dimanche 13 octobre 2013

HACRIDE [interview]




HACRIDE entame en ce moment même une longue tournée en tête d'affiche à travers l'Europe. Nous avons rencontré le groupe au grand complet après leur prestation au Motocultor Festival il y a quelques semaines, l'occasion de faire le point sur l'intégration de leur nouveau batteur, Florent "Klone" Marcadet, et leur nouveau chanteur, Luiss Roux, ainsi que d'évoquer leur nouveau label norvégien, Indie Recordings, et leur nouvel album, "Back to where you've never been". 2013, une année bien chargée pour HACRIDE !




Depuis que nous nous sommes vus en novembre 2012, sur la tournée des 10 ans de la Klonosphère. l'actualité d'HACRIDE a été riche, avec toutefois des changements importants (chanteur, label), un nouvel album, une tournée en Asie,... Alors ce premier semestre 2013, c'est le changement dans la continuité, ou autrement dit « back to where you've never been » ?
Adrien (Grousset, guitares) : (rires) Oui c'est vrai que c'est très bien dit.. Quand tu nous avais vus à l'Ubu à Rennes, on était avec Sam à l'époque, et c'était sa tournée d'adieu, on est parti trois semaines et il allait nous quitter puisque c'était son choix... et effectivement « Back to where.... », c'est un peu le résumé de toutes nos péripéties depuis six mois entre le changement de line-up, le changement de label, le changement de manière de travailler aussi, puisque du coup l'arrivée de Flo et de Luiss nous a permis d'aborder une autre manière de travailler la musique,... donc oui, c'est bien résumé !

Tous ces événements se sont enchaînés malgré vous ou vous les aviez planifiés ?
Oui... et non ! (rires) L'album était déjà en boîte, et puis Luiss était en train de travailler les voix pendant qu'on tournait. Donc ça a été très rapide. Après la tournée, Flo est parti avec KLONE tourner avec GOJIRA, tandis que nous sommes retournés sur Poitiers travailler avec Luiss énormément, énormément, énormément, et dès que Flo est revenu, on a enregistré les voix et ça nous a permis de mettre en boite tout ça, mais ouais, ça a été très rapide, on n'a pas eu le temps de chômer.



Luiss (Roux, chant) : Pour ma part, j'ai été contacté en septembre 2012 à peu près, et au mois de décembre j'enregistrais après avoir écrit tous les textes. L'album a mis du temps à aboutir quand on regarde ça dans sa globalité, par contre pour ma part ca speedait.

On sait qu'il existe une version de l'album enregistrée avec Sam au chant, mais tu dis que tu as tout réécrit ?
Oui. J'ai fait le truc à ma façon. Il y a des choses que j'ai reprises, parce que c'était bien, il n'y avait rien à redire, mais le but ce n'était surtout pas de copier Sam. Il vaut mieux faire les choses à sa façon, et je me suis dit que de toute manière j'avais une liberté totale de la part du reste du groupe. Et j'avais envie de me faire plaisir aussi.



Comment votre nouvel album a-t-il été reçu jusqu'à présent ? Vous avez fait quelques dates à l'étranger en début d'année ?
Adrien : On a fait 50 % de dates à l'étranger et 50 % en France. L'album est très bien accueilli, et le nouveau line-up aussi. Même si certains sont un peu nostalgiques, tout le monde s'accorde à dire qu'il y a une espèce d'osmose entre nous qui fait que ça fonctionne bien, et qui laisse présager de bonnes choses pour l'avenir.

Le fait de partir immédiatement en tournée a contribué à souder le groupe ?
Benoist (Danneville, basse) : Oui, et le fait de partir tous ensemble en Inde peu après la sortie de l'album, ça a été une grosse expérience. Quand on cherchait un nouveau chanteur, on cherchait aussi quelqu'un avec qui on s'entende bien, c'est très important. On a toujours bossé en famille, et si quelqu'un intégrait la famille il fallait que ce soit « logique ». Avec Flo, ça l'a été, et avec Luiss on s'est très vite entendu. L'alchimie s'est faite immédiatement.



La logique pour créer ces liens, c'est aussi de constituer une setlist basée sur le dernier album principalement ?
Adrien : Oui parce que c'est quelque part une sorte de renaissance, donc on axe ce qu'on va jouer sur ce qu'on a créé tous ensemble, ou en tout cas qu'on s'est approprié tous ensemble, donc quand on a des sets d'1h, 1h15, c'est très axé sur le dernier album.



Avant même ces changements de line-up, il était déjà prévu que cet album serait plus concis, plus ramassé ?
Adrien : Oui, on le dit à chaque fois, mais c'est important pour nous de ne jamais reproduire ce qu'on a déjà fait avant. Nous sommes des passionnés, pas un gros groupe comme AC/DC, par exemple, qui s'ils font du reggae demain vont surprendre tout le monde. Nous, on a cette liberté là, de se dire... - euh... on ne va pas faire du reggae hein ! (rires) - ..., mais au moins de se dire qu'on peut expérimenter de nouvelles choses. Si on fait la même chose qu'avant, ça ne sert strictement à rien, on tourne en rond. Et pour le prochain album on fera la même chose, on essaiera au moins de nous surprendre nous mêmes.

Benoist : On est conscient que les gens ont parfois du mal à nous cataloguer, mais à chaque album son émotion. C'est un fan qui nous a dit ça un jour : quand il voulait quelque chose de plus brutal il écoutait « Amoeba », quand il voulait quelque chose de plus prog il écoutait « Lazarus »... J'ai trouvé ça vraiment pertinent, et je n'y avais jamais pensé. C'est bien d'avoir plusieurs cartes avec chaque album, et pas une sorte de progression globale, en redites.



Le fait que certains membres d'HACRIDE participent à d'autres projets nourrit-il également la musique du groupe ? Je pense à Florent avec KLONE ou STEP IN FLUID, par exemple, ou Adrien avec MELTED SPACE ... Est-ce que ce sont des choses qui sont susceptibles de construire la musique d'HACRIDE, ou tout reste-t-il cloisonné ? Y a-t'il une définition du son HACRIDE ?
Florent (Marcadet, batterie) : Il y a eu une redéfinition en tout cas. C'est difficile … on ne sait plus trop ce que signifie « progressive » déjà ! Est-ce aller plus dans le heavy, ce dont pour ma part je ne suis pas fan ? Moi ça va être plus justement cette scène KARNIVOOL, même le djent, TESSERACT, tous ces trucs là qu'on appelle « progressifs » mais, pffff.... c'est difficile. Alors après, hors HACRIDE, ou KLONE pour moi, on a tous plus ou moins des side-projects qui nous nourrissent à fond. Il a quand même fallu en ce qui me concerne que je me greffe au modèle HACRIDE, avec une batterie plus technique, plus moderne, etc, etc,... mais je pense aussi que j'ai teinté HACRIDE de mon côté rock lourd, enfin dans le groove de batterie en tout cas, KLONE c'est très rock lourd à la DEFTONES un peu, plus hardcore et moins technique, et là j'ai dû progresser techniquement pour m'intégrer au truc, mais j'apporte cette touche peut-être un peu plus efficace, plus catchy,...

Benoist : Chacun apporte son background, ses influences, ce qu'il écoutait étant jeune.... ca nous influence forcément, chacun a sa vision, et sans s'en rendre compte ça influence les structures, ça nous construit,... le chant de Luiss aussi, ses idées,... mais encore une fois, ça a été très simple, ça s'est fait naturellement.

Florent : Mais ce n'est qu'un début. Tout a été naturel, mais on sait qu'on a une marge de progression. On va avoir plus le temps de mettre les idées en commun pour le prochain album.



La composition du prochain album sera accélérée par le fait de disposer de plus de temps, ou de compter deux nouveaux membres ?
Adrien : Si tu veux c'est les deux.... la manière de composer reste toujours la même. J'apporte toujours une espèce de socle, 80 % de la musique, mais c'est vrai que là pour le coup, il fallait qu'on se connaisse avec Flo, qu'on travaille tous les deux, après ça a été le cas avec Luiss, donc ça a été très long, et en même temps très rapide. Et là on espère que ce sera très rapide, mais très long. Dans l'autre sens ! (rire général) Rapide pour sortir l'album, mais long dans la préparation.

Benoist : Beaucoup d'idées à mettre en commun, mais on a cette chance de pouvoir le faire tous ensemble, avec Frank (Hueso, le producteur - ndr) aussi, qui est toujours là et qui recentre un peu le tout, qui donne son avis, qui nous permet de tout tester...

Florent : avec toujours cette volonté de rendre le tout plus efficace. C'est peut-être ce qui ressort du dernier album, qui est moins prog, moins ambiances,...

Luiss : moins alambiqué.

Florent : …c'est certainement ce dont on avait besoin,...

Luiss : C'est plus dur de faire les choses de façon simple que compliquée ! On peut aussi être efficace tout en restant prog. On peut avoir des riffs un peu techniques, tout en allant vers des structures de morceaux un peu plus classiques.



C'est l'impression encore donnée sur scène tout à l'heure, celle d'un groupe technique qui ne cherche pas à le montrer.
Adrien : Mais ça ça a toujours été HACRIDE.

Florent : J'espère que c'est cela qui ressort.

Benoist : La technique est juste un outil.

Adrien : On a toujours été, dans HACRIDE, des musiciens plutôt techniques, on pratique l'instrument depuis très très longtemps, Flo et moi on enseigne l'instrument, donc techniquement parlant, sans se jeter des fleurs, on est à l'aise. Mais par contre, balancer de la technique pour la technique, c'est quelque chose qui m'a toujours rebuté, parce que ce n'est pas une manière de communiquer la musique. C'est une manière de communiquer un outil, mais pas une émotion. Et justement comme disait Ben, la technique c'est fait pour communiquer une émotion, essayer de mettre un vocabulaire sur quelque chose.

Benoist : C'est de la musique avant tout.

Florent : Faut parfois redescendre un peu sur terre et se dire « je sers quoi ? Mon ego ou la chanson ? »

Luiss : C'est vrai que certains groupes, que j'écoute et que j'apprécie, ont parfois tendance à sa cacher derrière une multitude de notes, par manque aussi de créativité et de profondeur, par manque de fond...

Benoist : Mais il y en a qui le font très bien !

Luiss : J'aime bien ces deux aspects du metal..

Adrien : et qui le feront mieux que nous d'ailleurs (rires).

Luiss : mais nous on a choisi en tout cas de recentrer notre travail là-dessus.

Le fait de signer sur un nouveau label, étranger, vous a-t'il ouvert de nouvelles portes ?
Benoist : Des portes au niveau de l'image, sur la recherche d'agents, c'est évident qu'ils ont un roadster assez imposant, le fait qu'on soit le seul groupe français à être la-dessus en « metal moderne », oui, sûrement,.. mais on n'a pas encore assez de recul.



Il n'y a pas à l'étranger d'effet GOJIRA bis ?
Adrien : Je ne sais pas, mais en tout cas on nous prend beaucoup plus au sérieux. Au tout début, avec HACRIDE, quand on commençait à tourner à l'étranger, GOJIRA n'avait pas cette ampleur là, et à chaque fois qu'on disait qu'on était français, les mecs rigolaient. On se demandait pourquoi, et on s'est vite rendu compte que les français avaient une réputation mais, affreuse... Je pense que GOJIRA ensuite a apporté une sorte de crédibilité, et prouvé qu'on pouvait être français et faire du rock'n'roll. Mais je ne pense pas qu'aujourd'hui les étrangers se disent « c'est français donc c'est bien », uniquement parce qu'il y a GOJIRA. En fait on s'en fout de la nationalité des groupes.

Benoist : Je pense que depuis 10 ans les groupes ont beaucoup travaillé en se disant que c'était possible. Même dans d'autres styles, comme GOROD, ou d'autres...

Adrien : Oui, parce qu'il y a un exemple d’ascension qui permet d'y croire. Mais bon, faire comme GOJIRA, ça me paraît impossible !

Luiss : C'est un groupe tellement unique.

Benoist : Oui, il a dû être choisi (rires). Non, ils ont beaucoup travaillé pour, se sont investis, etc... Nous, nous n'avons pas passé ce cap.

Luiss, comment définirais-tu ces six premiers mois au micro d'HACRIDE ? C'est un véritable tourbillon ?
Luiss : Non, peut-être pas ! (rires) Disons que j'étais arrivé à un stade dans ma vie où j'étais plus ou moins en train d’arrêter la musique de manière semi-professionnelle,.. j'étais dans un schéma de pensée où je me disais que c'était un peu fini pour moi, ou alors en passe-temps en weekend avec les copains, mais pas partir en tournée ni m'investir plus que ça. Et c'est justement au moment où je me suis enfin résigné à contrecœur que ça m'a fait un petit peu « tourbilloner » la tête sur le coup, de recevoir cette proposition. Je me suis dit « mince, j'ai quand même envie de vivre l'aventure une fois dans ma vie». Et après avoir rencontré les gars, écouté l'album, j'ai tout de suite senti que j'avais quelque chose à dire, quelque chose à apporter au niveau des textes, et ces textes sont venus assez vite, globalement tout s'est fait assez naturellement. Il y a peut-être eu un peu d'euphorie ou d'effervescence « tourbillonnante » en studio, parce qu'il y avait beaucoup de créativité... je voyais les gars en studio, je proposais des choses, il y avait vraiment une belle alchimie que je n'avais jamais vraiment connue avec un autre groupe auparavant,... Se mettre à tester des choses en studio, avoir cette envie, à se dire même qu'il fallait se freiner, à y aller idée après idée parce que ça fusait tellement ! Et c'est pour ça que je pense qu'on enchaînera vite sur un autre album, parce que ce fluide créatif qu'on a entre nous en ce moment c'est vraiment quelque chose de précieux. Il faut l'exploiter au maximum.



Vous repartez sur la route en octobre ?
Adrien : Oui, on enchaîne avec une tournée anglaise en tête d'affiche en octobre, quelques festivals aussi, l'Euroblast, le Progpower, une tournée avec THE OCEAN et SHINING, et après on a une petite friandise, mais officieuse, toujours à l'étranger, plus tard...

Florent tu vas pouvoir concilier ton emploi du temps avec KLONE ?
Florent : Pour la première fois, les tournées d'HACRIDE et de KLONE vont se chevaucher, donc il va falloir que je me fasse remplacer chez KLONE qui tournera avec ORPHANED LAND, puisque je m'étais déjà engagé avec HACRIDE. C'est Morgan Berthet, le batteur de MARS CHRONICLES, qui font la première partie de cette tournée avec ORPHANED LAND, qui va donc enchaîner deux sets tous les soirs. C'est vraiment ponctuel mais je ne peux pas me dédoubler, donc on fait avec les moyens du bord. Mais Morgan est un gros batteur qui fait un travail de fou !

Benoist : sur la dernière tournée on tournait avec KLONE et là c'est Flo qui faisait les deux sets !

Florent : KLONE et HACRIDE sont deux groupes qui tournent, avec des tournées de deux mois, mais on trouve toujours des solutions.

Benoist : Et puis on se connaît bien.

On vous souhaite une bonne tournée, on viendra vous voir ! Merci à vous !
Adrien : Merci à toi !



Merci à Naiko J. Franklin et Stephan Birlouez (photos) !


mardi 1 octobre 2013

MELTED SPACE : Pierre Le Pape [interview]




MELTED SPACE est la créature de Pierre Le Pape, compositeur, auteur, claviériste... de ce projet Metal Opera à la française. La complexité de "From The Past", double album riche en intervenants, et l'ouverture vers l'étranger de "Between" paru cette année, rendaient illusoire la transposition sur scène de cet univers qui ressuscite les anciennes divinités. Et pourtant ! MELTED SPACE tournera du 04 au 12 octobre 2013, en support de THE OLD DEAD TREE. Il n'en fallait pas plus pour nous convaincre d'aller soumettre Pierre Le Pape à la question !


Pierre, « Between » entérine la direction prise avec « From The Past ». Est-ce le style que tu avais en tête lorsque tu as fondé ce projet ?
Non pas du tout, si on se réfère au tout premier album, on se situe dans la musique de film plutôt planante sans aucun élément métal. Par la suite par contre, une fois que je me suis lancé dans « From the past », là j'ai tout de suite su ce que je voulais faire même si je me fais encore surprendre par le résultat de telle ou telle chanson. Maintenant, après avoir expérimenté pas mal de choses, c'est beaucoup plus clair pour moi et je pense en savoir davantage sur la direction que j'aimerais prendre.

Comment « From The Past » a-t-il été accueilli par la presse et le public ? Tu as eu des retours de l'étranger où ce style est plus populaire ?
« From The Past » a été extrêmement bien accueilli tant par la presse que par le public. Je ne m'y attendais franchement pas et j'avoue que même encore maintenant il m'arrive de m'extasier devant autant de retours positifs. Il n'y a pas eu de promo à l'étranger pour « From The Past », c'est uniquement pour la sortie de « Between » que les choses se sont développées vers l'étranger. Là encore j'ai eu des retours vraiment très encouragent notamment en Allemagne et aux Pays-Bas qui sont les pays phares de ce style. Il y a peu de temps, j'ai même eu l'immense joie d'attirer l'attention d'Arjen Lucassen qui s'est intéressé à ce que je faisais. Cela m'a véritablement fait rêver éveillé car je le considère comme Dieu sur Terre musicalement ! J'ai eu l'occasion d'échanger quelques messages avec lui et je dois dire que c'est quelqu'un de vraiment super ! Il m'a demandé de lui envoyer les albums en me disant qu'il prendrait le temps de les écouter une fois que le rush lié à la sortie de son propre album serait passé. Quoi qu'il en soit les choses sont vraiment très motivantes pour la suite !

C'est un peu une gageure que de vouloir transposer l'expérience sur scène, compte tenu du nombre d'intervenants. Vu que les "personnages" changent à chaque album, jouer live va devenir compliqué sauf à faire cumuler les rôles où ne jouer qu'un album ? Tu ne serais pas un peu fou ?
Il faut bien l'être un peu pour faire ce genre de choses ! Néanmoins, il faut dire que le projet scénique a été longuement réfléchi puisque j'avais déjà eu l'occasion d'y penser l'an dernier. Cela s'était avéré trop difficile logistiquement. Cette fois-ci, les dieux du Rock sont avec nous et j'ai réussi à réunir une équipe dont je suis très fier et avec qui nous allons pouvoir parcourir les routes au moins le temps d'une tournée. Ce sont tous des gens polyvalents, je pense notamment aux chanteurs et par chance Manuel Munoz (THE OLD DEAD TREE - ndr) nous rejoindra sur scène pour interpréter son rôle d'Apollon. Finalement nous sommes 4 ou 5 chanteurs à nous relayer et le cumul des rôles passe presque inaperçu. J'ai composé un petit interlude inédit pour rajouter une transition et du coup le set ne s'arrête presque jamais, ce qui permet de créer une trame tout au long des 45 minutes de jeu. Mais je t'avoue que cela n'a pas été simple à mettre en œuvre et il y a eu quelques heures de réflexion, discussion, prise de tête intérieure... Après, je dois dire que l'expérience est tellement bonne humainement que je n'ai qu'une envie, réitérer le plus vite possible ! Avec mes acolytes actuels mais pourquoi pas d'autres si les emplois du temps ne sont pas compatibles. Tout se passe extrêmement bien jusqu'à présent, on a une super ambiance au sein du groupe et pour ma part, là encore je plane complètement de voir ce projet prendre vie et d'une façon que je n'osais pas imaginer si bonne.




Peux-tu nous présenter le groupe qui t'accompagne pour cette première tournée ?
Oui bien sûr : nous avons donc Clémentine Delauney qui officie dans le groupe autrichien SERENITY, Gaël Féret qui est bien connu pour être le batteur de MISANTHROPE, au chant Black Messiah qui participait déjà à « Between » dans le rôle de Remulus mais qui chante aussi et surtout dans SETH. A la basse, Brice Guillon qui est dans MELTED SPACE depuis « From The Past », un habitué donc. Il est également bassiste de Gérald Moizan, guitariste virtuose de métal progressif et enfin à la guitare, un jeune excellent guitariste, Adrian Martinot qui a remplacé Charley Corbiaux au pied levé (il a ingurgité tout le set en une nuit). Il ne vient pas d'un groupe "connu" puisqu'il est sorti du MAI de Nancy il y a un an et demi, mais je lui souhaite une longue et bonne carrière !

Pierre Le Pape



Comment s'est passée la première date "de chauffe" à domicile, le 13 septembre dernier à Troyes ?
La première date s'est très bien passée, on a joué devant 200 personnes très réceptives parmi lesquelles beaucoup de copains, ce qui m'a vraiment touché et soutenu car personnellement j'étais complètement liquéfié 10 minutes avant de monter sur scène . Mais les retours ont tous été positifs ce qui nous a beaucoup encouragé pour la tournée.


Clémentine Delauney

Qu'as-tu ressenti à jouer ces titres en live ? 
Comme je te l'ai dit, je plane complètement de pouvoir entendre ces chansons en live, c'est une grande première et je suis vraiment enchanté du résultat ! J'avais un peu peur sur plein de petites choses, étant un brin perfectionniste, je me suis posé tout un tas de questions sur ci ou ça mais tout cela s'est évaporé sitôt que j'ai entendu les premières notes en répètes. A partir de là, ça n'a été que du bonheur .

Sur « Between », tu as réussi à convaincre des chanteurs étrangers. Tu vas poursuivre dans cette voie ? Tu as des noms en tête ?
Oui en effet, j'ai eu la chance de travailler avec Liv Kristine et Ashmedi qui sont l'un comme l'autre, outre des musiciens exceptionnels, des personnes fantastiques. L'un et l'autre n'ont pas tari de conseils, d'encouragements... Ils ont suivi l'évolution du projet et la sortie de « Between ». Je suis vraiment content d'avoir travaillé avec eux, j'ai eu l'occasion de les revoir depuis et à chaque fois nous passons d'excellents moments.
Pour le prochain album, j'ai quelques idées en effet mais cela est encore très vague. Ceci dit si Sharon Den Adel ou Shagrath sont intéressés... C'est quand vous voulez !







Black Messiah
Peux-tu nous confier quelles sont tes sources d'inspiration pour les textes et les histoires ? Tu as fait latin première langue ?
C'est assez varié, en effet j'ai fait du latin mais je n'étais pas un élève modèle... Disons que ce qui m'inspire c'est avant tout l'histoire que je veux raconter et les légendes mettant en scène les personnages que j'utilise. Je me renseigne toujours beaucoup sur les personnages que je vais aborder pour justement pouvoir mettre leur propre histoire au service de la mienne. Sinon je citerai évidemment la « Divine Comédie » de Dante, et pas mal de classiques en pagaille, j'ai reçu une éducation assez classique justement et mes parents se sont fait un devoir de me faire lire les Balzac, Stendhal et autres dès mon plus jeune age je suppose donc que cela a eu un impact et une incidence sur ma façon de construire mes histoires. Enfin en grande influence, je dirai la culture japonaise dans son ensemble (mangas, animes et autres jeux vidéos en tous genres). C'est une culture avec laquelle j'ai grandi et grâce à laquelle j'ai construit beaucoup de mes références, que ce soit Saint Seiya ou même encore maintenant Bleach ou Naruto. Ces héros m'ont accompagné dans les différentes étapes de ma vie voire même dans les différentes étapes de la construction de MELTED SPACE, j'en profite donc pour leur rendre hommage.






Où en es-tu du prochain album ?
Et bien des choses commencent à prendre forme. Actuellement je suis très pris par la tournée imminente et je pense que je pourrai en dire beaucoup plus dans quelques mois mais pour le moment, l'histoire est écrite entièrement et j'ai déjà beaucoup d'idées en ce qui concerne la compo elle-même. Je ne peux donc pas dire grand chose si ce n'est que cela va être un gros projet qui risque de me demander beaucoup d'énergie et de travail. Au niveau des guests, comme je le disais j'ai des idées et j'ai déjà démarché certains chanteurs mais nous sommes vite confrontés à des soucis d'emploi du temps car ce sont des gens très pris... Nous verrons bien, pour l'instant je me concentre sur l'écriture.


Tu continues à jouer avec EMBRYONIC CELLS et WORMFOOD, Tu as d'autres aspirations (musiques de films ? De jeux ?) ?
Oui je continue de jouer dans les deux groupes car j'y suis très attaché même si mon emploi du temps Melted Spacien m'accapare beaucoup. Mais ils sont très compréhensifs avec cela et pour l'instant ça n'a jamais posé problème. Pour tout dire, j'ai même eu le temps d'enregistrer le prochain WORMFOOD, et le prochain EMBRYONIC CELLS est en phase de pré-prod !
Au niveau des aspirations, oui j'en ai pas mal. Que ce soit en musique de films, ou de jeux ou bien encore composer pour d'autres, l'expérience avec DESTINITY l'an dernier m'a énormément plu. Ecrire de la musique est toute ma vie donc plus je peux en faire, plus je suis content ! J'ai des pistes mais je suis ouvert à toute proposition !


dimanche 22 septembre 2013

Souviens-toi l'été dernier (1) : HELLFEST 2013



Oui, je sais, vous allez me dire « Le HELLFEST c'était il y a trois mois, on a lu les reports extensifs sur tous les sites Metal de France et d'ailleurs, on a épluché les set-lists de nos groupes préférés dans le détail, l'édition 2014 est déjà en route, etc...», et franchement, vous n'avez pas tort. Mais comme il est agréable de se souvenir des belles choses, et parce que l'été fut riche en événements, à l'heure où nous avons tous repris le chemin des études ou du boulot, un petit retour en arrière décalé sur ces derniers mois ne peut pas faire de mal. A tout seigneur tout honneur, premier coup d'oeil dans le rétro, le....

HELLFEST 2013
CLISSON (44), 21 – 22 – 23 juin 2013

« Go west, young man ! »

C'est un fait désormais aussi établi que la transhumance des troupeaux vers les alpages, à l'approche de l'été le métalleux se déplace en masse vers la côte atlantique pour célébrer la grande messe noire du Metal en terre Clissonnaise. Malgré une affiche controversée, il y a foule sur le site du HELLFEST 2013, un site agrandi l'année précédente et repensé cette année. La météo est acceptable malgré des prévisions humides, et le festivalier qui a réfléchi pendant plusieurs semaines aux t-shirts qu'il allait porter n'a donc pas à les cacher sous un k-way ou un pancho jaune fluo (la honte!).



Comme tous les ans, il aurait fallu arriver la veille ou se lever aux aurores pour être présent à l'ouverture des hostilités. Embouteillage, parking, marche à pied, formalités d'entrée sur le site me privent des premiers concerts.

SAXON débute son set au moment où je parviens au centre du site. Malheureusement, des formalités administratives (perception des jetons boissons, visite du bar à vin) m’empêchent à contrecœur de profiter pleinement de la prestation de ces vieux briscards dont les premiers albums ont bercé mon adolescence. Ce n'est peut-être pas plus mal, car si Biff Byford semble en voix, l'interprétation des grands classiques ne manque pas de me surprendre. Ainsi j'ai l'impression d'entendre un nouveau morceau inconnu des mes oreilles, quand retentit le refrain « She's got wheeeeeeeels... WHEELS OF STEEL! »... Stupeur !



Si l'on s'interroge sur le point de savoir où vont mourir les vieux groupes, la journée du vendredi de ce Hellfest a, tout du moins sur les mainstages, tout du cimetière des éléphants. EUROPE, KREATOR, TWISTED SISTER, TESTAMENT, WHITESNAKE, HELLOWEEN, DEF LEPPARD.... J'ai 18 ans à nouveau ! Mais Je suis bien le seul, car sur scène, le poids des ans se fait gentiment sentir. Si l'on accepte le fait que la jeunesse n'est pas éternelle et que ces rock stars ont vécu (et pour quelques unes vivent encore) des vies dissolues, le spectacle proposé a toutefois de quoi satisfaire le fan historique. Alors bien sûr, malgré le talent (et l'avion raté) d'un TEMPEST en voix et d'un NORUM au-dessus du lot, EUROPE en garde sous la pédale. KREATOR est égal à lui-même, quand bien même un de mes amis taquin ne peut s'empêcher de comparer le batteur à un cycliste du tour de France effectuant un contre la montre... efficace mais sans surprises. Dans la roue des allemands, TWISTER SISTER, mené par un Dee SNIDER sautillant masquant ses presque 60 printemps, a la mauvaise idée de finir un set généreux et enthousiasmant par un « It's only rock'n'roll....but I like it ! » étiré pendant plus de dix (longues, très longues, trop longues) minutes jusqu'à leur sortie de scène... Comme une équipe de foot victorieuse attendant le coup de sifflet final en faisant la passe à 10...



Et WHITESNAKE, ah..... Passée la satisfaction de voir une des figures emblématiques du hard-rock à l'ancienne, entourée de mercenaires affûtés, on peut regretter que la voix de COVERDALE ne soit plus que l'ombre de ce qu'elle fut, que le groupe malgré des passages rares et un répertoire comprenant tant² de classiques joue autant de titres piochés dans ses deux derniers, et moins bons, albums. A l'applaudimètre des refrains repris en choeur, « Is This Love ?» gagne haut la main. Le beau David rappelle que le groupe fête ses 35 ans, et évoque avec émotion (ou pas...) les disparus : Mel Galley, Cozy Powell, Jon Lord,... Le groupe déroule avec un COVERDALE à l'arrache, jusqu'à un « Still Of The Night » qui prouve que le bellâtre a les capacités vocales pour revenir l'année prochaine......sous une tente, sur la « Temple » par exemple, après avoir rebaptisé son groupe BLACKSNAKE.



Profitons de cette pensée profonde pour s'insurger contre LA grosse inflation sur le site : + 25% sur la bière !

A la nuit tombée, DEF LEPPARD s'apprête à jouer pour la première fois en France depuis 17 ans. On annonce une version allégée de la série de shows qu'ils viennent de donner à Vegas : une première partie de classiques sous la forme d'un groupe de reprises (les « DEAD FLATBIRDS »), puis après une pause l'intégrale de « Hysteria », et un rappel final. Un vrai show donc, peu conventionnel pour un festival, et qui désarçonnera faute d'explication préalable bien des festivaliers. Si la première partie du set se passe assez bien, malgré le peu de communication d'un Joe Elliot affublé d'un chapeau et de lunettes lui donnant un look à mi-chemin entre une mouche et Gilbert Montagné, la longue (très longue, trop longue) pause qui suit cette première partie, prétexte à la diffusion non sous-titrée d'images par ailleurs tronquées à la gloire du groupe époque « Hysteria », ne sera pas au goût de tout le monde. Les sifflets surgissent et s'amplifient, alors que certains festivaliers quittent le devant de la Mainstage. Le quintet revient (enfin) jouer fidèlement, dans l'ordre, l'intégralité de « Hysteria », l'album multi-platiné de la consécration, sous un déluge de lights, avec un son très fort et clair. Efficacité, mais sans émotion. DEF LEPPARD s'éclipse comme il était arrivé, après « Love And Affection ». Les lumières se rallument et la sono diffuse du AC/DC. Visiblement, les festivaliers ne sont pas les seuls à ignorer que le show n'est pas fini ! Le groupe revient pourtant interpréter « Rock Of Ages » et « Photograph ». On retiendra une voix irréprochable (garantie sans samples, moui...), mais surtout un show un peu décevant après une si longue absence. La faute au choix d'interpréter leur album certes le plus célèbre, mais aussi le plus commercial, le plus américain, le plus « produit ».... Et le rock dans tout ça ?


Et pendant ce temps là sous les tentes ? Bonne question !

Plus que jamais, avec ses six scènes, le HELLFEST est devenu un festival de niches. Grunge/stoner sous la Valley, Punk/hardcore devant la Warzone, Black sous la Temple, Death/Doom sous l'Altar, mainstream devant les Mainstages 01 et 02. Avec les différents publics accrochés devant leur scène de prédilection tel des berniques sur leurs rochers à marée basse, il est difficile pour le festivalier de passer d'une scène à l'autre dans de bonnes conditions. Après il faut assumer ses choix si le spectacle n'est pas au rendez-vous,

Ce premier jour, j'ai eu la satisfaction de voir des éléphants, pour autant me suis-je trompé ?

Le samedi, compte tenu de l'éloignement de mon logement, j'ai prévu d'arriver sur le site pour le set d'AUDREY HORNE. Aucun souci pour accéder au parking. Je suis dans les temps ! Hellfest, trois fois Hellfest, c'était sans compter sur une navette parking qui jamais n'arriva !!! Gros dilemme en effet chaque jour une fois débarrassé de son véhicule : marcher 30 (longues, très longues, trop longues) minutes pour atteindre le site, ou attendre 20 minutes l'arrivée d'une navette qui m'y mènera en 5 minutes pour le prix (prohibitif !) de 2 € ? La deuxième solution semble la plus rapide.....à condition que la rotation s'effectue correctement. Ce n'est pas le cas.

Et je ne parle pas du retour, quand vers deux heures du matin au sortir du site près de 80 personnes attendent en vain en file indienne la navette (de 8 places) sensée les ramener au parking, alors que deux navettes sont stationnées devant eux tous feux éteints au milieu du giratoire, et que deux chauffeurs discutent en rigolant devant la queue.....

Bref, j'ai raté AUDREY HORNE.



Je sillonne le site en long en large, telle une âme perdue, attendant ACCEPT...captant quelques minutes d'AC/D... euh.. de KROKUS ! Mais aussi de WITCHCRAFT, de PARKWAY DRIVE, de DOWN,... le tout sous une météo désormais clairement passée en mode grosses gouttes...



Mais ce n'est pas bien grave. Si on allait au HELLFEST pour les concerts, ça se saurait ! Non, le HELLFEST, par sa démesure, est devenu le DISNEYLAND du Metal. Un parc énorme, où l'on se rend entre potes, en famille, seul,... où l'on achète des souvenirs estampillés HF (fringues, accessoires, peluches,... euh?), où l'on trouve des boutiques spécialisées (le fameux EXTREME MARKET où certains errent des heures entières à la recherche du graal, formant dans les allées le plus long et plus grand circle pit du festival), où l'on déguste la cuisine du monde (le porte-monnaie aussi déguste), où l'on trouve une multitude de stands (magazines, sponsors,....). Où l'on boit aussi.

Le HELLFEST n'est pas devenu qu'un lieu incontournable. C'est un lieu unique.

C'est l'endroit où il faut être une fois par an, si l'on veut vivre Metal, si l'on veut avoir la vraie impression d'appartenir à une communauté, si l'on veut croiser, retrouver ses amis bien souvent virtuels le reste de l'année, si l'on veut s'en faire de nouveaux...déguisés en Pikachu, vache, curé, naturiste, ou pas du tout déguisés.

Les organisateurs l'ont bien compris, la seule vraie nouveauté, avec la Warzone désormais à ciel ouvert, étant la création de ce champêtre « Kingdom Of Muscadet ». Ce haut lieu de convivialité, cette forêt de Sherwood qui au fil du festival se transforme progressivement en cour des miracles et urinoir géant. Pour toutes ces raisons, et bien d'autres encore, c'est un lieu de passage obligé.

Baigner trois jours dans un environnement Metal, sur un site auquel un effort très important est consacré à la décoration, avec un goût rare, c'est aujourd'hui surtout cela le HELLFEST. HELL beaucoup, mais FEST encore plus.

Aller au HELLFEST juste pour assister à des concerts, il n'y a guère plus que Phil ANSELMO pour agir de la sorte...



ACCEPT enfin ! 25 ans que les Teutons et moi ne nous sommes pas vus ! A l'époque, Udo tenait le micro, et Wolf Hoffmann avait une crinière blonde. C'était la tournée « Russian Roulette ». A la différence d'hier, voilà des anciens sur lesquels le temps ne semble pas avoir eu de prise. Avec au chant l'américain Mark Tornillo, passé de TT QUICK à « Fastfood As A Shark », ACCEPT ne laisse pas le public respirer une seconde, assénant riff sur riff, jusqu'au final qui voit Phil Anselmo sauter sur scène, s'emparer d'un micro et pousser la chansonnette agressive avant de se prosterner devant ses maîtres. Culte ! Le public exulte !!!! Voilà le genre de happening imprévu qui donne tout son sens à ce genre de rassemblement.



Au-delà de la zone VIP se dresse la tente réservée à la presse. S'y rendre, c'est comme visiter une fourmilière. Alors que d'un côté une dizaine de box sont le théâtre d'un balai incessant d'artistes en interviews, de l'autre il y a la salle de commandement de la presse connectée. Pas une fenêtre, des tables encombrées d'ordinateurs, et autant de journalistes affairés, le regard hagard sous les lumières faiblardes... Ils sont tous au taquet, car eux ne peuvent pas se permettre d'attendre trois mois pour livrer leurs souvenirs !

La fin de journée s'annonce consensuelle sur les Mainstages. ZZ TOP et KISS ont attiré les foules de quadras, quinquas et plus, ayant depuis longtemps abandonné les vestes à patches au profit du pull nonchalamment jeté sur les épaules.



Pour l'occasion, ZZ TOP s'est paré de ses plus beaux habits de lumières, le poil lustré. Le set millimétré des Texans lance avec efficacité la soirée. Le site est bondé, le festival réalisant ce jour son record d'affluence à la journée. On en attendait tout autant de KISS. Mais ce soir le baiser est comme l'ennui : mortel. A coups de pétards mouillés faisant office de diversion, les créatures de la nuit livrent un show à l'économie. Stanley est haletant, le son riquiqui, les déplacements sont comptés, à l'image de l'araignée mécanique qui ne daignera pas descendre de son plafond... Plateforme, platform boots, et groupe en plate forme. Ah il faut les entendre chuchoter péniblement : « Shout it, shout it..... shout it out louuuuud ». Pffffff........ KISS coule, quelle déception ! Et dire qu'au même moment, sous la Temple, les autres maquillés d'IMMORTAL donnent une leçon de metal imparable. D'ailleurs j'y file !... KORN rachète ensuite ses défections passées, et célèbre le retour de son guitariste prodige, Brian « Head » Welch, en délivrant un show époustouflant. Comme chaque année, le HELLFEST recelait en ce samedi son lot de surprises, bonnes et mauvaises.



Grosse affluence, retour au parking à pied (because la navette... Grrrrrr), gros embouteillages, contrôle alcoolémie. Certaines fins de soirée sont tellement prévisibles...



Le dimanche, traditionnellement, est une journée particulière au HELLFEST. Certains festivaliers sont déjà partis ou sur le retour. Et cette année est marquée par l'absence de tête d'affiche marquante, justement.

Et pourtant cette dernière journée va s'avérer riche. Peut-être la plus intéressante et la plus variée. Sous un soleil bien installé, les Polonais de RIVERSIDE réjouissent un public clairsemé en début d'après-midi. Le Prog-Metal est le mal-aimé du festival, et souvent le grand absent. Mais quel bonheur de voir un de ses représentants jouer sur une Mainstage.



Pas de grandes stars internationales historiques à l'affiche aujourd'hui, mais des découvertes et des confirmations, pour peu de déceptions. Je retiens particulièrement nos compatriotes de GOJIRA, et surtout de MASS HYSTERIA, mais aussi les canadiens de VOIVOD rejoints sur scène par Jason Newsted et... Anselmo, ou encore NEWSTED seul sur scène avec son groupe pour une prestation à peaufiner, STONE SOUR, ou encore VOLBEAT qui prouve que sa place en tête d'affiche n'est pas usurpée.




Les deux surprises de la journée viennent de CLUTCH, absents excusés pour cause de décès et remplacés par le Phil (omniprésent) Anselmo Show, et de Glenn DANZIG, dont c'est l'anniversaire ce dimanche et qui demande à jouer en fin d'après-midi plutôt qu'à 00h45 !

Il échange son horaire avec GHOST qui n'en demandait pas tant. Plus qu'une chance, un signe ! Rencontré l'après-midi sans sa tenue de scène, Papa Emeritus II, chanteur de GHOST, tout sourire, me confie concernant cette surprise due à la demande de Danzig : « Oh oui, c’est très cool de sa part ! La première fois que nous avons joué au Hellfest, tout s’est passé à merveille et ça nous a beaucoup apporté parce que le show a été filmé et diffusé, beaucoup de monde l’a vu car c’était la première captation pro pour le groupe. Avec cette opportunité qui nous est offerte de clôturer en tête d'affiche, une fois encore quelque chose d’important et d'imprévu se passe pour notre carrière au Hellfest ! ». C'est donc sous la pleine lune que GHOST clôture de manière spectrale cette édition 2013. Qui a dit fantastique ?


On se pose souvent la question de savoir quelles seront ou quelles pourront être les têtes d'affiches de demain, quand tous les éléphants auront disparu. Cette journée du dimanche aura apporté quelques éléments de réponse, entre nouveaux venus et groupes français...



Je ne peux m'empêcher de partager avec vous le grand éclat de rire de Papa Emeritus II, quand après lui avoir rappelé que GHOST rendait hommage aux grands groupes des années 70, je lui demandai si le groupe n'était pas plutôt en train d'écrire la musique qui sera jouée à leurs funérailles !

Tout un symbole. Les jeunes groupes aux dents longues sont prêts à prendre la relève, sans pour autant vouloir à tout prix bousculer les choses. Tout viendra à point pour qui sait attendre. Ce dimanche en est une belle preuve,

Quels enseignements tirer de cette édition du HELLFEST ? Quels souvenirs garder ? L'organisation a su tirer le meilleur parti de ce nouveau site, l'ambiance fut au top, 160 groupes se sont succédés sans couac,.... Bien sûr tout n'est pas parfait, le son est dans l'ensemble assez moyen, trop fort et brouillon sous les tentes, trop dispersé en plein air,.... il est difficile de faire de vraies découvertes, trois groupes jouant en permanence au même moment, et les tentes restant assez inaccessibles en cours de set.... Mais le HELLFEST a confirmé son statut de plus gros festival metal de France, de lieu de rassemblement de métalleux de tous poils, et surtout d'endroit ô combien convivial.

A l'heure où sont à peine dévoilés les premiers noms de l'affiche 2014, beaucoup ont déjà leur billet en poche. Qu'importe les groupes finalement....

Nos remerciement à Roger Wessier et Olivier Garnier de la promo Hellfest ainsi qu'à toutes l'équipe du festival.

Je vous conseille la visite des blogs des photographes HARD FORCE pour faire un retour en images sur ce cru 2013 : ici !
Mais aussi de vous rendre sur la page METALXS : ici !

Une semaine après le HELLFEST, je poursuivais mon été musical en retournant voir MASS HYSTERIA près de BREST. Mais ça, vous l'avez peut-être déjà lu : ici.

(à suivre)

lundi 9 septembre 2013

ORPHANED LAND : Chen Balbus [interview]




ORPHANED LAND achevait la première partie de sa tournée 2013 au MOTOCULTOR FESTIVAL (56), avant de reprendre la route fin septembre, en compagnie de nos compatriotes KLONE, mais aussi des Palestiniens KHALAS. Nous avons eu le plaisir de rencontrer le groupe juste après son concert du samedi soir, et de nous entretenir longuement avec son petit nouveau, le guitariste Chen Balbus, qui fêtera son 21ème anniversaire en novembre. L'occasion de faire le point sur l'orientation mainstream prise par le groupe sur son dernier album, "All Is One", mais aussi bien évidemment d'évoquer la situation politique au moyen orient, et le message de paix qui sous-tend toute l'oeuvre du groupe. 

Bonsoir Chen. Tu as rejoint ORPHANED LAND en 2011. Etais-tu déjà là lors du précédent passage du groupe au Motocultor cette même année ?
Non, j’ai regardé le concert sur Youtube !

Votre nouvel album est assez différent des précédents, peut-être plus grand public, plus symphonique. Qu’est-ce qui a motivé cette évolution ?
C’est assez simple. Nous pensons qu’aucun album d’ORPHANED LAND ne doit sonner comme le précédent. Il est presque impossible de comparer « Mabool » à « OrwarriOR » (« The Never Ending Way Of ORwarriOR », 2010 – ndr), par exemple, même si les deux albums sont complexes. Nous avons exploré cette complexité, puis nous avons décidé de revenir à des choses plus simples et de nous concentrer sur notre message : « All Is One ».

Cette évolution favorise-t-elle la diffusion de votre message vers un public plus large ?
Précisément. La structure de nos morceaux est plus simple et nos paroles sont moins ésotériques, beaucoup plus directes, in your face : « All Is One ». C’est ce que nous voulons dire.

Le growl a presque totalement disparu, sur cet album. Pourtant, aujourd’hui, vous avez débuté votre concert par des morceaux plus anciens, sur lesquels Kobi (Kobi Farhi, chanteur d'ORPHANED LAND - ndr) adopte ce style de chant. Est-ce que vous adaptez les set-lists de vos concerts en fonction de votre public ?
Nous avions initialement décidé que « All Is One » ne contiendrait aucun growl. Pourtant, lorsque nous nous sommes retrouvés en studio, nous avons réalisé que le morceau « Fail » portait une grande colère : il n’y a qu’à écouter ses paroles. De notre point de vue, le growl s’imposait, d’autant que nous ne sommes pas devenus allergiques au growl, ne t’inquiète pas ! Pourtant, ce style de chant ne colle pas à l’ensemble des morceaux de l’album. Et pour répondre à la seconde partie de ta question, en tout état de cause, nous souhaitons continuer de composer nos set-lists avec l’ensemble des albums d’ORPHANED LAND. Jouer un album du début à la fin ne présenterait aucun intérêt à nos yeux.



Comment « All Is One » a-t-il été reçu par les fans ?
Les réactions ont été mitigées. Une partie des fans estime que c’est le chef d’œuvre d’ORPHANED LAND. Une autre a pensé : « Mais qu’est-ce qui vous arrive ? Vous tombez dans le mainstream, tout ça pour passer à la radio ! ». A ces derniers nous répondons : « Non, c’est toujours ORPHANED LAND, nous n’avons pas abandonné notre marque de fabrique. » Seulement, nous avons voulu explorer un chemin différent, cette fois. Rien ne nous poussera jamais à faire quelque chose que nous ne voulons pas faire : nous poursuivons nos envies et « All Is One » est l’album que nous souhaitons partager, cette fois.

Ce que tu appelles votre marque de fabrique, c’est ce groove proche-oriental qui vous distingue de tous les groupes de Metal ?
En effet. Il existe beaucoup de styles de Metal différents. Pourtant, si tu prends le suédois ou le finnois ils sonnent un peu scandinaves ! Pour notre part, nous sommes Israéliens : c’est notre réalité, notre héritage. Il semblait naturel de le prendre en compte dans notre musique et c’est ainsi que le « Metal oriental » est né.

Vous présentez ORPHANED LAND comme une arme pour la paix…
C’est vrai…

Cette marche vers la paix est très lente. Comment conservez-vous la foi ?
Pendant notre concert, aujourd’hui même, j’ai encore vu flotter des drapeaux de plusieurs pays arabes, un drapeau turc… et j’ai dû en louper pas mal parce que je ne porte pas mes lunettes, sur scène ! Or partout où nous allons, les gens dansent et font la fête avec nous – et donc, par extension, avec Israël. Certes, notre pays fait face à des risques, il est isolé, mais cette situation nous motive et donne un sens à ce que nous faisons. L’un de nos fans a lancé une pétition pour qu’ORPHANED LAND soit nominé pour le Prix Nobel de la Paix ! Cela nous encourage : nous devons continuer.

Constates-tu des progrès, à cet égard ?
Oui, même s’ils sont lents. Si tu plantes une graine, il faut la laisser éclore et grandir.

J’ai lu que la Turquie était le seul pays musulman dans lequel ORPHANED LAND pouvait se produire.
C’est vrai. La Turquie a toujours été une seconde patrie pour ORPHANED LAND. En revanche, avec un passeport israélien, tu ne peux rentrer dans aucun pays arabe : nous y sommes systématiquement considérés comme des ennemis d’état ! C’est malheureux, mais comme nous savons que le groupe a de nombreux fans dans tous ces pays, nous espérons avoir l’occasion de nous y produire, un jour. J’ajoute que dans ces pays, il est souvent interdit d’écouter du métal… Nous rêvons donc de pouvoir un jour y apporter un peu de bonheur aux fans qui écoutent ce genre de musique.
Plus largement, sur la tournée de « All Is One », c’est un groupe de musiciens arabes qui nous accompagnera (KHALAS – ndr). Des Israéliens et des Arabes qui partagent le même tour bus, et la même scène… comme des frères ! Car c’est ce que nous sommes : après tout, nous sommes tous des êtres humains, peu importe notre religion ! Juifs, Musulmans : nous sommes des êtres humains.




Kobi a dit sur scène, tout à l’heure, que le Metal était une religion. Qu’en penses-tu ?
Pour moi, le Metal est certes une forme de religion, mais c’est la musique, en général, la chose la plus puissante dont il m’ait été donné de faire l’expérience, dans la vie ! La musique m’a façonné en tant qu’être humain, elle conditionne la manière dont j’aborde la vie, toutes mes perspectives. De mon point de vue, c’est l’élément le plus puissant dont nous disposions pour faire un monde meilleur.

J’ai cru comprendre que votre label vous mettait la pression pour sortir vos albums plus vite. A-t-il un plan particulier, pour vous, à l’échelle internationale.
C’est vrai qu’ils nous mettent la pression. Un label musical est lui-même soumis à la pression du marché : en permanence, il doit proposer des produits nouveaux aux fans pour alimenter son business. Par le passé, avant que je ne rejoigne le groupe, ORPHANED LAND a pu mettre jusqu’à sept ans pour produire un album. Mais il y avait des explications à cela : Yossi est devenu papa, par exemple, et le line-up du groupe a changé plusieurs fois. Depuis que j’ai rejoint ORPHANED LAND, je crois que nous avons trouvé une efficacité nouvelle et, avec Kobi et Uri, nous avons pu composer « All Is One » assez vite.

Tu n’as pas encore 21 ans… il y a sept ans…
J’étais dans le public ! Les autres membres du groupe sont mes grands frères, dans un sens. Ils me connaissaient avant même ma naissance ! Quand Kobi a fondé RESURECTION (le premier nom d’ORPHANED LAND – ndr) je n’étais même pas né ! C’est marrant…

ORPHANED LAND est donc dans tes gènes…
Absolument. ORPHANED LAND a toujours fait partie de ce que je suis.

C’est un rêve qui devient réalité, d’avoir rejoint le groupe ?
Comme Kobi dit toujours, c’est l’histoire bien connue du fan qui rejoint son groupe fétiche.

En tant que fan, y-a-t-il une période que tu préfères, dans l’œuvre d’ORPHANED LAND ? Y-a-t-il des titres que tu aimerais jouer, mais dont les autres membres du groupe ne veulent plus entendre parler ?
Pas vraiment. Ils m’ont donné tout ce que j’attendais ! Ma philosophie de vie me conduit toujours vers l’avant, vers mon rêve. C’est ce qui explique que j’aie pu prendre un rôle si important dans la composition de « All Is One » et c’est aussi ce qui a permis à l’album de sortir si rapidement.

Quels sont vos projets, avant la tournée avec KHALAS ?
Nous n’avons prévu qu’un concert pour la radio, en Israël : nous souhaitons nous concentrer sur la préparation de la tournée « All Is One ». Comme Yossi ne participera pas à cette tournée, je devrai en particulier préparer le nouveau guitariste !

Avez-vous prévu de jouer en Cisjordanie ? Serait-il possible de voir un jour ORPHANED LAND et KHALAS partager une scène à Ramallah ou à Jérusalem-est ?
Nous souhaiterions jouer partout où c’est possible, sur la planète. Après, je ne m’occupe pas de la programmation des concerts : c’est l’affaire de Kobi. J’espère que nous pourrons jouer un jour en Cisjordanie, mais cela dépend encore largement de nos hommes politiques. Peut-être un jour ! Nous y travaillons. Lentement, le message de « All Is One » se diffusera…

Mis à part les pays musulmans, existe-t-il d’autres pays où ORPHANED LAND a connu des problèmes, pour jouer ?
Je ne crois pas... Maintenant, nous aimerions beaucoup nous produire en Asie (ailleurs qu’en Inde) et nous ne savons pas comment nous seront reçus, là-bas. Nous aimerions aussi tourner en Scandinavie, mais ORPHANED LAND n’est pas encore très connu, là-bas – bien que nous ayons enregistré « All Is One » en Suède. Dans l’absolu, nous voulons jouer partout !




Traduction et retranscription :  Naiko J. Franklin
Photographies : Naiko J. Franklin et Nikolas Ernult

Grand merci aux organisateurs du MOTOCULTOR FESTIVAL, et notamment Abir


dimanche 8 septembre 2013

KLONE et ULULE : un buzz dans un verre d'eau


Il y trois jours, KLONE a lancé un projet de crowdfunding sur Ulule pour permettre de boucler le financement de sa prochaine tournée en support de ORPHANED LAND.




Ce projet, accessible sur le lien http://fr.ulule.com/tournee-klone/ est présenté ainsi par le groupe:


Klone partira en Tour Support avec « Orphaned Land » à travers l’Europe du 20 Septembre jusqu’au 15 Novembre 2013 dans des salles de 500 à 1500 personnes .

Avec plus de 48 dates, cette tournée qui passera par toutes les grandes capitales européennes est un des événements les plus importants de la rentrée 2013 dans le milieu Rock-Métal.
Klone partagera la scène avec 4 groupes …

Le groupe a besoin de 3 500 euros.

Rapportée dans les news du site VS-Webzine, cette nouvelle a généré un flot de commentaires violents, agressifs et injurieux.

Sans entrer dans une polémique stérile avec des commentateurs anonymes qui comme d'habitude sont les mieux informés, ce déferlement haineux a de quoi surprendre, s'agissant d'un procédé de financement somme toute devenu assez banal aujourd'hui, par lequel de nombreux artistes demandent un financement à toute personne intéressée par leur projet, leur offrant diverses contreparties fluctuant à hauteur de leur participation.


KLONE propose plusieurs degrés de « récompenses », allant d'albums numériques aux places de concerts, rencontres backstage avec le groupe, merch, dédicaces, remerciements dans le prochain album, etc....

Rien de bien nouveau, exceptionnel, ni même choquant dans ce procédé.

Alors pourquoi tant de haine ?

D'autant que si vous n'aimez pas le groupe, sa musique, ou ses membres, vous n'êtes pas obligés de souscrire à ce projet (ils ne vous en tiendront pas rigueur) !

Non, ce qui est réellement surprenant, c'est qu'un groupe établi comme l'est KLONE, avec ses dix ans d'existence, une vraie identité, une discographie étoffée, des tournées incessantes (Tournée européenne en support de KING'S X en 2011, 41 dates entre octobre et décembre 2012, dont 21 en France et 25 en support de GOJIRA en Europe...), un dernier album (« The Dreamer's Hideaway ») très bien reçu par le public et la presse,.... en vienne à « mendier », comme l'ont écrit certains.

Si constat d'échec il doit y avoir, c'est que notre pays et certains de ses « métalleux » sont bien trop étroits pour permettre à nos talents de vivre et grossir.

Le Metal s'arrête-t-il à la réalisation d'un album que tout un chacun s'empressera de télécharger illégalement pour ensuite le descendre en flamme (alors que s'il avait dû l'acheter il ne l'aurait jamais écouté et aurait ainsi gagné une bonne occasion de se taire) ?

Où sont-ils, ces « true » fans de metal si critiques, quand KLONE  tourne sur tout le territoire en compagnie de TREPALIUM et d'HACRIDE, et que ce plateau varié de qualité peine de nombreux soirs à réunir quelques dizaines de spectateurs ?

CAR LA CONCLUSION EST LA : AUJOURD'HUI IL EST DIFFICILE POUR UN GROUPE DE TROUVER DES DATES ECONOMIQUEMENT VIABLES EN FRANCE.




Peut-on légitimement reprocher à ce groupe de chercher à élargir sa base au-delà de nos frontières pour assurer sa survie ? Et comment y parvenir autrement qu'en tournant, qu'en s'exposant en compagnie de groupes internationaux ? Peut-on leur reprocher de faire appel à leurs fans, alors que dans le même temps ils mettent en vente sur les réseaux sociaux une partie de leurs instruments et matériels ? Peut-on douter de leur sincérité et de leur réelle envie de défendre leur projet ?

Toute cette agitation est bien puérile.

Vous aimez le groupe ? Vous souhaitez qu'il puisse continuer à créer et vivre ? Vous n'adhérez pas au principe du crowdfunding ? Ne donnez rien ! Vous souhaitez les aider, donnez ! Ce n'est pas plus compliqué que ça !

On vit vraiment une drôle d'époque...

METALHEADS ARE KILLING METAL.