jeudi 30 janvier 2014

KOLLEKTIF AK-47 @ Brest (La Carène) 27•11•2013 [live-report]




Qui aurait imaginé voir TRUST sur scène en 2013 après les annulations successives du HELLFEST 2011, du SONISPHERE 2012, etc... et alors que nous en étions restés à un communiqué laconique ( « Les deux leaders du groupe n’ayant pas trouvé d’accords juridiques et financiers qui leur permettraient de retravailler ensemble...»)  qui fermait les portes à double, triple, quadruple tour ?

Personne, et bien sûr TRUST n'est toujours plus. Mais si l'image de ses « deux leaders » s'est trouvée dégradée par ces imbroglios et fiascos inspirant guère d'empathie, il n'en demeure pas moins que les fans pouvaient légitimement pleurer un répertoire historique que l'on imaginait à jamais tu.

Comme dans toute séparation, il faut toujours un gentil et un méchant. Dans l'inconscient kollektif, Bernie semblait un coupable tout trouvé face au discret et gentil Nono. Et pourtant la surprise vient du chanteur emblématique de TRUST qui reprend les routes de France pour donner une série de concerts avec son nouveau groupe, KOLLEKTIF AK-47. Un groupe qui ne trompe personne puisqu'il est composé des membres de TRUST...sans Nono, Vivi abandonnant la basse pour la guitare.




Sans ambition si ce n'est celle de jouer dans des lieux proches du public, Bernie et son « gang » tournent dans de petites salles, et proposent une setlist 100 % TRUST, mêlant classiques, morceaux plus rares, et une nouveauté.

Ils font étape ce soir à Brest, dans la petite salle de La Carène. Malgré les mauvais souvenirs laissés par la dernière prestation de TRUST dans la ville, au cours de laquelle Bernie alla jusqu'à chanter dos au public (sans commentaires), 200 personnes ont fait le déplacement.

Pas de première partie. Le groupe arrive sur scène dans le silence, s'installe tranquillement, et Bernie, dont on guette attentivement l'humeur, prend la parole pour simplement saluer l'assistance et présenter la soirée. « On va vous jouer des trucs...», annonce-t-il. Puis le groupe entame les premières mesures de « Comme un damné », qui ont le mérite de donner le ton de ce que sera la suite. Rock'n'roll. Sans compromission. Sans fioritures.




Instaurant une grande proximité avec le public, amplifiée par la configuration des lieux, Bernie est le maître de cérémonie sur lequel se focalisent tous les regards. Sa tenue de scène estivale cumule bob, lunettes de soleil (« pour protéger mes yeux nickés »), et chemise (« venant de Palestine ») nonchalamment ouverte sur un t-shirt ANTHRAX (tiens donc !).

Les morceaux s'enchaînent avec une belle énergie, une réelle authenticité rock, et l'ambiance est vraiment chaleureuse, amicale même. Bernie est heureux et le dit : « Je kiffe grave cette ambiance, de voir les gens.... ». Le reste du groupe, Vivi et Izo aux guitares, Farid à la batterie et Patrick Loiseau, souriant mais plus en retrait à la basse, se vanne constamment. Bernie est très en voix, et bouge bien, se lançant même à un moment dans une danse du ventre langoureuse (oui, bon, enfin....). Tantôt politique, tantôt humble (« On n'est pas là pour découvrir un nouveau vaccin, on est là pour le rock, s'amuser, ne surtout pas se prendre la tête »), le discours se veut vindicatif mais avec pas mal de recul et de sagesse, comme apaisé. Jusqu'à ce qu'il titille un public qu'il estime trop amorphe : « Vous n'êtes pas trop énervés les bonnets rouges ! Vous mettez plus d'énergie à abattre les portiques ! », avant de reconnaître en s'excusant presque : « Je suis taquin... ».




Lorsque du public s'échappe un « Pas mal pour un groupe de jeunes ! », Bernie répond du tac au tac : « Ahah ! C'est vrai ! On va va essayer d'arracher la première partie de Grégoire ! ».

Le public est acquis à la cause de Bernie, qui, entouré de musiciens plutôt discrets, est la « star » de la soirée. Alors on se surprend à se demander si ce n'est pas ça, justement, le souci avec TRUST : l'impossibilité aux deux figures emblématiques de partager la même scène ? Un conflit d'ego insoluble ? Ce soir, Bernie apparaît libéré et n'a pas à partager l'amour du public. Alors qu'il débouche une bouteille et que des spectateurs s'interrogent sur son contenu, il répond « Je bois de l'eau ! Johnny, lui, les remplit de vodka ! Véridique ! Tiens, tu veux vérifier ? ». Il se prend en retour un « On s'en fout de Johnny ! Bernie on t'aime !!! ». Et pendant ce temps-là, Izo profite de la pause pour vapoter, et se rencarder auprès d'un fan du premier rang sur le score du PSG qui joue ce soir en Champions League.




Si la setlist est parsemée de quelques classiques (« Au nom de la race », « Préfabriqué », « Certitude, solitude »), les morceaux moins connus ou plus récents, voire même inédit (« Dieu dans vos bouches »), ont tous deux points communs : le rock et le plaisir de jouer. Alors bien sûr, sans Nono à la lead, les titres ont une autre couleur, ce n'est pas vraiment TRUST, mais le rock'n'roll est bel et bien là, sur scène, devant un public conquis.




La soirée s'achève (forcément ?) sur un « Antisocial » rapidement exécuté et chanté par deux membres du public invités à monter sur scène. KOLLEKTIF AK-47 aura livré près de deux heures d'un show extrêmement convivial. Et en sortant de la salle, on a l'impression d'avoir retrouvé des amis, d'avoir tiré un trait sur les fâcheries et les incompréhensions des dernières années. On en vient même à attendre la suite avec impatience. Never say never again..... Une bien belle soirée.


mardi 28 janvier 2014

MARILLION @ Rouen (Le 106) 10•11•2013 [live-report]


Comme bien souvent, MARILLION gratifie cette année ses fans d'une tournée automnale qui fait étape en France à deux reprises, à Paris jeudi prochain et Rouen ce soir. Cette veille de jour férié est donc particulièrement propice à un déplacement en Normandie où les Anglais ne se sont pas produits depuis des lustres. Histoire de voir aussi quelle sera la setlist, alors que le groupe qui tourne toujours pour promouvoir "Sounds that can't be made", a joué en France en début d'année.

La ville de Rouen a mis les petits plats dans les grands ce weekend puisque les quais, et donc les abords du "106", sont le terrain d'une immense fête foraine, rendant interminable le trajet vers la salle. Les manèges multicolores et bruyants confèrent à ce début de soirée une atmosphère festive du meilleur goût.

Alors que le concert est prévu pour débuter à 20 h 30, nous trouvons à notre arrivée vers 20 h Steve Rothery et Steve Hogarth en pleine interview radiophonique dans "la bulle", cette espèce d'aquarium situé dans le hall du "106". Quelle belle idée que cette rencontre quasi "live" à laquelle assiste un public agglutiné aux vitres de cette bulle, tels des poissons nettoyeurs ! Que la première partie de la soirée nous pardonne, mais nous consacrerons les 30 minutes de son show à nous désaltérer en compagnie de Mathias, l'heureux traducteur des propos bullesques des deux Steve, et d'Alex notre photographe !

MARILLION entre en scène dans la même configuration qu'en début d'année, Steve Rothery à la droite de Steve Hogarth. Cette position sur scène ouvre le "guitartiste" sur le chanteur et accroît leur complicité. Aux claviers, petite nouveauté, Mark Kelly est coiffé d'un casque, tout comme Ian Mosley derrière ses fûts. Le "106" est copieusement rempli, et le groupe entame son set avec le désormais classique "Invisible Man", dans une interprétation plus "criée" que chuchotée, tout comme en début d'année, qui finalement passe très bien. H prend la parole après le morceau avec cet humour si english : "That was the Invisible Man. He's gone now".

Si "Beautiful" traîne son rythme doucereux et plombe le concert malgré sa beauté, "Sounds that can't be made" se révèle ensuite comme le "kashmir" du répertoire de MARILLION, explosant littéralement en live. S'enchaînent alors morceaux récents ("Sky above the rain") et plus anciens ("Accidental man"), tous plutôt longs. Steve Rothery arrose les premiers rangs de mediators, et H avertit : "Attention, il les aiguise !", avant de lancer "Pour les amoureux de fromages, de vins et de petits chiens.... Voici "Power" ! Le jeu de lumières baigné de lasers est éblouissant. MARILLION se lance alors dans une version une fois de plus ahurissante de "This strange engine". Kelly est hilare à la fin du morceau, H en perd son pantalon.... un peu plus d'un heure s'est écoulée. Le groupe a joué sept titres.... et sort de scène.

Cinq minutes plus tard, MARILLION est de retour pour un "Mad" très nerveux, puis une interprétation brillante de "Neverland", avant de s'éclipser à nouveau.



A ce moment, des fans plus âgés restés dans les gradins descendent dans la fosse. S'attendent-ils à ce que le groupe joue quelques titres de l'ère "Fish" ?

Steve H réapparaît en djellaba blanche marquée du signe hippie de la paix et s'assoit sur la caisse que son fils a placé au bord de la scène. C'est parti pour "Gaza", le gros morceau de leur dernier album, qui gagne en profondeur à chaque écoute. Grandiose. Les vieux fans sont-ils pour autant déçus ? MARILLION ne les a pas oubliés, qui joue en ultime titre un tonitruant "Garden Party", avant de quitter définitivement la scène après deux heures de show.

Une fois encore, musique et émotions se seront mélangées au cours de la soirée. MARILLION n'est plus le groupe d'un ou deux tubes. Il est loin le temps des "Sugar mice", "Kayleigh" et autres "Lavender". Le groupe est constamment en mouvement et dispose d'un tel répertoire qu'il peut se permettre de faire l'impasse sur de nombreux morceaux et piocher dans sa besace sans jamais décevoir. Définitivement l'apanage des Grands.



Photographies par Alex Séga ! Courez voir sa galerie ici : Marillion @ Rouen 



dimanche 12 janvier 2014

FAITH NO MORE.... FOREVER





Alors que leur dernier album remonte à 1997, FAITH NO MORE demeurent plus vivants que jamais, et surtout leur musique a gardé une modernité qui continue à faire référence. La parution d'un livre sur les californiens nous amène à nous remémorer leurs passages en France, mais aussi à demander à quelques musiciens français de s'exprimer sur le sujet...


LE LIVRE



Dans « The Faith No More & Mr. Bungle Companion », le journaliste new-yorkais Greg Prato s'attache à décrypter, analyser, mettre à nu l'ADN des deux groupes au chanteur commun, au travers d'extraits d'interviews données par leurs membres respectifs et leur proches au fil des ans. Ce passionnant recueil de 200 pages auto-édité donne sur un ton vif et plaisant un éclairage toujours intéressant sur la création et la carrière de ces groupes. « The Faith No More & Mr. Bungle Companion » regorge de renseignements présentés de manière chronologique, jamais rebutante, et toujours instructive. L'auteur agrémente en outre ses recherches de souvenirs personnels, ajoutant ainsi une touche organique bienvenue à ses écrits.

Cette compilation indispensable à tout fan se dévore et se savoure. Elle permet de mieux comprendre la spécificité de FAITH NO MORE et de son noyau dur historique constitué de Bill Gould (basse), Mike Bordin (batterie) et Roddy Bottum (claviers), s'attardant sur leurs inspirations communes (JOY DIVISION, P.I.L., BAUHAUS,...), leurs amis fidèles (Cliff Burton, Jason Newsted,...), la genèse du groupe et l'instabilité des premières années autour de ce trio, les déboires rencontrés avec les nombreux vocalistes ou guitaristes qui l'ont rejoint, les excès de Mosley et les déviances de Patton. Ce livre recèle d'une foultitude d'anecdotes, révélations, clarifications,... au cours desquelles le lecteur suit le lent et inéluctable déclin de FNM aux États-Unis après la déferlante « The Real Thing » tandis que le reste du monde continue de les acclamer, et ce jusqu'au split en 1998 et la reformation en 2009 avec ses concerts événements (au cours desquels le groupe ira jusqu'à ponctuellement interpréter l'intégralité de « King for a day » avec Trey Spruance (guitare), ou jouer des rappels avec Chuck Mosley au chant notamment). Parallèlement, Greg Prato raconte la carrière erratique de Mike Patton au sein de Mr BUNGLE, et dévoile ses déviances scatologiques avec une rigueur scientifique.

L'auteur donne également la parole à de nombreux intervenants parmi lesquels Max Cavalera (SEPULTURA), Kim Thayil (SOUNDGARDEN), Wes Borland (LIMP BIZKIT), Ville Valo (HIM), Jeff Walker (CARCASS) ou encore un Devin Townsend assez sévère. Au fil des pages s'expliquent la force, l'originalité et l'impact de FNM, BUNGLE et Mike Patton sur le milieu metal.

On peut reprocher à cet ouvrage principalement informatif son manque de recul ou l'absence de véritable caractère critique. Certains extraits d'interviews sont frustrants tant on aurait aimé un développement plus poussé sur certaines déclarations, que malheureusement l'absence de contradiction rend impossible. En outre, l'iconographie est réduite à sa plus simple expression. Mais ce sont bien les seules déceptions d'un livre par ailleurs exhaustif et bien construit.

« The Faith No More & Mr. Bungle Companion » s'avère être un précieux « compagnon », fortement recommandable, et donc vivement recommandé !




LES CONCERTS EN FRANCE



Il faut attendre « The Real Thing » pour voir FNM se produire en France. Autant dire que notre pays n'aura pas eu la chance de voir Chuck Mosley sur scène. Par la suite, chaque tournée passera par notre pays, et le groupe se produira également en première partie de quelques grosses pointures ou en festivals, pour un total de 23 dates. Retour sur quelques-uns de ces concerts, séquence souvenirs...

1990-05-19 Paris (Elysée Montmartre)
1990-08-31 Libourne (Festival)

1990-09-03 Monsters of Rock Paris

Pour sa deuxième édition, le Monsters of Rock rassemble à l'Hippodrome de Vincennes, entre autres, QUIREBOYS, POISON, AEROSMITH et le WHITESNAKE de Vai et Vandenberg. Le hair metal est en vogue, et culmine même en cette année 1990. FAITH NO MORE, dont le nom ne figure pas sur le billet de concert, monte sur scène au milieu d'une après-midi ensoleillée. Cette première rencontre avec FNM s'est faite pour ma part assis dans l'herbe. La bande à Patton avait vraiment des allures d'ovni ce jour là. D'ailleurs, j'étais loin d'être le seul assis. Pour tout dire, leur intervention fut l'occasion pour beaucoup de festivaliers de se poser. Et pourtant, comme c'est bien souvent le cas, c'est à ce moment même que ma passion pour le groupe germa. Oh, je me suis bien levé deux ou trois fois pendant leur set pour aller voir de plus près ce qu'il en retournait, mais c'est dans la semaine qui a suivi que j'ai ressenti cette pulsion irrépressible : je devais acheter « The Real Thing » au plus tôt ! Un grand moment. Particulier, mais un grand moment !


1992-06-06 Hippodrome de Vincennes

Quand FNM revient en France, deux ans se sont presque écoulés, et c'est à nouveau à l'hippodrome de Vincennes qu'ils se présentent. En compagnie de SOUNDGARDEN, ils ouvrent pour le gigantesque show télévisé des GUNS N'ROSES, alors que 60 000 billets ont été vendus ! La particularité de ce show dans cette ère pré-internet, est qu'il se tient deux jours avant la sortie mondiale de « Angel Dust », et le public présent découvre donc dans les conditions du direct « Land of Sunshine », « Midlife crisis », « Jizzlobber », ou encore « R.V. »., soit 40% de leur prestation ce jour. A cette époque, je suis un fan convaincu et leur prestation est remarquable, mais bien trop courte ! Et il y a bien trop de monde !




1992-12-08 Paris (Zenith)
1992-12-09 Lyon (Transbordeur)
1992-12-10 Besancon (Palais des sports)
1992-12-15 Nice (Théatre de verdure)
1993-07-02 Eurockéennes de Belfort


1993-07-13 Angers (Festival)

En 1993, la tournée « Angel Dust » se poursuit et Jim Martin est toujours le guitariste du groupe. En cette veille de fête nationale se tient à ANGERS (dust ?) le SUPER SONIC DAY. L'affiche est très hétérogène puisque l'on y trouve outre FNM, THE NEW GODS, RIDE, HOLE, LES THUGS, et les japonaises de SHONEN KNIFE. Le public est évidemment très hétéroclite, et si les portes s'ouvrent à 17 h30, FNM ne monte sur scène que vers 1h du matin. Mais quel concert !!!! Vivre en pleine tournée « Angel Dust » un concert de FNM à quelques mètres de la scène, entre Patton et Martin, dans une ambiance de folie.... vous imaginez que mes pieds ne touchent pas terre souvent (littéralement) ! Peut-être le concert le plus intense auquel j'ai pu assister. Je vois encore Jim Martin sortir son briquet bic de sa poche et s'en servir de bottleneck pour le début du solo de « Easy » comme si c'était hier...

1995-04-03 Lyon transbordeur

1995-04-05 Paris (Elysée Montmartre)
Deux mois avant de les voir au Zénith, j'assiste à une autre excellente prestation à l'Elysée Montmartre, pendant la tournée « King for a day ». Dean Manta est désormais à la guitare, et l'image du groupe perd en charisme. Mais Patton est une fois de plus magnétique, et l'interprétation du titre « King for a day » ce soir là avec son interminable final mêlant bruits les plus bizarres à des nappes de synthés hypnotiques dans un halo rougeâtre reste à jamais gravée dans ma mémoire.... Psychédélique !


1995-04-06 Nancy (Espace de Seichamps)
1995-06-20 Paris (Zenith)



1995-06-22 Bordeaux (La Medoquine)
1995-06-23 Montpellier (Rockstore)
1997-05-03 Paris (Elysée Montmartre)
1997-08-29 Strasbourg (La Laiterie)
1997-12-08 Lyon (Transbordeur)

1997-12-09 Paris Bataclan
Le Bataclan est bondé ce soir pour ce qui, on ne le sait pas encore (même si à l'époque les rumeurs inquiétantes vont bon train), va être l'avant dernier concert du groupe avant le split (si l'on excepte trois dates en Amérique du sud l'été suivant). En effet, le groupe jette l'éponge le lendemain soir après le concert de Lille. Le show est assez court, John Hudson n'est pas plus charismatique que Manta, mais on ne saurait le blâmer tant le groupe entier semble à côté de ses pompes. Les compos de « Album of the year » sont moins convaincantes aussi. Le feu sacré n'est plus là. Et pourtant, quelle version de « This town ain't big enough for the both of us » des SPARKS en ouverture !

1997-12-10 Lille Aeronef

2009-08-29 Rock en Seine
Le retour en force de FNM onze ans après le split. J'y suis allé plus par nostalgie, ne sachant pas à quoi m'attendre, et craignant surtout que l'âge ait eu raison de l'énergie des membres du groupe. Et bien non, la magie a fonctionné ! Un concert diabolique, une setlist d'enfer, une ambiance de folie ! Et la preuve que ce groupe et ses compositions sont intemporels !


2012-07-07 Sonisphère Amneville (fin de l'histoire... pour l'instant)



FNM, BUNGLE, PATTON,... CE QU'ILS EN PENSENT...




Ils ont accepté d'évoquer FAITH NO MORE, Mr. BUNGLE, Mike Patton,... Un grand merci à eux pour leurs confidences et leur sincérité !

Krys Denhez (chant, IN THE GUISE OF MEN) :

Première rencontre avec Mr BUNGLE, un clown rieur sur une pochette, et un producteur de folie : John Zorn. Un album que j’adore écouter, et qui m’a offert un vrai bol d’air dans le paysage déjanté du métal. Patton arrive à pousser sa voix dans des péripéties vraiment haletantes sur les 10 titres qui me filent toujours des frissons. Un album souvent imité mais jamais égalé. Cet album m’a totalement inspiré dans mes divers projets musicaux, et régulièrement je reprends des forces avec cette tuerie. Titre de folie pour ma part : « My Ass Is on Fire ».





WS (chant, HYPERDUMP) :
J'ai découvert Mike Patton sur le tard (il y a 10 ans), parce qu'à l'époque où j'enregistrais le premier album de mon précédent groupe, on m'avait fait la réflexion que j'avais le même style de voix que la sienne donc j'ai posé une oreille sur "the real thing" de FNM. Et je dois dire que Patton m'a carrément décomplexé sur ma façon de chanter que, malgré mes efforts, je trouvais un peu bizarre par rapport à la musique que mon groupe de l'époque faisait (du heavy metal à la MAIDEN). Après, naturellement, j'ai écouté les albums de BUNGLE et tout le reste, et ce qui me touche avec cet artiste, vraiment, c'est sa capacité de passer d'un style à l'autre et ce des fois sur un même album. C'est comme ça que j'écoute la musique, que je la conçois et c'est ce que j'essaie de faire avec HYPERDUMP, comme par exemple coupler de la musique extrême et des choses plus "pop" sur un même album. Et puis pour l'avoir vu plusieurs fois en live (avec FNM, FANTOMAS et PEEPING TOM) il a un charisme de malade et c'est juste un P-U-T-A-I-N de chanteur, point barre.


Eric Dufour (chant, TRIBUTE) :
Mon avis sur FNM et pour faire court : c'est dans l'utilisation des claviers que FNM est unique : finis les sons cathédralesques à la DEEP PURPLE ! FNM crée la véritable fusion entre les genres, en intégrant les sons de son époque à un rock mélodique plutôt "trash", parfois punk, effleurant même le jazz sur certains titres. Mon morceau favori est "zombie eaters", une ballade déjantée avec une ambiance synthétique délirante, où le riff contraste avec la lenteur du morceau (sommet de la fusion, puisque la dite fusion se situe là dans le rythme du morceau)... Bref, tout ceci associé au chanteur la plus éclectique qui soit, tantôt crooner, tantôt hurleur, ça a juste donné le résultat le plus inattendu de la fin des 80's, enfin, moi, c'est ce que j'attendais de la musique à l'époque : de la différence! 


Arno Strobl (chant, CARNIVAL IN COAL, 6:33 & ARNO STROBL, WE ALL DIE (LAUGHING)) :


En 1987, mon ami d’enfance Bob est un gros fan de l’émission « Musicalifornia » sur France 2 (qui passe dans « les Enfants du Rock »). C’est ainsi qu’il découvre FAITH NO MORE, et achète l’album Introduce Yourself. Je mets beaucoup de temps à me mettre au diapason : ce mélange improbable de nappes de synthés, de riffs metal, de rythmes tribaux et de chant mi-rappé mi-aléatoire est un peu difficile à digérer lorsqu’on a grandi avec une perfusion de hair metal, et plus récemment de thrash.

1989 voit le groupe revenir avec The Real Thing et un nouveau chanteur, Mike Patton. Au départ, je déteste absolument son chant de canard et regrette amèrement Chuck Mosley, son prédécesseur. Il me faudra des dizaines d’écoutes pour m’y habituer, et davantage encore pour commencer à l’apprécier. Mais un an plus tard environ, je suis devenu complètement obsédé par ce timbre si particulier qui commence à teinter sérieusement mes propres lignes de chant au sein de House of Wax, ma formation de l’époque.

Puis vient la découverte du premier album éponyme de Mr BUNGLE. Là encore : consternation. Trop d’informations, titres à rallonge, foutoir hystérique, je peine à trouver un embryon de queue et un début de tête à ce gigantesque bordel sonique. Mais je m’accroche, comme si la voix de mon inconscient m’enjoignait à aller jusqu’au bout de ce devoir trop compliqué. Cette obstination finira par payer, et à ce jour il est probable que Mr Bungle (le disque) est l’album que j’ai le plus écouté au cours de ma vie. J’en connais les moindres recoins, les dédales, les chausse-trappes et surtout, la prodigieuse récompense que constitue l’impression d’y comprendre quelque chose.

FNM et Mr BUNGLE resteront longtemps mes influences majeures, notamment au sein de CARNIVAL IN COAL qui se voudra être le pendant « extrême » de BUNGLE. Plus récemment, les divers travaux de Patton ont également été très inspirants dans l’écriture des lignes de chant de The Stench From The Swelling, l’album que j’ai enregistré en compagnie de 6:33.

Incontestablement, ce n’est un secret pour personne, mon chant et la majeure partie des chansons que j’ai écrites depuis la première des années 90 n’auraient jamais sonné de la sorte sans l’existence d’un certain Michael Allan Patton. Qu’il en soit loué (mais il revient peut-être moins cher à l’achat).

Fred Leclercq (basse, DRAGONFORCE) :
J'ai découvert FAITH NO MORE dans Boulv'rock n hard en 1991 avec le clip de « Epic ». J'aimais beaucoup le style, la basse funk, la guitare thrash, la fin mélancolique au piano. Puis l'année suivant ce fût « Angel Dust » que mes amis et moi même avons adoré ! Je me souviens d'ailleurs de la review de l'album dans hard force: c'était généralement une main qui exprimait la qualité de l'album-succulent, à point..jusqu'à faisandé pour les plus mauvais... « Angel Dust » est à ma connaissance le seul album à avoir eu un point d'interrogation, le chroniqueur disait que l'album était en avance sur son temps - avis que je partage totalement. Quelques années plus tard, autre souvenir ému : le jour de la sortie de « King for a day », j'ai pris ma première pipe à eau en écoutant l'album. J'ai pu voir le groupe enfin en 2010 puis en 2012. J'ai également eu la chance de rencontrer à plusieurs reprises Mike Patton ( notamment en Australie pendant Soundwave) et d'avoir tourné avec Mike Bordin sur Ozzfest 2006. J'adore FAITH NO MORE (au cas où je n’eus pas été assez clair) et c'est un groupe au style hors normes, intelligent, passionnant, jamais lassant... Bref, j´étais, je suis et je serai toujours fan!

Simon (guitare, MANTRA) :
Chez MANTRA on est tous fans de Patton, et notamment de Mr. BUNGLE. Patton incarne à la fois la technicité vocale et la créativité sans limite. Il donne vraiment envie d'aller plus loin, de créer toujours plus. Quand on voit sa discographie, on comprend qu'il est "hyperactif musicalement" : c'est pour moi un exemple à suivre. Il est également un exemple d'ouverture d'esprit, musicalement : j'ai aimé sa collaboration avec DILLINGER ESCAPE PLAN, celle avec Björk et même ses reprises de vieux morceaux italiens ! Se plonger dans sa discographie est un véritable voyage ! Après, on ne peut sans doute pas tout aimer. Pour ma part, je ne suis pas trop fan de FAITH NO MORE ni TOMAHAWK. Je n'ai pas encore eu la chance de voir Patton en concert, j'espère que ça pourra se faire bientôt !






Sebastien Berne (batterie, MALEMORT) :
Perso, j'ai connu FNM à 16 ans via un live de 95 dans lequel Mike Patton s'appliquait encore à chanter... Je me rappelle avoir immédiatement accroché à « digging the grave » mais été complètement décontenancé par la chanson suivante (la cover de « I started a joke »), c'est sa meilleur période au chant selon moi...aujourd'hui il massacre la plupart des titres en live comme si il réfutait cette ancienne période... Il préfère M. BUNGLE je crois...

Julien Cassarino (chant, PSYKUP, MANIMAL, RUFUS BELLEFLEUR) :
La rencontre avec Patton s'est faite pour moi quand on m'a dit plusieurs fois que PSYKUP ressemblait à Mr. BUNGLE, que je ne connaissais pas. Je suis allé écouter et en effet j'ai bien halluciné sur nos similitudes, surtout dans cette envie de brasser diverses influences très éloignées sans complexe, et le côté évolutif des structures, sans couplets/refrains. Patton et moi-même avons beaucoup de goûts en commun, musicaux et cinématographiques, c'est parfois assez troublant. Il a définitivement changé la donne en matière de chant dans le milieu métal au départ, et de façon plus large ensuite. Comme lui, je vois le chant comme un instrument à part entière, et un terrain d'expérimentation sans limites. Je n'ai malheureusement jamais pu voir la bête en concert, mais je ne désespère pas. Mes albums préférés du bonhomme : FNM : « King for a day (fool for a lifetime) » / Mr. BUNGLE : « California » / FANTOMAS : « Director's cut ».

Adrian Martinot (guitare live, MELTED SPACE) :
Même si je ne suis pas un fan absolue de FNM, je reconnais avoir été attiré par l'originalité et le talent de Patton. L'album qui m'a le plus marqué est sans aucun doute "Angel Dust", Quelle claque !! Ce mélange de riffs accrocheurs et de mélodies étonnantes ! Je trouve cet album vraiment très riche et très complexe à la fois, il m'arrive encore d'être surpris en l'écoutant ! Pour moi ce genre d'album sort du contexte "album" et devient vraiment une oeuvre à part entière et, qui plus est, reste intemporel ! Sinon un de mes titres préférés reste "Surprise! You're Dead" qui est sur le 1er album (The Real Thing) de FNM il me semble, 2min 30 de pure folie à la Patton !!!






Guillaume Bideau (chant, MNEMIC, ONE-WAY MIRROR) :
La première fois que j'ai entendu FAITH NO MORE, c'était sur M6 métal en 1996 ou 1995. Et j'ai vraiment détesté cette chanson: « Digging the grave »... Le chanteur m'était insupportable. Voix surjouée et cris de cochon en train de se faire égorger. Vers 1998, plusieurs musiciens de mon entourage et de l'école de musique dans laquelle j'étais commencent à me tanner avec le fait que ma voix ressemble à un certain Patton de FAITH NO MORE et je grimpe aux rideaux en leur rétorquant que je hais sa voix. Ne connaissant que « Digging the grave » car cette chanson seule m'avait fait bannir le nom "FAITH NO MORE" de mon vocabulaire. Quand on est jeune on est très sectaire et radical. Et très con. Mais je comprends par la suite que ce n'est pas vraiment ma voix qui ressemble mais plus une approche. En gros j'aimais interpréter une chanson correctement et tout à coup me mettre à la massacrer vocalement pendant 15 secondes, histoire de dire que je ne me prenais pas au sérieux et que la musique n'est que de l'entertainment subjectif au plus au point. J'écoute alors ce que mes amis proches me suggèrent et je découvre que cette chanson que j'adorais: "Midlife Crisis" était de FAITH NO MORE. Quelle surprise! Alors je me rends compte que FAITH NO MORE, c'est pas si mal après tout et j'arrive même à comprendre mes amis au sujet de ce rapprochement avec Patton. Surtout en écoutant le live à Brixton Academy, hehe.. Je n'aime pas tout de Patton, évidemment, mais je respecte énormément l'approche et la liberté que se laisse ce chien de Patton. Je n'aime pas voir les groupes en live mais FANTOMAS au Café de la danse à Paris (le 06/07/2000 - ndr) fut un de mes concerts préférés car ultra spontané et c'est une des choses que je recherche le plus en musique. Ensuite je suis bien vert de manquer Mr BUNGLE à Paris (le 07/09/2000 – ndr) à cause de la grève des routiers qui me priva du carburant pour m'y rendre. Je n'ai jamais vu FAITH NO MORE en live mais c'est un des seul groupes que j'aime et que je n'ai jamais vus live. Mike Patton est un génie mais pas vocalement ou musicalement. Il est un génie dans l'art d'être égoïste musicalement et d'en avoir rien à foutre. Et ça j'adore et je lui donne tout mon respect.

Harun Demiraslan (guitare, TREPALIUM, STEP-IN-FLUID) :
FNM, Mr BUNGLE et la plupart des projets de Mike Patton font partie de ces groupes qui ont influencé et qui influenceront encore la scène rock et métal pour un bon bout de temps. Pour ma part, tout à commencé avec FNM...Les mélodies, cette folie, ce groove, ce côté versatile m'a cueilli dès la première écoute...Je m'en souviens encore comme si c'était hier! Lorsque j'avais 15 ans, un ami qui venait tout juste de m'initier à des groupes comme PANTERA, MESHUGGAH, SEPULTURA ou encore MORBID ANGEL m'avait enregistré l'album "King for a day" sur une cassette audio avec un peu de NAPALM DEATH et du DOWNSET je crois...Je n'y connaissais pas grand chose en metal encore et il voulait me faire découvrir du bon son...voilà comment j'en suis devenu accro !

Nicko Pascal (guitare, 6:33) :
Autant j'ai adoré FAITH NO MORE, autant Mr BUNGLE a changé ma façon d'appréhender la conception de ma propre musique. Quand j'ai découvert leur premier album, ça a vraiment été un choc, alors que je venais du milieu progressif pourtant, ça cassait toutes les règles et les barrières stylistiques et c'est dingue de voir aujourd'hui combien ce groupe était en avance sur son temps.

Vince Mercier (basse, MASS HYSTERIA) :
Ce qui m'a le plus impressionné avec Faith No More, c'est leur concert au Palais Des Sports à Besancon, ou ils défendaient leur album « Angel dust », mes amis et moi connaissions le groupe depuis le premier album « We care a lot » avec Chuck Mosley au chant, mais c'est vraiment avec Mike Patton que le groupe m'a définitivement convaincu et surtout sur ce fameux concert, (je me rappel que le groupe L7 ouvrait pour eux, excellent combo punk féminin ! ) mais quand je parle du coté impressionnant de ce concert c'est grâce à Billy Gould le bassiste qui a délivré un set de haut vol avec un son de basse énorme, compressé et tranchant, étant déjà bassiste à l'époque et féru de concerts, c'est la première fois que j'entendais la basse aussi forte dans une salle obscure ! je ne m'en suis jamais vraiment remis et depuis ce jour sur chaque concert j'augmente le volume de mon ampli après chaque titre interprété blague à part, pour moi FAITH NO MORE ont vraiment redéfini le son crossover et permis je pense à des groupes comme KORN de se décomplexer et de pousser le basse/batterie en avant!

Olivier (guitare, BENIGHTED) :
Pendant des années, j'ai énormément écouté tout ce que faisait Mike Patton, aujourd'hui je le suis beaucoup moins, certains de ses projets m'ayant moins convaincu (voire même déçu). Mais je reste un très grand fan de FNM. J'ai découvert le groupe avec « King for a Day... Fool for a Lifetime » qui reste mon album préféré. Ce n'est qu'au début des années 2000 que j'ai découvert FANTOMAS grâce à Fred (batteur de BENIGHTED à l'époque) et là ça a été un déclic, j'ai recherché tous les projets du bonhomme puis de ses acolytes comme John Zorn, Bill Frisell. ça m'a permis de découvrir le formidable NAKED CITY. Ce fut une période très riche musicalement pour moi où j'ai pu découvrir de nouveaux courants qui m'ont beaucoup inspiré. On le ressent peut-être un peu dans BENIGHTED sur certains passages évidents : bossa dans « Sex Addicted », Hip Hop sur « Grind Wit » et d'autres moins ... Sinon aujourd'hui, outre les albums de FNM qui tournent en boucle dans mon ipod, j'écoute toujours très souvent « The Director's Cut » de FANTOMAS et « California » de Mr. BUNGLE qui sont de vraies Masterpieces. Mike Patton is God.




Julien (chant, DYSFUNCTIONAL, MASTHAR) :
Mr BUNGLE et FNM, donc Patton forcément, voyons voyons, disons que je suis très partagé, je ne pense pas que ce que je vais te dire sera utile ou pertinent ! Disons que j'ai apprécié pendant longtemps, alors qu'est ce qu'il représente, ou plutôt a représenté ? et bien il chante très bien, il a une très bonne voix et beaucoup de talent, donc à la base il représentait pour moi un super artiste, et des groupes hyper créatifs. Mais il y a un « mais »... il y a un je ne sais quoi qui me rebute un peu avec Patton aujourd'hui, peut-être est-ce l'accumulation de projets un peu inégaux en qualité qui m'a fait un effet négatif, mais c'est surtout une sorte d'impression de "sens unique" de sa part qui m'a un peu lassé, quand j'écoute une chanson avec Patton, j'ai comme la sensation qu'il ne "donne" pas mais qu'au contraire il "prend" tout en s'auto- écoutant, et curieusement avec le temps c'est une chose qui est devenue importante pour moi dans l'écoute de la musique, difficile de décrire ce feeling et c'est peut être une erreur d'appréciation, alors j'ai aimé, mais voilà à cause de ça aujourd'hui je n'écoute que très rarement.

Cyd Chassagne (chant, MAGOA) :
En tant que chanteur, je peux affirmer que Mike Patton est indéniablement une référence pour moi. C'est très certainement le vocaliste le plus versatile de sa génération. Patton fait preuve d'une intelligence d'écriture sans égale quand il s'agit des mélodies vocales : de tous les albums FAITH NO MORE, FANTOMAS ou Mr. BUNGLE (pour ne citer que mes favoris), rien n'est identique, chaque morceau possède son propre style vocal, et pourtant la personnalité Patton est toujours présente. "King For A Day..." est un classique du Rock. Grandiloquent, progressif, parfois intimiste... Et Patton n'avait même pas 27 ans!! Je pense que c'est l'album que j'aurais rêvé d'écrire/interpréter... "California" de Mr. BUNGLE est aussi une référence pour tous ceux qui cherchent un côté déjanté dans leur musique et leur interprétation vocale. Je n'ai eu le plaisir de voir FNM que très tard, il y a seulement quelques années au Rock En Seine... C'était incroyable ! Jamais je n'ai vu un chanteur assurer deux heures de show avec tant d'aisance, surtout avec un répertoire aussi complexe. Je pourrais en écrire des pages et je suis toujours ravi de parler du "Maître", et de comment il m'a inspiré... Sans aucun doute, Patton représente l'idéal de perfection vocale à atteindre, mais aussi l'idéal de composition. Sans parler de son ouverture musicale... C'est d'ailleurs grâce à lui et à "Irony is a dead scene", que je suis devenu fan de THE DILLINGER ESCAPE PLAN... "Everything he touches turns to gold".

Yann Ligner (chant, KLONE) :
J'ai découvert Mike Patton et FNM avec l'album "King for a Day.. Fool for a lifetime" il y a maintenant plus de 10 ans. Et à l'époque je ne me suis pas rendu compte tout de suite de sa richesse. Finalement c'est un album très accessible et à la fois très complexe, car il mélange des univers très différents et arrive à garder une cohésion entre les morceaux et une identité propre du début à la fin. Pour moi ça reste un des albums les plus intemporels. Par la suite je suis tombé sur Mr BUNGLE et son "Disco Volante". Dans un autre registre, c'est un ovni décadent qui m'a également beaucoup marqué. Puis se sont suivis les FANTOMAS, TOMAHAWK, et ses apparitions en guest avec notamment DILLINGER ESCAPE PLAN, Bjork, etc.. Mike Patton est quelqu'un qui m'inspire toujours aujourd'hui, car il a aussi le luxe de choisir des projets très éclectiques.



Photos par les teams HARDFORCE lors du SONISPHERE 2012 à Amnéville.


mardi 7 janvier 2014

DEAD END FEST @ Lorient (Le Galion) 14•12•2013 [live-report]



En ce samedi 14 décembre 2013, le label Finisterian Dead End célèbre avec un peu de retard ses deux ans d'existence en organisant son premier festival. Alors bien sûr, il ne faut pas s'attendre à une prairie copieusement garnie de métalleux naviguant entre plusieurs scènes, mais à une soirée conviviale dans les murs du Galion à Lorient (Morbihan) en présence de quatre des huit groupes signés par le label.
La soirée aux trois-quarts bretonne bénéficie toutefois d'une touche d'exotisme en la présence des Bordelais BREAKDUST.

Laurent, l'instigateur de la soirée



Ce festival est l'occasion pour les groupes du label (les "leaguers") de se retrouver et d'échanger, sous la houlette de l'organisateur, Laurent, omniprésent en Monsieur Loyal visiblement heureux du travail accompli. La soirée va d'ailleurs justifier tous ses efforts, tant les groupes présents se complètent dans des styles différents, et impressionnent par leur professionnalisme et leur joie de jouer communicative.

L'organisation est sans faille, et les concerts s'enchaînent sans perte de temps, chaque groupe jouant entre 40 minutes et 1 heure.


serlist DYSILENCIA


Ce sont les Brestois DYSILENCIA qui ouvrent les hostilités vers 20h45. Pouvait-on rêver mieux pour lancer la soirée sur des rails festifs ? Leur Metal cousin de ce que propose MASS HYSTERIA a le don de filer la patate ! Deux chanteurs, deux guitares, un batteur.... mais un bassiste blessé qui regarde le concert depuis la salle ! Quelle pêche ! Quel potentiel ! Le groupe n'a sorti qu'un EP à ce jour, on a qu'une envie, leur botter les fesses pour les renvoyer en studio illico !


Changement total de ton avec MANTRA dont le premier album ne prête pas à 
setlist MANTRA


sourire. La musique des Rennais a parfois des allures de « TOOL primal » et la salle, plongée dans la pénombre pendant la quasi totalité de leur set, reste pantoise, alors que sont projetées en arrière plan des vidéos cryptiques. Pierre au chant a ce magnétisme qui ne laisse pas indifférent. Possédé, il peut mettre mal à l'aise les spectateurs qui n'entrent pas dans le trip de ce groupe vraiment original qui gomme sur scène les défauts mineurs de son premier album prometteur. C'est la deuxième fois que je les vois sur scène en un mois, et il y a fort à parier que l'on en reparlera bientôt. MANTRA est un groupe qui vous hante.


Il est 22h50 quand BREAKDUST monte sur scène et terrasse la salle avec son Thrash destructeur ! Time to slam ! Ces vétérans de la scène bordelaise s'y connaissent en riffs imparables et chant viril !


setlist BREAJDUST


Piochant à la fois dans leur premier album et le petit dernier sorti chez Finisterian Dead End (« Baleful World ») dont on entend parler un peu partout, ils rencontrent un beau succès à l'applaudimètre. Comme chacun des participants de cette soirée, le groupe ne cesse de remercier leurs compagnons de label et Laurent. La fête bat alors son plein, au rythmes des morceaux à rallonges de ces quatre autres horsemen diablement efficaces.



setlist PICTURED


Alors que sonnent les premiers coups de minuit, PICTURED s'apprête à clore cette soirée. Les quatre finistériens sont un peu les régionaux de l'étape et le fleuron du label. Pendant une heure, le groupe démontre une réelle aisance sur scène, un vrai charisme, et une qualité technique irréprochable. Ce concert empreint d'émotion est censé être le dernier de leur batteur, Thomas.
Le public plébiscite leur prestation débordante d'énergie, tant et si bien que PICTURED rebranche les guitares à l'issue du rappel pour prolonger la fête,... avant que la scène ne se voit envahie par tous les héros de la soirée.






Une soirée réussie, qui a ravi l'assistance et les participants ! Le Metal était Finisterian Dead End ce soir ! Les quatre groupes présents referont parler d'eux, notamment sur scène début 2014 ! DYSILENCIA, MANTRA, BREAKDUST et PICTURED..... Gardez ces noms en têtes, et vos yeux sur les agendas concerts !


LA GALERIE



DYSILENCIA







MANTRA







BREAKDUST







PICTURED