jeudi 11 avril 2013

LizZard [interview]



LIZZARD a frappé très fort en 2012 avec "Out Of Reach", un album (chroniqué ici), qui a convaincu la rédaction de HARD FORCE au point de figurer en bonne place dans nos bilans de fin d'année. Six mois plus tard, l'album s'écoute toujours avec le même plaisir et il nous a semblé judicieux d'aller titiller à nouveau Mathieu Ricou (Guitare/chant), Katy Elwell (batterie) et William Knox (Basse). Le talentueux trio nous a accordé quelques minutes dans un premier semestre 2013 chargé en dates de concert. Si vous ne les connaissez pas encore, il n'est pas trop tard pour rattraper cette grave erreur !

Pouvez-vous revenir sur les origines de LIZZARD ?
Will : Avec Katy on jouait déjà ensemble depuis quelques années dans d'autres formations. Puisen 2005 nous cherchions un chanteur pour notre groupe de l’époque, et Mat s'est présenté suite à une annonce dans un magasin de zique sur Limoges. Un an après, on avait déjà enregistré notre démo "La Criée".
Katy : On avait tous les trois en tête depuis longtemps le genre de son qu'on voulait sortir, et quand on s'est retrouvés à jouer ensemble l'alchimie était là tout de suite, on jouait ce qu'on a toujours cherché à entendre !

Comment en êtes vous venus à travailler avec Rhys Fulber ?
Will : On cherchait un producteur pour notre EP "Venus" qui pouvait apporter quelque chose de différent à notre musique. On avait quelques idées et on a donc envoyé notre démo à quelques producteurs. Rhys fut un des premiers à nous dire qu'il adorait ce qu'on faisait et qu'il avait envie de travailler avec nous. Après y avoir réfléchi on s'est rendu compte que ça pouvait carrément coller !
Katy : Rhys apporte un petit côté industriel au son qui nous plaît bien.

Votre bio et la presse citent sans cesse Fulber et Appice, n'est-ce pas un peu lourd alors que votre album se suffit à lui-même pour qu'on parle de vous ?
Mat : Peut-être. Rhys Fulber est producteur pour cet album, le créditer est donc logique. Beaucoup d'artistes cherchent à se mettre en avant et oublient souvent de mentionner les gens qui travaillent avec eux ou les aident dans leur vie d'artiste... Pour nous Carmine (Appice) fait partie de ces derniers. Ne jamais oublier de les mentionner pour cet album, c'est un peu notre manière de leur dire merci !


Je cite TOOL, SOUNDGARDEN et INCUBUS dans ma chronique. Quelles influences revendiquez-vous ? Y en a t-il certaines que vous rejetez ?
Will : Depuis le début de LIZZARD on nous a comparé à plus d'une soixantaine de groupes, dont beaucoup qu'on ne connait même pas ou qu'on a jamais écoutés ! Mais c'est normal. Lorsque quelqu'un entend un groupe pour la première fois, sa réaction naturelle est de penser "ah ça ressemble un peu à...." ou "ça me fait un peu penser à..."... Les gens se sentent obligés de comparer avec des groupes qu'ils connaissent pour pouvoir s'identifier plus facilement à notre musique. En ce qui concerne nos influences ou inspirations musicales, on parlerait plus d'époques. Par exemple les années 70, on a grandi avec Hendrix, LED ZEPPELIN, PINK FLOYD, KING CRIMSON etc... dans les oreilles. C'est pour nous la période la plus créative dans l'histoire du rock. Puis ensuite il y a les années 90, c'est l'époque où on a commencé à acheter nos premiers albums sans l’approbation de nos parents !

LIZZARD est britannique aux 2/3. L'exposition, voire la reconnaissance, ne sont-elles pas plus faciles à obtenir de l'autre côté du channel, autrement plus réceptif au rock ? Avez-vous également l'intention de tenter votre chance sérieusement aux États-Unis ?
Mat : Plus facile je ne sais pas, il y a aussi plus de groupes Rock là-bas, qu'ici en France. Mais il est certain que la culture Rock n'est pas française...même si j'aime croire qu'avec le temps elle le sera. Mais elle ne se comparera jamais à l’Angleterre ou aux États-Unis.
Will : Ça fait pas mal de temps qu'on pense sérieusement à tenter notre chance ailleurs. En Angleterre moins qu'aux US. On a plus de fans aux États-Unis qu'en Angleterre, (et puis il pleut trop là bas !). On perçoit le milieu Rock/Metal en France un peu comme une bataille pour se faire entendre, alors que dans d'autres pays la scène Metal est beaucoup plus présente et acceptée.

Comment vous situez-vous par rapport à la scène Rock française ? N'y a t-il pas une forme de frustration de produire un album aussi abouti et enthousiasmant, dans un pays si peu rock ?
Mat : On se sent autant en marge que dans le coup avec la "scène rock" française. En marge parce qu'il est dur de justifier faire partie d'un groupe de Rock en France et en même temps dans le coup lorsqu'on voit la réaction du publique en concert.
Will : Grace á Klonosphere, on a quand même eu beaucoup d'exposition aux USA, en Angleterre, Allemagne, un peu partout...puis avec internet n'importe qui n'importe où peut avoir accès à l'album. Je pense que le reste du monde  garde un œil sur la France grâce entre autre au succès de GOJIRA qui a mis le Metal français sur la carte !
Katy : Mais il y a quand-même de la frustration, des fois on aimerait être nés en Californie !


On sent dans les compos de « Out Of Reach » une recherche de la simplicité et de l'efficacité, le mieux étant visiblement l'ennemi du bien. Comment travaillez-vous ? Avez-vous un schéma quand vous abordez la composition ?
Katy : On a voulu faire plus efficace que notre EP précédent, avec des structures plus simples. Le challenge était de pouvoir faire passer le message de chaque morceau le plus efficacement possible, d'embarquer l'auditeur sans qu'il perde le fil. Quand on compose c'est généralement Mat qui apporte un riff de gratte et on jam dessus tout en essayant de garder le thème et la vibe d'origine. Puis on affine les idées qui en ressortent pour avoir des structures plus abordables. Mat trouve en même temps les mélodies chant puis, en dernier, lui et moi écrivons les textes. Le thème des textes nous vient toujours facilement. La musique nous dit quoi écrire.

« Out Of Reach » alterne les moments très Rock, et d'autres plus mélodiques. Cherchez-vous une espèce d'équilibre idéal ?
Will : On aime avoir de la dynamique, mais pas qu'en termes de volume, mais aussi en termes d'intensité, des passages calmes et mélodiques font paraître les passages lourds encore plus lourds et vice versa,ça donne de la profondeur aux chansons, sans parler de l'album... L'équilibre s'il y en a un, vient assez naturellement pour nous, certains pourraient trouver qu'il y a trop de passages rock, ou trop de passages mélodiques, l'équilibre est une question de goût je pense.
Mat : En ce qui me concerne je ne pense pas comme ça. Peu importe ce qu'il se passe dans un morceau, s'il y a du sens dans ce qui est joué et que l'émotion est là, j'aime... J'aime quand les artistes que j'écoute ou avec lesquels je joue cherchent à s'exprimer plutôt que réciter...

Dans les référendums de fin d'année, "Out Of Reach" a été cité à plusieurs reprises. Une forme de consécration ? Une surprise ? Une pression supplémentaire ?
Mat : Une surprise et en même temps une sorte de soulagement...soulagé de voir que nous ne sommes pas les seuls à croire en ce qu'on fait et que les années passées n'ont pas été vaines. Merci, vraiment.

Merci à vous !

LIZZARD est toujours en tournée, avec notamment une étape au Printemps de Bourges :
24 août 2013 - Festival Cheminées du Rock - Saillat-sur-vienne
27 juillet 2013 - Festival Rock en Marche - 23430
22 juin 2013 - L'Esplanade - Albas
21 juin 2013 - l'Atelier 203 - Orleans
15 juin 2013 - Festival - Colombier-Saugnieu (Lyon)
08 juin 2013 - Gambrinus - Albi
07 juin 2013 - Ubu - Perpignan
18 mai 2013 - La Rhue - Jumilhac le Gd (24)
17 mai 2013 - Festival - Guéret
11 mai 2013 - Le Cantou - Floirac (46)
10 mai 2013 - Duo - Soturac
09 mai 2013 - Le Karma - Angouleme
02 mai 2013 - Le Brin de Zic - Chambery
24 avril 2013 - Les iNOUiS du Printemps de Bourges - Bourges
20 avril 2013 - Thunderbird - St-Etienne


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