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dimanche 10 mars 2013

MARILLION @ Paris (Le Trianon) - 19•01•2013 [live report]


En ce samedi neigeux, le Trianon affiche salle comble pour le deuxième jour consécutif. C'est que MARILLION fait son grand retour dans la capitale, un retour contrarié la veille par des soucis techniques qui ont touché les disques durs de Mark Kelly (claviers) et contraint le groupe à amputer son set de quelques titres en raison d'un début de show tardif et d'un couvre-feu incontournable.

Pour cette tournée « Sounds that can't be made », le groupe a choisi de jouer deux soirs dans certaines villes, dont Paris, avec pour seuls titres communs aux deux shows successifs ceux issus de ce dernier album en date.

En arrivant dans les lieux ce samedi (après la fin de la première partie), on n'est donc sûr que d'une chose : pas de « Neverland », ni d' « Ocean Cloud », ni encore de « The Great Escape », tous joués la veille.

Malgré le temps, la salle est bondée jusqu'au deuxième balcon, et si le cheveu se fait rare (le public à l'âge du groupe), on devine en tendant l'oreille au gré de quelques discussions entre spectateurs, que beaucoup profitent du bon bouche à oreille dont a bénéficié le dernier album pour venir voir à quoi ressemble MARILLION aujourd'hui.

Le concert débute à 20h30 pétantes, après une musique d'attente qui allie avec bon goût « Kashmir » à « Hold the line ».



Le groupe démarre les hostilités (si j'ose dire) avec « Gaza », la longue pièce controversée qui ouvre également leur dernier album. Hogarth vient s'asseoir au bord de la scène, et c'est parti pour vingt minutes ! Quelques surprises accompagnent cette entrée en matière, la moindre étant cette espèce de tunique improbable échappée du « Crabe aux pinces d'or » et ornée du symbole de la paix qu'a endossée Steve Hogarth (chant). En effet, rompant avec une organisation qui semblait immuable, Steve Rothery (Guitare) se tient à gauche de la scène, et donc désormais tourné vers Hogarth, alors que Pete Trewavas (basse) a permuté avec lui et se trouve donc à droite, devant un Mark Kelly légèrement surélevé qui désormais joue face au public et non plus de profil. Ian Mosley (batterie) joue quant à lui toujours à gauche, mais porte un casque.

« Gaza » passe très bien le cap de la scène, et l'on notera particulièrement le gros abattage de Trewavas, métamorphosé en véritable guitariste rythmique. Énormément d'émotion se dégage de se titre qui captive d'entrée un public conquis.

Après s'être débarrassé de sa tunique customisée, H salue l'auditoire à la bière, et sonde le public pour savoir qui était là la veille : une bonne moitié de la salle. Certains crient « Lille ! » ou « Marseille ! ». D'humeur taquine, le frontman interroge : « Montpellier ? », avant de préciser que la setlist serait différente de la veille car « le groupe se barbe très vite ! ».

Après un toujours beau « Beautiful », même si placé en seconde position ce titre à tendance à faire retomber l'ambiance, H revient sur « Gaza » et déclare que ce titre n'est pas « une chanson contre Israël, mais contre le monde entier et sa folie ».

MARILLION se lance ensuite dans l'interprétation de « Sky above the rain », l'une des pièces les plus émouvantes de leur dernière galette. Malheureusement, enfin depuis les balcons au moins, le son moyen (mais qui s'améliorera rapidement) ne rend pas toute la finesse et l'émotion de la version studio.

Trois titres viennent d'être joués, et déjà quarante minutes se sont écoulées. Ce soir, H, décidément très en voix, est intenable, totalement déchainé, et impressionne tant de justesse que de puissance. Ce chanteur cessera-t-il un jour de se bonifier avec le temps ? Le concert s'énergise alors au fil de titres plus courts. « You're gone », « Fantastic Place », « Pour my love » (dédié à Todd Rundgren et Prince), puis « Sounds that can't be made », le titre éponyme du dernier album, avec son superbe final, finissent de lancer un concert qui se révèle énorme.

Sur « Somewhere else », belle surprise de cette setlist, Steve H tombe la veste, et la version de « Power » qui suit confirme la qualité des compositions du dernier album qui s’insèrent avec bonheur parmi les titres plus anciens.

Un titre dédié à Elvis ? C'est « King », avec toujours un H survolté qui finit le morceau au sol, la tête sous sa guitare, avant d'atteindre le bord de la scène et de violenter celle-ci.

Il est déjà 22h, et le groupe annonce « This strange engine ». C'est reparti pour 20 minutes enchanteresses, avec peut-être l'une des plus belles pièces longues du répertoire de MARILLION.



Le morceau s'achève sous les ovations d'un public aux anges. Le groupes s’éclipse rapidement en coulisse, alors que Steve Rothery, le dos tourné, enfile une nouvelle guitare. On vient vite le chercher pour rejoindre ses camarades de jeu. Il est clair que le groupe joue contre la montre et ce maudit couvre-feu de 22 h 30 qui ampute régulièrement les concerts parisiens.

Trois minutes à peine plus tard, le groupe est de retour, avec un Steve Hogarth qui a chaussé ses lunettes et enfilé sa vieille redingote. Et ce sont les premières mesures d' « Invisible man » qui se font entendre. Un autre morceau de bravoure, dans une interprétation surprenante ce soir, puisque toutes les parties habituellement chuchotées sont criées. Curieusement, ça passe bien, même si l'effet est réellement surprenant.

Le concert finit à 22h35 et le groupe quitte la scène en courant, alors que les lumières se rallument et que la musique de fond fait son retour. C'est dans cette impression de précipitation que le groupe revient sur scène : « on a oublié de vous dire au revoir ! ».

Grosse performance de MARILLION ce soir, avec un Steve H impressionnant d'énergie, et des musiciens toujours aussi inspirés. Dans les escaliers du Trianon, alors que les spectateurs se dirigent vers la sortie, les commentaires sont unanimes. Ceux qui avaient fait l'impasse sur le groupe depuis quelques années n'en reviennent pas. MARILLION a fait forte impression. Le groupe est toujours là, plus vivant que jamais.


Photos : Stéphanie Delisée - Plus de photo sur la page Stephanie D. Photography

Remerciements à Olivier Garnier et Roger Wessier (Replica), Gérald et l'équipe de Spakeasy


vendredi 15 février 2013

ANATHEMA @ Rennes (L'antipode) - 26•10•2012 [live report]

« Bonsoir, nous sommes « ASTRA » et nous venons de San Diego ». Le quintet qui ouvre les hostilités ce soir dans la salle comble de l'Antipode à Rennes, est la preuve vivante qu'on nous cache des choses. De deux choses l'une : ou bien les Américains ont découvert le secret de la jeunesse éternelle, ou bien ils ont inventé le voyage dans le temps ! ASTRA ressuscite les années 70 au travers d'une musique progressive faite de longues plages instrumentales, baignée de deux synthés, et d'harmonies vocales très datées. Moustaches, cheveux longs non entretenus, chemises blanches ou à fleurs, avec ou sans jabot, veste en jean sans patchs..., les tenues sont adaptées à la musique souvent planante. Et l'on pourrait facilement s'imaginer ramené quarante ans en arrière l'espace de trente minutes, à une époque où l'on distribuait aux spectateurs du LSD plutôt que des bouchons d'oreilles. Autres temps, autres mœurs. ASTRA nous fait pourtant passer un bon moment, même si l'on peut imaginer que cet exploit ne se réalise pas avec autant de charme sur album. A vérifier toutefois....


ANATHEMA entre alors en scène sous les ovations d'une salle déjà bondée lors de leur précédent passage sur la tournée « We're Here Because We're Here ». Le public est entièrement acquis à la cause du groupe qui tourne aujourd'hui pour « Weather Systems », un album bien dans la continuité du précédent, gorgé une fois encore d'autant d'arpèges que d'émotions. Des émotions grandement amplifiées sur scène, grâce à une interprétation comme toujours à fleur de peau. Les lights privilégient Daniel Cavanagh (guitares), Vinnie Cavanagh (guitares et chant) et Lee Douglas (chant), positionnés au bord de la scène. Le troisième frère Cavanagh, Jamie (basse), est légèrement en retrait sur la droite, alors que John (batterie), le frère de Lee (et oui ANATHEMA est une grande histoire de famille(s)!) et Daniel Cardoso (claviers) sont placés au fond.

« Weather Systems » ne réitère pas pour autant la recette miraculeuse de « We're Here Because We're Here », et le groupe ne commencera donc pas cette année son set en jouant son dernier album en intégralité, même s'il enchaîne d'entrée les deux parties d' « Untouchable ». Daniel semble avoir quelques soucis avec le son de son instrument, cela s'entend et surtout se voit, notamment lors de l’interprétation de « Dreaming Light ». La mécanique est toutefois désormais bien huilée, et le groupe fait un sans-faute, comblant de bonheur l'assistance. Avant de débuter « Everything », Vinnie emprunte l'appareil photo de l'un des photographes (n'est-ce-pas Bastien?) pour prendre la salle en photo.


Après l'interprétation de ce titre chargé d'émotion, Vinnie annonce que le groupe va jouer quelques titres plus anciens, qui n'ont pas été joués ici lors de la tournée précédente. Il s'agit de titres extraits de « Judgment », plus axés guitares que ceux issus des deux derniers albums. Il se dégage soudainement une grande énergie rock, très bien reçue par le public qui répond positivement. Peut-être les titres des deux derniers albums sont-ils trop similaires, même si ce que l'on gagne alors en énergie, on le perd en harmonies. Ces morceaux plus anciens mettent en valeur la guitare de Daniel, ses problèmes résolus, sur d'impressionnantes interventions, notamment sur « Wings Of God ». Le concert prend alors tout son sens, et la prestation du groupe se révèle envoûtante. En se relevant après « Closer », Vinnie entend le public se mettre à scander « Liverpool ! Liverpool ! Liverpool ! ». Il demande s'il s'agit de football, parce que si c'est le cas, Lee qui supporte Everton va se vexer. Le public scande alors « Everton ! », et Vinnie de plaisanter avec Lee « Tu ne l'auras jamais entendu avec cet accent ! ».

Avant d'enchaîner avec « A Natural Disaster », Vinnie décidément très en verve demande au public de faire le lightshow avec ses portables. "Show us all your apps" !!! A minuit dix, le show prend fin sur « Flying »... pour quelques minutes, ANATHEMA ne tardant pas à revenir interpréter « Internal Landscapes », puis annoncer qu'ils n'ont plus le temps que pour un morceau, et que ce sera « Fragile Dreams ». Devant l'insistance d'un des spectateurs du premier rang, Vinnie Cavanagh annonce qu'ils vont d'abord jouer « Panic », « juste pour lui ! En espérant qu'on ne nous débranche pas le son avant la fin » ! La communion avec le public est totale, et le groupe a encore livré un grand concert ce soir. Nous nous quittons vers minuit et demi sur « Fragile Dreams », que Vinnie présente longuement en déclarant en substance qu'il est important de tout faire pour vivre ses rêves. Avant d'ajouter avec ce flegme et cet humour typiquement anglais : « mais pas avec vos frères ! ».


Set-list :
  1. Deep 

Merci à Gaël pour les photographies !

Hard Force remercie l'équipe de Speakeay et Olivier Garnier (Replica)