Comme bien souvent, MARILLION gratifie cette année ses fans d'une tournée automnale qui fait étape en France à deux reprises, à Paris jeudi prochain et Rouen ce soir. Cette veille de jour férié est donc particulièrement propice à un déplacement en Normandie où les Anglais ne se sont pas produits depuis des lustres. Histoire de voir aussi quelle sera la setlist, alors que le groupe qui tourne toujours pour promouvoir "Sounds that can't be made", a joué en France en début d'année.
La ville de Rouen a mis les petits plats dans les grands ce weekend puisque les quais, et donc les abords du "106", sont le terrain d'une immense fête foraine, rendant interminable le trajet vers la salle. Les manèges multicolores et bruyants confèrent à ce début de soirée une atmosphère festive du meilleur goût.
Alors que le concert est prévu pour débuter à 20 h 30, nous trouvons à notre arrivée vers 20 h Steve Rothery et Steve Hogarth en pleine interview radiophonique dans "la bulle", cette espèce d'aquarium situé dans le hall du "106". Quelle belle idée que cette rencontre quasi "live" à laquelle assiste un public agglutiné aux vitres de cette bulle, tels des poissons nettoyeurs !
Que la première partie de la soirée nous pardonne, mais nous consacrerons les 30 minutes de son show à nous désaltérer en compagnie de Mathias, l'heureux traducteur des propos bullesques des deux Steve, et d'Alex notre photographe !
MARILLION entre en scène dans la même configuration qu'en début d'année, Steve Rothery à la droite de Steve Hogarth. Cette position sur scène ouvre le "guitartiste" sur le chanteur et accroît leur complicité. Aux claviers, petite nouveauté, Mark Kelly est coiffé d'un casque, tout comme Ian Mosley derrière ses fûts. Le "106" est copieusement rempli, et le groupe entame son set avec le désormais classique "Invisible Man", dans une interprétation plus "criée" que chuchotée, tout comme en début d'année, qui finalement passe très bien. H prend la parole après le morceau avec cet humour si english : "That was the Invisible Man. He's gone now".
Si "Beautiful" traîne son rythme doucereux et plombe le concert malgré sa beauté, "Sounds that can't be made" se révèle ensuite comme le "kashmir" du répertoire de MARILLION, explosant littéralement en live. S'enchaînent alors morceaux récents ("Sky above the rain") et plus anciens ("Accidental man"), tous plutôt longs. Steve Rothery arrose les premiers rangs de mediators, et H avertit : "Attention, il les aiguise !", avant de lancer "Pour les amoureux de fromages, de vins et de petits chiens.... Voici "Power" ! Le jeu de lumières baigné de lasers est éblouissant. MARILLION se lance alors dans une version une fois de plus ahurissante de "This strange engine". Kelly est hilare à la fin du morceau, H en perd son pantalon.... un peu plus d'un heure s'est écoulée. Le groupe a joué sept titres.... et sort de scène.
Cinq minutes plus tard, MARILLION est de retour pour un "Mad" très nerveux, puis une interprétation brillante de "Neverland", avant de s'éclipser à nouveau.

A ce moment, des fans plus âgés restés dans les gradins descendent dans la fosse. S'attendent-ils à ce que le groupe joue quelques titres de l'ère "Fish" ?
Steve H réapparaît en djellaba blanche marquée du signe hippie de la paix et s'assoit sur la caisse que son fils a placé au bord de la scène. C'est parti pour "Gaza", le gros morceau de leur dernier album, qui gagne en profondeur à chaque écoute. Grandiose. Les vieux fans sont-ils pour autant déçus ? MARILLION ne les a pas oubliés, qui joue en ultime titre un tonitruant "Garden Party", avant de quitter définitivement la scène après deux heures de show.
Une fois encore, musique et émotions se seront mélangées au cours de la soirée. MARILLION n'est plus le groupe d'un ou deux tubes. Il est loin le temps des "Sugar mice", "Kayleigh" et autres "Lavender". Le groupe est constamment en mouvement et dispose d'un tel répertoire qu'il peut se permettre de faire l'impasse sur de nombreux morceaux et piocher dans sa besace sans jamais décevoir. Définitivement l'apanage des Grands.

Photographies par Alex Séga ! Courez voir sa galerie ici : Marillion @ Rouen




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