jeudi 28 mars 2013

Le premier album de 6:33 & Arno Strobl annoncé ! [news]


Quand la musique est bonne (bonne ! bonne ! bonne !) et qu'en plus la pochette est classe, ne dites pas qu'on ne vous aura pas prévenus !

Le 26 avril, c'est dans pas longtemps.

Notre petite oreille indiscrète nous dit que "Giggles, Garlands & Gallows", l' E.P. sorti l'année dernière et chroniqué ici n'était qu'une légère mise en bouche.... Get ready !!!



Voici le communiqué de 6:33 & ARNO STROBL :

C'est avec une grande fierté que nous vous annonçons la sortie le 26 Avril prochain du nouvel album de 6:33 & Arno Strobl, "The Stench From The Swelling (a true story)", chez Wafflegate Prod / Season of Mist !

Track-listing : The Stench From The Swelling (A True Story)

1. (I Should Have Known) Her Name Was Boogie
2. Burn-In
3. I Like It (new mix)
4. The Stench From The Swelling
5. Starlight
6. Giggles, Garlands & Gallows part 1 : Order Of The Red Nose (new mix)
7. Giggles, Garlands & Gallows part 2 : M.I.D.G.E.T.S. (new mix)

En attendant cet heureux évènement, voici l'artwork de l'album, réalisé par Dehn Sora !


dimanche 17 mars 2013

MARILLION : Pete Trewavas [interview]




MARILLION était à Paris les 18 et 19 janvier 2013 pour deux concerts mémorables de la tournée « Sounds That Can't Be Made ». Avant le premier de ces deux concerts, nous avons rencontré le bassiste du groupe, Pete Trewavas, qui a pris le temps de répondre longuement à nos questions, en toute humilité.

MARILLION joue deux soirs consécutifs à Paris, ce n'est pas courant...
C'est arrivé il y a une dizaine d'années, on avait donné trois shows à La Cigale. On y avait joué « Brave » et on l'avait filmé, mais sinon non, c'est une première. On attend ça avec impatience.

Cela signifie-t-il que le secret le mieux gardé dans le monde de la musique, comme on décrit parfois MARILLION, est enfin exposé au grand jour ?
Je l'espère... La réaction à notre nouvel album, en France, est vraiment très très bonne. On a été interviewé par Paris Match, et beaucoup d'autres journaux qui ne nous sollicitaient pas auparavant. Il semble qu'il y ait plus de buzz autour de MARILLION qu'il n'y en a eu par le passé. On passe une bonne année !

MARILLION dans PARIS MATCH

2012 a été une année bien chargée pour MARILLION.
On a été très occupé, oui. Depuis la sortie de l'album, on a tourné à peu près partout dans le monde. On a commencé en Amérique, puis nous sommes allés en Scandinavie, en Angleterre, un peu partout en Europe, puis l'Amérique du sud, et finalement nous voilà en France.

Revenons un peu sur la carrière de MARILLION. Le rock progressif, jusqu'à il y a peu, était considéré comme "plus intellectuel"...  mais beaucoup de groupes aujourd’hui revendiquent cette étiquette (PORCUPINE TREE, OPETH, Steven Wilson...)...
Oui, Steven Wilson est un peu à l'origine de tout ça, même s'il s'agit plus de "metal" progressif. Ce qui est bien, OPETH est un très bon groupe, qui a travaillé avec Steve Wilson. Il me semble que PORCUPINE TREE est parti en tournée avec DREAM THEATER il y a quelques années, et là encore certes c'est du progressif, mais dans son côté le plus dur, le plus metal. Mais je trouve bien que la musique dite "progressive" soit mise en avant.

Comment expliques-tu que de plus en plus de gens s'intéressent à cet aspect progressif ?
Je pense que les gens se lassent de toujours écouter la même chose... La musique progressive existe depuis longtemps, et elle revient aujourd'hui, avec une identité un peu différente, ça fait quelques années maintenant, mais elle revient sur le devant de la scène.

Le progressif revient donc par un côté plus metal. Mais MARILLION a récemment annulé sa participation au Sonisphere France. Pour quelles raisons ?
Sonisphere.... Oui, on a annulé... On a pensé qu'on n'y avait pas notre place en fait. On n'est pas assez heavy,  pour une affiche qui l'est réellement cette année. Compte tenu de la nature des autres groupes, nous n'aurions pas pu apparaître sous notre meilleur jour. On a pensé que ce ne serait pas bien pour le festival, et que ce ne serait pas bien pour le groupe. On vient de sortir un nouvel album, « Sounds That Can't Be Made », pour lequel on tourne, et bien qu'il contienne des passages très puissants, il est très orienté son et ambiances, et n'est pas particulièrement "heavy". On a pensé que ce n’était pas le bon endroit où se produire.

Vous n'avez pas été déçus d'annuler ?
Si bien sûr, car on adore jouer live. C'est notre force, la scène. Et c'est toujours bien de jouer des festivals car on touche un autre public. Donc oui c'est une déception quelque part. Mais il y a un autre festival que l'on étudie, et le Sonisphere ce sera pour une autre fois. On en parle toujours entre nous, tout n'est pas perdu !

Pour « Sounds That Can't Be Made », MARILLION a lancé à nouveau une campagne de souscription avant la réalisation de l'album. C'est une nécessité financière ou une demande des fans ?
Ce n'est pas une nécessité financière, même s'il est vrai que ça aide à mettre en ordre pas mal de choses quand on a un peu d'argent en banque, car on ne dépense pas cet argent, c'est une sorte d'assurance. mais ça aide à planifier la réalisation. Les fans aiment cet aspect, et se sentent investis dans le groupe. De nombreux groupes ont aujourd'hui la possibilité d'offrir plus à leurs fans, de créer des liens. Je pense que c'est bien, car quand j'étais jeune, les groupes que j'aimais étaient inaccessibles. Je n'aurais jamais pu ne serait-ce qu'imaginer aller parler aux BEATLES, ou aux KINKS, aux WHO, ni aucun des tous ces groupes que j'admirais et auxquels je voulais ressembler.

Cela n'ajoute-t-il pas une sorte de pression sur vos épaules ?
De la pression ? Non...

Des attentes alors ?
Ah oui, des attentes, il y en a certainement. Mais la pression on se la met assez nous mêmes, comme tous les artistes qui veulent donner le meilleur d'eux-mêmes. Ce qui est appréciable, c'est que nos fans nous font confiance. Car regardez, avec la musique commerciale, parfois ce que vous pensez vouloir entendre n'est pas nécessairement ce que vous voulez entendre. Ce n'est pas forcément excitant le fait d'entendre ce que vous avez déjà entendu. On aime innover, être créatif, et c'est bien d'avoir cette liberté qui nous l'autorise.

Il semble y avoir deux parties distinctes dans « Sounds That Can't Be Made »  Une première plus osée, et une seconde où vous explorez des territoires déjà visités...
Oui, ce n'est pas faux... des territoires connus, c'est possible. Et en même temps on se réinvente. « Gaza », c'est évident, est un sujet « osé ». Le moteur de ce titre fut la musique. On avait toutes ces parties qui semblaient venir du moyen orient, ces sortes de structures musicales qui nous intéressent, ces choses qui sont un peu hors des normes de la musique rock. C'est bien d'être créatif en ce sens, et au niveau des paroles, le sujet en est la situation désespérée de tous ces gens à Gaza, d'un point de vue humanitaire. On a voulu faire réfléchir les gens.

C'est assez nouveau pour le groupe de le faire si ouvertement.
Oui, je sais, mais c'est inévitable avec ce sujet. On aurait pu ne pas en parler, mais une fois que la décision est prise, il faut le faire fièrement. Vous savez, nous ne sommes pas les seuls dans le milieu musical à penser ainsi sur ce sujet. Roger Waters est assez connu pour agiter les drapeaux de ces causes qui nous tiennent à cœur... Ca nous a aidés, je pense, de savoir qu'il y avait d'autres artistes qui partageaient nos idées et qui étaient prêts à nous soutenir. C'est une des choses que j'ai toujours appréciées chez Roger Waters, et PINK FLOYD, de savoir qu'il n'avait pas sa langue dans sa poche. Je trouve que la musique est un monde trop frileux parfois.

C'est une sorte d'héritage progressif alors ?
(rires) Je ne sais pas ! Peut-être !

Comment décrirais-tu la musique progressive ? Une musique en constante mutation ?
Oui, c'est une musique qui doit toujours avancer.

TRANSATLANTIC



Car il y a aujourd'hui un certain nombre de groupes qui se disent progressifs mais qui ne font qu'appliquer des recettes éculées...
Moi-même je joue dans TRANSATLANTIC ! Avec Mike Portnoy, dont on parlait tout à l'heure... (rires) ...Mais bon, ceci dit, je suis plus intéressé par « Ok Computer » de RADIOHEAD par exemple. Je pense que cet album a défini une mode dans la musique, car il était à la fois très créatif et très progressif. C'est ça la musique progressive pour moi. Beaucoup de groupes veulent sonner comme YES ou GENESIS de 1973, aussi génial que c'était, et tous les fans de prog aiment ces albums, je suis sûr, j'adore « Lamb Goes Down...», « Close To The Edge »,... mais il faut avancer. En tant que musicien ou groupe, il faut vous trouver musicalement, et "progresser".

Alors parmi tous ces groupes dits "prog", MARILLION ne sonne-t-il pas aujourd'hui "avant-garde" ?
On essaye ! Ici et là on tente toujours de casser le moule. On l'avait fait sur « Anoraknophobia » par exemple. On a essayé de tout changer, le son,.... tout chambouler et avancer. Ça peut être un choc pour les fans, mais au final cela vous laisse la liberté d'être plus créatif, d'avancer.

Mais est-ce facile de conquérir de nouveaux fans quand on se réinvente en permanence ?
On ne le fait pas pour essayer d'avoir de nouveaux fans, on le fait pour renouveler notre intérêt dans la musique, vraiment. On ne veut pas stagner, on ne veut pas que le groupe stagne. Heureusement il y a toujours de nouvelles choses qui surgissent pour vous inspirer.

Après toutes ces années, vous arrivez toujours à vous surprendre vous-mêmes ? Et les uns les autres ?
Oui tout à fait. L'une de nos grandes forces lors de l'écriture, quand on est ensemble en studio, que l'on improvise, c'est qu'on s'inspire mutuellement par nos improvisations. On peut voir les lumières s'allumer dans les yeux de chacun. Après 30 et quelques années dans le même groupe, c'est très spécial de continuer à le vivre. Cela me fait dire qu'on le fait pour les bonnes raisons, qu'on ne le fait pas comme on irait pointer.

Parlons un peu des weekends MARILLION ! Le fait que vous jouiez deux soirs à Paris, ainsi que dans quelques autres villes, ne pourrait-on pas envisager une sorte d'événement itinérant ?
Ah... je ne sais pas... C'est vraiment une idée intéressante. Je ne sais pas si on pourrait.... Les weekends sont très particuliers. Tout a commencé quand on a réservé un camp entier, du style centerparcs, en Angleterre pour trois soirs. Ainsi tous les fans pouvaient s'immerger dans le monde de MARILLION, rencontrer et parler avec d'autres fans... Nous avons beaucoup de fans autour du monde, mais beaucoup d'entre eux sont isolés. Ces weekend ont évolué puisqu'aujourd'hui on en fait un aux pays-bas, dans un center parcs beaucoup plus grand, où l'on monte une tente, que l'on réserve en totalité, et où les gens viennent dorénavant en famille, car on s'est rendu compte que nos fans ont vieilli, qu'ils ont fondé des famille, et qu'un weekend au loin où l'on s'occupe des enfants est fantastique ! Après toute l'énergie dépensée à organiser cet événement, au fil des ans, on s'est dit qu'il était fou de passer 2 ou 3 mois à planifier, répéter, pour un événement unique. Donc on est aussi allé au Canada, à Montréal, et ça a été un tel succès que l'on en a rajouté un en Angleterre aussi ! Je ne sais pas, on pourrait en imaginer un en Amérique du sud, et pourquoi pas ailleurs en Europe? Mais en faire un événement itinérant, je ne sais pas.... Je pense que tout peut dépendre du succès qu'il rencontrerait.



Vous avez récemment publié un coffret vinyles. Que penses-tu de la résurgence de ce format ?
Les vinyles sont devenus des objets de collection aujourd’hui. Ils ont même arrêté d'en produire pendant quelques années je crois, et les K7 aussi. Je pense qu'il y a encore un ou deux pays dans le monde où on vend des K7, je pense qu'ils continuaient à produire des cassettes en inde jusqu'à il y a peu... Mais pour revenir aux vinyles, parce que certains magazines se sont spécialisés dans les vieilles sorties sous ce format (en Angleterre, nous avons un magazine qui s'appelle "Record Collector"), et certains ont encore des vieilles platines et aiment ce format.... alors on fait des sorties événementielles, des éditions limitées généralement, 500, 2000 exemplaires, et ça marche bien. La musique a beaucoup évolué. De mon temps, j'écoutais « un disque ». C'était un acte physique, sortir le disque, le poser sur la platine, lire les infos sur la pochette,... Je connaissais les titres de toutes chansons, les paroles, le nom des producteurs,... Aujourd'hui, je suis incapable de vous dire les titres figurant sur un album ! Je télécharge depuis iTunes, c'est sur mon mobile, j'écoute des playlists, je ne sais même pas ce que j'écoute la plupart du temps ! J'essaye de trouver de la bonne musique, des groupes que je connais, j'essaye de me tenir au courant ! J'ai deux enfants, 22 et 18 ans. Je me tiens informé avec eux. J'écoute toutes sortes de choses, mais sur iTunes. Mais la musique est tellement plus présente dans la vie de tout un chacun aujourd'hui. Je suis vieux maintenant, mais quand j'étais jeune, il fallait allumer un appareil pour écouter de la musique. Aujourd'hui, la musique est partout ! Dans les magasins, partout ! Au bout des doigts ! Ça ne me dérange pas, plus on y est exposé, mieux c'est, car je pense qu'à la fin de la journée, on est une sorte de filtre. On élimine ce qu'on n'aime pas, et on se concentre sur ce qui nous plaît. Si des gens écrivent de la bonne musique, ceux qui écoutent de la bonne musique les trouveront. On écoute de la musique en fond sonore, sur les ordis,... on n'est pas forcément assis, concentré, comme je le faisais quand j'étais jeune.

Je reviens sur le côté "pas assez heavy" de MARILLION qui vous a dissuadé d'aller au Sonisphere, mais le premier magazine à offrir sa couverture à MARILLION fut Kerrang !
Je sais ! Je sais ! On a toujours plu aux magazines, et à un grand nombre de leurs lecteurs.... Ça m'a toujours surpris, parce qu'on ne s'est jamais vraiment vus dans ce monde. Il y a vraisemblablement dans ce qu'on fait quelque chose qui plaît ! On a peut-être pris la mauvaise décision pour le Sonisphere, qui sait ?

Quel est ton groupe de metal favori ? Si tu en as un !
(silence)... J'aime bien ce que fait PAIN OF SALVATION. Je connais très bien Daniel (Gildenlow) et j'aime ce qu'il fait, même si ce n'est pas toujours ce à quoi je m'attend. Quand il m'a fait écouter PAIN OF SALVATION la première fois, je pensais savoir à quoi m'attendre vu le nom de son groupe, et j'ai été surpris. SYSTEM OF A DOWN j'aime bien aussi, car je les trouve intéressants, j'aime leur façon d'aborder le business.

J'ai une dernière question stupide.
J'aime les questions stupides !

Si l'on éparpillait sur la table devant toi les albums studios de MARILLION, lequel choisirais-tu (à l'exception du dernier), pour donner à quelqu'un qui ne connaît pas votre musique ? Pas celui qui serait le meilleur, mais qui illustrerait le mieux l'essence même du groupe ?
Je choisirais probablement « Marbles ». Je pense qu'il contient l'essence.... bon c'est un double, ça aide !, mais il contient l'essence de ce que l'on fait tout le long de ses deux disques. Un double album vous alloue plus de temps pour être créatif, pour jouer et travailler sur des titres qu'en temps normal vous n'auriez pas poussés. Un titre comme « Drilling Holes » par exemple, qui par certains côtés n'a aucun sens, n'aurait pas trouvé sa place sur un album normal. Mais plus de temps te permet de développer des aspects différents de ta musique.

C'est un bon choix.
merci.

Merci Pete.
Ce fut un plaisir.


Remerciements à Olivier Garnier.(Replica)


samedi 16 mars 2013

JOLLY, un concert à ne pas manquer.....


Vous voulez un conseil d'ami ?

Mercredi 20 mars 2013, JOLLY fera une unique date en France, à Paris, au Divan du Monde, en ouverture de RIVERSIDE.

Si vous ne faîtes rien ce jour là, que vous êtes sur Paris, et que vous n'y allez pas (totalement inconcevable, mais bon, admettons), vous vous en mordrez les doigts jusqu'à l'épaule.

Les doigts des deux mains.

Ce groupe new-yorkais fondé en 2008 vient de sortir son troisième album, « Audio Guide To Happiness Part. 2 », un album dont on parlera très prochainement dans notre rubrique "Albums", et qui tout comme sa première partie parue en 2011 a de fortes chances de se retrouver haut placé quand l'heure des bilans 2013 sera venue.



JOLLY joue un metal progressif, alternatif, multi-facettes, en fusion constante, fait d'influences multiples que l'on penserait incompatibles (TEARS FOR FEARS, TOOL, RADIOHEAD, TYPE O NEGATIVE, DEPECHE MODE, PINK FLOYD, MUSE, MESHUGGAH... dit la page facebook du groupe, et l'on ajoutera aussi une dose de Pattoneries...), pour créer une espèce de pop metal énervé où la recherche de la mélodie importe autant que celle de l'énergie, où les climats s'entrechoquent, où l'imprévu est de mise. Mais la force de JOLLY, au terme de ces trois albums, est de s'être créé une identité propre qui s'affirme et s'affine au fil des albums. On vous le dit parce qu'on y croit : JOLLY est un futur très grand.



JOLLY est venu à Paris l'année dernière pour ce qui s'est malheureusement transformé en concert (quasi) secret. Mais il faut dire aussi...

...Quelle idée de partager une tournée en Europe avec un groupe aussi peu médiatisé que ILL... !

...Quelle mauvais concours de circonstances que de faire étape en France un Dimanche soir de mai, qui plus est alors que la population fête au même moment dans la rue l'élection d'un nouveau président de la république... !


Autant dire que la salle du Glazart paraissait bien vide, mais comme les absents ont eu tort ! Ce soir là, 6 mai 2012, Anadale (chant/guitare), Joe Reilly (claviers), Anthony Rondinone (basse) et Louis Abramson (batterie), ont pourtant joué comme si leur vie en dépendait. Une grande leçon de professionnalisme et d'honnêteté pour un si jeune groupe.


Alors notre petit doigt nous dit, et nous le croyons bien avisé, que mercredi prochain, c'est au Divan du Monde que vous devrez être !

C'est juste un conseil d'ami.

Photos : Celeye Kopp


dimanche 10 mars 2013

MARILLION @ Paris (Le Trianon) - 19•01•2013 [live report]


En ce samedi neigeux, le Trianon affiche salle comble pour le deuxième jour consécutif. C'est que MARILLION fait son grand retour dans la capitale, un retour contrarié la veille par des soucis techniques qui ont touché les disques durs de Mark Kelly (claviers) et contraint le groupe à amputer son set de quelques titres en raison d'un début de show tardif et d'un couvre-feu incontournable.

Pour cette tournée « Sounds that can't be made », le groupe a choisi de jouer deux soirs dans certaines villes, dont Paris, avec pour seuls titres communs aux deux shows successifs ceux issus de ce dernier album en date.

En arrivant dans les lieux ce samedi (après la fin de la première partie), on n'est donc sûr que d'une chose : pas de « Neverland », ni d' « Ocean Cloud », ni encore de « The Great Escape », tous joués la veille.

Malgré le temps, la salle est bondée jusqu'au deuxième balcon, et si le cheveu se fait rare (le public à l'âge du groupe), on devine en tendant l'oreille au gré de quelques discussions entre spectateurs, que beaucoup profitent du bon bouche à oreille dont a bénéficié le dernier album pour venir voir à quoi ressemble MARILLION aujourd'hui.

Le concert débute à 20h30 pétantes, après une musique d'attente qui allie avec bon goût « Kashmir » à « Hold the line ».



Le groupe démarre les hostilités (si j'ose dire) avec « Gaza », la longue pièce controversée qui ouvre également leur dernier album. Hogarth vient s'asseoir au bord de la scène, et c'est parti pour vingt minutes ! Quelques surprises accompagnent cette entrée en matière, la moindre étant cette espèce de tunique improbable échappée du « Crabe aux pinces d'or » et ornée du symbole de la paix qu'a endossée Steve Hogarth (chant). En effet, rompant avec une organisation qui semblait immuable, Steve Rothery (Guitare) se tient à gauche de la scène, et donc désormais tourné vers Hogarth, alors que Pete Trewavas (basse) a permuté avec lui et se trouve donc à droite, devant un Mark Kelly légèrement surélevé qui désormais joue face au public et non plus de profil. Ian Mosley (batterie) joue quant à lui toujours à gauche, mais porte un casque.

« Gaza » passe très bien le cap de la scène, et l'on notera particulièrement le gros abattage de Trewavas, métamorphosé en véritable guitariste rythmique. Énormément d'émotion se dégage de se titre qui captive d'entrée un public conquis.

Après s'être débarrassé de sa tunique customisée, H salue l'auditoire à la bière, et sonde le public pour savoir qui était là la veille : une bonne moitié de la salle. Certains crient « Lille ! » ou « Marseille ! ». D'humeur taquine, le frontman interroge : « Montpellier ? », avant de préciser que la setlist serait différente de la veille car « le groupe se barbe très vite ! ».

Après un toujours beau « Beautiful », même si placé en seconde position ce titre à tendance à faire retomber l'ambiance, H revient sur « Gaza » et déclare que ce titre n'est pas « une chanson contre Israël, mais contre le monde entier et sa folie ».

MARILLION se lance ensuite dans l'interprétation de « Sky above the rain », l'une des pièces les plus émouvantes de leur dernière galette. Malheureusement, enfin depuis les balcons au moins, le son moyen (mais qui s'améliorera rapidement) ne rend pas toute la finesse et l'émotion de la version studio.

Trois titres viennent d'être joués, et déjà quarante minutes se sont écoulées. Ce soir, H, décidément très en voix, est intenable, totalement déchainé, et impressionne tant de justesse que de puissance. Ce chanteur cessera-t-il un jour de se bonifier avec le temps ? Le concert s'énergise alors au fil de titres plus courts. « You're gone », « Fantastic Place », « Pour my love » (dédié à Todd Rundgren et Prince), puis « Sounds that can't be made », le titre éponyme du dernier album, avec son superbe final, finissent de lancer un concert qui se révèle énorme.

Sur « Somewhere else », belle surprise de cette setlist, Steve H tombe la veste, et la version de « Power » qui suit confirme la qualité des compositions du dernier album qui s’insèrent avec bonheur parmi les titres plus anciens.

Un titre dédié à Elvis ? C'est « King », avec toujours un H survolté qui finit le morceau au sol, la tête sous sa guitare, avant d'atteindre le bord de la scène et de violenter celle-ci.

Il est déjà 22h, et le groupe annonce « This strange engine ». C'est reparti pour 20 minutes enchanteresses, avec peut-être l'une des plus belles pièces longues du répertoire de MARILLION.



Le morceau s'achève sous les ovations d'un public aux anges. Le groupes s’éclipse rapidement en coulisse, alors que Steve Rothery, le dos tourné, enfile une nouvelle guitare. On vient vite le chercher pour rejoindre ses camarades de jeu. Il est clair que le groupe joue contre la montre et ce maudit couvre-feu de 22 h 30 qui ampute régulièrement les concerts parisiens.

Trois minutes à peine plus tard, le groupe est de retour, avec un Steve Hogarth qui a chaussé ses lunettes et enfilé sa vieille redingote. Et ce sont les premières mesures d' « Invisible man » qui se font entendre. Un autre morceau de bravoure, dans une interprétation surprenante ce soir, puisque toutes les parties habituellement chuchotées sont criées. Curieusement, ça passe bien, même si l'effet est réellement surprenant.

Le concert finit à 22h35 et le groupe quitte la scène en courant, alors que les lumières se rallument et que la musique de fond fait son retour. C'est dans cette impression de précipitation que le groupe revient sur scène : « on a oublié de vous dire au revoir ! ».

Grosse performance de MARILLION ce soir, avec un Steve H impressionnant d'énergie, et des musiciens toujours aussi inspirés. Dans les escaliers du Trianon, alors que les spectateurs se dirigent vers la sortie, les commentaires sont unanimes. Ceux qui avaient fait l'impasse sur le groupe depuis quelques années n'en reviennent pas. MARILLION a fait forte impression. Le groupe est toujours là, plus vivant que jamais.


Photos : Stéphanie Delisée - Plus de photo sur la page Stephanie D. Photography

Remerciements à Olivier Garnier et Roger Wessier (Replica), Gérald et l'équipe de Spakeasy