dimanche 9 septembre 2012

MOTOCULTOR 17-18-19•08•2012 [report]

Que fait un membre de la HARD FORCE Team lorsqu'il est en vacances ? Il court les festivals de metal en dilettante ! Le MOTOCULTOR tenait à la mi-août sa cinquième édition non loin de chez moi, proposant cette année une affiche très intéressante.

Quatre noms en particulier avaient attiré mon sens radar : CORONER, AUDREY HORNE, TEXTURES, et IMMORTAL. De quoi passer de bons moments, retrouver ses amis, s'en faire de nouveaux, et regarder ses collègues accrédités.... bosser !

Du 17 au 19 août 2012, la France attendait la canicule. Dans la prairie de Theix (Morbihan) ce fut effectivement l'ENFER !



J'arrive sur le site le deuxième jour, en début de soirée, alors que NAPALM DEATH sort de scène. Le temps de retrouver quelques amis, d'en croiser qui quittent le site un grand verre de coca à la main (pour chercher un complément de toute autre nature au camping, me dit-on dans l'oreillette), et de passer sous la tente VIP (un endroit à l'ombre où l'on peut s'asseoir et où il ne se passe pas grand chose) saluer mes collègues de bureau.

Première étape, l'achat des tickets boissons/repas. La manière dont ces tickets ont été organisés est assez particulière... des tickets d'une couleur pour les bières, et d'une autre pour les boissons non alcoolisées et la nourriture. Je décide de tester la bonne humeur des bénévoles préposés aux ventes de tickets : la jeune fille qui se trouve derrière la vitre pose son verre de bière à mon arrivée. Elle me demande avec un grand sourire ce que je veux. Je lui réponds : "la même chose !". Eclats de rires ! Bonne humeur ? Checked !

J'assiste de loin aux concerts de MUNICIPAL WASTE (une valeur sûre), DARK TRANQUILITY (beaucoup de manières), puis (d'encore plus loin) de YOUR DEMISE (pour les fans de casquettes). Puis vient le tour de CORONER et là, franchement, c'est la grosse, très grosse, très très grosse CLAQUE MONUMENTALE !!!!! Pas d'effets, tout dans la simplicité et le talent. Tommy Vetterli dont la main droite restera floue durant tout le set éclabousse de son talent la "Dave Mustage". Le son est cristallin. Le public en admiration. Quel étonnant moment... Vivement un nouvel album des suisses ! (prions)

Je rencontre Fred (DRAGONFORCE) Leclercq. Je lui demande si la journée du vendredi s'est bien passée. Il me dit "INCANTATION", "INQUISITION", "IMMOLATION", ce à quoi je lui réponds "CONSTERNATION". Eclats de rires.

Après la claque CORONER,  les grecs de SEPTICFLESH ont bien du mal, dans une configuration 'light", à capter l'attention des festivaliers. Et surtout du mien, si l'on tient compte du fait que, placé sur la gauche de la scène, je n'entends aucune guitare... Je quitte le festival à ce moment, et, alors que je m'approche de la sortie, je perçois soudainement les riffs qui étaient inaudibles sur le devant de la scène....

Comme tous les ans, les habitués du Motocultor le savent bien, il reste une dernière étape dans la nuit : vaincre le barrage de la gendarmerie ! Perdu dans THEIX pour retrouver VANNES, déviations obligent, c'est avec soulagement que je vois une douzaine de gilets réfléchissants se jeter sur mon capot. "Bonsoir Messieurs, je ne retrouve pas la route de Vannes !" "Contrôle alcoolémie Monsieur !". (je souffle). "C'est bon, O.OO. Alors, vous prenez à droite, puis à 200m vous prenez la troisième sortie du giratoire. Bonne route Monsieur !". To serve and protect !

Dimanche, ma journée commence encore chaudement. A 15h, il fait même très chaud. Trop pour moi, et je préfère profiter de ma qualité de "touriste" pour rester avec mes amis plutôt que devant les scènes. C'est pour moi l'occasion d'observer le travail des photographes. Ceux d'Hardforce, mais aussi de Metalsickness, Zikannuaire, et de tous les magazines et sites web présents... C'est fou, mais lorsqu'on bosse sur un même festival, on ne se voit jamais. Il faut dire que leur travail est très encadré : accès au pit pendant les trois premiers morceaux de chaque show, queue au préalable pour y pénétrer par petits groupes,.... Bon, la taille du Motocultor leur permet d'y pénétrer tous ensemble, mais ils disposent au final de peu de temps pour shooter chaque groupe. Passé le temps qui leur est imparti, ils quittent ce pit et se retrouvent pour patienter jusqu'au concert suivant dans l'espace dit VIP qui leur sert de camp retranché.... Alors qu'un nouveau concert s'annonce, les voir se lever de concert, se barder de leurs appareils et se diriger nonchalamment vers le pit photo en groupe, évoque dans mon esprit les pilotes de la première guerre mondiale et leur départ du clubhouse pour retrouver leurs biplans et décoller en escadrille... (toutes proportions gardées hein !). Il y une forme de noblesse et une certaine fierté à faire partie de ce club restreint. Ils le font avec beaucoup de passion. Respect !



Cette chaude journée à l'ombre, à quelques dizaines de mètres des scènes, me permet d'inaugurer ce qui aurait pu être une nouvelle rubrique de ce blog : le BLIND FEST ! Assister à un festival uniquement à l'oreille ! ADX....mention bien ! PERVERT ASSHOLE.... mouais ! Pourtant les photographes en reviennent hilares... BEATALLICA, ce groupe qui mélange sans vergogne les compos des BEATLES et celles de METALLICA, me laisse quant à lui très dubeatatif ! Quel beau massacre en règle, des deux groupes !

Entre-temps, j'assiste malgré tout au premier rang au concert d'AUDREY HORNE. Quelle claque encore ! Ce groupe a tout pour devenir grand. Son dernier et fabuleux album en date n'est pourtant que peu représenté, le groupe nous livrant plusieurs titres de l'album qu'ils enregistrent en ce moment et qui sortira en janvier prochain. Ils font toujours honneur au hard-rock, et ces nouveaux titres sentent le THIN LIZZY à plein nez ! Le chanteur, Toschie, tatoué jusque sous les oreilles, est particulièrement charismatique, et passe de longues minutes à chanter dans la fosse, accroché aux barrières, haranguant la foule, sans ménager sa peine. J'en profite pour le filmer de longues minutes....avant de me rendre compte que je n'ai pas déclenché mon appareil. Bien que torse nu comme à son habitude, Ice Dale (guitare, ENSLAVED) sue à grosses gouttes. Les duels de guitares sont vintage à souhait ! Ce groupe déchire ! Vivement janvier !

AUDREY HORNE
A la suite de ce concert, je traîne sur le site, écoutant distraitement MYRATH. J'en profite pour rencontrer quelques amis. Assistant ensuite à la prestation efficacement brutale des brésiliens de KRISIUN, dont le death metal "déchire les slips de leurs mères", comme me le signale avec justesse mon voisin de prairie, je prends conscience qu'il y a moins d'une dizaine de cabines WC sur le site, pour une fréquentation de 11000 festivaliers sur trois jours, et qu'alors il n'est peut-être pas surprenant que l'air sente l'urine dans un rayon de trente mètres sur la droite des scènes, au niveau des tables de mixage.... Je file alors sur la gauche du site pour assister au début de la prestation sympathique de NIGHTMARE, qui manque un peu de niaque après la fureur sud-américaine que nous venons de vivre.

BEHEMOTH monte ensuite sur la scène principale, et je me dis qu'enfin je vais pouvoir aller me restaurer. Il est 22 h quand même ! Au Motocultor, il n'y a qu'un stand restauration, servant d'un côté des crêpes, et de l'autre des frites et des sandwiches. Une cinquantaine de festivaliers patiente au comptoir. J'envisage de commander deux crêpes et une barquette de frites.  J'en ressors au bout d'une heure avec, commandés en désespoir de cause, une barquette de frites et un américain ! Les sympathiques bénévoles débordés n'auraient vraisemblablement pas obtenu plus de 1/10, pour l'organisation, à "un dîner presque parfait" ! BEHEMOTH ? Oui, ça avait l'air bien....

AUDREY HORNE
TEXTURES monte alors sur la Supositor Stage (oui, je sais, ça ne s'invente pas...). Il est déjà 23 heures. Je n'avais jamais vu les bataves en live et je dois dire que j'ai encore pris une grosse claque. Les festivaliers ne sont malheureusement pas au rendez-vous. Non pas qu'ils soient bloqués au stand restauration, mais ils cherchent plutôt à bien se placer devant l'autre scène, pour le set d'IMMORTAL. Tant pis pour eux, TEXTURES délivre un set carré, énergique, violent ! Un vrai bonheur pour les fans de ce groupe talentueux dont l'un des guitaristes portait fièrement un t-shirt de notre excellent groupe français, OUTCAST. Un chanteur charismatique, un bassiste bondissant, des guitaristes ultra-techniques, un batteur dont on ne vante plus le talent..... Alors que TEXTURES flirtent depuis deux albums avec des sonorités plus flatteuses pour les oreilles, ils restent sur scène de véritables tueurs.

Puis alors que les douze coups de minuit résonnent dans l'église de THEIX (du moins l'imagine-t-on), IMMORTAL monte sur la Dave Mustage pour clôturer ce festival....  En un seul morceau, on entend plus de coups de grosse caisse qu'en trois jours de festival ! Abbath marche toujours en crabe, les festivaliers, dont nombre d'entre eux sont grimés, exultent ! Le son n'est malheureusement pas d'une grande clarté, et Abbath s'égosille un peu, essoufflé entre les morceaux... Qu'importe, les fans sont venus pour le show ! Pour ma part, je m'éclipse après "Tyrants".

AUDREY HORNE
Le MOTOCULTOR a encore grandi cette année. Une belle affiche, un beau temps, des festivaliers en nombre... Ce rassemblement convivial fait plaisir à voir et à être vécu. Quelques points méritent d'être revus pour la prochaine édition qui d'ailleurs se déroulera sur une commune voisine (les toilettes, les points d'eau du camping, l'offre de restauration, les tickets et la consigne des gobelets, la possibilité de sortir en cours de journée même si l'on n'a qu'un pass "journée", prévoir du café sur le site,....). Mais la demande est là et visiblement les organisateurs ont la foi et la volonté de pérenniser la manifestation.

Alors promis, en vacances ou pas, je reviendrai !

PS : Ah oui, en partant le dimanche, les gendarmes ont failli me laisser passer ! Je me suis arrêté et je leur ai demandé si je ne "soufflais pas ce soir ?". Ils m'ont demandé si je venais du festival, je leur ai dit que oui, et alors ils m'ont rétorqué "Alors oui, vous devez souffler !". O.OO encore ! Je leur ai demandé s'ils faisait souffler tout le monde, il m'ont répondu que oui, c'est systématique, et que depuis qu'ils le faisaient, il y avait moins de soucis. Si vous venez l'année prochaine, pensez-y.... ;-)


Merci à Alain pour le logement, François pour l'accès VIP, et tous les organisateurs et festivaliers qui ont contribué à la réussite de ce festival. Et une grosse bise à tous les photographes !

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