samedi 19 mai 2012

Traire la vache à lait....

Hier soir, 18 mai 2012, GOJIRA se donnait en spectacle à BREST, à la Carène.

Leur dernier passage à la pointe ouest de la Bretagne remonterait à 1999. Le public brestois est un public frustré de grosses affiches metal. Il n'y a guère plus que les SCORPIONS, DEEP PURPLE, et autres Robert PLANT pour s'aventurer en des terres si éloignées, que les tourneurs doivent imaginer peuplées de retraités.

En moyenne, pour voir une belle affiche, il faut faire près de trois heures de route (Rennes ou Nantes), et heureusement parfois un peu moins (Vannes). Car même si le grand ouest est la terre des festivals metal (HELLFEST et MOTOCULTOR en tête), l’extrême ouest figure rarement sur les parcours des tournées.

Aussi quand la venue de GOJIRA a été annoncée, qui plus est dans une des grandes salles modernes de la ville, le métalleux frustré s'est soudain senti revigoré !

Environ 500 personnes étaient présentes à 21h15 pour accueillir WARATTAH, groupe Bordelais, qui assure la première partie de cette tournée. Le jour précédent, c'est TREPALIUM qui officiait à VANNES à leur place.

WARATTAH a fait le show et s'est vu réserver une belle ovation à l'issue de son set. Malheureusement, le chanteur est revenu sur scène pour nous dire : "On aurait bien continué, mais on a droit à 30min, pas plus !".

Les stars du jour entament leur show vers 22h, et un peu plus d'une heure plus tard annoncent que c'est terminé. Bien sûr, GOJIRA reviendra presque immédiatement pour 15 à 20 minutes de rappel.

Que retenir de cette soirée ?

Je n'ai jamais été un fan irréductible de ce groupe, que j'ai découvert comme beaucoup avec l'album "From Mars to Sirus". Je leur reconnais beaucoup de talent, à plusieurs niveaux (compos, technique, marketing...).

Je regrette, et ce n'est qu'un avis personnel, une trop grande absence de mélodies, de refrains mémorisables, des ruptures abruptes, une trop grande dispersion, et beaucoup de titres dispensables à côté de véritables réussites.

J'attendais de cette soirée que le groupe me démontre pourquoi James Hetfield voit en eux le plus grand groupe français du monde !

Le moment de la tournée est déjà curieux : un mois avant la sortie de leur nouvel album, dont ils ne joueront qu'un titre, l'efficace "L'enfant sauvage".

Au niveau des titres joués, je n'ai pu que constater que les titres qui m'apparaissent les plus forts figurent dans la setlist ("The heaviest matter of the universe", "Vacuity", "Flying whales", "Ocean Planet", "Oroborus"...).

Mais franchement,...... comment peut-on se présenter devant un public, lui rappeler qu'on ne s'est pas vus depuis 13 ans, et passer la soirée à lui crier dessus ???

Comment peut-on se présenter devant un public, lui rappeler qu'on ne s'est pas vus depuis 13 ans, et ne jamais répondre aux ovations qui suivent chaque morceau, ne serait-ce que d'un simple "merci" ??? 

Comment peut-on se présenter devant un public, lui rappeler qu'on ne s'est pas vus depuis 13 ans, et ne jouer qu'une heure et quart ? Pour 27 euros ???? (alors que dans le même temps des groupes français à la discographie moins fournie jouent autant et même plus, pour 5 ou 10 euros ????)

GOJIRA a certes mouillé la chemise (ou le t-shirt) ce soir, mais sans jamais établir de connivence avec son public, jouant en veritable fonctionnaire (au sens péjoratif du terme) du metal.

La veille, ils jouaient à 180 km, à VANNES. Le show y a semble-t-il été formidable, Joe Duplantier sautant à deux reprises dans le public, le groupe entier slammant en fin de concert,...

Alors pourquoi deux poids deux mesures ?

La question reste posée.

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