lundi 15 avril 2013

METALLICA & MOI [Billet]


Récemment, HARD FORCE vous a demandé vers quel album de METALLICA,  de « Kill’Em All » ou du « Black Album », allait votre préférence.

Question stupide, je vous l’accorde, mais ce sont les meilleures car elles font réfléchir.

Il fallait un vainqueur,  et « Kill’Em All » l’a emporté.

Personnellement, j’ai voté pour cet album.

Pour ses qualités propres, mais aussi pour la nouveauté qu’il représentait au moment de sa sortie (mon univers d’ado naviguait alors entre SCORPIONS, MAIDEN, DEF LEP, JUDAS, AC/DC, TRUST…),… et parce qu’enfin des jeunes venaient mettre sauvagement le feu et bousculer les règles d’un metal hérité des années 70. Enfin, parce que la presse metal venait de naître en France et qu’on y trouvait des groupes dont ROCK&FOLK ou BEST ne parlaient pas.

Tout ce qu’on nous avait caché ou qui explosait aux  quatre coins de la planète était forcément sulfureux. Forcément !

Huit ans plus tard, le Black Album n’était en rien aussi révolutionnaire. Un succès planétaire incontestable, oui, mais pas un chef d’œuvre. Simplement un gros travail de remise en question de la part d’un groupe qui avait besoin d’évoluer, et l’a fait avec un producteur avisé.

C’est donc sans réelle hésitation que j’ai voté pour « Kill’Em All », mais je me suis remis à penser à chacun des albums des Four Horsemen et à la manière dont ils ont finalement ponctué ma longue passion pour cette musique.

Si au début des années 80, le metal a connu en France une brève mode, celle-ci n’a jamais franchement dépassé le cadre de TRUST, AC/DC ou SCORPIONS pour le grand public. Et si au collège certains cherchaient la découverte, beaucoup n’ont pas poussé l’expérience au-delà.

Tous les ans, je retrouvais pendant les grandes vacances un ami également fan de metal. Nous n’échangions pas le reste de l’année, et il était stupéfiant de nous retrouver en juillet et de nous rendre compte que nous suivions le même chemin (les premiers albums d’ACCEPT, MÖTLEY CRÜE, MANOWAR, etc…). Et METALLICA avait la bonne idée de sortir ses albums en été.

Après la sortie de « Kill’Em All », nous étions en transe, mais nous arrivions à la même conclusion : il fallait que le groupe se trouve un vrai chanteur !

Un an plus tard, nous avions tous les deux revus notre avis : « Ride The Lightning » était un putain d’album et le groupe n’avait besoin de personne d’autre !

En 86, « Master Of Puppet » ne sortit pas en été, et mon ami avait commencé à s’éloigner du metal. Ce troisième album marque un aboutissement pour le groupe. Il termine le premier cycle. Je lui ai toujours préféré « Ride The Lightning », plus organique à mon goût. Je trouve le son de « Master… » trop feutré, comme étouffé.

Peut-être le groupe avait-il alors déjà tout dit, ou peut-être est-ce dû à la disparition de Cliff Burton… Toujours est-il que « ...And Justice For All », que  je n’ai pas réécouté depuis des années, ne me laisse quant à lui aucun souvenir, si ce n’est ce son très froid, sec, robotique. Je me souviens avoir lu dans la presse à ce moment que les membres du groupe nourrissaient un complexe par rapport à leur (absence de) technique, et qu’ils avaient repris des cours et composé comme s’il leur fallait obtenir une forme de légitimité non pas par le talent ou par leur créativité, mais par la maîtrise de leurs instruments. Acheté pendant des vacances à l’étranger, et pour pouvoir l’écouter immédiatement sur mon baladeur, c’est le seul album que j’ai acheté en K7 (que j’ai d’ailleurs usée). Je l’ai racheté un jour au format CD. Pour la collection…..

Puis le « Black Album »… J’ai mis du temps à l’accepter. J’ai toujours aimé les morceaux lourds des Mets (Ahhhhh !!! « Leper Messiah » !!!) et sur cet album noir, il y en a du lourd ! J’ai fini par l’apprécier. Et puis il y avait « Nothing Else Matters »… C’est sûr, le groupe évoluait, mûrissait, muait.

Une mue qui a continué sur « Load » et « Reload ». Deux albums contenant de bons morceaux, mais où METALLICA s’essaye à une sorte de proto-stoner… Enfin, le groupe avait un peu le cul entre quatre chaises… Le feu sacré n’était visiblement plus là. Une sorte d’espèce de monstre…



« Saint Anger » annonçait un retour aux sources électriques. C’est surtout une grosse décharge d’énergie brute. Assez indigeste. Mais qui à ma grande surprise s’est bonifiée avec le temps. Et qui  serait presque acceptable aujourd’hui s’il n’y avait ce chant erratique, cette caisse claire horripilante, et ces soli tristement absents.

Finalement, METALLICA est revenu à faire ce que le public attendait du groupe. De longs morceaux très structurés, rapides, avec de longs soli bourrés d’effets, un peu comme un « ...And Justice For All » avec encore moins de vie. « Death Magnetic », ça s’appelle. C’est peut-être ça le sens caché du titre d’ailleurs. Un retour magnétique vers la source metal, mais mort.

Puis vint « Lulu », pas vraiment un album du groupe d’ailleurs. Une collaboration improbable. L’album que les fans adorent haïr.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui  le groupe remplit toujours les stades.

Et en écrivant ces quelques lignes d’une traite, je me rends compte que METALLICA a eu autant de vies ou d’identités qu’il a sorti d’albums.




Que l’air de rien, ils se sont constamment cherchés, parfois retrouvés.

Que leur carrière a foisonné d’idées.

Que ce n’est pas un hasard s’ils sont toujours les plus grands.

Que cette question n’était pas stupide en fait.

Et que chacun trouvera sa réponse dans la façon dont il a vécu toutes ces années avec ce groupe.


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