [live-report]


Les intenables MASS HYSTERIA poursuivent leur tour de France des festivals d'été 2013. Six jours après un set intensément monstrueux au Hellfest, c'est en banlieue immédiate de Brest qu'ils posent leurs amplis encore chauds pour la première édition d'un festival très éclectique.

Malgré une notoriété à écrire, un après-midi chaud, et une programmation à la logique improbable, le "West Fest" compte encore près d'un millier de festivaliers à 23h30 quand les MASS montent sur scène alors qu'une bruine se pose sur les terrains alentours.

MASS HYSTERIA revient dans le Finistère pour la troisième fois depuis un an. Ce n'est pas un véritable hasard. Mouss, son charismatique chanteur, est Brestois. Et il a la "brestitude" chevillée au corps !

Cette soirée, comme tout concert de MASS HYSTERIA, est une longue décharge d'énergie. Le groupe s'approprie la scène en véritable arme de destruction massive du rock français. Difficile de décrocher de la scène, impossible de rester immobile, impensable de ne pas crier ou manifester une joie communicative.



Nous n'enfoncerons pas de portes ouvertes, quand bien même le groupe joue en plein air, un concert de MASS HYSTERIA ne se raconte pas, il se vit. 20 ans de scène assurent un professionnalisme qui ne l'emporte pas sur l'ostensible plaisir de jouer, d'être là, de retour dans le fief de Mouss.



Mouss, qui reconnaît ses amis dans l'assistance, qui raconte pèle-mêle les souvenirs de sa jeunesse brestoise, les lieux ("Penfeld", le "Comix", le "Mélo",...), ses "exploits" (les "ribines", les "pistes",...), qui manifeste dans chaque chanson son amour pour la Bretagne et sa fierté d'être breton ("Bretagne" prononcée 78 fois -selon les organisateurs -),... tant et si bien qu'il oubliera de sortir de scène avant le rappel qui sera enchaîné sans temps mort, et qui finalement insistera auprès des organisateurs pour jouer un ultime titre et faire monter les "jeunes furieuses" sur scène à cette occasion. Avant de nous quitter dans un rassembleur "Rencard au bar !".



L'impression  pour les festivaliers de vivre un concert en famille.

Musicalement, MASS HYSTERIA est carré, violent, bondissant. Les classiques de cette longue carrière s'enchaînent, entrecoupés de quelques riffs de METALLICA, dont on retiendra la reprise de "Enter Sandman", ou celle des "sardines" de Patrick Sébastien sur le riff de "Fight Fire With Fire". On ne peut pas passer sous silence non plus les paroles du "Lambé An Dro" de MATMATAH qui reviendront à plusieurs reprises le long du set ("Viens donc faire un tour à Lambé...").



Mouss l'avait annoncé dès le départ : "Si on m'avait dit il y a vingt ans que je jouerais un jour à Guipavas ! Que vous soyez nombreux ou pas, on est parti pour 1h30 de furia !"

Nous avons eu bien plus que ça ce soir.

Croisé au Hellfest la semaine dernière, nous avons entendu Mouss répondre à quelqu'un qui le remerciait pour sa générosité : "Je ne suis pas généreux, je suis brestois !".

Ce samedi, tout MASS HYSTERIA était brestois.



Photographies floues courtesy of my smartphone.

lundi 17 juin 2013

BLACK SABBATH & OZZY... "13", porte-malheur ?



La réunion de BLACK SABBATH avec Ozzy, son chanteur d'origine, c'est un peu le serpent de mer du hard rock. Tout le monde l'a guettée, mais personne n'a rien vu venir, ou alors rien de terrible (les titres inédits à la fin du live "Reunion")....

Il aura fallu la disparition de Ronnie James Dio, pour que l'idée d'un nouvel album des Sab 4 fasse son chemin.

Car ne nous leurrons pas, si Ronnie James Dio était toujours de ce monde, ce "13" n'aurait pas vu le jour. C'est une évidence.

Avec la mort de Dio, c'est la double peine qu'on nous inflige.




Fait n° 1 : après "Never Say Die" et le split, la carrière solo d'Ozzy a rencontré plus de succès que celle de Tony Iommi (à titre indicatif, "Heaven And Hell" platine, "Blizzard Of Ozz" quatre fois platine).

Fait n° 2 : Ozzy a été viré de BLACK SABBATH parce qu'il était ingérable et ne foutait rien. Iommi a toujours écrit la musique, et Geezer Butler les textes. Ozzy s'est toujours cantonné d'ânonner sur les riffs.

Fait n° 3 : bizarrement, le "Madman", avec tous ses excès, est une icône. Encore aujourd'hui. Une rock star bigger than life.


Par deux fois, après "Live Evil" et "Dehumanizer", Iommi et Dio se sont séparés pour des problèmes d'ego. Chaque fois ils ont fini par collaborer à nouveau. Parce qu'ils avaient des choses à dire.

Iommi et Ozzy ont mis fin une fois à leur collaboration, en 1977. Depuis, et jusqu'à ce "13", ils ne se sont retrouvés que pour des projets "live". Parce qu'ils n'avaient plus rien à dire.

Iommi "est" BLACK SABBATH. Ses riffs sont l'essence du groupe. Ils l'ont été malgré les incessants changements de line-up depuis 30 ans. Tony Iommi est la constante.

Lors de la promo de "13", Ozzy a déclaré au "Guardian" : "C'est incroyable que Tony ait pu écrire de tels riffs. Il mérite une médaille, car si on m'avait diagnostiqué un lymphome  je me serais dit "Putain, merde !" et je me serais recouché avec une bouteille de morphine. Mais on a été jusqu'au bout, parce qu'on savait que ce serait probablement notre baroud d'honneur !"

Et au final ?  Sous la houlette de Rick Rubin, "13" est un florilège actualisé des premiers albums de BLACK SABBATH, remis au goût du jour, sans une once d'originalité, avec un son aseptisé, parodiant le passé sans en ressusciter la flamme. De quoi contenter les fans nostalgiques ou trop jeunes pour avoir vécu l'Histoire en live. Décevant pour ceux qui attendaient un sursaut, un album de BLACK SABBATH taillé pour le XXIème siècle. 

Quoi qu'en dise Ozzy, Tony Iommi n'avait pas besoin de ce "13" pour mériter sa médaille. Ses plus de  quarante ans de carrière au service du riff la lui justifie amplement. Sans discussion. Mais Ozzy n'a peut-être pas suivi (ou voulu suivre) l'histoire qui s'est écrite en son absence, depuis 35 ans. 

Nous, nous ne l'oublions pas.

C'est pourquoi ce "13" ne peut nous contenter.