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jeudi 8 novembre 2012

SLASH, AXL....ET GUNS N' ROSES DANS TOUT ÇA ? [Humeur]


Quoi qu'on puisse objectivement en penser, GUNS N' ROSES est parvenu en peu d'années et encore moins d'albums au Panthéon de la musique rock à tendance hard. Le dernier des dinosaures avant la déferlante grunge. The bigger they are, the harder they fall, dit l'adage populaire. Adage vérifié, une fois encore. On connaît l'histoire.

Qu'en reste-t-il vingt ans plus tard ?

Axl a gardé le nom et tourne avec un groupe à géométrie variable.

Slash s'est lancé récemment dans une carrière solo sous son nom, après avoir transité de snakepit en armes de poing veloutées. Mais pris à son propre jeu, et parce qu'il a bien su s'entourer, il a sorti un deuxième album sous le nom de Slash « et » Myles Kennedy « et » les Conspirators. Une transposition rock de la pyramide sociale en quelque sorte.

Les esthètes du rock se gaussent des prestations du grand barnum d'Axl et encensent les sorties de Slash. Paradoxalement, c'est Axl qui remplit les plus grandes salles.

Les deux groupes se sont produits deux fois dans notre pays cette année. Au Hellfest (en tête d'affiche le samedi pour Axl, en début de soirée le dimanche pour Slash), puis à Paris (à Bercy pour Axl, au Zénith pour Slash). La messe semble dite. Et pourtant, l'un des deux serait-il plus fondé que l'autre à prétendre assumer l'héritage des GUNS ?

Au vu des prestations des deux groupes au Hellfest 2012, la réponse m'était apparue évidente. Axl avait fait le show à force de pyrotechnie, de lumières éblouissantes, d'une scénographie over-the-top, et de vidéos...déstabilisantes, tandis que Slash par la sobriété de son show fondamentalement rock avait assuré l'essentiel, la musique, et emporté le combat par K.O.

C'est donc avec plaisir que je me suis rendu au Zénith le 20 octobre dernier, pour assister à un show complet et confirmer ma première impression.

Hélas, assez rapidement, alors que j'entendais Slash enchaîner les titres et le voyais promener ses doigts sur son manche avec le charisme et l'émotion d'un Lance Armstrong gravissant les cols de France, je me suis mis à me remémorer les concerts des GUNS auxquels j'avais eu la chance d'assister il y a deux décennies de cela, à une époque où le groupe avait pourtant déjà quitté son statut de garage-band punk-rock.

Une époque où les GUNS N' ROSES devaient leur réputation non seulement aux frasques du rouquin qui arpentait à l'heure qu'il souhaitait (déjà) la scène dans son cycliste moule-sexe, mais également à la vie dissolue et l'attitude « rebelle » du maigrissime guitariste chapeauté et imbibé, l'éternelle clope vissée au bec (et les autres membres n'étaient pas en reste). Si les caractères s'opposaient, l'expression musicale du groupe devait autant à la guitare de l'un qu'au piano et la voix de l'autre. Toujours sur le fil du rasoir.

Car les GUNS, c'était plus que de la musique. C'était une attitude. Or que sont nos rockers devenus ? Axl pour le moins ventripotent et essoufflé, parsemant ses shows de longs soli lui permettant de fuir sans cesse en loge chercher l'oxygène qui lui fait défaut... Slash clean et bodybuildé, inondant l'espace sonore d'un flot ininterrompu de notes deux heure durant.... Les deux hommes ont tiré sur la corde, mais ils sont toujours là et se livrent, consciemment ou pas, un combat à distance.


J'ai passé un bon moment au concert de SLASH. Le groupe qui l'accompagne apparaît soudé, et assure véritablement, avec un plaisir non feint. Mais aseptisé aussi. Et Myles Kennedy.... Ah Myles.... Que pourrais-je trouver à redire sur ce chanteur qui ne m'attire les foudres de ses fan(e)s (à commencer par celle qui me menace du regard alors que j'écris ces lignes) ?

Mais il est quand même stupéfiant, sans mauvais jeu de mot, de voir un groupe se donner deux heures durant, tenu à bout de bras, dominé, par un seul homme, dont la réputation et les hauts faits remontent à une époque où il n'était que le faire-valoir (et vice-versa) d'un Axl imprévisible (et vice-versa).

Times, they are a-changin', disait le poète.

Slash, ultime rocker rebelle ? Certainement pas. Quand bien même reprend-il à la perfection, peut-être trop parfaitement même, quelques titres des GUNS (six ce jour, tous issus d' « Appetite For Destruction »), le plaisir, même s'il est réel, n'est plus magique.

Alors, les GUNS aujourd'hui ?

Un souvenir.


Visitez le blog de Christophe Claude pour toutes les photographies de ce concert !