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lundi 18 juin 2012

HELLFEST 2012 : bilan et bonus


Je ne pouvais pas en finir avec le HELLFEST 2012 sans tirer un petit bilan. Alors que les têtes d'affiches laissaient craindre une fête en demi-teinte, il faut reconnaître que leurs prestations et la fréquentation ont donné raison aux organisateurs. De même, le nouveau site garde malgré les réserves évoquées ci-après une taille humaine. Et c'est tant mieux puisque l'on en prend pour cinq ans. Je laisserai enfin le dernier mot à deux personnages qui ont marqué le festival et les festivaliers : la Momie et Captain America ! Vous constaterez tout comme moi que si Cap répond dans l'urgence (mais il a tellement de temps à rattraper après avoir été congelé pendant des décennies !), la Momie déstressée par des millénaires d'errance est bien plus loquace...

 

J'adresse un grand bravo ainsi qu'un grand merci aux organisateurs, aux artistes, à mes collègues de la Hard Force team, aux photographes qui ont chacun apporté leur sensibilité aux formidables clichés qui ont illustré nos articles et que vous vous devez de retrouver dans leurs blogs respectifs, aux bénévoles et professionnels sur le site et autour, pour leur bonne humeur indéfectible, aux festivaliers qui sont le cœur de ce grand rassemblement convivial et fraternel.


HELLFEST 2012 Le bilan : les déceptions !

- Une météo capricieuse, un état du sol en conséquence, et un gros dommage pour celui boueux de la war zone ;
- Une diversité incomplète des styles représentés : où était le metal progressif ?
- Certaines têtes d'affiches décevantes, ou peu suffisamment consensuelles ;
- Un site aux dimensions parfois inhumaines :
      - des parkings trop loin ;
      - des toilettes trop peu nombreuses, dont l'état s'est vite dégradé, impraticables le dimanche ;
      - un terrain face aux mainstages trop court dans la profondeur :
      - un manque d'endroits où se poser, pour les non campeurs ;
      - un aspect festif moindre : avec la fréquentation en hausse, les festivaliers déguisés se sont dilués dans la masse ;
      - des communications erratiques ;
      - un son parfois décevant, tournant sur les mainstages, pas toujours net sous les tentes ;


HELLFEST 2012 le bilan : les satisfactions !

- Une bonne ambiance de chaque instant ;
- une énorme convivialité de tous les endroits ;
- des stands restauration et bars toujours accessibles ;
- l'excellent état d'esprit des professionnels et bénévoles ;
- une présence policière importante, mais discrète ;
- un nombre impressionnant de groupes à l'affiche ;
- un bon métissage sur les mainstages ;
- une application pour smartphone astucieuse et efficace ;
- des horaires de passage respectés, avec notamment de beaux enchaînements sur les mainstages et sous la Temple/Altar ;
- comme d'habitude une décoration et une signalétique originales ;

Vous les avez forcément croisés lors de ces trois jours ! Je laisse le mot de la fin à Captain America et la Momie qui nous racontent leur festival !



Interview exclusive : Captain America

Captain, comment devient-on Captain America ?

Cap : On devient Captain America en voulant incarner son personnage de comics préféré dans toute sa splendeur, pour être à l'écoute des gens, sauver son prochain, prendre des photos avec les enfants,... c'est tout juste énorme ! Etre un super-héros c'est génial ! (rires)

Comment as-tu vécu le festival ? Tu as dû être constamment interpellé ? Tu t'es fait beaucoup d'amis ? Tu as des anecdotes à partager ?

Cap : J'ai très bien vécu ce festival ! Comme tous les ans d'ailleurs, notamment l'ambiance conviviale du camping. J'ai effectivement souvent été interpellé par plusieurs personnes: des festivaliers et gens du festival, tous super sympa !! Et j'ai bien sympathisé avec mes voisins !! Très bon accueil de leur part, à peine installés sur notre place de camping, ils nous ont aidés, la momie et moi, à monter notre tonnelle puis... apéro ! J'adore !! Puis durant le weekend on prend l'apéro tous ensemble (voisins, momie, frère de la momie et moi), tranquilles sur ma table de camping et puis d'un coup les pieds de la table cèdent !! tout le monde par terre ! avec les bouteilles qui suivent ! plein d'alcool sur les vêtements ! et quelques personnes restent les fesses au sol à continuer de prendre l'apéro ! Et moi je me disais au fond : « mes parents vont me tuer !!!! ». Hélas, ça n'a pas loupé !! Ahahahaha !!!

Le bouclier est-il utile (ou un handicap) pour les circle-pits, walls of death, pogos,... ?

Cap : Le bouclier est indispensable pour tout malgré sa texture en plastique. Captain America sans son bouclier n'est pas Captain America ! J'ai une anecdote : mon bouclier fût brisé pour la première fois par la momie justement !! Durant un combat épique entre une momie et Captain ! Pour t'avouer j'étais vraiment deg ! Mais dans les mouvements de foule, heureusement qu'il y avait le super-scotch des secouristes !



Tu devais te faire arrêter tous les trois mètres, non ?

Cap : Oui mais peut-être pas tous les 3 mètres quand même, et grâce aux autres festivaliers, mon verre n'était jamais vide. Je les en remercie encore !

Quel est ton meilleur concert du Fest ?

Cap : Insomnium !! Je suis fan !!

Tu as rencontré d'autres super héros ?

Cap : Oui, j'ai rencontré Goldorak, Iron Man, Batman, Super banane (!), un autre Captain America, une tortue ninja et je dois en oublier malheureusement...

Tu fais d'autres festivals cet été avec la même tenue ?

Cap : Non malheureusement ! Mais l'été prochain oui ! Rendez-vous au hellfest l'année prochaine !




Interview exclusive : la Momie !


Comment devient-on Momie pour le hellfest ?

La Momie : Ba, dans mon pays, j'ai beaucoup entendu parler du Hellfest, du coup j'ai commencé à marcher. J'ai mis pas moins de 2 ans pour faire à pied La vallée des Rois (Egypte) - Clisson (France).

Nan, sérieusement, je pense qu'en faisant le con aux hellfests d'avant, on veut repousser la connerie encore plus loin.. Au 2009, on apparaît avec captain, après le générique du dvd "ambiance", je suis dans une tente en forme d'insecte géant, et j'en sors façon "alien". Ca m'a plu de faire rire, et du coup, on en veut encore plus.

Comment as-tu vécu le festival ?

La Momie : Je l'ai vécu excellemment bien. J'ai joué le jeu à fond : j'ai marché comme un zombie tout le long. D'ailleurs, il y avait 2 réactions à ce sujet : soit ils pensaient que je marchais comme ça parce que j'étais bourré, soit ils me félicitaient de mes perf d'acteur. Il y en avait aussi qui se demandaient si ce n'était pas le mélange des deux. Je pense que c'est eux qui avaient raison...

Tu as dû être constamment interpellé ?

La Momie : Oui, c'est pas compliqué on faisait 100 mètres en une demi-heure, et on a dû nous prendre en photo 200-300 fois sans qu'on soit interpellé, c'était bon pour l'égo ! Il y avait les arsouilles, les déguisés, les fans et les filles (mais moins parce que les momies ça leur fait peur).

Tu t'es fait beaucoup d'amis ?

La Momie : Nan pas tant que ça ! Des potes de beuveries surtout parce que la question qu'on me posait le plus c'était si je pouvais boire à travers mon masque alors je leur démontrais que c'était possible, large ! Juste une fois, j'ai passé une bonne moitié d'aprem avec des gens qui ont cru que j'étais mort devant une poubelle, j'étais juste bien crevé mais ils m'ont dit de venir avec eux et c'était bien sympa..

Tu as des anecdotes à partager ?

La Momie : Beaucoup.. Il y en a une qui m'a fait très plaisir : j'étais dans un circle-pit, pogo, et je faisais quelques slams. Un moment j'arrive en slam près de la rambarde de fin de public, mais là il n'y avait pas d'agent de sécu pour me rattraper. Je suis tombé sur la tête de 2m de haut, j'ai été sonné, un agent m'a porté et s'est excusé de ne pas avoir été là, je lui ai dit qu'il me reverrait dans l'heure dans les pogos. Les secours m'ont pris en charge (ils ont été super d'ailleurs) et ils m'ont mis dans une civière en forme momie, j'étais explosé de rire, et en leur expliquant pourquoi et ils se sont marré aussi. Je n'ai rien eu et une heure après comme promis j'étais à 2-3 rangs des barrières, comprimé par le public, et l'agent m'a vu, s'est levé au dessus des barrières juste pour me serrer la main avec le pouce en l'air façon : bien joué mec, t'es un ouf !



Ta tenue est-elle utile (ou un handicap) pour les circle-pits, wall of death, pogo,... ?

La Momie : On ne voit pas grand chose mais on ne respire pas la poussière. On n'a pas chaud sauf dans les pogos. Les walls of death ? Le premier que j'ai fait, je voyais tellement rien que je suis arrivé au milieu du wall sans m'en rendre compte 3 secondes avant que ça commence. Quand j'ai vu les deux camps courir vers moi j'ai compris où j'étais... Et pour les slams c'est juste trop bon ! Tout le monde veut voir une momie slamer ! J'ai dû en faire une quinzaine même quand je ne voulais pas !

Que pense la Momie du Hellfest ?

La Momie : Elle pense que le Hellfest c'est un truc de malades avec une ambiance de malades et avec des gens malades !

Ton meilleur concert du Fest ?

La Momie : DevilDriver en mode momie, et Lamb of God en mode repos

Tu as rencontré d'autres super héros ou Monstres ?

La Momie : Mon pote Captain, Obélix, des gens bizarres, la denrée, Stitchcore, les 5 vaches, et tellement d'autres...

Tu fais d'autres festivals cet été avec la même tenue ?

La Momie : Nan le Hellfest c'est mon festival de l'année. Il me suffit, je ne pense pas trouver mieux. Je pense revenir l'année prochaine toujours en momie ! ou peut-être en télétubbies... avec quatre potes on veut faire l'équipe complète des télétubbies. Ca peut être sympa de voir Lala ou Po faire un slam, non ?


Le HELLFEST 2012 est mort. Vive le HELLFEST 2013 !!!!

dimanche 17 juin 2012

17•06•2012 : HELLFEST 2012 : JOUR 3 (Dimanche)

Dimanche, troisième et dernier jour en Enfer. Ensoleillé. Le beau temps va-t-il enfin durer ? L'habitude est prise. Voiture. Parking. Navette. Festival. La navette est non seulement pleine, mais les rotations sont nombreuses. Et pourtant, je croise déjà des festivaliers sur le départ. Le parking n'est pas aussi plein que les deux jours précédents. Certains ont des obligations lundi et ne profiteront pas de cette dernière journée. Dans la navette, les traits sont tirés et les lunettes de soleil de rigueur. Mon voisin explique au chauffeur le fonctionnement des buvettes sur le site, les jetons, le prix des bières.... « deux jetons la bière ». Je rectifie : « ou le breizh cola ». Je lis l'incompréhension dans son regard. « ou le breizh cola ! ». « Uh ? Ah oui ! » Clin d'oeil et sourire de connivence. Le minibus nous conduit jusqu'au giratoire devant l'entrée du HELLFEST, et se gare....aux pieds d'un attroupement d'une quinzaine de gendarmes. Ambiance !

Bien rodée, mon arrivée sur le site l'est aussi. Passage à la buvette « café ». Envoi d'une douzaine de sms (dont aucun ne passera avant 5 heures). Direction les mainstages après avoir vainement tenté de rencontrer des visages connus. Routine.

Devant le stand « café », situé en face de la double tente Temple/Altar, je croise la Momie dans un sale état. Je ne m'en rends pas compte immédiatement, mais je m'aperçois qu'une dizaine de personnes me font face et regardent dans mon dos en souriant. Je me retourne alors, et je vois cette étrange créature enrubannée errer en titubant sur ce champ de boue, progresser péniblement vers la tente, tel un crabe sous valium.... et je devine ses pensées embrumées : « It's a long way to my sarcophage ! »

Je me dois ici de rétablir la vérité. Les festivaliers metalleux ne sont pas les alcooliques drogués assoiffés de sang dépeints pas une ex-ministre. Non, ce sont les victimes d'une population qui sous des abords paisibles prend un malin plaisir à les soumettre à la tentation. Les témoignages sont unanimes.

C'est ce festivalier qui, garé dans une rue, pestant contre son téléphone portable désespérément muet, se voit inviter par un riverain âgé à venir se servir de son fixe....et se voit par la même offrir une bière.

C'est cet autre festivalier, campeur, qui après une nuit (courte) se voit proposer en sortant la tête de sa tente aux aurores (10 h) un café par cette voisine âgée, puis un heure plus tard par la même voisine un petit vin blanc du vignoble local.

Et ce ne sont que deux anecdotes parmi tant d'autres. Le metalleux est poli et bien élevé. Il ne sait pas refuser. C'est bien là la source de ses déboires.

En ce début d'après midi, notre amie la momie n'est pas la seule à être déphasée. GIRLSCHOOL achève son set sur la MS1 avec ce qui restera leur tube, « Emergency », dans une interprétation toujours sympathique mais pas vraiment délivrée dans l'urgence, quand Kim McAuliffe prend congé en criant « Good night ! ». A 12 heures 45 ???

Heureusement, les californiens de ALL SHALL PERISH remettent rapidement les pendules à l'heure, avec leur deathcore sans jetlag. Hermida assure comme un damné au chant, et réveille la prairie, la tignasse masquant son visage, tel un metal Chewbacca, et c'est reparti pour quarante minutes de wall of death, circle pit, etc.... *Baille* La dépense d'énergie au premier plan, la musique un peu plus loin....


Je déambule sur le site, tentant désespérément de retrouver mes amis alors qu'irrémédiablement le weekend touche à sa fin. Je me fais à nouveau alpaguer par un inconnu. « Eh Christophe ! ». Oui ? Bon sang, encore un ami Facebook ! Mais pourquoi ne suis-je pas plus physionomiste ???

ALL SHALL PERISH


Je fais l'impasse sur le show des Danois de D.A.D. Et pourtant, ce dimanche de fête des pères aurait-il eu la même saveur sans leur apparition sur scène ? On peut se poser la question. On peut aussi ne pas y répondre. Avec un line-up inchangé ou si peu depuis près de 30 ans, D.A.D. ne va pas révolutionner le metal, et le succès d'estime voire même la reconnaissance qui sont les leurs ne vont souvent pas plus loin qu'une poignée de titres sympathiques et une basse à deux cordes (alors que la tendance semble être à six).

Je reviens devant les mainstages pour WALLS OF JERICHO, à temps pour découvrir une présence forte qui éclabousse ce dimanche, celle de Candace kucsulain au chant. Mazette ! Quelle énergie !!!! Dans sa tenue de gym tonic, cette version metal de Veronique et Davina, dynamite des morceaux déjà explosifs sur galette. Quelle force de la nature ! Impossible de rester insensible à cette personnalité si charismatique. Dans sa tenue si peu féminine, avec ses cheveux tirés et sa voix d'outre tombe, ce petit bout de femme tatoué dont pas un membre ne sera au repos pendant les 45 minutes du show renvoie sans le savoir dans leurs cordes par avance les deux poids lourds qui vont suivre. Pogo, slam, circle-pit, … « The biggest fucking circle pit of the night !!! » réclame-t-elle. Le public est à ses pieds. Le succès indiscutable. Une fois de plus, la différence se fait dans l'implication, la sincérité, le plaisir de jouer.

HATEBREED arrive sur la MS1 aux mesures de la musique de ROCKY, ou des Grosses têtes, c'est selon, et ce qui choque, c'est l'enchaînement avec DEVILDRIVER. Peut-être le plus gros pavé de ces trois jours sur les MS. Difficile, à moins d'être un die-hard fan, de rester attentif en cette troisième journée, d'autant plus que dans un style brutal sans concession, WALLS OF JERICHO vient de mettre tout le monde à genoux. Je retombe par inadvertance sur mon frère qui vit le festival autrement. Avec sa « bande », la nuit a été courte. Ils attendent B.Ö.C. pour aller ensuite se coucher ! Mais il leur reste 90 jetons à dépenser. Le corps humain a ses limites. La musique monolithique de ces deux groupes finit d'achever ma patience. Je quitte me réfugier sous les tentes après un détour par la restauration.

DEVILDRIVER


L'occasion de trainer sur les tables installées derrière les scènes altar, temple et valley. Quel lieu de convivialité ! Au troisième jour, les jambes sont fatiguées. Mais pas qu'elles. Prendre son temps pour déjeuner attablé est l'occasion de côtoyer une succession de festivaliers, chacun partageant ses coups de cœur, ou ses coups de fatigue. La palme revient à ce très sympathique metalleux de Verdun, aide-soignant dans la vie civile, tatoué et bandanané ce weekend, qui avoue que la veille il ne s'est rendu compte qu'au milieu du set des GUNS qu'il ne s'agissait pas de SLASH. Il est vrai que DJ Ashba portait lui aussi fièrement le haut de forme. Mais non, notre ami a cru pendant toute la première partie du concert qu'il s'agissait de SLASH....avec Myles Kennedy ! Ces trois jours de metal mettent notre santé à rude épreuve...

Après un délicieux américain-merguez, j'échoue dans la Valley, où RIVAL SONS, en invités de dernière minutes, font résonner des accords 70's. Leur album « Pressure and time » ne m'avait qu'à moitié convaincu, leur show confirme mes doutes. Si leur musique détonne complètement au sein de ces trois jours plutôt consacrés cette année aux musiques extrêmes, elle est vraiment trop proche de celle du dirigeable. Chaque entame, chaque accord, évoquent irrémédiablement un morceau de Led Zep, et c'est insoutenable. Je vais de déception en déception avec chaque morceau. Je quitte donc avant la fin de leur set la tente malgré tout bien remplie, afin de me rapprocher des abords de la MS1 où Blue Öyster Cult est attendu.

Et je me retrouve donc à nouveau bercé par les derniers accords de DEVILDRIVER (Arrrgghhhhh!!!).




Après un court intermède, BLUE OYSTER CULT arrive sur la MS1. Les passages en France du culte de l'huitre bleue sont rares. Il m'apparait dommage de rater le concert de ces vétérans, guerres psychiques ou non. La dernière fois que je les ai vus, c'était à l'Elysée Montmartre en 1996. Accroché à la scène devant Allen Lanier, j'avais passé un horrible moment tant il jouait fort et éméché. Je n'ai pas entendu de la soirée la guitare de Buck Dharma. Et voilà que ce soir le cauchemar recommence ! Trois guitares sur scène...inaudibles d'où je me trouve. Il faut attendre le troisième morceau, « Buck's Boogie », pour enfin commencer à les discerner derrière un mur de basses. Malgré tout, c'est un réel plaisir de retrouver un groupe pas si vieillissant que ça. Enfin, ce dimanche, B.Ö.C. démontre avec brio qu'on peut faire autre chose avec des guitares que de jouer de gros riffs répétitifs pour faire courir les gens en rond dans la prairie. Buck Dharma, Eric Bloom et le « jeune » Richie Castellano, enchaînent les soli avec un goût raffiné. Le reproche que je leur fais, c'est justement le fait que ces soli interminables, mais jamais lassants, réduisent d'autant le nombre de titres joués. Mais avec la discographie qui est la leur, deux heures de concert auraient également laissé beaucoup de frustration. « Burnin' for you », « Cities on flame.. », « Godzilla » et « Dont fear (the reaper) » auront aujourd'hui suffi à mon bonheur. En espérant que le groupe nous revienne dans cette forme prochainement...

TRIVIUM ne m'inspirant guère, je file vers les tentes en quête de sensations fortes. Quelques boissons plus tard, je parviens sous la Temple/Altar où LOCK UP finit son show alors que je me place dans l'attente d'IHSAHN. Comme à chacun de mes passages, cette tente est bondée d'un public très réactif. LOCK UP termine sous un tonnerre d'applaudissement en interprétant notamment deux titres de TERRORIZER (« Fear of Napalm » et « Storm of stress »). C'est alors que, me trouvant au centre de la tente, mon téléphone se met à vibrer, recevant sms sur sms. Je réponds consciencieusement à tous ces messages...et toutes mes réponses passent. Je viens de trouver le nexus des réalités téléphoniques !!!! Le seul point du festival où tout devient possible en matière de communications ! Je peux donc fixer rendez-vous à tous mes amis !!!! La fin de soirée s'annonce festive !


Que dire d'IHSAHN ? L'ex chanteur-guitariste d'EMPEROR poursuit avec bonheur sa carrière solo entouré d'un jeune backing band de luxe, à savoir les membres de LEPROUS. Je n'ai pas encore écouté son nouvel album, et je suis surpris par la force et la qualité de ce show qui ne se résume pas à du black metal, symphonique ou non. Energie, musicalité, variation des chants,... tous les éléments sont en place et je suis conquis. Je ne suis pas le seul apparemment. Malheureusement, je dois m'éclipser avant la fin du concert pour rejoindre MOTLEY CRUE. Avec regret, mais il faut faire des choix. Je me dis qu'il faut que je garde un œil sur les prochains passages de ce Norvégien...



En 2012, je n'attends pas grand chose de MOTLEY CRUE. J'ai la chance d'avoir suivi leur parcours depuis leurs débuts, avec le vinyle de « Too fast for love » et sa pochette trop cartonnée (souvenir d'enfance. Séquence nostalgie), puis plus tard j'ai pris un malin plaisir à terroriser mon petit frère avec l'intro de « Shout at the devil ».... Et puis le temps passant, je me suis lassé de ce rock américain simpliste alors que le reste de la production metal se complexifiait. Mais on garde toujours une petite place pour ses madeleines, et je suis du genre gourmand. Et curieux. C'est donc avec une grande satisfaction que je découvre ce soir un Vince Neil en voix, un Nikki Sixx et un Tommy Lee décontractés et efficaces, et un Mick Mars acéré, porteur du haut de forme fil rouge. La soirée démarre sur « Wild side », « Live wire » et « Too fast for love »...et prend immédiatement la tournure d'un gigantesque best-of qui s'étire sur une quinzaine de titres, s'achevant par « Kickstart my heart ». Mention spéciale à « Looks that kill » et son intro qui n'a trompé personne. 

Comble de l'ironie, c'est bien avant que le groupe n'entonne « Girls ! Girls ! Girls ! » que les quatre go-go danseuses du HELLFEST entament leur danse quotidienne dans le conteneur Carlsberg surélevé à droite de la MS1. MOTLEY, avec ses deux danseuses légèrement vêtues, fait un peu cheap, et les spectateurs se retournent vers le conteneur pour immortaliser ces quatre corps vêtus encore plus légèrement. Le festivalier masculin ne sait plus où donner de la tête, et l'on se dit qu'il est bon que les STEEL PANTHER ne soient plus dans le coin à cet instant présent.

 MOTLEY CRUE est aussi connu pour les frasques de ses membres que pour sa musique. It's only rock'n'roll ! Fardé comme un Louis XVI un soir de bal, Tommy Lee assure le show sans sa batterie customisée grand huit, mais avec son piano, et s'en va remercier l'audience en lui faisant pêter à la gueule une bouteille de Veuve. Mick Mars assure comme un beau diable, même si son physique aujourd'hui le recalerait d'office si l'idée lui venait de postuler au sein de MOLLY HATCHET. Je reconnais que les Crüe m'ont fait passer un excellent moment.

Passage de chapeau, euh.. de témoin, et Slash, Myles et les Conspirators entrent en scène. Fort d'un second album solo dans la veine hard'n'roll qui l'a rendu célèbre au sein des GUNS'N'ROSES, Slash lui aussi entouré d'un backing band de luxe ne fait pas de quartiers. Pas de temps morts, pas de pyrotechnie, pas de feu d'artifice, ni d'artifice d'ailleurs... Après les ROSES hier soir, voici venir les GUNS ! Avec un show axé sur ses deux albums solo, avec quelques incartades GNR premier album (« Nightrain », « Mr Brownstone », « Sweet child of mine » et « Paradise city »), SLASH impose son aura et revendique sa part du gâteau. Au chant, Myles Kennedy inonde de son talent ces titres incontournables et reproduit à la perfection les extraits d'« Apocalyptic Love ». Ces deux hommes bénéficient mutuellement de leurs talents respectifs et démontrent en douze titres que le rock'n'roll n'est en rien compliqué. Envie, joie de jouer, efficacité, absence de compromis. Il n'y a pas photo avec le show de la veille.



Malheureusement, la météo qui avait été clémente jusqu'alors se dégrade soudainement. Les premières gouttes font leur apparition aux accords du frisé chapeauté. Les festivaliers se réfugient sous la dizaine de parasols situés au fond du site devant les stands de restauration. Enfin, quelques festivaliers. Et bien sûr dans la cohue qui s'en suit, des drames se jouent. Comme pour cette petite fille, à qui les parents tout de cuir vêtus viennent à l'instant d'acheter une glace à l'italienne...désormais au sol dans son cornet. Le père est contrarié. La mère la ramasse et en extirpe les brins d'herbes marrons crasseux...avant de la rendre à sa fille. Hellfest jour 3. Soirée. La tension est palpable.

La pluie redouble. Tel le bat-signal, un projecteur envoie sur les nuages bas le « H » stylisé du HELLFEST. Dans le faisceau lumineux, les grosses gouttes sont innombrables. Au sol, la terre se gorge d'eau et se transforme à nouveau en boue. Les k-way et capuches surgissent de partout. OZZY et ses amis arrivent. On dit le madman malade. On murmure aussi que Tony Iommi serait là est qu'il va jouer deux morceaux. L'ambiance est électrique. L'endroit s'y prête.

Remplaçant au pied levé le BLACK SABBATH originel, OZZY devait jouer des morceaux du Sab avec ses amis. Du moins c'est ainsi que cette prestation a été vendue. Dans les faits, ils s'agit au final d'un concert identique à celui de l'année dernière. Enfin, pour être précis, le même amputé de quatre titres, et avec « N.I.B. » à la place de « Fairies wear boots ». Pour autant, et malgré la pluie, ce concert est bien meilleur que celui de 2011. OZZY est vocalement égal à lui-même, mais il bouge un peu plus, se risquant même à s'éloigner de quelques mètres de son pied de micro. Alors que les festivaliers sont sous la pluie, Ozzy s'approche au maximum du bord de la scène et reste également sous l'eau la majorité du concert. Musicalement, ses amis sont bien talentueux. Commençant le show avec son groupe habituel (Blasko à la basse, Tommy Clufetos à la batterie, et Gus G. à la guitare), Geezer Butler vient prendre la basse et Slash se joint à la bande pour interpréter « Iron Man », « War pigs » et « N.I.B. » dans des versions très lourdes et remarquables. Dire que c'est la défection de Tony Iommi qui a permit à Slash de revenir à Clisson cette année. « Win some, lose some »... Puis Slash et Butler cèdent la place à Blasko et Zak Wylde pour une version follement entrainante de « Crazy Train ». Enfin, tous les participants reviennent jammer sur « Paranoid » et c'est fini. Tony ne sera pas venu. Personnellement, la version de « N.I.B. » ce soir m'a retourné. Du OZZY comme celui-là, accompagné de tant de talents, j'en accepte tous les jours. Il ne reste plus qu'à prier pour que le BLACK SABBATH originel se reforme effectivement très vite et nous la fasse tourner, cette tournée d'adieu ! Get well soon Tony !



Pendant la première partie du show, je dois malgré tout avouer que comme bon nombre de festivaliers subissant les assauts de cette pluie battante, j'ai cherché à me réfugier sous une tente. Je me suis ainsi retrouvé sous la Valley, blindée, où SUNN O))) encapuchonnés comme tout le monde ce soir dispensaient leur metal hermétique. Sans vouloir fait de mauvais jeu de mot (ce n'est pas mon style), deux accords en sept minutes m'ont conforté dans mon imperméabilité à leur musique. La proverbiale goutte d'eau.

SUNN O)))


Le départ d'OZZY signifie pour bon nombre de festivaliers la fin du HELLFEST 2012. La pluie accélère les départs. Je termine le programme que je m'étais fixé en me rendant sous la War zone, où je retrouve quelques amis. BIOHAZARD y clôt les festivités. Le metal hardcore des quatre new-yorkais finit d'achever en beauté les quelques passionnés qui s'y sont réunis. Difficile de pogoter les pieds englués dans la boue. Toute la tente est un gigantesque terrain de boue. Est-ce pour cette raison que Billy Graziadei invite les fans à venir sur scène pour un final apocalyptique ? Allez savoir... Chaude ambiance, l'endroit idéal pour prolonger le plus longtemps possible la fête. « Punishment » qu'ils appellent ça ? Une belle récompense plutôt, avec à la clef un nouvel album promis pour 2013. Tout le monde est sonné. Le résultat d'une gigantesque claque, ou la prise de conscience que le HELLFEST est bel et bien fini ?

Il est deux heures du mat, j'ai des frissons, je claque des dents et tout a changé. La musique s'est tue. Les lumières se sont rallumées. Mon téléphone passe, mais tous mes amis ont quitté le site, comme des voleurs, moi compris.... Oui, le HELLFEST a bel et bien pris fin aux derniers accords de BIOHAZARD.

En quittant le site, alors que la pluie a cessé, aquaplanant vers la sortie sur mes semelles trop lisses, j'abandonne l'idée des navettes et pour la dernière fois j'entreprends la marche de trois ou quatre kilomètres vers le parking, les oreilles résonnant d'un melting-pot sonore kaléidoscopique.... L'esprit quelque part entre tristesse, fatigue, et satisfaction.

samedi 16 juin 2012

16•06•2012 : HELLFEST 2012 : JOUR 2 (Samedi)


J'avais quitté le site après le concert événement de KING DIAMOND la veille, sous une pluie nourrie. Je le retrouve ensoleillé ce midi, mais passablement détrempé. Et même complètement boueux. « A new battlefield » qu'ils disaient ! Effectivement, la prairie a des allures de champ de bataille ! Ah le plaisir d'assister à un festival allongé dans l'herbe fraiche....ou pas ! Heureusement, on dirait que ça ne me gène pas de marcher dans la boue. C'est donc frais et (presque) reposé que j'arrive au HELLFEST en ce samedi. Parce que je m'étais promis qu'on ne m'y prendrait pas à deux fois, j'utilise la navette qui mène du parking au festival, m'économisant ainsi trente minutes de marche. Le nombre de ces minibus de huit places, cinq si j'en crois le chauffeur (arborant la tenue officielle des bénévoles : un t-shirt GOJIRA), m'inquiète un peu pour le retour, quand des milliers de festivaliers quitteront le site dans la nuit à peu près en même temps.... Quant au prix, deux euros pour 3km, disons que « business is good....».

J'ai prévu de mettre à profit cette deuxième journée pour rencontrer le maximum de connaissances sur le site. Hélas, je m'aperçois rapidement que les communications y sont extrêmement aléatoires. Un coup ça passe, un coup non, un coup oui... mais cinq heures plus tard ! Difficile dans ces conditions ne serait-ce que de donner rendez-vous à une personne que l'on sait présente dans les parages.... Les voies de la téléphonie mobile étant impénétrables, je m'interroge quand même sur les raisons pour lesquelles quand ma femme m'envoie un sms énervé pour me reprocher un truc que j'ai oublié de faire avant de partir, là, ça passe !

Le smartphone n'est cependant pas totalement inutile, car le HELLFEST a développé une application efficace qui permet d'organiser son emploi du temps à la carte, et envoie un message 15mn avant le début des concerts que l'on a pris soin d'inscrire dans ses favoris... Et ça fonctionne très bien. Cela permet également d'avoir un running order mis à jour.



Quoi de mieux pour me mettre immédiatement dans le bain que de me rendre devant la MS1 où ne vont pas tarder à se produire les STEEL PANTHER ? J'assiste de loin à la fin du set des belges de CHANNEL ZERO sur la MS2. Les français ne sont pas les seuls à être relégués aux débuts de journée.



STEEL PANTHER et son metal parodique prennent alors d'assaut la MS1, avec à la guitare un Satchel toujours aussi loquace qui fait des efforts importants pour s'exprimer dans la langue de Molière. A moins que ce ne soit celle de Marc Dorcel ! « Nichons ! Nichons ! Nichons ! », « Montrez-nous vos nichons ! » STEEL PANTHER confirment qu'ils sont bien le groupe d'une seule blague. Aucune fille ne monte sur scène (la faute à une fosse trop large) et l'on ne retrouve pas la folie du bataclan de ce début d'année. Le public est malgré tout très réceptif à ce genre d'humour, et les musiciens au top de leur forme. Ils maîtrisent leur sujet. Trop peut-être, car l'ensemble tourne à froid et l'on imagine les blagues et dialogues très écrits « Non je ne suis pas gay ! J'étais en prison et j'avais besoin de cigarettes !!!», ou encore «tu as de jolis seins ! Enfin,.... vus d'ici ! ».... Mouais.... Leur hair-metal vu et entendu ne peut guère satisfaire que ceux nés après 1980. Et quel drôle de refrain que celui de « Tomorrow night » !!! « Je vais à une fête....mais demain ! Alors ce soir je vais me branler » Effectivement, sachant que MOTLEY CRUE joue demain, on peut penser que c'est tout ce qu'il restait à faire aujourd'hui, pendant le show de STEEL PANTHER.

Après cette parenthèse de stand-up metal comedy, changement de monde avec la venue de DEATH ANGEL sur la MS2. Ici on ne rigole plus. On revient aux choses sérieuses. Le groupe fête le 25ème anniversaire de la sortie de son premier album, qu'il interprète en intégralité. Le chanteur, Mark Osegueda, nous dit qu'en apprenant qu'ils joueraient au Hellfest le 16 juin 2012, il n'en a pas cru ses oreilles. Le groupe est heureux et délivre son thrash avec une virtuosité maléfique. C'est assurément en ce qui me concerne un des grands moments du festival. Quelle violence ! Quelle « ultra-violence » ! Circle pit de circonstance, et bonheur évident de jouer ! Un voyage dans le temps jouissif, à l'époque où le thrash révolutionnait le metal.

Après ce déferlement de fureur thrash, KORITNI se présentent sur la MS1. Un couple d'allemands m'aborde alors pour savoir si STEEL PANTHER va jouer maintenant. Visiblement, ils n'ont pas l'application HELLFEST sur leur smartphone. Le mari console sa femme, abattue par la triste nouvelle que les américains se sont produits il y a déjà deux heures de cela.

Difficile d'enchaîner avec nos désormais presque franco-australiens de KORITNI. Ils semblent perdus sur cette grande scène, et malgré tous leurs efforts, et un hard rock efficace, on ne m'enlèvera pas de l'esprit que leur place est plutôt dans une petite salle qui suinte la sueur et la bière. Non pas que le show soit mauvais, loin de là, mais les musiciens, à l'exception du chanteur et du bassiste, paraissent perdus sur cette immense scène.

La marche impériale de STAR WARS introduit SCARED REICH dès la fin du concert de KORITNI. Reformé depuis cinq ans, SACRED REICH continue à porter la bonne parole du speed metal dont l'heure de gloire remonte à plus de 15 ans. Mais quelle drôle d'idée de reprendre WAR PIGS de BLACK SABBATH alors qu'Ozzy joue le lendemain... Décidément, la cover est à la mode cette année....





Ne pouvant trouver personne (la faute à ces maudites communications erratiques), je pénètre dans la zone VIP dans l'espoir d'y repérer une tête familière, mais aussi parce qu'Antoine, jovial animateur de l'émission « TimeToBlast » sur Radio Campus Rennes, est parvenu à m'y donner rendez-vous. Nous parvenons à discuter quelques instants (ô joie!), mais la zone VIP n'est vraiment qu'un lieu de passage, chacun vaquant à ses occupations et courant entre deux concerts. J'y rencontre Marjorie, photographe Team Hardforce, et Thibault Brière, également shooter talentueux... puis viennent se greffer à notre petit groupe Arno Strobl et une bonne partie de 6:33.... Au bout de quelques longues minutes et quelques verres, je me rends compte que cette zone VIP peut aussi prendre des allures de guet-apens. Mais une volonté de fer me meut et je repars vaillamment  au « boulot » !

2012 © Mathilde Laurence
J'avoue honteusement avoir zappé le show d'URIAH HEEP, à l'exception du rappel « Easy Livin' », et c'est probablement une grave erreur. Petite infidélité aux mainstages, j'ai choisi de passer un excellent moment devant la TEMPLE pour le concert des Norvégiens de DJERV, dont la chanteuse, Agnete Kjolsrud, sorte d'improbable croisement maléfique entre Jackie Quartz pour le look et Abbath pour la voix, exécute une prestation très chorégraphiée, pantomimique, avant de se jeter dans la foule ! Gros show, malgré le handicap d'un seul premier album certes bourré d'énergie mais peu varié. Gros concert et grosse présence hypnotique ! Grosse surprise donc.

En sortant de la tente, je me rends à l'Extreme Market, bondé, situé en face, en compagnie de Guillaume, l'un des principaux artisans du hors série metal des Inrocks. Les Inrocks encensent le metal ? Il n'est peut-être pas anormal que le temps soit à la pluie !





Je reviens devant la MS2 pour assister au set d'EXODUS. Ma connaissance d'EXODUS s'arrête à « Bonded by blood », acheté à sa sortie. J'en retrouve donc quelques extraits avec plaisir. Et pour la première fois, je me sens à l'étroit dans la prairie. L'affluence est énorme, repoussant les derniers spectateurs littéralement dans les stands de restauration. Malgré l'absence de Gary Holt (faisant l'intérim dans SLAYER), le groupe détruit tout, finissant d'achever l'assistance par un braveheart de la mort ! Rob Dukes au micro est une véritable force de la nature, et parvient à séparer la foule devant lui d'une manière qui embarrasserait Moïse devant la mer rouge. Malgré tout, l'ensemble a des allures de passage en force. Un peu plus de finesse dans ce monde de brute aurait été la bienvenue.


Retour sur la MS1 pour assister au show de Sebastian Bach, la grande question étant de savoir s'il va jouer beaucoup (ou pas) de SKID ROW. Réponse ? 80 % du show ! Sebastian est une boule nerf et d'énergie. Si sa voix désormais éraillée a perdu dans les aigües, il reste un véritable showman qui se donne à 200%. Adepte du lasso, il fait régulièrement tournoyer son micro au dessus de sa tête, n'hésitant pas à lui donner beaucoup de lâche.... ce qui s'avère menaçant, l'amplitude donnée propulsant son micro de la batterie à la fosse ! Il s'exprime en bon français, mais même quand il parle il crie !!!!! Son jeune guitariste de 21 ans, Nick Sterling, qui lui a donné cet excellent dernier album (« Kicking and screaming ») est très en retrait, discret, timide... et physiquement fait encore moins que son age. Heureusement, Johnny Chromatic assure à la deuxième guitare. Si l'état de sa voix l’empêche désormais de chanter le refrain de « I remember you », Bach compense par son allant et fait appel aux talents de chanteur d'un public conquis. Le concert, à l'image de sa longue carrière, est une succession de hits : « 18 and a life », « Slave to the grind », « Piece of me », « Monkey Business »,..... mais le show tient aussi, pour d'autres raisons que celui d'EXODUS, du passage en force. Bach s'auto-félicite de ses 25 ans de carrière ! Décidément c'est la journée bougies !

Dans la foule, mon voisin se fait aborder par un Captain America plus vrai que nature, qui, emporté par sa fougue, lève son bouclier au ciel... et percute un autre spectateur aussi enthousiaste qui lève au même moment un pichet rempli de bière. La collision est inévitable et la bière coule littéralement à flot ! C'est alors que je me rends compte que Cap n'est pas seul, mais accompagné de la Momie, et que la créature bandelettée boit.... au travers de son masque ?!?

Comme chaque année, on croise au HELLFEST nombre de créatures étranges (La denrée de « la soupe aux choux », des vaches, des vikings, des super-héros, Borat, un Cone man, une banane,...) mais avec cette fréquentation vraiment plus importante, leur présence est plus « diluée », et l'ambiance en pâtit, devenant moins folle, plus formatée.... L'aspect « festif » semble se diluer un peu aussi.

Je teste les churros. Grave erreur : gras et froids, ils finiront dans la poubelle. Les heures passent, les repères disparaissent. Que faut-il manger ? Faut-il manger d'ailleurs ??? Je commence à faire n'importe quoi.... vite une boisson ! (avec modération).



Le début de soirée est placé sous le signe du repos avec l'arrivée de WITHIN TEMPTATION. Comment endormir une prairie en deux notes, trois mouvements... Longue intro cinématographique parlée, musique peu emballante, en retrait, et une chanteuse légèrement vêtue, chantant harmonieusement d'une douce voix. C'est le coup de mou de la journée, même s'il en faut pour tous les goûts et que sa présence se justifie, il faut reconnaître que les festivaliers assis sont alors plus nombreux que ceux massés devant la scène.

Un nouvelle rude transition attend cependant ceux-ci, avec l'arrivée de MACHINE HEAD. Je dois reconnaître que je n'ai pas vraiment suivi leur carrière depuis « The more things change.... », et qu'à leur show, j'ai préféré me rendre à nouveau sous l'ALTAR/TEMPLE pour assister de loin à la fin du concert de NAPALM DEATH, et surtout me positionner proche de la scène sur laquelle ENSLAVED va officier.

ENSLAVED est en grande forme, et son black metal progressif est toujours un régal pour les oreilles. Ils ne faillissent pas ce soir. Grutle Kjellson, le bassiste hurleur, occupe toute la largeur de la scène, entouré à sa droite par la masse viking d'Ivar Bjornson, et à sa gauche par les pectoraux de Arve Isdal, lequel s'avance sans cesse au bord de la scène. En huit titres, dont trois issus de leur dernier album datant, déjà, de 2010 (« Ethica Odini », « Raidho » et « Giants »), mais aussi une chanson « ancienne », « d'il y a 40 ans » (qui s'avère être une reprise difficilement reconnaissable d' « Immigrant Song » de Led Zeppelin), ENSLAVED me comblent. Au diable les bouchons d'oreilles !


Je note que les groupes des années 70 sont à la mode depuis hier ! Deep Purple, AC/DC, Black Sabbath, Led Zep,... Les covers « consensuelles » sont de sortie cette année.




Quand le concert d'ENSLAVED s'achève, je pense avoir le temps de retourner devant la MS1 pour m'y installer tranquillement en attendant l'arrivée des toujours retardataires de GUNS'N'ROSES. A ma grande surprise, le concert a déjà commencé, et le groupe interprète « Rocket Queen ». Qui plus est la prairie est pleine à craquer (si l'on peut concevoir qu'une prairie puisse craquer) et approcher s'avère difficile. Il me semblait pourtant que le groupe n'était plus que l'ombre de lui-même et ne jouissait plus d'un grande réputation depuis le départ de Slash... Curieux. Mais l'ambiance est assez spéciale. Les gens écoutent religieusement, sans se manifester. Public familial. Les musiciens sont talentueux. Bien en place. Le show est ponctué d'explosions, pyrotechnie,.... et de vidéos kitschissimes, voire même, osons le qualificatif : cul-cul la praline ! (dauphins, mannequins, scènes dignes des feux de l'amour...) On a droit à un show à l'américaine, avec des morceaux de Guns dedans, et quelques éclats d'Axl qui s'éclipse régulièrement pour laisser les autres musiciens se lancer dans des solos, voire même chanter des titres qui ne sont pas du groupe. Un titre par quart d'heure environ pour le roux chanteur. A l'une des guitares, DJ Ashba porte un chapeau haut de forme comme qui vous savez. Le fil rouge du festival. Ce soir, c'est cependant beaucoup plus du Roses que du Guns. Axl chante bien sur les morceaux de « Chinese Democracy ». Sur les autres, c'est un peu plus...rock'n'roll ! Sur « Sweet child o' mine », il s’emmêle les paroles et finit....en triple axel ! Quant à « You could be mine », il faut attendre le refrain pour reconnaître le morceau ! Petit à petit, les gens quittent le site.

Devant cette parodie, j'en fais de même. Je retrouve une navette, avec une charmante conductrice de plus de 50 ans qui me dit ne pas emprunter la contournante car les gens n'y marchent pas droit. Je lui assure qu'il s'agit de la fatigue. J'en sais quelque chose. Et demain, c'est déjà le dernier jour.

vendredi 15 juin 2012

15•06•2012 : HELLFEST 2012 : JOUR 1 (Vendredi)


Assister à la journée du vendredi au Hellfest, c'est aussi plaisant que d'aller skier hors vacances scolaires. La prairie du Val-de-Moine est assez clairsemée, et si les festivaliers sont malgré tout présents en nombre, ils passent autant de temps devant les scènes qu'à apprivoiser le nouveau site qu'ils arpentent de long en large. Je joue donc au curieux et, profitant d'une météo somme toute clémente, je reste en plein air devant les mainstages.


LIZZY BORDEN (le groupe) a déjà entamé son show sur la MS1 (comprenez Mainstage One!), et Lizzy Borden (le chanteur) bénit dans la fosse les fans des premiers rangs dont il badigeonne les visages de (faux) sang. Musicalement, le groupe distille avec efficacité un hard rock très teinté 80's qui malheureusement accuse son âge. Passons sur le long solo de guitare, qui reprend « La Marseillaise » sans vraiment générer entre ces deux tours des législatives l’enthousiasme espéré, et parions que si Lizzie Andrew Borden avait été musicienne et pétrie de tant de talent, elle n'aurait jamais été acquittée le 20 juin 1893.... Pour leur défense, et cela vaudra pour bien d'autres groupes, il faut reconnaître que défendre en quarante minutes trente années de carrière n'est pas choses aisée. Mais passer quelques-unes de ces précieuses minutes à reprendre « la Marseillaise » ou Lady Gaga (« Edge of Glory »), à donner dans le solo de basse puis de guitare,...relève quand même du constat d'échec ! Le groupe a finalement joué trois morceaux entiers, puis l'intro d'un autre, et enfin l'outro d'un autre. Le résumé d'une vie ?

Le frisson qui me parcourt alors est-il lié à la réalisation que LIZZY BORDEN donnait peut-être là son dernier concert avant auto-désintégration et effacement définitif de l'inconscient collectif ? Où est-ce la faim ? Pour en avoir le cœur net, je me rends aux stands de restauration, et opte pour la couleur locale et les crêpes. L'occasion de poursuivre mes investigations sur la bonne humeur des personnes œuvrant pour faire de ce rassemblement une réussite. Je commande une galette jambon à une sympathique (tout du moins m'apparaissait-elle ainsi) bigoudenne (plus probablement antillaise, d'ailleurs), qui me dit avec le sourire : « que du jambon ? Vous voulez garder la ligne ? ». Ok.... sens de l'ironie des marchands ? Checked !

Le temps de déambuler en dégustant ce délicieux mets au prix prohibitif (avalé en trois bouchées pour 3,70 euros), de découvrir les étranges objets en vente sur les stands de nos collègues de la presse papier (Un bandana avec un.......toupet ?????), je me rapproche à nouveau de la MS1 que MOLLY HATCHET s'apprête à envahir. Et là je me dis : mais s'agit-il d'un après-midi à thème, le festival n'accueillant que des groupes ayant un nom en deux parties dont la première se termine par Y ? Et ça s'écrit comment d'ailleurs, UNY SONIC ????



MOLLY HATCHET, c'est un gros morceau. Bientôt quarante ans qu'ils flirtent avec le désastre. Des origines il ne reste que Dave Hlubek à l'une des trois guitares. Un gros morceau lui aussi. Le groupe sans cesse renouvelé défend toujours avec passion un rock sudiste, entretenant la flamme en interprétant les pépites que sont « Fall of the Peacemakers », « Justice », ou encore « Dreams I'll never see ». Si le sextet si rare en France fait le bonheur des fans de rock sudiste comblés en ce vendredi, on ne peut pas dire qu'il brille par son dynamisme. Les héros sont fatigués, poussifs, et on est loin des fameuses couvertures Frazettesques de leurs albums. Très académique et consensuel, MOLLY HATCHET se sauve par le bonheur qu'il donne à ses fans de pouvoir enfin les voir. Des fans qui, à l'instar des tribus gothiques, hard rock 80, glam,... osent aussi le mimétisme avec leurs idoles : grosse densité de fans au longs cheveux gris ! C'est pour ma part avec MOLLY HATCHET que je découvre le fil rouge de ce weekend pour les artistes : le chapeau haut de forme ! C'est le clavier qui s'y colle dans MOLLY HATCHET. Qui aura le droit de le conserver à l'issue de la journée ?

A croire que la programmation de la MS2 me passionne moins, je me mets en quête de retrouver quelques amis après le set des Floridiens. Ah les mystères de FB... je retrouve un excellent ami par le biais d'un autre, virtuel celui-la (jusqu'à ce jour tout du moins), qui me reconnaît errant dans la foule... Incroyable, je n'en reviens toujours pas. Et dans la foulée je retrouve mon frère (qui tente l'association bandana-toupet, sans succès). Le HELLFEST, c'est le festival de l'amitié ! On y retrouve ses amis, y compris virtuels, sa famille, on y fait de nouvelles connaissances,...sur fond de metal.

Une barquette de frites plus tard, UNISONIC s'annonce sur l'air de la « Chevauchée des Walkyries ». La MS1 fait à nouveau parler la poudre du passé, et de quelle manière (Il est bien évidemment ici question d'explosifs) ! Forte d'un excellent premier album, l'association Kiske / Hansen a un défi à relever : démontrer que l'alchimie des « Keepers of the seven keys » n'est pas morte. HELLOWEEN a du mouron à se faire, car la preuve en est faite dès qu'entre Hansen. Le groupe qui compte en son sein les deux teutons fait feu de tout bois. Hansen virevolte, Kiske intarissable vocalise à merveille... Sept extraits impeccables de leur unique album, deux titres d'HELLOWEEN (« March of Time » et « I Want Out »), suffisent à combler les fans, et démontrer qu'en 2012 le metal germanique peut apporter un vent de fraicheur et d'efficacité sans abuser des refrains dignes des fêtes de la bière. Une bien belle démonstration, malgré un vent tournant !

L'après-midi est dorénavant bien lancé, et le kaléidoscope metal prend son rythme de croisière. Alors que sous les tentes, les styles musicaux sont ordonnés (hardcore sous la war zone, sludge/stoner sous la valley, black et death sous l'Altar/temple), les mainstages assument leur éclectisme et réalisent avec bonheur le grand écart métallique.

HEAVEN SHALL BURN prolonge avec une efficacité redoutable sur la MS2 l'instant germanique dès la fin du show de UNISONIC. Encore un grand moment, plus orienté death mais de haute volée.

Par curiosité, je les laisse à leur besogne pour me rendre sous le chapiteau de l'Altar au moment où les bandits masqués de BRUJERIA dévalisent l'auditoire de son énergie ! Comme à leur habitude, les catcheurs mexicains retournent le public en seize titres survitaminés, ponctués de leur percutante version de la macarena, rebaptisée « Marijuana » ! Caramba !!!!


Autant dire que mon retour devant la MS1 pour assister au show de GOTTHARD ne se passe pas très bien. La présence scénique toute consensuelle de son nouveau chanteur, Nic Maeder, qui s'exprime dans un français parfait, est dénuée de toute étincelle. Le groupe très professionnel fait le boulot, mais sans plus.... Ce ne sont ni l'hommage à Steve Lee, ni la pataude reprise du « Hush » de DEEP PURPLE qui me sortiront de la torpeur dans laquelle je sombre à la vue de ce spectacle lénifiant. GOTTHARD rencontre toutefois un joli succès auprès des festivaliers, mais me pousse irrémédiablement à nouveau vers l'Altar/Temple, où débute le set des revenants de NASUM, exceptionnellement reformés pour leurs 20 ans.

Il était dit que la tragique histoire de ce groupe de grindcore suédois ne s'arrêterait pas avec la disparition de leur guitariste chanteur, Mieszko Talarczyk, décédé lors du tristement célèbre tsunami de 2004. Inactif, et pour cause, depuis lors, NASUM s'est reformé fin 2011 pour une ultime tournée d'adieu célébrant les 20 ans du groupe. Ceux qui se sont rassemblés sous cette tente pour fêter cet anniversaire ont eu du nez. L'ambiance est électrique, l'énergie palpable. En une heure, NASUM livre un show qui ne nourrit que des regrets. S'il fallait illustrer l'expression « partir en apothéose » dans le dictionnaire, une photo de ce concert y aurait sa place. Quelle baffe monumentale ! Apocalyptiquement grandiose.

Comme quoi se rendre sous les tentes peut être dangereux. Car la question qui se pose après chacun des sets qui s'y déroulent est la même. Après ce déferlement de riffs, comment enchainer avec LYNYRD SKYNYRD ?



Eh bien facilement en fait. Même si là aussi le groupe a été renouvelé à 90 % depuis ses origines, il est intemporel, grâce à un répertoire mythique interprété avec une grande implication par des musiciens talentueux. Impossible de résister à « Workin' for MCA », « Simple Man », « Sweet home Alabama », ou encore l'imparable « Freebird » et son interminable solo final, ce titre qui contrairement à la croyance populaire n'a pas inspiré Pierre Perret pour « la cage aux oiseaux ». Le public conquis d'avance en prend plein les mirettes, et, petit plaisir personnel, il est toujours agréable de voir et entendre Ricky « Blackfoot » Medlocke à l'oeuvre.



Décidément, la programmation très éclectique de ce vendredi est une réussite, offrant aux indécrottables de la prairie, aux réfractaires aux tentes, une vision extra-large de ce que le metal dans son sens le plus ouvert peut offrir. Et ce n'est pas fini.

Ce sont les américains de DROPKICK MURPHYS qui montent ensuite sur la MS2 et déversent leur celtico-punko-folko-hardcore sur une foule en délire qui répond au quart de tour à ces mélodies festives et entrainantes jusqu'à 23 heures, entrainant la prairie dans la nuit. A moins d'adhérer complètement et physiquement à cette folie contagieuse, il faut quand même reconnaître que vu de loin, tout cela paraît bien répétitif et basique. Personnellement, j'en chope un mal de crâne et commence à bailler et sentir mes jambes... Cela fait déjà dix heures que je suis sur place, et j'en viens à me demander si je pourrai apprécier pleinement les deux gros shows à venir. Une version brute et à côté de la plaque du « T.N.T. » d'AC/DC finit de m'achever. Sans renier à DROPKICK MURPHYS le droit de participer à un tel festival, leur présence à 22 heures sur l'une des deux scènes principales m'interpelle quand même....

Après une crêpe et une petite tisane, je m'installe devant la MS1 pour assister au concert de MEGADETH. Toujours un peu fatigué pour avoir décroché pendant le show des DROPKICK MURPHYS, et inquiet car je dois avouer que je ne suis pas grand fan de la bande à Mustaine. Sans raison particulière. Disons que je suis passé à côté et qu'à chaque fois que j'ai tenté de m'y mettre, la voix de Dave m'a rebuté. Je n'attends donc pas grand chose de l'heure et demie à venir. Mais c'est bien souvent dans ces cas là que l'on a une révélation, non ?



Je dois avouer que, malgré un son tournant particulièrement pénible, je passe un excellent moment. Dave Mustaine me surprend au chant, faisant sa meilleure imitation d'Alice Cooper. Et puis, ce thrash mâtiné de passages plus « pop-rock » n'est finalement pas pour me déplaire. Mais je pense surtout que la conviction des personnes qui m'entourent à ce moment précis finit d'emporter mon adhésion. Cerné par Rurik « Fugu dal Bronx (tm) » Sallé, Arno « Carnival in coal (tm) » Strobl, et Laurent « Alliance Funéraire (tm) » Lambert, je passe mon temps entre les « C'est énorme !!!!!! », les « Ohhhhhhh !!!!! », et les paroles reprises en choeur !!!! J'ai beau avoir une résistance et un sens critique à toute épreuve, je suis seulement humain. Leur passion est diablement contagieuse. Me voilà tout revigoré et prêt à affronter le diable en personne. Ca tombe bien. Exit Diamond Dave (tous les Dave s'appellent Diamond), enter.... KING DIAMOND !

Alors que la pluie s'installe durablement sur le HELLFEST, KING DIAMOND illumine la MS2. Après un triple pontage cardiaque en 2010, il fait son grand retour cette année avec deux concerts, l'un au Sweden Rock Festival, et l'autre au HELLFEST. C'est donc un revenant qui foule la scène, un revenant qui a annulé sa conférence de presse de l'après-midi pour préserver la voix qui l'aurait fui.... KING DIAMOND, c'est « Au théatre ce soir » metal. Show grandiloquent, décors élaborés, figurants,.... Des grilles de cimetière sont érigées devant la scène, deux grands escaliers l'entourent,... KING DIAMOND livre un show intense (même si un solo de batterie dont on ne saura s'il est improvisé sème le trouble dès le deuxième titre), et sa voix si caractéristique, naviguant entre le falsetto et le grave, surprend toujours autant. Il faut bien un premier titre pour s'y faire et entrer complètement dans son monde. A la différence d'un Alice Cooper, dont les prestations scéniques sont tout aussi théâtrales, le monde de KING DIAMOND est beaucoup plus homogène. Zombies, vieille femme, somnambules, araignées humaines,.... notre démon affronte toutes sortes de créatures et creuse son trou (au sens propre comme au figuré). Loin d'en faire un spectacle has-been, il est agréable de voir des goules « in » sous la pluie. Avec l'appui d'une choriste qui le soutient dans les aiguës, il délivre un metal sans concession qui nous ramène aux grandes heures de MERCYFUL FATE (« Come to the Sabbath ») et de sa carrière solo (dont on retiendra deux rappels exceptionnels enchainant « The family Ghost », « Halloween » et « Black Horsemen »).



Cette première journée débutée avec les accords chrétiens de BETRAYING THE MARTYRS s'achève donc en beauté sous des hymnes infernaux. Il est un peu plus de deux heures, la pluie tombe toujours. KING DIAMOND conserve haut la main le chapeau haut de forme fil rouge de la journée conquis de mains de Maître. Alors que la foule quitte le site, elle se fait haranguer en passant devant la MS1 par une équipe de tournage à l’œuvre en mal de figurants. Julien Doré et son groupe de death-metal (on parle de cinéma hein!) vont tourner quelques scènes pour un long métrage. Pour ma part, il me reste plus de trente minutes de marche avant de retrouver le parking.... Demain, la journée sera metal US !

15•06•2012 : HELLFEST 2012 : préambule


Comme chaque année à pareille époque, les métalleux de tous poils et de tous pays entament en guettant avec angoisse la météo leur transhumance vers les vertes pâtures de CLISSON (Loire Atlantique), afin d'assister au rendez-vous incontournable qu'est devenu le HELLFEST, un festival qui fait cette année encore une fois sa mue, proposant une lourde programmation sur un nouveau site agrandi, où 157 groupes vont se produire sur six scènes l'espace de trois jours.

Beaucoup d'incertitudes, voire d'inquiétudes, liées autant à la météo qu'on annonce pluvieuse, au terrain qu'on annonce boueux, à la programmation qu'on dit moins enthousiasmante, planent sur ce millésime 2012.

Un HELLFEST, c'est une succession de dilemmes.

Le premier auquel est confronté le festivalier est l'organisation. Comment se loger ? Combien de temps y rester ? Quand arriver ? Quand repartir ?

Les plus chanceux restent les trois jours, arrivent la veille et repartent le lendemain. Un déplacement de cinq jours malheureusement impensable pour ceux qui travaillent, étudient, ou passent le bac (dont cette année les épreuves débutent le lundi matin suivant !).

Le deuxième dilemme vient quand il s'agit de déterminer les concerts auxquels il souhaite assister. Sachant que trois groupes se produisent toujours simultanément, le festivalier le plus assidu peut envisager de voir 52 prestations complètes, à condition d'être sur le pont pendant trois jours de 10h30 à 02h00....et donc de s'interdire toute détente, rencontre, queue de dédicaces, visite à l'extreme market, libation.... Une gageure !



Pour ma part, j'ai fait le choix d'arriver en voiture le vendredi matin. TREPALIUM ouvrent le festival à 10h30 et je souhaite les voir sur scène défendre leur excellent nouvel album « H.N.P. ». Je sais cependant très bien en partant avec mon petit sac que je n'arriverai jamais à temps. Outre les bouchons inévitables avant d'arriver à CLISSON (et qui me permettent, à l'arrêt devant l'épicerie Vival de Mouzillon, de constater à la vue d'empilements pharamineux de packs de 24 bières dans la devanture que j'approche du but), puis dans CLISSON même, je découvre en parvenant au parking que l'accès au site ne sera pas aussi aisé que les précédentes années. En effet, 30 minutes (minimum) de marche à un bon rythme séparent le parking « Festivaliers » du site ! Environ 30 minutes plus tard (à un bon rythme donc), parvenant au site, la queue commence pour l'échange du billet contre le précieux bracelet. Lorsque je pénètre sur le site, il est midi passé. Pas vraiment une surprise, mais l'occasion de pousser un coup de gueule envers les organisateurs.

En effet, nous avons désormais la chance de posséder en France l'un des plus gros festivals metal européens. Nous avons aussi dans notre pays la chance de posséder un nombre impressionnant de groupes de qualité. Alors certes, sur les 157 groupes à l'affiche cette année, on dénombre une vingtaine de groupes nationaux. C'est beaucoup. Mais pourquoi les programmer tous (sauf un, GOROD) avant 13 heures ? Et pourquoi 50 % d'entre eux le premier jour, alors que l'influence est la moindre, et que les festivaliers n'arrivent que tardivement (bouchons, parking, passage au camping, bracelet, fouille, découverte du nouveau site...) ? Ainsi, dans les trois premières heures du HELLFEST, BETRAYING THE MARTYRS, TREPALIUM, CELESTE, MERRIMACK, STRONG AS TEN, BENIGHTED, BUKOWSKI, BELENOS et BLACK BOMB A auront balancé leurs cartouches. Pourquoi ne pas réserver une tranche horaire en soirée, de 30 à 40 minutes, juste avant les grosses têtes d'affiche, pour leur permettre une meilleure exposition ? Je ne comprends pas sauf à imaginer des raisons financières.....



En parvenant sur le site, je suis surpris par sa taille. C'est une énorme arène, balisée par les scènes et les stands (restauration, merch, bars, extreme market,..). Seule la tente WAR ZONE est un peu en retrait. En contrebas aussi, comme je m'en apercevrai à la toute fin du festival.

Les deux scènes principales sont au fond du site sur la droite, une tente à droite en entrant abrite la VALLEY, et une seconde tente toute proche abrite les scènes ALTAR et TEMPLE formant sous celle-ci un angle à 90°.

La déco du site est assez, euh... hétéroclite. D'impressionnantes lampes de bureau accueillent les festivaliers, probablement pour leur rappeler qu'ils retrouveront rapidement leur boulot, un arbre HELLFEST trône au milieu des stands situés derrière la VALLEY, les différents stands de merch, bars et la scène strip-tease (?) sont réalisés dans des conteneurs peints en noir.... La bonne surprise, en ce milieu de journée nuageux mais sec, c'est de voir que le sol du festival a été « nettoyé ». La couche de boue et de terre glaise a été raclée et un mélange de terre et de copeaux a été dispersé au sol pour lui donner une stabilité sèche (pour l'instant). L'absence de lieux où se poser est pourtant regrettable. Il y a bien un sous-bois près de la WAR ZONE, et quelques bancs au niveau de l'espace restauration situé derrière la VALLEY et à l'entrée du site, sous les lampes, mais c'est peu et insuffisant.

L'autre souci que l'on remarque immédiatement, c'est la distance entre les scènes. Il va falloir marcher (et même à certains moments patauger) !

N'écoutant que mon courage, je me décide avant tout à tester la bonne humeur et le bon état d'esprit des bénévoles qui officient sur le site. Je jette mon dévolu machiavélique sur les vendeurs de jetons permettant d'acheter les boissons. Après quelques minutes de queue, je tends donc fébrilement un billet de 20 euros et demande « un » jeton. Le sympathique chevelu derrière la vitre me regarde, marque un temps d'arrêt, me dit : « un jeton ? C'est pas beaucoup... », et fait glisser du bout du doigt un jeton sur la tablette. Je rectifie le tir et en demande 19 de plus. Bonne humeur et patience des bénévoles ? Checked !

Il est temps de me diriger vers les scènes, croisant en route Marjorie et Thibault...

Bien me prend de traverser chemin faisant l'espace VIP, ouvert jusqu'à "TROIS HEURE" (allez savoir pourquoi l'absence de "s"...), car j'y rencontre le gros (rien de péjoratif) de la hard force team présente sur les lieux. La rencontre de quelques secondes, immortalisée par une seule photographie, est fugace. Chacun s'éparpille presqu'immédiatement sur le site afin de couvrir l’événement selon ses propres sensibilités. Par excès de professionnalisme, je teste néanmoins sans tarder le bon fonctionnement des jetons fraîchement achetés. Je ressors alors devant les deux Mainstages.

J'entre enfin dans le vif du sujet !