dimanche 22 septembre 2013

Souviens-toi l'été dernier (1) : HELLFEST 2013



Oui, je sais, vous allez me dire « Le HELLFEST c'était il y a trois mois, on a lu les reports extensifs sur tous les sites Metal de France et d'ailleurs, on a épluché les set-lists de nos groupes préférés dans le détail, l'édition 2014 est déjà en route, etc...», et franchement, vous n'avez pas tort. Mais comme il est agréable de se souvenir des belles choses, et parce que l'été fut riche en événements, à l'heure où nous avons tous repris le chemin des études ou du boulot, un petit retour en arrière décalé sur ces derniers mois ne peut pas faire de mal. A tout seigneur tout honneur, premier coup d'oeil dans le rétro, le....

HELLFEST 2013
CLISSON (44), 21 – 22 – 23 juin 2013

« Go west, young man ! »

C'est un fait désormais aussi établi que la transhumance des troupeaux vers les alpages, à l'approche de l'été le métalleux se déplace en masse vers la côte atlantique pour célébrer la grande messe noire du Metal en terre Clissonnaise. Malgré une affiche controversée, il y a foule sur le site du HELLFEST 2013, un site agrandi l'année précédente et repensé cette année. La météo est acceptable malgré des prévisions humides, et le festivalier qui a réfléchi pendant plusieurs semaines aux t-shirts qu'il allait porter n'a donc pas à les cacher sous un k-way ou un pancho jaune fluo (la honte!).



Comme tous les ans, il aurait fallu arriver la veille ou se lever aux aurores pour être présent à l'ouverture des hostilités. Embouteillage, parking, marche à pied, formalités d'entrée sur le site me privent des premiers concerts.

SAXON débute son set au moment où je parviens au centre du site. Malheureusement, des formalités administratives (perception des jetons boissons, visite du bar à vin) m’empêchent à contrecœur de profiter pleinement de la prestation de ces vieux briscards dont les premiers albums ont bercé mon adolescence. Ce n'est peut-être pas plus mal, car si Biff Byford semble en voix, l'interprétation des grands classiques ne manque pas de me surprendre. Ainsi j'ai l'impression d'entendre un nouveau morceau inconnu des mes oreilles, quand retentit le refrain « She's got wheeeeeeeels... WHEELS OF STEEL! »... Stupeur !



Si l'on s'interroge sur le point de savoir où vont mourir les vieux groupes, la journée du vendredi de ce Hellfest a, tout du moins sur les mainstages, tout du cimetière des éléphants. EUROPE, KREATOR, TWISTED SISTER, TESTAMENT, WHITESNAKE, HELLOWEEN, DEF LEPPARD.... J'ai 18 ans à nouveau ! Mais Je suis bien le seul, car sur scène, le poids des ans se fait gentiment sentir. Si l'on accepte le fait que la jeunesse n'est pas éternelle et que ces rock stars ont vécu (et pour quelques unes vivent encore) des vies dissolues, le spectacle proposé a toutefois de quoi satisfaire le fan historique. Alors bien sûr, malgré le talent (et l'avion raté) d'un TEMPEST en voix et d'un NORUM au-dessus du lot, EUROPE en garde sous la pédale. KREATOR est égal à lui-même, quand bien même un de mes amis taquin ne peut s'empêcher de comparer le batteur à un cycliste du tour de France effectuant un contre la montre... efficace mais sans surprises. Dans la roue des allemands, TWISTER SISTER, mené par un Dee SNIDER sautillant masquant ses presque 60 printemps, a la mauvaise idée de finir un set généreux et enthousiasmant par un « It's only rock'n'roll....but I like it ! » étiré pendant plus de dix (longues, très longues, trop longues) minutes jusqu'à leur sortie de scène... Comme une équipe de foot victorieuse attendant le coup de sifflet final en faisant la passe à 10...



Et WHITESNAKE, ah..... Passée la satisfaction de voir une des figures emblématiques du hard-rock à l'ancienne, entourée de mercenaires affûtés, on peut regretter que la voix de COVERDALE ne soit plus que l'ombre de ce qu'elle fut, que le groupe malgré des passages rares et un répertoire comprenant tant² de classiques joue autant de titres piochés dans ses deux derniers, et moins bons, albums. A l'applaudimètre des refrains repris en choeur, « Is This Love ?» gagne haut la main. Le beau David rappelle que le groupe fête ses 35 ans, et évoque avec émotion (ou pas...) les disparus : Mel Galley, Cozy Powell, Jon Lord,... Le groupe déroule avec un COVERDALE à l'arrache, jusqu'à un « Still Of The Night » qui prouve que le bellâtre a les capacités vocales pour revenir l'année prochaine......sous une tente, sur la « Temple » par exemple, après avoir rebaptisé son groupe BLACKSNAKE.



Profitons de cette pensée profonde pour s'insurger contre LA grosse inflation sur le site : + 25% sur la bière !

A la nuit tombée, DEF LEPPARD s'apprête à jouer pour la première fois en France depuis 17 ans. On annonce une version allégée de la série de shows qu'ils viennent de donner à Vegas : une première partie de classiques sous la forme d'un groupe de reprises (les « DEAD FLATBIRDS »), puis après une pause l'intégrale de « Hysteria », et un rappel final. Un vrai show donc, peu conventionnel pour un festival, et qui désarçonnera faute d'explication préalable bien des festivaliers. Si la première partie du set se passe assez bien, malgré le peu de communication d'un Joe Elliot affublé d'un chapeau et de lunettes lui donnant un look à mi-chemin entre une mouche et Gilbert Montagné, la longue (très longue, trop longue) pause qui suit cette première partie, prétexte à la diffusion non sous-titrée d'images par ailleurs tronquées à la gloire du groupe époque « Hysteria », ne sera pas au goût de tout le monde. Les sifflets surgissent et s'amplifient, alors que certains festivaliers quittent le devant de la Mainstage. Le quintet revient (enfin) jouer fidèlement, dans l'ordre, l'intégralité de « Hysteria », l'album multi-platiné de la consécration, sous un déluge de lights, avec un son très fort et clair. Efficacité, mais sans émotion. DEF LEPPARD s'éclipse comme il était arrivé, après « Love And Affection ». Les lumières se rallument et la sono diffuse du AC/DC. Visiblement, les festivaliers ne sont pas les seuls à ignorer que le show n'est pas fini ! Le groupe revient pourtant interpréter « Rock Of Ages » et « Photograph ». On retiendra une voix irréprochable (garantie sans samples, moui...), mais surtout un show un peu décevant après une si longue absence. La faute au choix d'interpréter leur album certes le plus célèbre, mais aussi le plus commercial, le plus américain, le plus « produit ».... Et le rock dans tout ça ?


Et pendant ce temps là sous les tentes ? Bonne question !

Plus que jamais, avec ses six scènes, le HELLFEST est devenu un festival de niches. Grunge/stoner sous la Valley, Punk/hardcore devant la Warzone, Black sous la Temple, Death/Doom sous l'Altar, mainstream devant les Mainstages 01 et 02. Avec les différents publics accrochés devant leur scène de prédilection tel des berniques sur leurs rochers à marée basse, il est difficile pour le festivalier de passer d'une scène à l'autre dans de bonnes conditions. Après il faut assumer ses choix si le spectacle n'est pas au rendez-vous,

Ce premier jour, j'ai eu la satisfaction de voir des éléphants, pour autant me suis-je trompé ?

Le samedi, compte tenu de l'éloignement de mon logement, j'ai prévu d'arriver sur le site pour le set d'AUDREY HORNE. Aucun souci pour accéder au parking. Je suis dans les temps ! Hellfest, trois fois Hellfest, c'était sans compter sur une navette parking qui jamais n'arriva !!! Gros dilemme en effet chaque jour une fois débarrassé de son véhicule : marcher 30 (longues, très longues, trop longues) minutes pour atteindre le site, ou attendre 20 minutes l'arrivée d'une navette qui m'y mènera en 5 minutes pour le prix (prohibitif !) de 2 € ? La deuxième solution semble la plus rapide.....à condition que la rotation s'effectue correctement. Ce n'est pas le cas.

Et je ne parle pas du retour, quand vers deux heures du matin au sortir du site près de 80 personnes attendent en vain en file indienne la navette (de 8 places) sensée les ramener au parking, alors que deux navettes sont stationnées devant eux tous feux éteints au milieu du giratoire, et que deux chauffeurs discutent en rigolant devant la queue.....

Bref, j'ai raté AUDREY HORNE.



Je sillonne le site en long en large, telle une âme perdue, attendant ACCEPT...captant quelques minutes d'AC/D... euh.. de KROKUS ! Mais aussi de WITCHCRAFT, de PARKWAY DRIVE, de DOWN,... le tout sous une météo désormais clairement passée en mode grosses gouttes...



Mais ce n'est pas bien grave. Si on allait au HELLFEST pour les concerts, ça se saurait ! Non, le HELLFEST, par sa démesure, est devenu le DISNEYLAND du Metal. Un parc énorme, où l'on se rend entre potes, en famille, seul,... où l'on achète des souvenirs estampillés HF (fringues, accessoires, peluches,... euh?), où l'on trouve des boutiques spécialisées (le fameux EXTREME MARKET où certains errent des heures entières à la recherche du graal, formant dans les allées le plus long et plus grand circle pit du festival), où l'on déguste la cuisine du monde (le porte-monnaie aussi déguste), où l'on trouve une multitude de stands (magazines, sponsors,....). Où l'on boit aussi.

Le HELLFEST n'est pas devenu qu'un lieu incontournable. C'est un lieu unique.

C'est l'endroit où il faut être une fois par an, si l'on veut vivre Metal, si l'on veut avoir la vraie impression d'appartenir à une communauté, si l'on veut croiser, retrouver ses amis bien souvent virtuels le reste de l'année, si l'on veut s'en faire de nouveaux...déguisés en Pikachu, vache, curé, naturiste, ou pas du tout déguisés.

Les organisateurs l'ont bien compris, la seule vraie nouveauté, avec la Warzone désormais à ciel ouvert, étant la création de ce champêtre « Kingdom Of Muscadet ». Ce haut lieu de convivialité, cette forêt de Sherwood qui au fil du festival se transforme progressivement en cour des miracles et urinoir géant. Pour toutes ces raisons, et bien d'autres encore, c'est un lieu de passage obligé.

Baigner trois jours dans un environnement Metal, sur un site auquel un effort très important est consacré à la décoration, avec un goût rare, c'est aujourd'hui surtout cela le HELLFEST. HELL beaucoup, mais FEST encore plus.

Aller au HELLFEST juste pour assister à des concerts, il n'y a guère plus que Phil ANSELMO pour agir de la sorte...



ACCEPT enfin ! 25 ans que les Teutons et moi ne nous sommes pas vus ! A l'époque, Udo tenait le micro, et Wolf Hoffmann avait une crinière blonde. C'était la tournée « Russian Roulette ». A la différence d'hier, voilà des anciens sur lesquels le temps ne semble pas avoir eu de prise. Avec au chant l'américain Mark Tornillo, passé de TT QUICK à « Fastfood As A Shark », ACCEPT ne laisse pas le public respirer une seconde, assénant riff sur riff, jusqu'au final qui voit Phil Anselmo sauter sur scène, s'emparer d'un micro et pousser la chansonnette agressive avant de se prosterner devant ses maîtres. Culte ! Le public exulte !!!! Voilà le genre de happening imprévu qui donne tout son sens à ce genre de rassemblement.



Au-delà de la zone VIP se dresse la tente réservée à la presse. S'y rendre, c'est comme visiter une fourmilière. Alors que d'un côté une dizaine de box sont le théâtre d'un balai incessant d'artistes en interviews, de l'autre il y a la salle de commandement de la presse connectée. Pas une fenêtre, des tables encombrées d'ordinateurs, et autant de journalistes affairés, le regard hagard sous les lumières faiblardes... Ils sont tous au taquet, car eux ne peuvent pas se permettre d'attendre trois mois pour livrer leurs souvenirs !

La fin de journée s'annonce consensuelle sur les Mainstages. ZZ TOP et KISS ont attiré les foules de quadras, quinquas et plus, ayant depuis longtemps abandonné les vestes à patches au profit du pull nonchalamment jeté sur les épaules.



Pour l'occasion, ZZ TOP s'est paré de ses plus beaux habits de lumières, le poil lustré. Le set millimétré des Texans lance avec efficacité la soirée. Le site est bondé, le festival réalisant ce jour son record d'affluence à la journée. On en attendait tout autant de KISS. Mais ce soir le baiser est comme l'ennui : mortel. A coups de pétards mouillés faisant office de diversion, les créatures de la nuit livrent un show à l'économie. Stanley est haletant, le son riquiqui, les déplacements sont comptés, à l'image de l'araignée mécanique qui ne daignera pas descendre de son plafond... Plateforme, platform boots, et groupe en plate forme. Ah il faut les entendre chuchoter péniblement : « Shout it, shout it..... shout it out louuuuud ». Pffffff........ KISS coule, quelle déception ! Et dire qu'au même moment, sous la Temple, les autres maquillés d'IMMORTAL donnent une leçon de metal imparable. D'ailleurs j'y file !... KORN rachète ensuite ses défections passées, et célèbre le retour de son guitariste prodige, Brian « Head » Welch, en délivrant un show époustouflant. Comme chaque année, le HELLFEST recelait en ce samedi son lot de surprises, bonnes et mauvaises.



Grosse affluence, retour au parking à pied (because la navette... Grrrrrr), gros embouteillages, contrôle alcoolémie. Certaines fins de soirée sont tellement prévisibles...



Le dimanche, traditionnellement, est une journée particulière au HELLFEST. Certains festivaliers sont déjà partis ou sur le retour. Et cette année est marquée par l'absence de tête d'affiche marquante, justement.

Et pourtant cette dernière journée va s'avérer riche. Peut-être la plus intéressante et la plus variée. Sous un soleil bien installé, les Polonais de RIVERSIDE réjouissent un public clairsemé en début d'après-midi. Le Prog-Metal est le mal-aimé du festival, et souvent le grand absent. Mais quel bonheur de voir un de ses représentants jouer sur une Mainstage.



Pas de grandes stars internationales historiques à l'affiche aujourd'hui, mais des découvertes et des confirmations, pour peu de déceptions. Je retiens particulièrement nos compatriotes de GOJIRA, et surtout de MASS HYSTERIA, mais aussi les canadiens de VOIVOD rejoints sur scène par Jason Newsted et... Anselmo, ou encore NEWSTED seul sur scène avec son groupe pour une prestation à peaufiner, STONE SOUR, ou encore VOLBEAT qui prouve que sa place en tête d'affiche n'est pas usurpée.




Les deux surprises de la journée viennent de CLUTCH, absents excusés pour cause de décès et remplacés par le Phil (omniprésent) Anselmo Show, et de Glenn DANZIG, dont c'est l'anniversaire ce dimanche et qui demande à jouer en fin d'après-midi plutôt qu'à 00h45 !

Il échange son horaire avec GHOST qui n'en demandait pas tant. Plus qu'une chance, un signe ! Rencontré l'après-midi sans sa tenue de scène, Papa Emeritus II, chanteur de GHOST, tout sourire, me confie concernant cette surprise due à la demande de Danzig : « Oh oui, c’est très cool de sa part ! La première fois que nous avons joué au Hellfest, tout s’est passé à merveille et ça nous a beaucoup apporté parce que le show a été filmé et diffusé, beaucoup de monde l’a vu car c’était la première captation pro pour le groupe. Avec cette opportunité qui nous est offerte de clôturer en tête d'affiche, une fois encore quelque chose d’important et d'imprévu se passe pour notre carrière au Hellfest ! ». C'est donc sous la pleine lune que GHOST clôture de manière spectrale cette édition 2013. Qui a dit fantastique ?


On se pose souvent la question de savoir quelles seront ou quelles pourront être les têtes d'affiches de demain, quand tous les éléphants auront disparu. Cette journée du dimanche aura apporté quelques éléments de réponse, entre nouveaux venus et groupes français...



Je ne peux m'empêcher de partager avec vous le grand éclat de rire de Papa Emeritus II, quand après lui avoir rappelé que GHOST rendait hommage aux grands groupes des années 70, je lui demandai si le groupe n'était pas plutôt en train d'écrire la musique qui sera jouée à leurs funérailles !

Tout un symbole. Les jeunes groupes aux dents longues sont prêts à prendre la relève, sans pour autant vouloir à tout prix bousculer les choses. Tout viendra à point pour qui sait attendre. Ce dimanche en est une belle preuve,

Quels enseignements tirer de cette édition du HELLFEST ? Quels souvenirs garder ? L'organisation a su tirer le meilleur parti de ce nouveau site, l'ambiance fut au top, 160 groupes se sont succédés sans couac,.... Bien sûr tout n'est pas parfait, le son est dans l'ensemble assez moyen, trop fort et brouillon sous les tentes, trop dispersé en plein air,.... il est difficile de faire de vraies découvertes, trois groupes jouant en permanence au même moment, et les tentes restant assez inaccessibles en cours de set.... Mais le HELLFEST a confirmé son statut de plus gros festival metal de France, de lieu de rassemblement de métalleux de tous poils, et surtout d'endroit ô combien convivial.

A l'heure où sont à peine dévoilés les premiers noms de l'affiche 2014, beaucoup ont déjà leur billet en poche. Qu'importe les groupes finalement....

Nos remerciement à Roger Wessier et Olivier Garnier de la promo Hellfest ainsi qu'à toutes l'équipe du festival.

Je vous conseille la visite des blogs des photographes HARD FORCE pour faire un retour en images sur ce cru 2013 : ici !
Mais aussi de vous rendre sur la page METALXS : ici !

Une semaine après le HELLFEST, je poursuivais mon été musical en retournant voir MASS HYSTERIA près de BREST. Mais ça, vous l'avez peut-être déjà lu : ici.

(à suivre)

lundi 9 septembre 2013

ORPHANED LAND : Chen Balbus [interview]




ORPHANED LAND achevait la première partie de sa tournée 2013 au MOTOCULTOR FESTIVAL (56), avant de reprendre la route fin septembre, en compagnie de nos compatriotes KLONE, mais aussi des Palestiniens KHALAS. Nous avons eu le plaisir de rencontrer le groupe juste après son concert du samedi soir, et de nous entretenir longuement avec son petit nouveau, le guitariste Chen Balbus, qui fêtera son 21ème anniversaire en novembre. L'occasion de faire le point sur l'orientation mainstream prise par le groupe sur son dernier album, "All Is One", mais aussi bien évidemment d'évoquer la situation politique au moyen orient, et le message de paix qui sous-tend toute l'oeuvre du groupe. 

Bonsoir Chen. Tu as rejoint ORPHANED LAND en 2011. Etais-tu déjà là lors du précédent passage du groupe au Motocultor cette même année ?
Non, j’ai regardé le concert sur Youtube !

Votre nouvel album est assez différent des précédents, peut-être plus grand public, plus symphonique. Qu’est-ce qui a motivé cette évolution ?
C’est assez simple. Nous pensons qu’aucun album d’ORPHANED LAND ne doit sonner comme le précédent. Il est presque impossible de comparer « Mabool » à « OrwarriOR » (« The Never Ending Way Of ORwarriOR », 2010 – ndr), par exemple, même si les deux albums sont complexes. Nous avons exploré cette complexité, puis nous avons décidé de revenir à des choses plus simples et de nous concentrer sur notre message : « All Is One ».

Cette évolution favorise-t-elle la diffusion de votre message vers un public plus large ?
Précisément. La structure de nos morceaux est plus simple et nos paroles sont moins ésotériques, beaucoup plus directes, in your face : « All Is One ». C’est ce que nous voulons dire.

Le growl a presque totalement disparu, sur cet album. Pourtant, aujourd’hui, vous avez débuté votre concert par des morceaux plus anciens, sur lesquels Kobi (Kobi Farhi, chanteur d'ORPHANED LAND - ndr) adopte ce style de chant. Est-ce que vous adaptez les set-lists de vos concerts en fonction de votre public ?
Nous avions initialement décidé que « All Is One » ne contiendrait aucun growl. Pourtant, lorsque nous nous sommes retrouvés en studio, nous avons réalisé que le morceau « Fail » portait une grande colère : il n’y a qu’à écouter ses paroles. De notre point de vue, le growl s’imposait, d’autant que nous ne sommes pas devenus allergiques au growl, ne t’inquiète pas ! Pourtant, ce style de chant ne colle pas à l’ensemble des morceaux de l’album. Et pour répondre à la seconde partie de ta question, en tout état de cause, nous souhaitons continuer de composer nos set-lists avec l’ensemble des albums d’ORPHANED LAND. Jouer un album du début à la fin ne présenterait aucun intérêt à nos yeux.



Comment « All Is One » a-t-il été reçu par les fans ?
Les réactions ont été mitigées. Une partie des fans estime que c’est le chef d’œuvre d’ORPHANED LAND. Une autre a pensé : « Mais qu’est-ce qui vous arrive ? Vous tombez dans le mainstream, tout ça pour passer à la radio ! ». A ces derniers nous répondons : « Non, c’est toujours ORPHANED LAND, nous n’avons pas abandonné notre marque de fabrique. » Seulement, nous avons voulu explorer un chemin différent, cette fois. Rien ne nous poussera jamais à faire quelque chose que nous ne voulons pas faire : nous poursuivons nos envies et « All Is One » est l’album que nous souhaitons partager, cette fois.

Ce que tu appelles votre marque de fabrique, c’est ce groove proche-oriental qui vous distingue de tous les groupes de Metal ?
En effet. Il existe beaucoup de styles de Metal différents. Pourtant, si tu prends le suédois ou le finnois ils sonnent un peu scandinaves ! Pour notre part, nous sommes Israéliens : c’est notre réalité, notre héritage. Il semblait naturel de le prendre en compte dans notre musique et c’est ainsi que le « Metal oriental » est né.

Vous présentez ORPHANED LAND comme une arme pour la paix…
C’est vrai…

Cette marche vers la paix est très lente. Comment conservez-vous la foi ?
Pendant notre concert, aujourd’hui même, j’ai encore vu flotter des drapeaux de plusieurs pays arabes, un drapeau turc… et j’ai dû en louper pas mal parce que je ne porte pas mes lunettes, sur scène ! Or partout où nous allons, les gens dansent et font la fête avec nous – et donc, par extension, avec Israël. Certes, notre pays fait face à des risques, il est isolé, mais cette situation nous motive et donne un sens à ce que nous faisons. L’un de nos fans a lancé une pétition pour qu’ORPHANED LAND soit nominé pour le Prix Nobel de la Paix ! Cela nous encourage : nous devons continuer.

Constates-tu des progrès, à cet égard ?
Oui, même s’ils sont lents. Si tu plantes une graine, il faut la laisser éclore et grandir.

J’ai lu que la Turquie était le seul pays musulman dans lequel ORPHANED LAND pouvait se produire.
C’est vrai. La Turquie a toujours été une seconde patrie pour ORPHANED LAND. En revanche, avec un passeport israélien, tu ne peux rentrer dans aucun pays arabe : nous y sommes systématiquement considérés comme des ennemis d’état ! C’est malheureux, mais comme nous savons que le groupe a de nombreux fans dans tous ces pays, nous espérons avoir l’occasion de nous y produire, un jour. J’ajoute que dans ces pays, il est souvent interdit d’écouter du métal… Nous rêvons donc de pouvoir un jour y apporter un peu de bonheur aux fans qui écoutent ce genre de musique.
Plus largement, sur la tournée de « All Is One », c’est un groupe de musiciens arabes qui nous accompagnera (KHALAS – ndr). Des Israéliens et des Arabes qui partagent le même tour bus, et la même scène… comme des frères ! Car c’est ce que nous sommes : après tout, nous sommes tous des êtres humains, peu importe notre religion ! Juifs, Musulmans : nous sommes des êtres humains.




Kobi a dit sur scène, tout à l’heure, que le Metal était une religion. Qu’en penses-tu ?
Pour moi, le Metal est certes une forme de religion, mais c’est la musique, en général, la chose la plus puissante dont il m’ait été donné de faire l’expérience, dans la vie ! La musique m’a façonné en tant qu’être humain, elle conditionne la manière dont j’aborde la vie, toutes mes perspectives. De mon point de vue, c’est l’élément le plus puissant dont nous disposions pour faire un monde meilleur.

J’ai cru comprendre que votre label vous mettait la pression pour sortir vos albums plus vite. A-t-il un plan particulier, pour vous, à l’échelle internationale.
C’est vrai qu’ils nous mettent la pression. Un label musical est lui-même soumis à la pression du marché : en permanence, il doit proposer des produits nouveaux aux fans pour alimenter son business. Par le passé, avant que je ne rejoigne le groupe, ORPHANED LAND a pu mettre jusqu’à sept ans pour produire un album. Mais il y avait des explications à cela : Yossi est devenu papa, par exemple, et le line-up du groupe a changé plusieurs fois. Depuis que j’ai rejoint ORPHANED LAND, je crois que nous avons trouvé une efficacité nouvelle et, avec Kobi et Uri, nous avons pu composer « All Is One » assez vite.

Tu n’as pas encore 21 ans… il y a sept ans…
J’étais dans le public ! Les autres membres du groupe sont mes grands frères, dans un sens. Ils me connaissaient avant même ma naissance ! Quand Kobi a fondé RESURECTION (le premier nom d’ORPHANED LAND – ndr) je n’étais même pas né ! C’est marrant…

ORPHANED LAND est donc dans tes gènes…
Absolument. ORPHANED LAND a toujours fait partie de ce que je suis.

C’est un rêve qui devient réalité, d’avoir rejoint le groupe ?
Comme Kobi dit toujours, c’est l’histoire bien connue du fan qui rejoint son groupe fétiche.

En tant que fan, y-a-t-il une période que tu préfères, dans l’œuvre d’ORPHANED LAND ? Y-a-t-il des titres que tu aimerais jouer, mais dont les autres membres du groupe ne veulent plus entendre parler ?
Pas vraiment. Ils m’ont donné tout ce que j’attendais ! Ma philosophie de vie me conduit toujours vers l’avant, vers mon rêve. C’est ce qui explique que j’aie pu prendre un rôle si important dans la composition de « All Is One » et c’est aussi ce qui a permis à l’album de sortir si rapidement.

Quels sont vos projets, avant la tournée avec KHALAS ?
Nous n’avons prévu qu’un concert pour la radio, en Israël : nous souhaitons nous concentrer sur la préparation de la tournée « All Is One ». Comme Yossi ne participera pas à cette tournée, je devrai en particulier préparer le nouveau guitariste !

Avez-vous prévu de jouer en Cisjordanie ? Serait-il possible de voir un jour ORPHANED LAND et KHALAS partager une scène à Ramallah ou à Jérusalem-est ?
Nous souhaiterions jouer partout où c’est possible, sur la planète. Après, je ne m’occupe pas de la programmation des concerts : c’est l’affaire de Kobi. J’espère que nous pourrons jouer un jour en Cisjordanie, mais cela dépend encore largement de nos hommes politiques. Peut-être un jour ! Nous y travaillons. Lentement, le message de « All Is One » se diffusera…

Mis à part les pays musulmans, existe-t-il d’autres pays où ORPHANED LAND a connu des problèmes, pour jouer ?
Je ne crois pas... Maintenant, nous aimerions beaucoup nous produire en Asie (ailleurs qu’en Inde) et nous ne savons pas comment nous seront reçus, là-bas. Nous aimerions aussi tourner en Scandinavie, mais ORPHANED LAND n’est pas encore très connu, là-bas – bien que nous ayons enregistré « All Is One » en Suède. Dans l’absolu, nous voulons jouer partout !




Traduction et retranscription :  Naiko J. Franklin
Photographies : Naiko J. Franklin et Nikolas Ernult

Grand merci aux organisateurs du MOTOCULTOR FESTIVAL, et notamment Abir


dimanche 8 septembre 2013

KLONE et ULULE : un buzz dans un verre d'eau


Il y trois jours, KLONE a lancé un projet de crowdfunding sur Ulule pour permettre de boucler le financement de sa prochaine tournée en support de ORPHANED LAND.




Ce projet, accessible sur le lien http://fr.ulule.com/tournee-klone/ est présenté ainsi par le groupe:


Klone partira en Tour Support avec « Orphaned Land » à travers l’Europe du 20 Septembre jusqu’au 15 Novembre 2013 dans des salles de 500 à 1500 personnes .

Avec plus de 48 dates, cette tournée qui passera par toutes les grandes capitales européennes est un des événements les plus importants de la rentrée 2013 dans le milieu Rock-Métal.
Klone partagera la scène avec 4 groupes …

Le groupe a besoin de 3 500 euros.

Rapportée dans les news du site VS-Webzine, cette nouvelle a généré un flot de commentaires violents, agressifs et injurieux.

Sans entrer dans une polémique stérile avec des commentateurs anonymes qui comme d'habitude sont les mieux informés, ce déferlement haineux a de quoi surprendre, s'agissant d'un procédé de financement somme toute devenu assez banal aujourd'hui, par lequel de nombreux artistes demandent un financement à toute personne intéressée par leur projet, leur offrant diverses contreparties fluctuant à hauteur de leur participation.


KLONE propose plusieurs degrés de « récompenses », allant d'albums numériques aux places de concerts, rencontres backstage avec le groupe, merch, dédicaces, remerciements dans le prochain album, etc....

Rien de bien nouveau, exceptionnel, ni même choquant dans ce procédé.

Alors pourquoi tant de haine ?

D'autant que si vous n'aimez pas le groupe, sa musique, ou ses membres, vous n'êtes pas obligés de souscrire à ce projet (ils ne vous en tiendront pas rigueur) !

Non, ce qui est réellement surprenant, c'est qu'un groupe établi comme l'est KLONE, avec ses dix ans d'existence, une vraie identité, une discographie étoffée, des tournées incessantes (Tournée européenne en support de KING'S X en 2011, 41 dates entre octobre et décembre 2012, dont 21 en France et 25 en support de GOJIRA en Europe...), un dernier album (« The Dreamer's Hideaway ») très bien reçu par le public et la presse,.... en vienne à « mendier », comme l'ont écrit certains.

Si constat d'échec il doit y avoir, c'est que notre pays et certains de ses « métalleux » sont bien trop étroits pour permettre à nos talents de vivre et grossir.

Le Metal s'arrête-t-il à la réalisation d'un album que tout un chacun s'empressera de télécharger illégalement pour ensuite le descendre en flamme (alors que s'il avait dû l'acheter il ne l'aurait jamais écouté et aurait ainsi gagné une bonne occasion de se taire) ?

Où sont-ils, ces « true » fans de metal si critiques, quand KLONE  tourne sur tout le territoire en compagnie de TREPALIUM et d'HACRIDE, et que ce plateau varié de qualité peine de nombreux soirs à réunir quelques dizaines de spectateurs ?

CAR LA CONCLUSION EST LA : AUJOURD'HUI IL EST DIFFICILE POUR UN GROUPE DE TROUVER DES DATES ECONOMIQUEMENT VIABLES EN FRANCE.




Peut-on légitimement reprocher à ce groupe de chercher à élargir sa base au-delà de nos frontières pour assurer sa survie ? Et comment y parvenir autrement qu'en tournant, qu'en s'exposant en compagnie de groupes internationaux ? Peut-on leur reprocher de faire appel à leurs fans, alors que dans le même temps ils mettent en vente sur les réseaux sociaux une partie de leurs instruments et matériels ? Peut-on douter de leur sincérité et de leur réelle envie de défendre leur projet ?

Toute cette agitation est bien puérile.

Vous aimez le groupe ? Vous souhaitez qu'il puisse continuer à créer et vivre ? Vous n'adhérez pas au principe du crowdfunding ? Ne donnez rien ! Vous souhaitez les aider, donnez ! Ce n'est pas plus compliqué que ça !

On vit vraiment une drôle d'époque...

METALHEADS ARE KILLING METAL.




jeudi 22 août 2013

QUIZZ : êtes-vous faits pour le HELLFEST ou le MOTOCULTOR ?


L'ouest de la France a la chance de posséder deux festivals Metal de qualité... que tout oppose, ou pas ! Vous êtes déjà venus au Hellfest, vous connaissez le Motocultor, entre les deux votre petit cœur de métalleux balance ? Voici un petit quizz établi scientifiquement et dont le résultat devrait vous guider ! A vous de jouer !

HELLFEST 2013


- L'affiche d'un festival est un élément prépondérant. Vous préférez...

a : pouvoir établir votre propre emploi du temps du weekend ;
b : suivre un programme imposé ;
c : les deux ;

- Pour vous restaurer, vous aimez :

a : découvrir les nourritures du monde ;
b : les sandwiches et les crêpes saucisses ;
c : vous n'y allez pas pour manger ;

- Question ambiance, vous êtes plutôt...

a : ville médiévale envahie de zombies assoiffés de sang ;
b : d'humeur champêtre ;
c : peu importe, vos seuls trajets seront camping-site ;

- Pour vous chausser...

a : ça ne vous dérange pas d'être obligés de porter des chaussures de randonnées ;
b : vous n'envisagez rien d'autre que les tongs ;
c : de toute façon vous perdrez vos chaussures dans le premier circle pit...

- Vous recherchez impérativement :

a : des stars internationales qui viennent expirer leurs plus grand succès...
b : des groupes français inconnus qui par le biais de tremplins gagnés haut la main se produisent à 18 h ;
c : peu importe du moment qu'ils envoient sévère sans tricher ;

MOTOCULTOR 2013 


- Vous êtes plutôt...

a : fan des grands messes, des groupes qui électrisent 35000 personnes ;
b : fans des ambiances bon enfant, où les derniers spectateurs se tiennent à 30 m de la scène ;
c : des deux, que les scènes soient en plein air ou sous des tentes ;

- Vous aimez headbanger au milieu :

a : d'un public de connaisseurs de tous âges ;
b : d'une bande de jeunes ;
c : vous n'êtes pas regardant ;

- Vous pensez que trois jours de metal en France...

a : n'ont pas de prix ;
b : ne doivent pas dépasser 80 euros ;
c : quand on aime on ne compte pas, ne parlons pas d'argent entre nous ;  


RÉSULTAT :

Vous avez un maximum de a : vous êtes HELLFEST !
Vous avez un maximum de b : vous êtes MOTOCULTOR !
Vous avez un maximum de c : vous êtes LES DEUX !!!!

A suivre.... les live-reports du HELLFEST 2013 et MOTOCULTOR 2013 !

lundi 29 juillet 2013

W.I.L.D. : le groupe raconte sa première tournée européenne [tour-report]



En avril dernier, avec sous le bras un excellent album paru en 2012   (chronique ici !), nos compatriotes de W.I.L.D. ont parcouru lEurope (Allemagne, Danemark, Croatie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Serbie, Italie, Suisse et République Tchèque !). En exclusivité  le groupe nous livre ses souvenirs. La parole est à W.I.L.D. :




Back to Black Tour Part 2

Un an quasi jour pour jour après la sortie de notre dernier album, « Agony Of Indecision » (Klonosphère/Season of Mist), nous voilà partis pour une sacrée aventure !! Une tournée de trois semaines du 10 au 30 avril à travers toute l’Europe de l’Est auprès des légendaires VADER, des sultans de MELECHESH et des Swedishs de STERBHAUS.

1er jour
On y est ! Départ de Cambrin, petite bourgade du Pas-de-Calais de 1000 habitants. Nous avons près de 10h de route pour rejoindre le tourbus à Flensburg (Allemagne). A 3h du mat, nous sommes tous dans le petit camion de François, un bon pote qui nous propose de nous y emmener (vraiment super cool de sa part). Sur le début du trajet, et à cette heure matinale, la BAC nous éclaire de ses magnifiques Maglite tout en roulant pour observer le camion et ses occupants !




Malgré un petit problème de liquide de refroidissement, tout va bien. 850 km plus tard, nous arrivons à la salle "Roxy" de Flensburg. Rencontre avec STERBHAUS et VADER et toute l'équipe, puis nous sortons nos affaires du camion afin de nous installer dans ce qui sera notre future maison pour les 20 prochains jours !!!!





L’heure du premier concert approche ! Après un catering plutôt cool, nous voilà sur scène : ça y est, on y est, on envoie tout ! Le public n’est pas très nombreux pour cette première date, mais super réceptif à notre zik ce qui nous motive d’autant plus !!!

Un gars vient voir Fred au bout du deuxième morceau et lui demande son médiator, on lui dit pas de soucis mais après le concert ! et de là il demande à Fred s il veut boire quelque chose. Fred accepte bien sûr, et le gazier lui ramène un petit verre pas très catholique… entre les 2ème et 3ème morceaux !!! Fred prend le verre, trinque avec ce gars et prend une bonne grosse gorgée. On ne sait pas ce qu’il y avait là dedans mais vu sa tête ça ne devait pas être léger : notre set ne durant que 30 minutes, nous enchaînons les morceaux et Fred n’a pas le temps de boire d’eau pour faire passer cette mixture étrange. Le Concert se passe très bien et nous sommes très contents de ce que nous avons envoyé pour cette première. Nous sortons de scène. On nous paye quelques coups, nous vendons quelque CD. Et puis nous commençons à prendre nos marques dans le tourbus et faisons connaissance un peu mieux avec les STERBHAUS !!




2ème jour


Le tourbus est resté sur place hier, et ce matin c'est direction Odense (Danemark) et le club "Kansas City".

Trois petites heures de route... Nous commençons à comprendre l'organisation stricte de la tournée : déchargement, chargement, et les horaires à respecter et surtout le fameux BUS CALL qui détermine l'heure à laquelle le bus redémarre. T'es pas là tu restes là !!! Donc faut juste pas faire le con.

Visite de la salle. Bonnes conditions, un super catering comme la veille, mais un temps de set un peu raccourci. En effet au lieu de 30 min quotidiennes nous devons jouer 20 min car six groupes sont à l'affiche. La salle n’est pas remplie mais nous sommes là pour envoyer alors on y va et c’est un très bon concert, meilleur même que la veille. La soirée se passe très bien et nous demandons au patron du club s'il y a un endroit proche pour faire un petit after. Il nous dit « il y a un petit bar juste là », et effectivement à une minute de la salle à pied, il y a un escalier en contrebas qui nous mène au premier vrai after de la tournée. Même les gars de VADER et
STERBHAUS sont de la partie, et nous faisons de mieux en mieux connaissance avec eux !!


On se couche très tard et pas très frais… Belles rencontres avec les Danois présents dans ce petit club (au passage il y a un babyfoot sur place et Fred et un client Danois mettent une pile aux STERBHAUS !!!). On sent après cette soirée que les STERBHAUS vont devenir de bons potes durant la tournée (c'est peut-être dû au fait que c'est leur première tournée pour eux aussi). MELECHESH rejoint le bus dans la nuit et nous sommes maintenant au complet.







3ème et 4ème jours
"Days off" pour nous. Nous remontons plus au nord direction le Royal Music Festival à Aarhus, au "Vox Hall".
Un peu de tourisme avant de profiter du festival où nous prenons une bonne claque avec HATESPHERE à l'affiche ce soir là.

A 2h du matin, nous reprenons la route direction Nancy pour le Metal Ride, où nous arrivons le lendemain à 16h30, soit 14h de bus ! Ca fait un peu mal !! A l'affiche du Metal Ride, on trouve également GOJIRA, qui nous donne une bonne claque encore une fois !!
Nous remercions Metal Ride de nous avoir permis de profiter du fest dans son intégralité !! On parle français à plus de trois personnes et ça fait drôle.
Quelques personnes de l’orga nous proposent un after dans la ville. Nous rameutons deux gaziers de STERBHAUS et le proposons à Thomasz, bassiste de VADER. Ce fût une très grosse soirée, c’était l’anniversaire de Fred et donc nous passerons sous silence le détail de l'état de chacun…
Nous arrivons au bus à 6h du mat, pour un départ prévu à 7h ; d’ailleurs nous croisons le tour manager qui est déjà debout… oups…

5ème jour
Arrivée à Darmstadt en Allemagne après 5h de route, et visite du "Steinbruch Theatre". Même rituel : catering en arrivant/On décharge/on attend pour le soundcheck.
On a vraiment hâte de rejouer.
Ce soir, pas mal de monde pour nous !! Ca nous fait super plaisir et on a 30 min pour tout envoyer, alors on envoie tout. On discute avec quelques personnes qui ont bien aimé notre concert, le courant est bien passé (d’ailleurs ces personnes sont venues spécialement d’Allemagne pour nous voir en concert au « The saints go Hell Festival » dans le nord Pas de Calais le 8 juin dernier) on n'y croit pas… 
La soirée qui suit est bonne. Tout le monde commence à savoir qui est qui ! Ca discute avec tout le monde sans exception et on commence à capter que les mecs de MELECHESH et de VADER sont plutôt très cool. Ça sent bon pour la suite !!
La mauvaise nouvelle du jour c’est que Thom, notre bassiste officiel, nous quitte pour retourner en France (boulot oblige). C’est Vincent Bigaillon (ex-BLOOD TROOPERS), un excellent pote, qui nous rejoint pour la suite de l’aventure.

6ème jour
Nous arrivons à Munich au « Backstage » après quelques heures de bus et le même rituel que les autres jours.
Une très bonne salle, avec une scène très grande et de super bonnes conditions. Nous sommes très bien reçus par l’orga.
Voilà l’heure de jouer, l’ingé son de la salle nous fait un son d’enculé en façade et sur scène c’est tout simplement le pied, on commence à bien rôder notre show et tous les morceaux passent à une vitesse incroyable !!!
Très bon accueil du public et quelques bonnes critiques des gens présents après notre show.
Un petit after se prépare avec les STERBHAUS et nous récupérons toutes les bières qu’il y avait au catering pour remplir le frigo du tourbus !! héhé !!


7ème jour
Direction Zagreb en Croatie. 10h de route nous attendent, le bus part à 2h du mat. On s'est fait un petit after plutôt sympa avec les STERBHAUS, couchés à 4h du mat,.... mais un détail nous a échappé. A 5h du matin le tour Manager vient tous nous réveiller, il frappe sur les cabines du tourbus et nous dit « Wake up !! Border !!!» ! Eh oui, nous voilà à la frontière Croate, le réveille pique aux yeux !!

De là, tout le monde doit être dans les salons du bas au cas où les douaniers voudraient monter dans le bus. Les têtes de tous les zikos sont assez magiques y compris les nôtres !! Premier contrôle de tous les passeports de tous les zikos y compris tout le staff (chauffeur compris), puis un deuxième contrôle pour entrer dans le pays où là tout le monde doit sortir du bus afin de se présenter au poste frontière avec son propre passeport. Une bonne heure plus tard nous voilà passés et direction Zagreb enfin.




Arrivée à la salle, super accueil, les loges sont en extérieur, ça nous va il fait beau, petite visite de la capitale Croate (qui au passage est vraiment une très belle ville), en catering un kebab avec une énorme escalope de dinde et des frites !!! Si vous nous aviez dit qu’on mangerait un kebab à Zagreb on ne vous aurait pas crus !!
Le show commence pour nous, la salle se remplit peu à peu on fait un très bon concert, les conditions sur scène sont justes excellentes et le son en façade envoie des bulldozers dans la gueule du public. Très bons retours des metalheads et donc une très bonne soirée pour nous. Nous ne l’avons pas encore précisé mais VADER, MELECHESH et STERBHAUS envoient grave aussi et on a le droit à des putains de concerts tous les soirs !!! Que du plaisir !!





Bref, 2h30 du matin il est temps de partir et de rejoindre la Hongrie, juste 10h de bus nous attendent.


8ème jour
Arrivée en Hongrie au Sonic Underground Music Club de Budapest après ces 10h de bus. Même rituel déchargement et on prend nos marques dans les loges et la salle. Un bon petit catering nous attend après le déchargement vers 14h, Installation du matos par les deux techos du crew, Vacek et Kuba (car oui hormis aider pour le déchargement et le chargement les deux techos s’occupent de tout, on a juste à venir se brancher sur scène) et de ce fait on balance, un bon p’tit son se dessine à nos oreilles. On espère que ça va continuer à le faire comme les autres soirs. 17H30, bon, il est temps de souper comme on dit chez nous en France car oui pendant la tournée les repas du soir sont servis entre 17h et 19h (grand maximum) et là un catering d’enculé nous attend, pas forcément original (poulet, légumes, pâtes, pomme de terre, riz et un gâteau fait spécialement pour la date…) mais d’une qualité rare, on a l’impression que c’est notre mère ou notre grand-mère qui a cuisiné ça pour nous tellement c’est bon (un grand merci à Catering Queen), bref on s’en fout plein le bide, toujours accompagné de quelques bières bien évidemment.




19h30, le concert débute. pas grand monde sur les deux premiers morceaux mais ça se remplit pas mal à partir du suivant, le public accueille très bien notre zik’ et au fur et à mesure on sent que la sauce prend, jusqu’à avoir de réels applauses à la fin de notre set ainsi qu’une personne qui crie en français dans la foule, et entendre parler en français en Hongrie c’est plutôt surprenant. On est très content du concert, ça a grave envoyé, et tout le groupe est bien en place et prend plaisir à jouer !! Nous faisons la connaissance d’Alex qui a vécu dans le sud de La France pendant plus d’une dizaine d’années. Génial de rencontrer un frenchy metalleux en Hongrie. Petit after dans les loges, et des photos commencent à s’enchaîner dont celle de quasi tout le crew de la tournée.




9ème jour
Et nous voilà partis pour 8h de route direction la Roumanie et sa belle ville de Timisoara. Arrivée sur place au Daos Club, même rituel pour le matos, et on découvre un super endroit, d’un côté une salle de concert de 300-400 personnes, et de l’autre un pub énorme avec des grandes tables en bois, de quoi installer quelques dizaines de vikings metalleux avec leurs bières bien évidemment sur ces longues tables.




Nous sommes très bien accueillis par l’orga, le catering est juste nickel, une petite ballade dans la ville pendant que Vacek et Kuba installent le matos. L’ingé son de la salle s’occupe de notre balance et vu le temps qu’il prend (juste 25 min rien que pour la batterie), on se dit soit il ne gère pas trop, soit il veut que ça sonne d’enfer, et c’est la deuxième solution qui sera retenue car le son sur scène et en façade est juste énorme !!




Le concert commence à 20h pour nous et la salle est remplie de plus de la moitié, les gens ont l’air méchamment motivés !! Au bout de 2 morceaux la sauce prend totalement et on voit les gens bouger à mort, prendre des photos et aussi scander des "Hey hey hey hey" sur les parties plus lourdes. Mais dans quel pays on est ?? On a l’impression qu’ils nous connaissent déjà et plus le show avance, plus les gens sont à fond, ce qui nous motive encore plus à envoyer !!

Le show se termine, quelle putain de date !! On sort de scène et là c’est photos avec le public (et quelques demoiselles plutôt sympa) pendant au moins un bonne dizaine de minutes !!
2h, on remballe le matos assez vite car nous avons 10h de route pour rejoindre Bucarest, la Capitale.
On tarde jusqu’au dernier moment pour rentrer dans le bus et nous sommes les derniers à y monter (on se fait même rapatrier par les deux chauffeurs) et quand on monte tout le monde est là, dans les salons du bas, avec du gros death Old school en fond sonore, les mecs de VADER, MELECHESH et STERBHAUS en train de faire une bringue qui restera marquée dans nos estomacs. On se joint à eux et là on voit les mecs de VADER en train de se faire des pliages de cheveux pour ressembler à Marie Antoinette, bref ça picole la bière récupérée au Catering des dates précédentes (d’ailleurs on a quasi tout sifflé en une soirée ce qu’on avait récupéré sur les 8 dates d’avant !!). On se dit alors que cette tournée est juste énorme !!!


(Fin de la première partie. A suivre...)