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jeudi 30 janvier 2014

KOLLEKTIF AK-47 @ Brest (La Carène) 27•11•2013 [live-report]




Qui aurait imaginé voir TRUST sur scène en 2013 après les annulations successives du HELLFEST 2011, du SONISPHERE 2012, etc... et alors que nous en étions restés à un communiqué laconique ( « Les deux leaders du groupe n’ayant pas trouvé d’accords juridiques et financiers qui leur permettraient de retravailler ensemble...»)  qui fermait les portes à double, triple, quadruple tour ?

Personne, et bien sûr TRUST n'est toujours plus. Mais si l'image de ses « deux leaders » s'est trouvée dégradée par ces imbroglios et fiascos inspirant guère d'empathie, il n'en demeure pas moins que les fans pouvaient légitimement pleurer un répertoire historique que l'on imaginait à jamais tu.

Comme dans toute séparation, il faut toujours un gentil et un méchant. Dans l'inconscient kollektif, Bernie semblait un coupable tout trouvé face au discret et gentil Nono. Et pourtant la surprise vient du chanteur emblématique de TRUST qui reprend les routes de France pour donner une série de concerts avec son nouveau groupe, KOLLEKTIF AK-47. Un groupe qui ne trompe personne puisqu'il est composé des membres de TRUST...sans Nono, Vivi abandonnant la basse pour la guitare.




Sans ambition si ce n'est celle de jouer dans des lieux proches du public, Bernie et son « gang » tournent dans de petites salles, et proposent une setlist 100 % TRUST, mêlant classiques, morceaux plus rares, et une nouveauté.

Ils font étape ce soir à Brest, dans la petite salle de La Carène. Malgré les mauvais souvenirs laissés par la dernière prestation de TRUST dans la ville, au cours de laquelle Bernie alla jusqu'à chanter dos au public (sans commentaires), 200 personnes ont fait le déplacement.

Pas de première partie. Le groupe arrive sur scène dans le silence, s'installe tranquillement, et Bernie, dont on guette attentivement l'humeur, prend la parole pour simplement saluer l'assistance et présenter la soirée. « On va vous jouer des trucs...», annonce-t-il. Puis le groupe entame les premières mesures de « Comme un damné », qui ont le mérite de donner le ton de ce que sera la suite. Rock'n'roll. Sans compromission. Sans fioritures.




Instaurant une grande proximité avec le public, amplifiée par la configuration des lieux, Bernie est le maître de cérémonie sur lequel se focalisent tous les regards. Sa tenue de scène estivale cumule bob, lunettes de soleil (« pour protéger mes yeux nickés »), et chemise (« venant de Palestine ») nonchalamment ouverte sur un t-shirt ANTHRAX (tiens donc !).

Les morceaux s'enchaînent avec une belle énergie, une réelle authenticité rock, et l'ambiance est vraiment chaleureuse, amicale même. Bernie est heureux et le dit : « Je kiffe grave cette ambiance, de voir les gens.... ». Le reste du groupe, Vivi et Izo aux guitares, Farid à la batterie et Patrick Loiseau, souriant mais plus en retrait à la basse, se vanne constamment. Bernie est très en voix, et bouge bien, se lançant même à un moment dans une danse du ventre langoureuse (oui, bon, enfin....). Tantôt politique, tantôt humble (« On n'est pas là pour découvrir un nouveau vaccin, on est là pour le rock, s'amuser, ne surtout pas se prendre la tête »), le discours se veut vindicatif mais avec pas mal de recul et de sagesse, comme apaisé. Jusqu'à ce qu'il titille un public qu'il estime trop amorphe : « Vous n'êtes pas trop énervés les bonnets rouges ! Vous mettez plus d'énergie à abattre les portiques ! », avant de reconnaître en s'excusant presque : « Je suis taquin... ».




Lorsque du public s'échappe un « Pas mal pour un groupe de jeunes ! », Bernie répond du tac au tac : « Ahah ! C'est vrai ! On va va essayer d'arracher la première partie de Grégoire ! ».

Le public est acquis à la cause de Bernie, qui, entouré de musiciens plutôt discrets, est la « star » de la soirée. Alors on se surprend à se demander si ce n'est pas ça, justement, le souci avec TRUST : l'impossibilité aux deux figures emblématiques de partager la même scène ? Un conflit d'ego insoluble ? Ce soir, Bernie apparaît libéré et n'a pas à partager l'amour du public. Alors qu'il débouche une bouteille et que des spectateurs s'interrogent sur son contenu, il répond « Je bois de l'eau ! Johnny, lui, les remplit de vodka ! Véridique ! Tiens, tu veux vérifier ? ». Il se prend en retour un « On s'en fout de Johnny ! Bernie on t'aime !!! ». Et pendant ce temps-là, Izo profite de la pause pour vapoter, et se rencarder auprès d'un fan du premier rang sur le score du PSG qui joue ce soir en Champions League.




Si la setlist est parsemée de quelques classiques (« Au nom de la race », « Préfabriqué », « Certitude, solitude »), les morceaux moins connus ou plus récents, voire même inédit (« Dieu dans vos bouches »), ont tous deux points communs : le rock et le plaisir de jouer. Alors bien sûr, sans Nono à la lead, les titres ont une autre couleur, ce n'est pas vraiment TRUST, mais le rock'n'roll est bel et bien là, sur scène, devant un public conquis.




La soirée s'achève (forcément ?) sur un « Antisocial » rapidement exécuté et chanté par deux membres du public invités à monter sur scène. KOLLEKTIF AK-47 aura livré près de deux heures d'un show extrêmement convivial. Et en sortant de la salle, on a l'impression d'avoir retrouvé des amis, d'avoir tiré un trait sur les fâcheries et les incompréhensions des dernières années. On en vient même à attendre la suite avec impatience. Never say never again..... Une bien belle soirée.


mardi 15 mai 2012

TRIBUTE @ Brest (Rock Circus) - 12•05•2012 [live report]

En ce samedi soir, l'actualité du metal tient en quatre mots : METALLICA STADE DE FRANCE. Mais elle ne s'arrête pas là, et ne s'y résume surtout pas. Comme tous les weekends, la scène metal française, dont personne ne soupçonnerait la richesse et encore moins l'existence si l'on s'en tenait à ce que diffusent les media nationaux calibrés et orientés, envahit les bars, pubs, caf'concerts, et autres salles de toutes tailles.

Il ne faut pas forcément chercher très loin. C'est donc à Brest, à côté de chez moi, que j'ai choisi de passer la soirée, en famille et entre amis, au Rock Circus, où se produit TRIBUTE, groupe de la région nantaise qui a fait de la reprise acoustique des standards du hard rock sa spécialité.




TRIBUTE est un trio composé de Laurent Vernier et Mathieu Lebot aux guitares, et d'Eric Dufour au chant. J'avais déjà eu l'occasion de les voir sur scène, avec leur précédent chanteur, au Zénith de Nantes. C'était sur la tournée "Humanity Hour 1" de SCORPIONS. Contactés le matin même du concert, ils avaient remplacé au pied levé HEAVENLY et assuré, assis sur des tabourets au bord de cette immense scène, un show remarquable devant un public un peu stupéfait. On imagine sans mal la pression qu'ils ont dû ressentir à cette occasion, mais leur aisance, leur culot, et leur concept, ont marqué les esprits et les personnes présentes ce soir là s'en souviennent encore aujourd'hui.




Le Rock Circus est un bar comme il en existe des centaines, tenu par des passionnés qui font vivre la musique. Le show commence vers 21h30. Au plus fort de la soirée, plus d'une cinquantaine de clients se masseront devant la scène et autour du bar, reprenant en coeur les standards interprétés avec beaucoup d'énergie et de conviction par les trois musiciens qui donneront un set de plus de deux heures.



Le concept est simple, mais d'une efficacité redoutable, et chacun y trouve son compte : AC/DC, WHITESNAKE, R.H.C.P., VOLBEAT, UGLY KID JOE, LYNYRD SKYNYRD, GOTTHARD, mais aussi des choix originaux comme Lenny Kravitz par exemple.


Il est intéressant à cette occasion de constater combien des titres composés dans les années 80 ou 90 sont devenus des classiques, dont les mélodies ou refrains sont immédiatement repris par l'assistance, tous âges confondus.



TRIBUTE maîtrise son sujet, et commence à avoir de la bouteille, donnant une trentaine de concerts par an sur la côte atlantique, de Bordeaux à Brest. L'aspect acoustique sied particulièrement à ce genre d'endroits étriqués, où la bière coule à flot (bien que bue avec modération, évidemment). Eric sort ses tripes au micro, faisant preuve d'une justesse et d'une énergie qui forcent le respect (le set est entièrement en anglais), tandis qu'Eric et Mathieu alternent rythmiques et soli avec une régularité métronomique et un entrain communicatif.
Le public obtiendra deux rappels, dans un ambiance survoltée. Le bonheur est dans le bar ! Quelle soirée d"échange !

Le metal vit aussi grâce à ces groupes, qui perpétuent l'héritage de plusieurs décennies. La musique vivante a de sacrés beaux jours devant elle tant qu'il y aura des salles pour la faire jouer, et des groupes comme TRIBUTE pour la perpétuer. Alors tous à vos agendas concerts ! Les bonnes soirées se passent au stade de france, mais n'oubliez pas : PAS QUE !

Et si TRIBUTE passe près de chez vous, conseil d'ami, allez-y !










SETLIST (à quelques morceaux près...) :



samedi 7 avril 2012

SCORPIONS @ Brest (Penfeld) - 07•04•2012 [live report]


30 ans qu'ils n'étaient pas venus dans la cité du Ponant ! Les désormais VRP du metal teuton qui n'en finissent pas de dire adieu faisaient étape à BREST samedi 07 avril, dans le même hangar (que certains appellent également Parc des expositions) qui les avait accueillis en 1982, à l'époque glorieuse de « Blackout ». Il y a fort à parier que nombre de quadras et quinquas présents ce soir étaient là à leur adolescence. SCORPIONS traverse la France dans toutes les diagonales depuis bientôt deux ans, et leur devise semble être « Si tu ne viens pas à nous, SCORPIONS viendra à toi ! ». Le pari s'avère jusqu'à présent globalement gagnant, même si l'âge est là et que la santé des membres du groupe leur joue parfois des tours. Alors qu'ils sont passés depuis moins d'un an dans de nombreux recoins du grand ouest (Hellfest et Vieilles Charrues 2011, Nantes) et notamment dans les jours mêmes qui précèdent cette soirée (hier à Rennes, en début de semaine à Caen, le 1er à Nantes), le concert s'il n'affiche pas complet rassemble malgré tout environ 6000 personnes selon les organisateurs (et autant selon la police).

Par leur hard-rock teinté AC/DC, les narbonnais d'ELECTRIC DUCKS sont parfaits pour chauffer une salle restée majoritairement bloquée au début des années 80, et s'en sortent avec brio. La salle se remplit, les héros du jour sont attendus.

Vers 21 heures, les lumières s'éteignent et la foule exulte !

Aller voir SCORPIONS en concert, c'est un peu comme le repas dominical que l'on va prendre chez sa vieille maman. On y va avec plaisir, on sait ce qu'on va manger, et l'on sait également qu'elle va nous ressortir de vieux albums photo pour nous remémorer de bons moments. Mais on sait aussi que maman n'est pas toujours en forme. Qu'elle faiblit parfois, et que dans ces moments elle est alors capable d'oublier d'assaisonner le rôti, de cramer les pommes de terre, et même d'oublier le fromage. Mais c'est maman et on l'aime. On lui pardonne tout. Et on passe de si bons moments ensemble. Et puis elle est tellement souriante.

Les SCORPIONS étaient souriants à BREST. Mais ils ont foiré l’assaisonnement et oublié le fromage.

Samedi soir, nous avons vu le SCORPIONS de « Send me an angel », mais pas celui de « Dynamite ».

Mais les fans étaient ravis. Klaus Meine a chanté juste, malgré quelques difficultés à tenir la note. Rudolf Schenker a beaucoup couru la bouche ouverte. Matthias Jabs a été parfait, même si ce n'est pas le plus merveilleux des solistes. Pawel Maciwoda a joué besogneux et concentré. James Kottak, et bien,... James Kottak !

Le concert démarre sur les chapeaux de roue avec « Sting in the tail », « Make it real » et « Is there anybody there ». Rudolf et Matthias courent dans tous les sens, et notamment sur cette avancée d'une dizaine de mètres qui les mène au cœur de la foule. Le son est clair et puissant. Les sourires sont sur les visages, tant des spectateurs que du groupe. Et le groupe poursuit sa setlist habituelle, « The zoo », « Coast to coast », « Loving you sunday morning ».

A ce stade du concert, le fan endurci est quelque peu mitigé. Certes les morceaux joués sont piochés dans les albums mythiques de la deuxième vie de SCORPIONS, « Lovedrive » et « Animal Magnetism », mais où sont justement les « Lovedrive », « Another piece of meat », « Can't get enough »,.... les morceaux les plus relevés de ces albums ? On se dit que ça va venir.

Que nenni ! Le groupe se pose alors pour nous livrer un quart d'heure de repos après ce début tonitruant. Jugez plutôt : « The best is yet to come », « Send me an angel », « Holiday » puis « In Trance ».... La ménagère de plus de cinquante ans est au bord des larmes. Le rocker rebelle est K.O. debout. Mais ils sont si sympa les SCORPIONS.

Le groupe, légèrement assoupi après un tel concentré de mièvrerie (car « In trance » sans Uli Roth, ça le fait quand même moins), tente de se reprendre progressivement en lançant un « Raised on rock » issu du dernier album et clone de « Rock you like a hurricane » convaincant, suivi d'un « Tease me, please me » entrainant à souhait. Le fan averti sait que c'est à ce moment que le groupe balance un « Dynamite » des familles. Or, stupéfaction, le groupe quitte la scène et laisse James Kottak se lancer dans son solo de batterie, cette dernière ornée pour l'occasion d'un magnifique gwen-a-du lancé par le public. Ce solo, techniquement, n'a rien de renversant, si ce n'est que sa batterie surélevée se trouve sur une plateforme mouvante suspendue à des chaînes, mais la vidéo qui l'accompagne, diffusée sur les trois écrans géants en fond de scène, est d'un humour ravageur, James Kottak se retrouvant dans des scènes issues des différentes pochettes du groupe (« Humanity Hour 1 », « Fly to the rainbow », « Lovedrive », « Animal Magnetism », « Love at first sting », « Blackout », « Crazy world », « Pure instinct »). Le groupe revient alors sur scène et interprète un « Blackout » un peu poussif, mais qui a le mérite de réveiller l'assistance. On se dit alors qu'il a profité du solo de batterie pour reprendre ses forces.


Que nenni ! Tout le monde s'éclipse à nouveau pour laisser Matthias Jabs seul à l'extrémité de l'avancée pour un solo de guitare que l'on qualifiera de....peu intéressant (par charité).


A l'issue de ce solo, le groupe au complet revient interpréter un « Big city nights » et.....c'est fini !

On attend alors le premier rappel avec les titres qui ont assuré auprès du grand public français la popularité de SCORPIONS, à savoir « Still loving you » et « Wind of change ». Le groupe interprète ceux-ci de manière convaincante. Et l'on surprend même Matthias Jabs à prendre un plaisir non feint à jouer ce dernier morceau, ce qui fait quelque part chaud au cœur, quand on sait qu'il a dû le jouer un nombre incalculable de fois et que ce n'est pas vraiment ce qu'ils ont fait de mieux. Autour de nous, les visages sont épanouis et l'on sent l'importance que ces morceaux revêtent pour une tranche d'âge qui a baigné dans les mélodies de ce groupe. La popularité de SCORPIONS est indéniable. Et indiscutable. Ces types là ont touché les gens à un moment. Et leur public leur est acquis. Ils font partie des grands.

Les premières notes de « Rock you like a hurricane » résonnent alors dans la halle de Penfeld, et le public est visiblement aux anges, reprenant en choeur les paroles. Le groupe se retire en remerciant Brest et la France ! Le public lui fait une longue ovation, car il sait que le groupe revient invariablement chaque soir dire un dernier adieu avec « When the smoke is going down ».

Que nenni ! Les lumières se rallument. Le show est fini. Pas de dernier rappel.

Quand on pense qu'il y a cinq ans, pour la tournée « Humanity Hour 1 », SCORPIONS jouait près de 2h30 et bénéficiait de la participation sur scène d'Uli Jon Roth, puisant allègrement dans son répertoire des années 70, pour un show faisant la part belle aux morceaux les plus rapides.... Le groupe naviguait alors encore dans les eaux territoriales du metal. Times, they are a-changin' !


Ce weekend, maman n'avait pas trop la forme. Mais elle était contente de nous voir. Elle a tout fait pour nous faire plaisir malgré sa fatigue. On lui pardonne tout à maman. Mais à chaque fois qu'on la voit, elle nous rappelle inconsciemment que le temps passe, et qu'on ne peut pas éternellement être et avoir été.

Remerciements à Olivier Garnier (Replica)