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lundi 16 décembre 2013

TOP ALBUMS 2013


La terrible heure du bilan de fin d'année... Si je n'ai pas de doutes sur mon trio de tête, les albums suivants ont tourné régulièrement dans mes lecteurs et continuent à se battre entre-eux ! Qu'importe donc finalement ce classement, ils m'ont tous conquis !

1 - LEPROUS "Coal"

2 - GHOST "Infestissumam"

3 - ALTER BRIDGE "Fortress"

4 - 7 WEEKS "Carnivora"

5 - HACRIDE "Back to where you're never been"

6 - 6:33 & ARNO STROBL "The stench from the swelling"

7 - DEATH ANGEL "The dream calls for blood"

8 - IHSAHN "Das Seelenbrechen"

9 - ORPHANED LAND "All is one"

10 - RIVERSIDE "Shrine of the generation slave"

11 - DREAM THEATER "Dream Theater"

12 - VOIVOD "Target Earth"

13 - PROJET YVAN GUILLEVIC "We live, we die"

14 - ERDH "Resilient"

15 - THE OCEAN "Pelagial"

16 - GWAR "Battle Maximus"
*
17 - HORD "The book of Eliot"

18 - BREAKDUST "Baleful World"

19 - SVART CROWN "Famine"

20 - PAT O'MAY "Celtic wings"

lundi 9 septembre 2013

ORPHANED LAND : Chen Balbus [interview]




ORPHANED LAND achevait la première partie de sa tournée 2013 au MOTOCULTOR FESTIVAL (56), avant de reprendre la route fin septembre, en compagnie de nos compatriotes KLONE, mais aussi des Palestiniens KHALAS. Nous avons eu le plaisir de rencontrer le groupe juste après son concert du samedi soir, et de nous entretenir longuement avec son petit nouveau, le guitariste Chen Balbus, qui fêtera son 21ème anniversaire en novembre. L'occasion de faire le point sur l'orientation mainstream prise par le groupe sur son dernier album, "All Is One", mais aussi bien évidemment d'évoquer la situation politique au moyen orient, et le message de paix qui sous-tend toute l'oeuvre du groupe. 

Bonsoir Chen. Tu as rejoint ORPHANED LAND en 2011. Etais-tu déjà là lors du précédent passage du groupe au Motocultor cette même année ?
Non, j’ai regardé le concert sur Youtube !

Votre nouvel album est assez différent des précédents, peut-être plus grand public, plus symphonique. Qu’est-ce qui a motivé cette évolution ?
C’est assez simple. Nous pensons qu’aucun album d’ORPHANED LAND ne doit sonner comme le précédent. Il est presque impossible de comparer « Mabool » à « OrwarriOR » (« The Never Ending Way Of ORwarriOR », 2010 – ndr), par exemple, même si les deux albums sont complexes. Nous avons exploré cette complexité, puis nous avons décidé de revenir à des choses plus simples et de nous concentrer sur notre message : « All Is One ».

Cette évolution favorise-t-elle la diffusion de votre message vers un public plus large ?
Précisément. La structure de nos morceaux est plus simple et nos paroles sont moins ésotériques, beaucoup plus directes, in your face : « All Is One ». C’est ce que nous voulons dire.

Le growl a presque totalement disparu, sur cet album. Pourtant, aujourd’hui, vous avez débuté votre concert par des morceaux plus anciens, sur lesquels Kobi (Kobi Farhi, chanteur d'ORPHANED LAND - ndr) adopte ce style de chant. Est-ce que vous adaptez les set-lists de vos concerts en fonction de votre public ?
Nous avions initialement décidé que « All Is One » ne contiendrait aucun growl. Pourtant, lorsque nous nous sommes retrouvés en studio, nous avons réalisé que le morceau « Fail » portait une grande colère : il n’y a qu’à écouter ses paroles. De notre point de vue, le growl s’imposait, d’autant que nous ne sommes pas devenus allergiques au growl, ne t’inquiète pas ! Pourtant, ce style de chant ne colle pas à l’ensemble des morceaux de l’album. Et pour répondre à la seconde partie de ta question, en tout état de cause, nous souhaitons continuer de composer nos set-lists avec l’ensemble des albums d’ORPHANED LAND. Jouer un album du début à la fin ne présenterait aucun intérêt à nos yeux.



Comment « All Is One » a-t-il été reçu par les fans ?
Les réactions ont été mitigées. Une partie des fans estime que c’est le chef d’œuvre d’ORPHANED LAND. Une autre a pensé : « Mais qu’est-ce qui vous arrive ? Vous tombez dans le mainstream, tout ça pour passer à la radio ! ». A ces derniers nous répondons : « Non, c’est toujours ORPHANED LAND, nous n’avons pas abandonné notre marque de fabrique. » Seulement, nous avons voulu explorer un chemin différent, cette fois. Rien ne nous poussera jamais à faire quelque chose que nous ne voulons pas faire : nous poursuivons nos envies et « All Is One » est l’album que nous souhaitons partager, cette fois.

Ce que tu appelles votre marque de fabrique, c’est ce groove proche-oriental qui vous distingue de tous les groupes de Metal ?
En effet. Il existe beaucoup de styles de Metal différents. Pourtant, si tu prends le suédois ou le finnois ils sonnent un peu scandinaves ! Pour notre part, nous sommes Israéliens : c’est notre réalité, notre héritage. Il semblait naturel de le prendre en compte dans notre musique et c’est ainsi que le « Metal oriental » est né.

Vous présentez ORPHANED LAND comme une arme pour la paix…
C’est vrai…

Cette marche vers la paix est très lente. Comment conservez-vous la foi ?
Pendant notre concert, aujourd’hui même, j’ai encore vu flotter des drapeaux de plusieurs pays arabes, un drapeau turc… et j’ai dû en louper pas mal parce que je ne porte pas mes lunettes, sur scène ! Or partout où nous allons, les gens dansent et font la fête avec nous – et donc, par extension, avec Israël. Certes, notre pays fait face à des risques, il est isolé, mais cette situation nous motive et donne un sens à ce que nous faisons. L’un de nos fans a lancé une pétition pour qu’ORPHANED LAND soit nominé pour le Prix Nobel de la Paix ! Cela nous encourage : nous devons continuer.

Constates-tu des progrès, à cet égard ?
Oui, même s’ils sont lents. Si tu plantes une graine, il faut la laisser éclore et grandir.

J’ai lu que la Turquie était le seul pays musulman dans lequel ORPHANED LAND pouvait se produire.
C’est vrai. La Turquie a toujours été une seconde patrie pour ORPHANED LAND. En revanche, avec un passeport israélien, tu ne peux rentrer dans aucun pays arabe : nous y sommes systématiquement considérés comme des ennemis d’état ! C’est malheureux, mais comme nous savons que le groupe a de nombreux fans dans tous ces pays, nous espérons avoir l’occasion de nous y produire, un jour. J’ajoute que dans ces pays, il est souvent interdit d’écouter du métal… Nous rêvons donc de pouvoir un jour y apporter un peu de bonheur aux fans qui écoutent ce genre de musique.
Plus largement, sur la tournée de « All Is One », c’est un groupe de musiciens arabes qui nous accompagnera (KHALAS – ndr). Des Israéliens et des Arabes qui partagent le même tour bus, et la même scène… comme des frères ! Car c’est ce que nous sommes : après tout, nous sommes tous des êtres humains, peu importe notre religion ! Juifs, Musulmans : nous sommes des êtres humains.




Kobi a dit sur scène, tout à l’heure, que le Metal était une religion. Qu’en penses-tu ?
Pour moi, le Metal est certes une forme de religion, mais c’est la musique, en général, la chose la plus puissante dont il m’ait été donné de faire l’expérience, dans la vie ! La musique m’a façonné en tant qu’être humain, elle conditionne la manière dont j’aborde la vie, toutes mes perspectives. De mon point de vue, c’est l’élément le plus puissant dont nous disposions pour faire un monde meilleur.

J’ai cru comprendre que votre label vous mettait la pression pour sortir vos albums plus vite. A-t-il un plan particulier, pour vous, à l’échelle internationale.
C’est vrai qu’ils nous mettent la pression. Un label musical est lui-même soumis à la pression du marché : en permanence, il doit proposer des produits nouveaux aux fans pour alimenter son business. Par le passé, avant que je ne rejoigne le groupe, ORPHANED LAND a pu mettre jusqu’à sept ans pour produire un album. Mais il y avait des explications à cela : Yossi est devenu papa, par exemple, et le line-up du groupe a changé plusieurs fois. Depuis que j’ai rejoint ORPHANED LAND, je crois que nous avons trouvé une efficacité nouvelle et, avec Kobi et Uri, nous avons pu composer « All Is One » assez vite.

Tu n’as pas encore 21 ans… il y a sept ans…
J’étais dans le public ! Les autres membres du groupe sont mes grands frères, dans un sens. Ils me connaissaient avant même ma naissance ! Quand Kobi a fondé RESURECTION (le premier nom d’ORPHANED LAND – ndr) je n’étais même pas né ! C’est marrant…

ORPHANED LAND est donc dans tes gènes…
Absolument. ORPHANED LAND a toujours fait partie de ce que je suis.

C’est un rêve qui devient réalité, d’avoir rejoint le groupe ?
Comme Kobi dit toujours, c’est l’histoire bien connue du fan qui rejoint son groupe fétiche.

En tant que fan, y-a-t-il une période que tu préfères, dans l’œuvre d’ORPHANED LAND ? Y-a-t-il des titres que tu aimerais jouer, mais dont les autres membres du groupe ne veulent plus entendre parler ?
Pas vraiment. Ils m’ont donné tout ce que j’attendais ! Ma philosophie de vie me conduit toujours vers l’avant, vers mon rêve. C’est ce qui explique que j’aie pu prendre un rôle si important dans la composition de « All Is One » et c’est aussi ce qui a permis à l’album de sortir si rapidement.

Quels sont vos projets, avant la tournée avec KHALAS ?
Nous n’avons prévu qu’un concert pour la radio, en Israël : nous souhaitons nous concentrer sur la préparation de la tournée « All Is One ». Comme Yossi ne participera pas à cette tournée, je devrai en particulier préparer le nouveau guitariste !

Avez-vous prévu de jouer en Cisjordanie ? Serait-il possible de voir un jour ORPHANED LAND et KHALAS partager une scène à Ramallah ou à Jérusalem-est ?
Nous souhaiterions jouer partout où c’est possible, sur la planète. Après, je ne m’occupe pas de la programmation des concerts : c’est l’affaire de Kobi. J’espère que nous pourrons jouer un jour en Cisjordanie, mais cela dépend encore largement de nos hommes politiques. Peut-être un jour ! Nous y travaillons. Lentement, le message de « All Is One » se diffusera…

Mis à part les pays musulmans, existe-t-il d’autres pays où ORPHANED LAND a connu des problèmes, pour jouer ?
Je ne crois pas... Maintenant, nous aimerions beaucoup nous produire en Asie (ailleurs qu’en Inde) et nous ne savons pas comment nous seront reçus, là-bas. Nous aimerions aussi tourner en Scandinavie, mais ORPHANED LAND n’est pas encore très connu, là-bas – bien que nous ayons enregistré « All Is One » en Suède. Dans l’absolu, nous voulons jouer partout !




Traduction et retranscription :  Naiko J. Franklin
Photographies : Naiko J. Franklin et Nikolas Ernult

Grand merci aux organisateurs du MOTOCULTOR FESTIVAL, et notamment Abir