Affichage des articles dont le libellé est Motocultor 2013. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Motocultor 2013. Afficher tous les articles

dimanche 13 octobre 2013

HACRIDE [interview]




HACRIDE entame en ce moment même une longue tournée en tête d'affiche à travers l'Europe. Nous avons rencontré le groupe au grand complet après leur prestation au Motocultor Festival il y a quelques semaines, l'occasion de faire le point sur l'intégration de leur nouveau batteur, Florent "Klone" Marcadet, et leur nouveau chanteur, Luiss Roux, ainsi que d'évoquer leur nouveau label norvégien, Indie Recordings, et leur nouvel album, "Back to where you've never been". 2013, une année bien chargée pour HACRIDE !




Depuis que nous nous sommes vus en novembre 2012, sur la tournée des 10 ans de la Klonosphère. l'actualité d'HACRIDE a été riche, avec toutefois des changements importants (chanteur, label), un nouvel album, une tournée en Asie,... Alors ce premier semestre 2013, c'est le changement dans la continuité, ou autrement dit « back to where you've never been » ?
Adrien (Grousset, guitares) : (rires) Oui c'est vrai que c'est très bien dit.. Quand tu nous avais vus à l'Ubu à Rennes, on était avec Sam à l'époque, et c'était sa tournée d'adieu, on est parti trois semaines et il allait nous quitter puisque c'était son choix... et effectivement « Back to where.... », c'est un peu le résumé de toutes nos péripéties depuis six mois entre le changement de line-up, le changement de label, le changement de manière de travailler aussi, puisque du coup l'arrivée de Flo et de Luiss nous a permis d'aborder une autre manière de travailler la musique,... donc oui, c'est bien résumé !

Tous ces événements se sont enchaînés malgré vous ou vous les aviez planifiés ?
Oui... et non ! (rires) L'album était déjà en boîte, et puis Luiss était en train de travailler les voix pendant qu'on tournait. Donc ça a été très rapide. Après la tournée, Flo est parti avec KLONE tourner avec GOJIRA, tandis que nous sommes retournés sur Poitiers travailler avec Luiss énormément, énormément, énormément, et dès que Flo est revenu, on a enregistré les voix et ça nous a permis de mettre en boite tout ça, mais ouais, ça a été très rapide, on n'a pas eu le temps de chômer.



Luiss (Roux, chant) : Pour ma part, j'ai été contacté en septembre 2012 à peu près, et au mois de décembre j'enregistrais après avoir écrit tous les textes. L'album a mis du temps à aboutir quand on regarde ça dans sa globalité, par contre pour ma part ca speedait.

On sait qu'il existe une version de l'album enregistrée avec Sam au chant, mais tu dis que tu as tout réécrit ?
Oui. J'ai fait le truc à ma façon. Il y a des choses que j'ai reprises, parce que c'était bien, il n'y avait rien à redire, mais le but ce n'était surtout pas de copier Sam. Il vaut mieux faire les choses à sa façon, et je me suis dit que de toute manière j'avais une liberté totale de la part du reste du groupe. Et j'avais envie de me faire plaisir aussi.



Comment votre nouvel album a-t-il été reçu jusqu'à présent ? Vous avez fait quelques dates à l'étranger en début d'année ?
Adrien : On a fait 50 % de dates à l'étranger et 50 % en France. L'album est très bien accueilli, et le nouveau line-up aussi. Même si certains sont un peu nostalgiques, tout le monde s'accorde à dire qu'il y a une espèce d'osmose entre nous qui fait que ça fonctionne bien, et qui laisse présager de bonnes choses pour l'avenir.

Le fait de partir immédiatement en tournée a contribué à souder le groupe ?
Benoist (Danneville, basse) : Oui, et le fait de partir tous ensemble en Inde peu après la sortie de l'album, ça a été une grosse expérience. Quand on cherchait un nouveau chanteur, on cherchait aussi quelqu'un avec qui on s'entende bien, c'est très important. On a toujours bossé en famille, et si quelqu'un intégrait la famille il fallait que ce soit « logique ». Avec Flo, ça l'a été, et avec Luiss on s'est très vite entendu. L'alchimie s'est faite immédiatement.



La logique pour créer ces liens, c'est aussi de constituer une setlist basée sur le dernier album principalement ?
Adrien : Oui parce que c'est quelque part une sorte de renaissance, donc on axe ce qu'on va jouer sur ce qu'on a créé tous ensemble, ou en tout cas qu'on s'est approprié tous ensemble, donc quand on a des sets d'1h, 1h15, c'est très axé sur le dernier album.



Avant même ces changements de line-up, il était déjà prévu que cet album serait plus concis, plus ramassé ?
Adrien : Oui, on le dit à chaque fois, mais c'est important pour nous de ne jamais reproduire ce qu'on a déjà fait avant. Nous sommes des passionnés, pas un gros groupe comme AC/DC, par exemple, qui s'ils font du reggae demain vont surprendre tout le monde. Nous, on a cette liberté là, de se dire... - euh... on ne va pas faire du reggae hein ! (rires) - ..., mais au moins de se dire qu'on peut expérimenter de nouvelles choses. Si on fait la même chose qu'avant, ça ne sert strictement à rien, on tourne en rond. Et pour le prochain album on fera la même chose, on essaiera au moins de nous surprendre nous mêmes.

Benoist : On est conscient que les gens ont parfois du mal à nous cataloguer, mais à chaque album son émotion. C'est un fan qui nous a dit ça un jour : quand il voulait quelque chose de plus brutal il écoutait « Amoeba », quand il voulait quelque chose de plus prog il écoutait « Lazarus »... J'ai trouvé ça vraiment pertinent, et je n'y avais jamais pensé. C'est bien d'avoir plusieurs cartes avec chaque album, et pas une sorte de progression globale, en redites.



Le fait que certains membres d'HACRIDE participent à d'autres projets nourrit-il également la musique du groupe ? Je pense à Florent avec KLONE ou STEP IN FLUID, par exemple, ou Adrien avec MELTED SPACE ... Est-ce que ce sont des choses qui sont susceptibles de construire la musique d'HACRIDE, ou tout reste-t-il cloisonné ? Y a-t'il une définition du son HACRIDE ?
Florent (Marcadet, batterie) : Il y a eu une redéfinition en tout cas. C'est difficile … on ne sait plus trop ce que signifie « progressive » déjà ! Est-ce aller plus dans le heavy, ce dont pour ma part je ne suis pas fan ? Moi ça va être plus justement cette scène KARNIVOOL, même le djent, TESSERACT, tous ces trucs là qu'on appelle « progressifs » mais, pffff.... c'est difficile. Alors après, hors HACRIDE, ou KLONE pour moi, on a tous plus ou moins des side-projects qui nous nourrissent à fond. Il a quand même fallu en ce qui me concerne que je me greffe au modèle HACRIDE, avec une batterie plus technique, plus moderne, etc, etc,... mais je pense aussi que j'ai teinté HACRIDE de mon côté rock lourd, enfin dans le groove de batterie en tout cas, KLONE c'est très rock lourd à la DEFTONES un peu, plus hardcore et moins technique, et là j'ai dû progresser techniquement pour m'intégrer au truc, mais j'apporte cette touche peut-être un peu plus efficace, plus catchy,...

Benoist : Chacun apporte son background, ses influences, ce qu'il écoutait étant jeune.... ca nous influence forcément, chacun a sa vision, et sans s'en rendre compte ça influence les structures, ça nous construit,... le chant de Luiss aussi, ses idées,... mais encore une fois, ça a été très simple, ça s'est fait naturellement.

Florent : Mais ce n'est qu'un début. Tout a été naturel, mais on sait qu'on a une marge de progression. On va avoir plus le temps de mettre les idées en commun pour le prochain album.



La composition du prochain album sera accélérée par le fait de disposer de plus de temps, ou de compter deux nouveaux membres ?
Adrien : Si tu veux c'est les deux.... la manière de composer reste toujours la même. J'apporte toujours une espèce de socle, 80 % de la musique, mais c'est vrai que là pour le coup, il fallait qu'on se connaisse avec Flo, qu'on travaille tous les deux, après ça a été le cas avec Luiss, donc ça a été très long, et en même temps très rapide. Et là on espère que ce sera très rapide, mais très long. Dans l'autre sens ! (rire général) Rapide pour sortir l'album, mais long dans la préparation.

Benoist : Beaucoup d'idées à mettre en commun, mais on a cette chance de pouvoir le faire tous ensemble, avec Frank (Hueso, le producteur - ndr) aussi, qui est toujours là et qui recentre un peu le tout, qui donne son avis, qui nous permet de tout tester...

Florent : avec toujours cette volonté de rendre le tout plus efficace. C'est peut-être ce qui ressort du dernier album, qui est moins prog, moins ambiances,...

Luiss : moins alambiqué.

Florent : …c'est certainement ce dont on avait besoin,...

Luiss : C'est plus dur de faire les choses de façon simple que compliquée ! On peut aussi être efficace tout en restant prog. On peut avoir des riffs un peu techniques, tout en allant vers des structures de morceaux un peu plus classiques.



C'est l'impression encore donnée sur scène tout à l'heure, celle d'un groupe technique qui ne cherche pas à le montrer.
Adrien : Mais ça ça a toujours été HACRIDE.

Florent : J'espère que c'est cela qui ressort.

Benoist : La technique est juste un outil.

Adrien : On a toujours été, dans HACRIDE, des musiciens plutôt techniques, on pratique l'instrument depuis très très longtemps, Flo et moi on enseigne l'instrument, donc techniquement parlant, sans se jeter des fleurs, on est à l'aise. Mais par contre, balancer de la technique pour la technique, c'est quelque chose qui m'a toujours rebuté, parce que ce n'est pas une manière de communiquer la musique. C'est une manière de communiquer un outil, mais pas une émotion. Et justement comme disait Ben, la technique c'est fait pour communiquer une émotion, essayer de mettre un vocabulaire sur quelque chose.

Benoist : C'est de la musique avant tout.

Florent : Faut parfois redescendre un peu sur terre et se dire « je sers quoi ? Mon ego ou la chanson ? »

Luiss : C'est vrai que certains groupes, que j'écoute et que j'apprécie, ont parfois tendance à sa cacher derrière une multitude de notes, par manque aussi de créativité et de profondeur, par manque de fond...

Benoist : Mais il y en a qui le font très bien !

Luiss : J'aime bien ces deux aspects du metal..

Adrien : et qui le feront mieux que nous d'ailleurs (rires).

Luiss : mais nous on a choisi en tout cas de recentrer notre travail là-dessus.

Le fait de signer sur un nouveau label, étranger, vous a-t'il ouvert de nouvelles portes ?
Benoist : Des portes au niveau de l'image, sur la recherche d'agents, c'est évident qu'ils ont un roadster assez imposant, le fait qu'on soit le seul groupe français à être la-dessus en « metal moderne », oui, sûrement,.. mais on n'a pas encore assez de recul.



Il n'y a pas à l'étranger d'effet GOJIRA bis ?
Adrien : Je ne sais pas, mais en tout cas on nous prend beaucoup plus au sérieux. Au tout début, avec HACRIDE, quand on commençait à tourner à l'étranger, GOJIRA n'avait pas cette ampleur là, et à chaque fois qu'on disait qu'on était français, les mecs rigolaient. On se demandait pourquoi, et on s'est vite rendu compte que les français avaient une réputation mais, affreuse... Je pense que GOJIRA ensuite a apporté une sorte de crédibilité, et prouvé qu'on pouvait être français et faire du rock'n'roll. Mais je ne pense pas qu'aujourd'hui les étrangers se disent « c'est français donc c'est bien », uniquement parce qu'il y a GOJIRA. En fait on s'en fout de la nationalité des groupes.

Benoist : Je pense que depuis 10 ans les groupes ont beaucoup travaillé en se disant que c'était possible. Même dans d'autres styles, comme GOROD, ou d'autres...

Adrien : Oui, parce qu'il y a un exemple d’ascension qui permet d'y croire. Mais bon, faire comme GOJIRA, ça me paraît impossible !

Luiss : C'est un groupe tellement unique.

Benoist : Oui, il a dû être choisi (rires). Non, ils ont beaucoup travaillé pour, se sont investis, etc... Nous, nous n'avons pas passé ce cap.

Luiss, comment définirais-tu ces six premiers mois au micro d'HACRIDE ? C'est un véritable tourbillon ?
Luiss : Non, peut-être pas ! (rires) Disons que j'étais arrivé à un stade dans ma vie où j'étais plus ou moins en train d’arrêter la musique de manière semi-professionnelle,.. j'étais dans un schéma de pensée où je me disais que c'était un peu fini pour moi, ou alors en passe-temps en weekend avec les copains, mais pas partir en tournée ni m'investir plus que ça. Et c'est justement au moment où je me suis enfin résigné à contrecœur que ça m'a fait un petit peu « tourbilloner » la tête sur le coup, de recevoir cette proposition. Je me suis dit « mince, j'ai quand même envie de vivre l'aventure une fois dans ma vie». Et après avoir rencontré les gars, écouté l'album, j'ai tout de suite senti que j'avais quelque chose à dire, quelque chose à apporter au niveau des textes, et ces textes sont venus assez vite, globalement tout s'est fait assez naturellement. Il y a peut-être eu un peu d'euphorie ou d'effervescence « tourbillonnante » en studio, parce qu'il y avait beaucoup de créativité... je voyais les gars en studio, je proposais des choses, il y avait vraiment une belle alchimie que je n'avais jamais vraiment connue avec un autre groupe auparavant,... Se mettre à tester des choses en studio, avoir cette envie, à se dire même qu'il fallait se freiner, à y aller idée après idée parce que ça fusait tellement ! Et c'est pour ça que je pense qu'on enchaînera vite sur un autre album, parce que ce fluide créatif qu'on a entre nous en ce moment c'est vraiment quelque chose de précieux. Il faut l'exploiter au maximum.



Vous repartez sur la route en octobre ?
Adrien : Oui, on enchaîne avec une tournée anglaise en tête d'affiche en octobre, quelques festivals aussi, l'Euroblast, le Progpower, une tournée avec THE OCEAN et SHINING, et après on a une petite friandise, mais officieuse, toujours à l'étranger, plus tard...

Florent tu vas pouvoir concilier ton emploi du temps avec KLONE ?
Florent : Pour la première fois, les tournées d'HACRIDE et de KLONE vont se chevaucher, donc il va falloir que je me fasse remplacer chez KLONE qui tournera avec ORPHANED LAND, puisque je m'étais déjà engagé avec HACRIDE. C'est Morgan Berthet, le batteur de MARS CHRONICLES, qui font la première partie de cette tournée avec ORPHANED LAND, qui va donc enchaîner deux sets tous les soirs. C'est vraiment ponctuel mais je ne peux pas me dédoubler, donc on fait avec les moyens du bord. Mais Morgan est un gros batteur qui fait un travail de fou !

Benoist : sur la dernière tournée on tournait avec KLONE et là c'est Flo qui faisait les deux sets !

Florent : KLONE et HACRIDE sont deux groupes qui tournent, avec des tournées de deux mois, mais on trouve toujours des solutions.

Benoist : Et puis on se connaît bien.

On vous souhaite une bonne tournée, on viendra vous voir ! Merci à vous !
Adrien : Merci à toi !



Merci à Naiko J. Franklin et Stephan Birlouez (photos) !


lundi 9 septembre 2013

ORPHANED LAND : Chen Balbus [interview]




ORPHANED LAND achevait la première partie de sa tournée 2013 au MOTOCULTOR FESTIVAL (56), avant de reprendre la route fin septembre, en compagnie de nos compatriotes KLONE, mais aussi des Palestiniens KHALAS. Nous avons eu le plaisir de rencontrer le groupe juste après son concert du samedi soir, et de nous entretenir longuement avec son petit nouveau, le guitariste Chen Balbus, qui fêtera son 21ème anniversaire en novembre. L'occasion de faire le point sur l'orientation mainstream prise par le groupe sur son dernier album, "All Is One", mais aussi bien évidemment d'évoquer la situation politique au moyen orient, et le message de paix qui sous-tend toute l'oeuvre du groupe. 

Bonsoir Chen. Tu as rejoint ORPHANED LAND en 2011. Etais-tu déjà là lors du précédent passage du groupe au Motocultor cette même année ?
Non, j’ai regardé le concert sur Youtube !

Votre nouvel album est assez différent des précédents, peut-être plus grand public, plus symphonique. Qu’est-ce qui a motivé cette évolution ?
C’est assez simple. Nous pensons qu’aucun album d’ORPHANED LAND ne doit sonner comme le précédent. Il est presque impossible de comparer « Mabool » à « OrwarriOR » (« The Never Ending Way Of ORwarriOR », 2010 – ndr), par exemple, même si les deux albums sont complexes. Nous avons exploré cette complexité, puis nous avons décidé de revenir à des choses plus simples et de nous concentrer sur notre message : « All Is One ».

Cette évolution favorise-t-elle la diffusion de votre message vers un public plus large ?
Précisément. La structure de nos morceaux est plus simple et nos paroles sont moins ésotériques, beaucoup plus directes, in your face : « All Is One ». C’est ce que nous voulons dire.

Le growl a presque totalement disparu, sur cet album. Pourtant, aujourd’hui, vous avez débuté votre concert par des morceaux plus anciens, sur lesquels Kobi (Kobi Farhi, chanteur d'ORPHANED LAND - ndr) adopte ce style de chant. Est-ce que vous adaptez les set-lists de vos concerts en fonction de votre public ?
Nous avions initialement décidé que « All Is One » ne contiendrait aucun growl. Pourtant, lorsque nous nous sommes retrouvés en studio, nous avons réalisé que le morceau « Fail » portait une grande colère : il n’y a qu’à écouter ses paroles. De notre point de vue, le growl s’imposait, d’autant que nous ne sommes pas devenus allergiques au growl, ne t’inquiète pas ! Pourtant, ce style de chant ne colle pas à l’ensemble des morceaux de l’album. Et pour répondre à la seconde partie de ta question, en tout état de cause, nous souhaitons continuer de composer nos set-lists avec l’ensemble des albums d’ORPHANED LAND. Jouer un album du début à la fin ne présenterait aucun intérêt à nos yeux.



Comment « All Is One » a-t-il été reçu par les fans ?
Les réactions ont été mitigées. Une partie des fans estime que c’est le chef d’œuvre d’ORPHANED LAND. Une autre a pensé : « Mais qu’est-ce qui vous arrive ? Vous tombez dans le mainstream, tout ça pour passer à la radio ! ». A ces derniers nous répondons : « Non, c’est toujours ORPHANED LAND, nous n’avons pas abandonné notre marque de fabrique. » Seulement, nous avons voulu explorer un chemin différent, cette fois. Rien ne nous poussera jamais à faire quelque chose que nous ne voulons pas faire : nous poursuivons nos envies et « All Is One » est l’album que nous souhaitons partager, cette fois.

Ce que tu appelles votre marque de fabrique, c’est ce groove proche-oriental qui vous distingue de tous les groupes de Metal ?
En effet. Il existe beaucoup de styles de Metal différents. Pourtant, si tu prends le suédois ou le finnois ils sonnent un peu scandinaves ! Pour notre part, nous sommes Israéliens : c’est notre réalité, notre héritage. Il semblait naturel de le prendre en compte dans notre musique et c’est ainsi que le « Metal oriental » est né.

Vous présentez ORPHANED LAND comme une arme pour la paix…
C’est vrai…

Cette marche vers la paix est très lente. Comment conservez-vous la foi ?
Pendant notre concert, aujourd’hui même, j’ai encore vu flotter des drapeaux de plusieurs pays arabes, un drapeau turc… et j’ai dû en louper pas mal parce que je ne porte pas mes lunettes, sur scène ! Or partout où nous allons, les gens dansent et font la fête avec nous – et donc, par extension, avec Israël. Certes, notre pays fait face à des risques, il est isolé, mais cette situation nous motive et donne un sens à ce que nous faisons. L’un de nos fans a lancé une pétition pour qu’ORPHANED LAND soit nominé pour le Prix Nobel de la Paix ! Cela nous encourage : nous devons continuer.

Constates-tu des progrès, à cet égard ?
Oui, même s’ils sont lents. Si tu plantes une graine, il faut la laisser éclore et grandir.

J’ai lu que la Turquie était le seul pays musulman dans lequel ORPHANED LAND pouvait se produire.
C’est vrai. La Turquie a toujours été une seconde patrie pour ORPHANED LAND. En revanche, avec un passeport israélien, tu ne peux rentrer dans aucun pays arabe : nous y sommes systématiquement considérés comme des ennemis d’état ! C’est malheureux, mais comme nous savons que le groupe a de nombreux fans dans tous ces pays, nous espérons avoir l’occasion de nous y produire, un jour. J’ajoute que dans ces pays, il est souvent interdit d’écouter du métal… Nous rêvons donc de pouvoir un jour y apporter un peu de bonheur aux fans qui écoutent ce genre de musique.
Plus largement, sur la tournée de « All Is One », c’est un groupe de musiciens arabes qui nous accompagnera (KHALAS – ndr). Des Israéliens et des Arabes qui partagent le même tour bus, et la même scène… comme des frères ! Car c’est ce que nous sommes : après tout, nous sommes tous des êtres humains, peu importe notre religion ! Juifs, Musulmans : nous sommes des êtres humains.




Kobi a dit sur scène, tout à l’heure, que le Metal était une religion. Qu’en penses-tu ?
Pour moi, le Metal est certes une forme de religion, mais c’est la musique, en général, la chose la plus puissante dont il m’ait été donné de faire l’expérience, dans la vie ! La musique m’a façonné en tant qu’être humain, elle conditionne la manière dont j’aborde la vie, toutes mes perspectives. De mon point de vue, c’est l’élément le plus puissant dont nous disposions pour faire un monde meilleur.

J’ai cru comprendre que votre label vous mettait la pression pour sortir vos albums plus vite. A-t-il un plan particulier, pour vous, à l’échelle internationale.
C’est vrai qu’ils nous mettent la pression. Un label musical est lui-même soumis à la pression du marché : en permanence, il doit proposer des produits nouveaux aux fans pour alimenter son business. Par le passé, avant que je ne rejoigne le groupe, ORPHANED LAND a pu mettre jusqu’à sept ans pour produire un album. Mais il y avait des explications à cela : Yossi est devenu papa, par exemple, et le line-up du groupe a changé plusieurs fois. Depuis que j’ai rejoint ORPHANED LAND, je crois que nous avons trouvé une efficacité nouvelle et, avec Kobi et Uri, nous avons pu composer « All Is One » assez vite.

Tu n’as pas encore 21 ans… il y a sept ans…
J’étais dans le public ! Les autres membres du groupe sont mes grands frères, dans un sens. Ils me connaissaient avant même ma naissance ! Quand Kobi a fondé RESURECTION (le premier nom d’ORPHANED LAND – ndr) je n’étais même pas né ! C’est marrant…

ORPHANED LAND est donc dans tes gènes…
Absolument. ORPHANED LAND a toujours fait partie de ce que je suis.

C’est un rêve qui devient réalité, d’avoir rejoint le groupe ?
Comme Kobi dit toujours, c’est l’histoire bien connue du fan qui rejoint son groupe fétiche.

En tant que fan, y-a-t-il une période que tu préfères, dans l’œuvre d’ORPHANED LAND ? Y-a-t-il des titres que tu aimerais jouer, mais dont les autres membres du groupe ne veulent plus entendre parler ?
Pas vraiment. Ils m’ont donné tout ce que j’attendais ! Ma philosophie de vie me conduit toujours vers l’avant, vers mon rêve. C’est ce qui explique que j’aie pu prendre un rôle si important dans la composition de « All Is One » et c’est aussi ce qui a permis à l’album de sortir si rapidement.

Quels sont vos projets, avant la tournée avec KHALAS ?
Nous n’avons prévu qu’un concert pour la radio, en Israël : nous souhaitons nous concentrer sur la préparation de la tournée « All Is One ». Comme Yossi ne participera pas à cette tournée, je devrai en particulier préparer le nouveau guitariste !

Avez-vous prévu de jouer en Cisjordanie ? Serait-il possible de voir un jour ORPHANED LAND et KHALAS partager une scène à Ramallah ou à Jérusalem-est ?
Nous souhaiterions jouer partout où c’est possible, sur la planète. Après, je ne m’occupe pas de la programmation des concerts : c’est l’affaire de Kobi. J’espère que nous pourrons jouer un jour en Cisjordanie, mais cela dépend encore largement de nos hommes politiques. Peut-être un jour ! Nous y travaillons. Lentement, le message de « All Is One » se diffusera…

Mis à part les pays musulmans, existe-t-il d’autres pays où ORPHANED LAND a connu des problèmes, pour jouer ?
Je ne crois pas... Maintenant, nous aimerions beaucoup nous produire en Asie (ailleurs qu’en Inde) et nous ne savons pas comment nous seront reçus, là-bas. Nous aimerions aussi tourner en Scandinavie, mais ORPHANED LAND n’est pas encore très connu, là-bas – bien que nous ayons enregistré « All Is One » en Suède. Dans l’absolu, nous voulons jouer partout !




Traduction et retranscription :  Naiko J. Franklin
Photographies : Naiko J. Franklin et Nikolas Ernult

Grand merci aux organisateurs du MOTOCULTOR FESTIVAL, et notamment Abir


jeudi 22 août 2013

QUIZZ : êtes-vous faits pour le HELLFEST ou le MOTOCULTOR ?


L'ouest de la France a la chance de posséder deux festivals Metal de qualité... que tout oppose, ou pas ! Vous êtes déjà venus au Hellfest, vous connaissez le Motocultor, entre les deux votre petit cœur de métalleux balance ? Voici un petit quizz établi scientifiquement et dont le résultat devrait vous guider ! A vous de jouer !

HELLFEST 2013


- L'affiche d'un festival est un élément prépondérant. Vous préférez...

a : pouvoir établir votre propre emploi du temps du weekend ;
b : suivre un programme imposé ;
c : les deux ;

- Pour vous restaurer, vous aimez :

a : découvrir les nourritures du monde ;
b : les sandwiches et les crêpes saucisses ;
c : vous n'y allez pas pour manger ;

- Question ambiance, vous êtes plutôt...

a : ville médiévale envahie de zombies assoiffés de sang ;
b : d'humeur champêtre ;
c : peu importe, vos seuls trajets seront camping-site ;

- Pour vous chausser...

a : ça ne vous dérange pas d'être obligés de porter des chaussures de randonnées ;
b : vous n'envisagez rien d'autre que les tongs ;
c : de toute façon vous perdrez vos chaussures dans le premier circle pit...

- Vous recherchez impérativement :

a : des stars internationales qui viennent expirer leurs plus grand succès...
b : des groupes français inconnus qui par le biais de tremplins gagnés haut la main se produisent à 18 h ;
c : peu importe du moment qu'ils envoient sévère sans tricher ;

MOTOCULTOR 2013 


- Vous êtes plutôt...

a : fan des grands messes, des groupes qui électrisent 35000 personnes ;
b : fans des ambiances bon enfant, où les derniers spectateurs se tiennent à 30 m de la scène ;
c : des deux, que les scènes soient en plein air ou sous des tentes ;

- Vous aimez headbanger au milieu :

a : d'un public de connaisseurs de tous âges ;
b : d'une bande de jeunes ;
c : vous n'êtes pas regardant ;

- Vous pensez que trois jours de metal en France...

a : n'ont pas de prix ;
b : ne doivent pas dépasser 80 euros ;
c : quand on aime on ne compte pas, ne parlons pas d'argent entre nous ;  


RÉSULTAT :

Vous avez un maximum de a : vous êtes HELLFEST !
Vous avez un maximum de b : vous êtes MOTOCULTOR !
Vous avez un maximum de c : vous êtes LES DEUX !!!!

A suivre.... les live-reports du HELLFEST 2013 et MOTOCULTOR 2013 !