samedi 8 décembre 2012

BILAN 2012

Pas de longs discours, voici ce qui m'a musicalement fait vibrer cette année !

Mon top 15 albums :


1. Hypno5e

"Acid mist tomorrow"











2. Ihsahn

"Eremita"











3. The Gathering

"Disclosure"












4. Marillion

"Sounds that can't be made"












5. Klone 

"The dreamer's hideaway"











6. Deftones 

"Koi no yokan"











7. Anathema 

"Weather systems"











8. Trepalium 

"H.N.P."











9. Manimal 

"Multiplicity"











10. Soundgarden 

"King Animal"











11. Headcharger 

"Slow motion disease"











12. LizZard 

"Out of reach"











13. Melted space 

"From the past"











14. Meshuggah 

"Koloss"











15. Enslaved 

"Ritiir"











Mon top 5 concerts :

1. PAIN OF SALVATION, Paris, Divan du monde, 18.02.2012
2. STEVEN WILSON, Paris, Trianon, 04.05.2012
3. CORONER, Theix, Motocultor, 18.08.2012
4. P.Y.G., Ploemeur, Oceanis, 21.01.2012
5. MASTODON, Paris, Bataclan, 20.01.2012

samedi 1 décembre 2012

SONISPHERE et HELLFEST 2013, que du bonheur ? [humeur]


Ca y est, on y arrive..... les premiers noms ont été dévoilés pour le SONISPHERE et le HELLFEST.

Réjouissons-nous tout d'abord de la chance d'avoir dans notre pays deux événements de cette ampleur. Il y a quelques années, cela aurait été impensable, et passer un weekend "metal" impliquait alors de quitter le pays. Aujourd'hui, l'offre est devenue pléthorique, ne se limitant pas à ces deux "grosses" manifestations.

Sur les deux principaux festivals metal, le festivalier peut assister en France en deux weekends à près de 200 concerts. Il doit être heureux le festivalier ! Eh bien pas forcément...



C'est bien connu, le français aime donner son avis sur tout (et c'est une chance !), mais il aime surtout dénigrer, se plaindre, envoyer paître ceux qui pourtant écoutent la même musique que lui. Le metal, une grande famille ? On peut en douter au moment où les deux organisateurs commencent à communiquer.

Bien sûr, la révélation des premiers noms peut susciter de légitimes regrets, voire de la déception. C'est naturel et inévitable.

Mais, comme tous les événements récurrents qui font parler ceux qui n'ont rien à dire (les sélections pour l'équipe de France de Football, le beaujolais nouveau,...), ceux qui pensent mieux savoir que les autres, détenir la vérité, s’étripent sur les forums, les sites web, et dans les cours de récré.

Ils ne représentent qu'une infime minorité des dizaines de milliers de futurs festivaliers qui se rendront avec bonheur passer un weekend hors du temps, en communion avec leurs "tribus", mais ils s'expriment FORT !!!

Peu importent leurs critiques, leurs arguments sont inexistants ou irrecevables, et polluent nos espaces de discussions.



Oui, le SONISPHERE et le HELLFEST sont des festivals "grand public", mais aussi des entreprises commerciales devant assurer les moyens de leur pérennité. Ils doivent concevoir une affiche qui rassemble.

Non, on ne peut pas faire jouer 200 groupes inédits tous les ans.

Oui, c'est dommage que le groupe dont on est fan, qu'il soit mainstream ou underground, ne vienne pas cette année.

Non, tous les groupes ne tournent pas forcément en juin et en Europe.

Oui, certains groupes signent des exclusivités, ou demandent un cachet déraisonnable, et c'est dommage aussi.

Non, tous les groupes n'ont pas une actualité en 2013.

Non, la présence à l'affiche d'un groupe qu'on n'aime pas n'est pas une raison pour décrier tout un festival ou insulter les fans de ce groupe.

Oui, KISS et TWISTED SISTER étaient déjà au HELLFEST en 2010. Et alors ?

Oui, SLAYER et AIRBOURNE étaient déjà au SONISPHERE en 2011. Et alors ?

Oui, il faut attendre l'affiche finale avant de se prononcer sur son intérêt.

Non, KORN ne fait pas l'unanimité. Dommage, ils sont à la fois à l'affiche du SONISPHERE et du HELLFEST.

Non, se rendre dans un festival n'est pas une obligation, et rester regarder la prestation d'un groupe qu'on "déteste" non plus.

Oui, on peut aussi faire preuve d'ouverture d'esprit et profiter d'un festival pour découvrir des groupes ou revoir sa position sur certains autres.

Non, si vous avez peur de venir, ce n'est pas la peine de vous en prendre à l'affiche pour justifier votre absence.

Non, le festival n'est pas qu'un endroit où l'on écoute de la musique.

Oui, la tolérance est une qualité.


On attend donc le reste des programmations, et l'on se réjouit en se disant que le début d'été 2013 sera encore METAL ! N'en déplaise aux Mayas et aux grincheux !

Long live rock'n'roll !

vendredi 16 novembre 2012

QUEENSRYCHE(S), DEDICATED TO REBIRTH ? [humeur]




Ah qu’il paraît loin cet été au cours duquel je guettais fiévreusement dans le poste de radio Zégutifié la diffusion d’un premier extrait du nouvel album de Maiden (album "Somewhere in time"), et où j’entendis un titre d’un groupe qui m’était alors inconnu. Un véritable coup de foudre. Le morceau en question était, je ne l’appris que quelques jours plus tard, « Walk in the shadows », extrait du "Rage for Order" de QUEENSRYCHE.

C’était en 1986. L’année de "Under lock and key", "The ultimate sin", "Crimson Glory", "Turbo", "Russian roulette"… mais aussi de "Reign in blood" et… "Master of Puppets".

Il ne reste aujourd’hui plus grand-chose (plus rien en fait) du QUEENSRYCHE de cette époque.

Au cours des récents mois, ses membres se sont étripés. Geoff Tate (chant) s’est fait viré. Les cinq autres ont fait front et recruté un nouveau chanteur (Todd La Torre). La justice a décidé que tous pouvaient continuer à se produire et enregistrer sous le nom QUEENSRYCHE. Geoff Tate a sorti un album solo. Les autres ont donné des concerts en jouant des titres des cinq premiers albums fondateurs du son du groupe (et que la voix de Tate ne lui permet plus de chanter aujourd’hui). Geoff Tate a constitué un groupe de mercenaires aguerris (dont Rudy Sarzo à la basse, tout un symbole de modernité !)….

On peut donc « espérer » deux nouveaux albums de QUEENSRYCHE pour 2013.

Mais qu’en attendre ? Autant le dernier album en date du groupe (le bien nommé "Dedicated to chaos") que le récent album de Geoff Tate ("Kings & Thieves", le bien nommé également ?) n’incitent guère au headbanging ou à l’air-guitar.

Ils seraient même plutôt propices à la sieste.

Michael Wilton (guitares), porte-parole du « QUEENSRYCHE canal historique », vient de mettre en ligne une vidéo, teaser décousu, présentant quelques secondes d’un album en cours de réalisation.

Difficile d’en tirer un avis, même si l’on y perçoit une volonté de revenir à un son metal.

Affaire à suivre donc…. En attendant, n'hésitez pas à nous faire connaître votre sentiment.


lundi 12 novembre 2012

STAMINA - Gildas Vijay Rousseau [Interview]


Originaire de la pointe finistérienne, STAMINA sort cet automne un premier album coloré, dépareillant dans la production hexagonale par sa surprenante association metal electro orientale. L'occasion s'est présentée de rencontrer son leader, le claviériste Gildas Vijay Rousseau, afin d'en savoir plus sur le groupe. Entretien avec une personnalité atypique dans un monde de métalleux habituellement très cloisonné.

photo © Mr Flash, Le Vauban ,Brest


Gildas, peux-tu revenir brièvement sur les origines de STAMINA ?
STAMINA est né dans mon esprit en 2001, le 21 septembre, suite à mon éviction pour des raisons extra-musicales de mon premier groupe, qui a d'ailleurs splitté immédiatement après . Ce groupe de Heavy Thrash atmosphérique, BY SUFFERING, promettait pourtant pas mal, on avait été album du mois dans Hard Rock magazine, puis lauréat des challenges musicaux de Brest, plein de bonnes choses...  Pour ma part, je ne souhaitais pas en rester là, j'avais goûté à la scène, j'étais déterminé à remonter quelque chose. Ce fameux 21 septembre, je me dis "je monte mon propre groupe". Je prends du papier à musique - oui je travaille à l'ancienne, toujours maintenant... je suis resté pendant des semaines à chercher, et... rien ! En 2003, STAMINA fait sa toute première scène place de la Liberté avec un premier line-up, dans lequel on retrouve notre batteur actuel, Olivier. J'ai trouvé le nom du groupe à cette époque, STAMINA (qui signifie ENDURANCE en anglais) à la lecture d'un bouquin...Ca m'a sauté aux yeux, comme une évidence. On va dire que l'idée a germé en septembre 2001 mais que ça n'a pris forme qu'à partir de 2003, je ne compte plus depuis le nombre de fois où j'ai dû tout reprendre à zéro...

Toujours en jouant uniquement du matériel original, composé pour ce groupe ?
A chaque fois. Aucune reprise. Voilà. La genèse du projet, c'est ça.

Et donc il y a eu ce premier E.P., « Mess'Age ».
Exactement, le 21 décembre 2005, et qui cinq mois après sa sortie a été Prix SACEM de la Créativité. Et le lendemain de l'obtention de ce prix, je me retrouve à nouveau seul. Des problèmes inhérents à la gestion de l'Humain ... Donc ça s'est refait, et puis ça renaît de ses cendres... c'est un poncif des interviews, «tel groupe renaît de ses cendres », mais c'est vraiment le cas...

En fait, tu es la force motrice de STAMINA ?
Voilà, c'est mon projet, c'est mon bébé, je ne lâche pas l'affaire.

photo © Laced Unlaced,
Salon de la Musique,
Espace Keraudy, Plougonvelin


Le premier album qui sort aujourd'hui, "Via Crucis", c'est le résultat du travail réalisé depuis 2005 ?
Oui, depuis avant même. Il y a un titre qui aurait déjà dû être sur le premier EP, et il y en a un finalement qui devait également être sur ce premier EP et qui sera sur le prochain album.

Et avec ce premier album, c'est une nouvelle ère qui s'ouvre pour STAMINA puisqu'il y a encore un changement de line-up ?
Oui tout à fait, du groupe qui a enregistré l'album, enfin sauf avec le batteur... Notre batteur de l'époque nous a fait faux bond un mois avant l'enregistrement de l'album, donc un ami à moi, le chanteur Hervé Déroff, batteur Rock, nous a largement dépannés sur cet album, mais sinon, de l'équipe qui est sur l'album.... nous ne sommes plus que deux !.. Brieuc, guitariste et moi-même. Depuis, de nouveaux membres nous ont rejoints, ça s'est complètement remanié, ma chérie, Olivia, qui est au chant,…

Oui, STAMINA se reconstruit en famille ?
Ca se reconstruit en famille, et puis maintenant j'ai plus qu'un moteur auxiliaire, j'ai l'impression d'avoir quelqu'un qui veut être calife à la place du calife, et ça ne me plaît pas trop ! (rires) Mais c'est super, Olivia est dans le groupe et c'est génial, déjà au niveau du chant, je le dis honnêtement.


Et puis ça te permet d'avoir en face un esprit critique 24H/24, ce que tu n'avais pas forcément avant ?
Ah oui, c'est plus qu'appréciable quand les gens s'investissent ! Avant, je ne savais pas déléguer, ou quand je déléguais ce n'était pas fait.

Olivia : maintenant c'est l’effet inverse !

Gildas : C'est l'effet inverse ! Je me repose, et c'est tant mieux. Le boulot qu'une personne va faire pour sept, si sept personnes le font, l'équation est simple. Il y a des choses banales, mais maintenant, chacun apporte sa pierre. Olivier, notre bassiste, a son propre studio dans lequel nous répétons, c'est quelqu'un de très carré, on enregistre chez lui, c'est de la dentelle. Avec Olivia c'est pareil, grâce à elle le site a avancé de façon plus que significative, et si l'album est sorti c'est aussi parce que j'ai eu droit à une session de pied-au-cul-thérapie ! (rires). Enfin, voilà, il y a des personnes sur lesquelles on peut compter.

L'album aurait pu sortir plus tôt ? Il était prêt ?
Il était prêt depuis 2008. Mais pour cet album là notamment, on a été découvert par le producteur Suisse David Weber du Studio des Forces Motrices à Genève, qui est ingé-son à L'USINE, qui a fait LOFOFORA, les YOUNG GODS, TREPONEM PAL,... NO PLACE FOR SOUL ici, MICKEY 3D pour le grand public, enfin bref, pour lui c'était un coup de cœur, et c'est très gratifiant pour STAMINA.

Au niveau de la musique, depuis la création de STAMINA, tu n'as jamais dévié ? STAMINA c'est du Metal Electro Oriental depuis le départ ?
Oui voilà. C'est un néologisme hein, c'est l'association qui définit tout. Tu dis metal tu n'as rien dit, c'est comme en musique classique, tu dis musique classique tu n'as rien dit ! Ca s'étend sur quatre siècles, voire davantage. Donc le metal c'est pareil, il y a tous les courants. Je me suis dit qu'il y avait des éléments électro avec les claviers, il y a des grosses guitares, la batterie et puis il y a des mélodies orientalisantes soit au clavier soit au chant.


photo © Mr Flash, Le Vauban, Brest


Et l'on a toujours ce chant double, avec deux chanteuses. C'est aussi une des particularités du groupe.
Absolument. Je trouve génial le côté violent de la musique, contrebalancé par quelque chose de très aéré, très aérien, très éthéré, enfin... presque éthéré parce qu'il faut quand même que ça ait un peu plus de consistance et de coffre... mais c'est toujours pareil, ce côté ombre et lumière, la belle et la bête, la vie et la mort... Eros et Thanatos, enfin voilà ! C'est un peu ça. C'est ce qui est humain.

L'inspiration pour ce type de chant te vient de qui en particulier ?
J'adore Brassens, mais je ne sais pas si ça se ressent ! (rires) Mais justement, on écoute du Brassens, on retient facilement, on se dit c'est facile, mais en fait c'est difficile à chanter. Alors est-ce que c'est ça ? Est-ce que c'est la musique liturgique, le chant grégorien, DEAD CAN DANCE, la musique orientale, la world music, un peu de tout ça,... dès qu'il y a un truc qui sonne un petit peu comme une gamme mineure, un peu orientale,... à un moment il y a une danse égyptienne dans LES DIX COMMANDEMENTS de Cecil B De Mille - ça remonte !- il y a une sensualité dans ce morceau, c'est oriental, c'est lascif, et c'est ce que je voulais retrouver, ce côté à la fois angélique et beau.

STAMINA, c'est donc la recherche constante des contrastes, puisque l'on y trouve des textes graves chantés avec des voix détachées, la musique qui est une sorte de meilleur des trois mondes (metal électro et oriental),... Quand tu composes, tu recherches ces contrastes systématiquement ?
Je ne sais pas du tout... comme beaucoup de compositeurs on va dire, on ne sait même pas... on a une idée en tête, soit tu passes la nuit à composer un truc, soit en vingt minutes tu as un morceau qui arrive et tu ne sais ni comment ni pourquoi, tu n'es pas parti de ça du tout, et ça t'amène à autre chose. Ca s'impose à toi, et tu prends.

Tu interviens aussi au chant, sur les refrains, avec une voix rapée, des textes scandés, encore en contraste avec celui des chanteuses.
Oui, c'est parce qu'il ne vaut mieux pas que je chante ! (rires)

Ce serait la catastrophe ?
Il paraît ! Mais encore une fois c'est ce côté où ça avoine. En fait j'aime beaucoup, et je pense que c'est une grande inspiration... quand tu entends les mélodies, les voix féminines, les chanteuses, parce que j'insiste ce ne sont pas des choristes, je m'efforce d'être choriste, et donc souvent les mélodies sont comme des mélodies de cour de récré, tu sais, des petites mélodies parfois simples, un peu « nananananère », tu vois, un peu gnangnan, mais inquiétantes.... un peu comme un carrousel tu sais, dans les films d'horreur qui mettent en scène des enfants... J'aime bien les films d'horreur où il y a des enfants, du genre... La Malédiction, tous ces films là, tu as toujours une petite boite à musique, des petites mélodies enfantines... « Overdose of Nothingness, bringing Mankind to Madness » (chanté sur le ton d’une ritournelle), (ça c'est un ancien morceau qui sera prochainement enregistré), tu vois que je chante bien (rires). Tu vois ce genre de choses, où tu sens que quelque chose va se produire...

photo © Laced Unlaced, Salon de la Musique, Espace Keraudy, Plougonvelin


Au niveau des textes, il y a une grande précision dans l'écriture. Tu les travailles beaucoup, ou ça vient spontanément ?
C'est plus difficile l'écriture en français... L'anglais, j'essaye que ce ne soit pas un anglais de cuisine, j'ai fait une maîtrise d'anglais et j'ai envie que ça serve, qu'il y ait de la consistance dans le texte. Quand on a la chance de pouvoir s'exprimer artistiquement ou à travers un micro, il faut que ça veuille dire quelque chose. Mais si, j'accorde une importance extrême aux textes.

Olivia : et il est assez soutenu ton anglais.

Gildas : Dans l'ancienne équipe, on me l'a parfois un peu reproché. On me disait : « oui, tu sais, c'est du Molière, ou du Shakespeare, c'est selon...» Certains trouvaient que le niveau de langue ne cadrait pas vraiment avec ce qui se fait en metal.

Mais au niveau du français, c'est la même chose. Tes textes sont recherchés, subtils, travaillés.
On a la chance d'avoir une belle langue déjà, ce serait ne pas lui rendre hommage, je ne me sens pas investi de quoi que ce soit, mais c'est le plaisir d'écrire....

Le plaisir de jouer avec les mots, les sonorités... se ressent également.
Oui, les allitérations. Comme on disait, « How could I be misguided / How could I be overtaken / by events whose strength was such… » Il y a beaucoup de passages, semblables à des " tongue twisters " comme ça au final, difficiles à chanter... C'est très difficile au niveau de l'énonciation, en français comme en anglais...

"Via crucis"
Olivia, alors ce chant ?
Olivia : C'est difficile, mais c'est ce qui est intéressant justement.

Ca en devient un plaisir ?
Oui, quand Gildas compose j'ai tendance à lui dire « tu m'as encore pondu un truc qui ne va pas être simple à chanter », mais finalement c'est excitant, car on se dit qu'il y a du boulot, et le jour où on y arrive il y a un rendu.

On sent que tout est millimétré, chronométré, il n'y pas de place à l'erreur dans l'interprétation.
Gildas : C'est ingrat. Je ne sais pas si c'est ma formation classique qui veut ça, mais voilà.... je sais que j'emmerde mes chanteuses, je leur dis « ah non là ce n’est pas une tierce, c'est une quinte !», et toutes les chanteuses qui ont pu passer par STAMINA, naturellement voulaient en faire autre chose. Mais le chant dans STAMINA est contre-nature.

Tu écris toutes les lignes de chant ?
Oui, c'est peut-être pour ça que c'est un peu difficile parfois, parce que je ne suis qu'un claviériste qui compose pour du chant,...

Olivia : ce n'est pas très accessible à chanter quand même..

A l'écouter, ça l'est pourtant. Mais le seul reproche que l'on pourrait faire au chant, c'est que toutes ses subtilités ne sont pas facilement audibles.
Gildas : Il faut bosser pour que ça le soit.

Olivia : c'est vraiment dommage de ne pas comprendre, car c'est tellement bien tourné, il y a une telle recherche dans l'écriture...

Gildas, tu ne t'exprimes pas que dans le metal, mais aussi au quotidien dans des lieux calmes et propices au recueillement puisque tu es aussi organiste.
Oui, en tant qu’organiste liturgique, je sévis dans différentes églises, j'accompagne plusieurs chorales,...

Ca vient de ton éducation ?
Oui, j'ai été élevé par des parents chrétiens, et ce n'est pas véritablement par hasard que je me suis retrouvé à l'orgue. J'ai fait un remplacement dans une paroisse que je fréquentais...

L'orgue était ton premier instrument ?
J'ai commencé par le piano, j'ai fait une formation de conservatoire, classique... après j'ai même fait du basson pendant cinq ans.

Comment t'est venue cette passion pour le metal ?
Le metal j'ai découvert ça de toute façon, je suis tombé dans le creuset... enfin, à l'époque c'était même pas du metal, c'était le hard rock, que j'ai découvert avec AC/DC, vers 11, 12 ans, en colo de vacances...puis vers 13 ans, il y a eu MOTORHEAD, IRON MAIDEN, TRUST,...METALLICA par la suite... là ça a été la révélation.

Et comment as-tu eu cette volonté d'intégrer à ces influences le côté électro ?
Ça a été beaucoup plus tard en fait, en découvrant des nouveaux groupes, et surtout sur mes claviers il y a avait ces possibilités là, et en fait c'est vrai que je pars des rythmiques de mes claviers pour construire quelque chose. Ça peut être une rythmique trip-hop, là j'ai quelque chose d'un peu jungle,... le morceau "Mea Culpa", sur "Via Crucis", est construit sur un rythme de salsa. Et au départ quand je l'ai fait écouter à mes musiciens ils croyaient que je plaisantais. Mais c'est ça. Quand on écoute attentivement les rythmiques, on entend les clés, on entend tout ça.

Tu composes plutôt à partir des rythmiques sur lesquelles tu greffes ensuite des mélodies ?
Voilà. Alors parfois j'ai des mélodies qui me viennent aussi, et j'essaie de voir si ça peut se combiner à des rythmes préexistants, et puis ça vient en fait... Un jour j'étais dans un magasin de musique, et je commençais à écouter les sons d'un clavier, et à chaque son que j'écoutais il y avait un morceau qui venait.

Et au niveau des textes ? On dit que c'est toujours plus facile d'écrire quand on est triste ou torturé, et effectivement dans tes textes sombres, tu abordes des sujets qui sont forts, émotionnellement. La trahison (amoureuse ou amicale), le racisme,... ce sont des sujets qui te tiennent à cœur ?
A part certains sujets universels, ou existentialistes, ce sont des choses par lesquelles j'ai pu passer. "Via Crucis", c'est peut-être un bien grand mot, mais qu'on le veuille ou non, qu'on soit croyant ou pas, chrétien ou non, il y a une forme de chemin de croix à vivre sur terre, d'une façon ou d'une autre, quel que soit le rang, et c'est vrai que là j'ai trouvé que ce titre englobait les thématiques de l'album.

C'est une source d'inspiration qui est encore là aujourd'hui ?
Ah oui, sur d'autres choses ! Là je suis plus passé à l'ère numérique (rires), bon ça fait combien de temps qu'il y a des ordinateurs ? Je ne sais pas, et puis je commence à découvrir des choses.. (rires)..

Olivia : et puis la naissance aussi !

Gildas : Voilà, la naissance aussi de notre petit bout de chou, c'est génial ! Olivia m'a dit,"tu ne pourrais pas écrire quelque chose sur ce que je vis" ? Ah... Pas simple, parce que voilà, ce que tu ressentais, pendant la grossesse, la difficulté, j'ai vécu la naissance, tout ça, t'es présent, tu vois tout ça, l'écueil à éviter est de donner dans le pathos, d'aborder le sujet de façon trop bateau... Je vais essayer de parler de ce miracle de la vie, parce qu'il n'y a pas d'autre mot ! Toujours pareil, l'aspect croyant ou non, quand tu vois de quoi ça part, deux gamètes qui se rencontrent, un bébé et tout ça ! Alors soit je parle des gamètes..... ce que je fais à un moment, « one chance out of millions », évoqué dans un futur titre, mais tu parles de ça, au début tu te demandes ce qu'il se passe dans les textes ! C'est violent, c'est glauque, et en fait après ça débouche sur la naissance.

Une vision positive...
Toujours ! De toute façon toujours. "Mess'Age", le premier maxi, signifie "âge de chaos", mais aussi "message". On est dans un marasme, mais on essaye toujours d'en voir l'issue positive.

Un grand optimisme malgré tout ?
Il faut. Il faut vouloir y croire. Utopiste, je ne crois pas, je ne sais pas. Mais il faut y croire. 

"Via Crucis" vient de sortir, il y des dates qui arrivent ? Vous jouez à Lyon bientôt...
Oui, on l'attend avec impatience.

Olivia : Ça va faire du bien à STAMINA de voir un peu d'autres horizons. C'est ce que j'attendais et souhaitais...

Gildas : Oui, on a pas mal joué ici, et encore, il y a des gens qui nous demandent autour de Brest, quand est-ce-que vous jouez ici... Je leur réponds, on a tellement joué ici, maintenant on joue à Lyon. Ah ? Ben c'est trop loin ! (rires) Et donc à l'initiative du Diocèse de Lyon, on ne peut que s'en réjouir. Déjà c'est courageux, et en plus par rapport à toutes les polémiques qu'il y a pu y avoir autour du Hellfest, le monde du metal gangréné, les suppôts de Satan, enfin, toutes les conneries habituelles, donc c'est bien que cela vienne du diocèse. Le service Art Culture et Foi de Lyon organise le colloque " Ecout'Voir "... Il y a un débat organisé à 15 h, le dimanche 25 novembre justement, avec le Père Robert CULAT, qui est l'auteur aux éditions camion blanc d'un ouvrage intitulé « L'âge du metal », Emmanuel NAVARRE, qui a été primé en tant que bloggeur catholique, qui a un blog sur le metal (Innerlightofblackmetal) et une page FB "Pour un dialogue constructif sur les relations entre Métal et Christianisme", et donc moi-même, qui interviendrai en qualité d'organiste liturgique et initiateur d'un groupe de metal. Au débat succédera, à16H30, le concert de STAMINA.

Pour terminer, peux-tu nous dire comment se procurer les albums de STAMINA, nous donner l’adresse de ton site, et le lien vers ce prochain concert Lyonnais ?
Sur Brest, directement auprès de nous, ainsi que dans les lieux de vente habituels Brestois... Sinon, sur le net via le site http://stamina.bigcartel.com et pour le groupe http://www.stamina-metal.com.
Quant au concert de STAMINA à Lyon, il aura lieu le Dimanche 25 Novembre, à 16H30, Salle Maurice LA MACHE, 75 Bd Jean XXIII, LYON 8. Le prix d'entrée est de 10€ ( Débat à 15H + Concert à 16H30 ) / 5€ - 12 ans.

Merci et "bon vent" Gildas !


jeudi 8 novembre 2012

SLASH, AXL....ET GUNS N' ROSES DANS TOUT ÇA ? [Humeur]


Quoi qu'on puisse objectivement en penser, GUNS N' ROSES est parvenu en peu d'années et encore moins d'albums au Panthéon de la musique rock à tendance hard. Le dernier des dinosaures avant la déferlante grunge. The bigger they are, the harder they fall, dit l'adage populaire. Adage vérifié, une fois encore. On connaît l'histoire.

Qu'en reste-t-il vingt ans plus tard ?

Axl a gardé le nom et tourne avec un groupe à géométrie variable.

Slash s'est lancé récemment dans une carrière solo sous son nom, après avoir transité de snakepit en armes de poing veloutées. Mais pris à son propre jeu, et parce qu'il a bien su s'entourer, il a sorti un deuxième album sous le nom de Slash « et » Myles Kennedy « et » les Conspirators. Une transposition rock de la pyramide sociale en quelque sorte.

Les esthètes du rock se gaussent des prestations du grand barnum d'Axl et encensent les sorties de Slash. Paradoxalement, c'est Axl qui remplit les plus grandes salles.

Les deux groupes se sont produits deux fois dans notre pays cette année. Au Hellfest (en tête d'affiche le samedi pour Axl, en début de soirée le dimanche pour Slash), puis à Paris (à Bercy pour Axl, au Zénith pour Slash). La messe semble dite. Et pourtant, l'un des deux serait-il plus fondé que l'autre à prétendre assumer l'héritage des GUNS ?

Au vu des prestations des deux groupes au Hellfest 2012, la réponse m'était apparue évidente. Axl avait fait le show à force de pyrotechnie, de lumières éblouissantes, d'une scénographie over-the-top, et de vidéos...déstabilisantes, tandis que Slash par la sobriété de son show fondamentalement rock avait assuré l'essentiel, la musique, et emporté le combat par K.O.

C'est donc avec plaisir que je me suis rendu au Zénith le 20 octobre dernier, pour assister à un show complet et confirmer ma première impression.

Hélas, assez rapidement, alors que j'entendais Slash enchaîner les titres et le voyais promener ses doigts sur son manche avec le charisme et l'émotion d'un Lance Armstrong gravissant les cols de France, je me suis mis à me remémorer les concerts des GUNS auxquels j'avais eu la chance d'assister il y a deux décennies de cela, à une époque où le groupe avait pourtant déjà quitté son statut de garage-band punk-rock.

Une époque où les GUNS N' ROSES devaient leur réputation non seulement aux frasques du rouquin qui arpentait à l'heure qu'il souhaitait (déjà) la scène dans son cycliste moule-sexe, mais également à la vie dissolue et l'attitude « rebelle » du maigrissime guitariste chapeauté et imbibé, l'éternelle clope vissée au bec (et les autres membres n'étaient pas en reste). Si les caractères s'opposaient, l'expression musicale du groupe devait autant à la guitare de l'un qu'au piano et la voix de l'autre. Toujours sur le fil du rasoir.

Car les GUNS, c'était plus que de la musique. C'était une attitude. Or que sont nos rockers devenus ? Axl pour le moins ventripotent et essoufflé, parsemant ses shows de longs soli lui permettant de fuir sans cesse en loge chercher l'oxygène qui lui fait défaut... Slash clean et bodybuildé, inondant l'espace sonore d'un flot ininterrompu de notes deux heure durant.... Les deux hommes ont tiré sur la corde, mais ils sont toujours là et se livrent, consciemment ou pas, un combat à distance.


J'ai passé un bon moment au concert de SLASH. Le groupe qui l'accompagne apparaît soudé, et assure véritablement, avec un plaisir non feint. Mais aseptisé aussi. Et Myles Kennedy.... Ah Myles.... Que pourrais-je trouver à redire sur ce chanteur qui ne m'attire les foudres de ses fan(e)s (à commencer par celle qui me menace du regard alors que j'écris ces lignes) ?

Mais il est quand même stupéfiant, sans mauvais jeu de mot, de voir un groupe se donner deux heures durant, tenu à bout de bras, dominé, par un seul homme, dont la réputation et les hauts faits remontent à une époque où il n'était que le faire-valoir (et vice-versa) d'un Axl imprévisible (et vice-versa).

Times, they are a-changin', disait le poète.

Slash, ultime rocker rebelle ? Certainement pas. Quand bien même reprend-il à la perfection, peut-être trop parfaitement même, quelques titres des GUNS (six ce jour, tous issus d' « Appetite For Destruction »), le plaisir, même s'il est réel, n'est plus magique.

Alors, les GUNS aujourd'hui ?

Un souvenir.


Visitez le blog de Christophe Claude pour toutes les photographies de ce concert !

vendredi 19 octobre 2012

SEPARES A LA NAISSANCE (15)



Plagiat, coïncidence, hasard...? Avouez quand même....

Merci à Fabien Leroy pour cette "découverte"  !


DEF LEPPARD (1987)

Vs.

DANGER DANGER (1989)



lundi 15 octobre 2012

SEPARES A LA NAISSANCE (14)


Plagiat, coïncidence, hasard...? Vous la sentez comment, vous, cette intro ? Oh, et puis le refrain ?

Merci Fabien Leroy  ! ;-)


DIO (1984)

Vs.

KROKUS (1988)