Le Projet Yvan Guillevic, ou P.Y.G.,
célébrait ce samedi dans son fief la sortie de son deuxième album,
« We live, we die ». Après deux heures de concert intense, il y a
fort à parier que son guitariste leader a pu regretter de ne pas
l'avoir appelé « Vini, vidi, vici ! ». Mais n'allons pas trop vite
en besogne et reprenons les événements dans l'ordre...
Malgré une magnifique journée
ensoleillée (enfin !), c'est une poignée de centaines de fans de
tous âges qui ont fait le déplacement jusqu'à la salle de
l'Oceanis de Ploemeur (Morbihan). Une salle dans laquelle le groupe
est habitué à se produire, entièrement refaite en début d'année,
avec une acoustique améliorée, tout simplement magnifique.


Après quelques minutes propices à étancher la soif causée par une telle débauche d'énergie, les lumières de
la salle s'éteignent. Rideau fermé, « We live, we die (part1) » annonce l'arrivée des héros de la soirée. Le rideau s'ouvre alors et PYG au grand complet entame son set par la part 2 du même titre, ouvrant ainsi les hostilités comme débute son nouvel album.
Le son est puissant et limpide, les
lights comme d'habitude sont somptueux. On ne le dira jamais assez,
mais les musiciens sont habitués à se produire devant des foules
conséquentes au sein d'EMPTY SPACES, groupe tribute à PINK FLOYD,
et il ne négligent surtout pas l'aspect visuel de leurs shows,
extrêmement professionnels dans les moyens mis en œuvre.
La scène de l'Océanis est spacieuse.
La batterie de Julien est surélevée au centre, avec en hauteur
également Jean-No aux claviers à droite, et Bernard à la basse à
gauche. Devant eux, plus bas, John et Yvan sont aux guitares sur les
côtés alors que Nelly et Morgan aux micros occupent le centre de la
scène, tournant l'un autour de l'autre, toujours en mouvement.
PYG va pendant deux heures décliner
les titres les plus « durs » de son répertoire metal-prog de plus
en plus personnel. Quinze titres extraits tant de son nouvel album,
dont on entendra 9 des 11 titres, que d'« End of the world », son
premier album sorti en 2011 dont les morceaux joués ont reçu une
perfusion de testostérone pour l'occasion. Une fois de plus, et
malgré tout le bien que l'on peut dire du groupe et de ces deux
albums, PYG démontre qu'il est un avant tout un groupe de scène.
Yvan Guillevic avoue volontiers qu'il compose pour le live, et
effectivement le groupe ne triche pas. Il trouve sa pleine mesure sur
scène, et malgré leurs qualités évidentes, leurs albums studio ne
rendent pas totalement justice au potentiel et à la technique des
musiciens qui se livrent entièrement devant le public.
Contagieusement eux aussi.
Avec « We live, we die », PYG a pris
une direction plus musclée, et un titre comme « Siren Song » issu
du premier album et qui met en valeur les vocalises de la belle Nelly
paraît un peu hors sujet ce soir. De même, « Tonight I'll kill a
king » extrait du nouvel album n'a pas totalement réussi son
baptême du feu, par manque d'emphase. Ce sont bien les deux seuls
bémols à une soirée par ailleurs convaincante et porteuse
d'espoirs. L'espoir notamment que PYG puisse accéder à la notoriété
qu'il mérite au vu de ses prestations depuis deux ans, toujours
d'une qualité irréprochable. Le groupe a encore progressé et
travaillé son jeu de scène. Statisme ? Connait pas ! Les musiciens
utilisent tout l'espace à leur disposition, interagissent entre eux
tout autant qu'avec le public, et font preuve d'une assurance
inébranlable dans l'exécution de leur art.
La partie s’annonçait gagnée
d'avance, car le groupe présente un nouvel album...né sur scène.
En effet, quatre des titres extraits de « We live, we die » étaient
déjà joués par le groupe en 2012 (« We live, we die (part 2) »,
la ballade « I won't let you go », le très Billy-Idolien « Hey
Woman » et l'enlevé « On the wall »). Tous ces titres possédant
des refrains entêtants ont prouvé leur efficacité live. Alors
quand parmi les nouveautés du jour on trouve en outre un « Easy
livin' » d'Uriah Heep survitaminé, le single « Ocean Chaser » et
un « Song of the werewolf » fantastique (sans jeu de mot)
bénéficiant ce soir en outre des growls du « guest » Alain Boccou
venu bousculer Morgan au chant, le spectacle ne pouvait pas ne pas
être grandiose.
Le public ravi ne s'y est pas trompé, accaparant le groupe pendant plus d'une heure après le concert, au stand merchandising et dédicaces.





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